Clochet de l'Eglise St-Jean Clochet de l'Eglise St-Jean
Eglise inscrite aux monuments historiques le 09 mai 1997

Rappel historique

L'église Saint-Jean Baptiste telle qu’elle apparaît dans son architecture actuelle n’est pas une église très ancienne. Les nombreuses transformations et aménagements successifs au cours des âges en ont fait cependant le bel édifice actuel.

Au XIème siècle, existait déjà un village du nom de Fozera situé entre la Dordogne, l’Isle et la Magna Careyra (ancienne voie romaine qui emprunte la rue Thiers actuelle). L’église de ce village, sanctuaire d'origine était connu sous le nom de Saint Jean de Fozera (saint jehan). Cette église fut donnée au monastère de Saint-Emilion en 1110.

Jusqu'au XIIIème siècle, la paroisse conserve le nom de Fozera. Elle devient Libourne en 1270, sous la domination anglaise après le remariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt. Sur son ordre il est construit une ville au tracé régulier une bastide entourée de solides remparts dont le centre est une place entourée de passages couverts. L’église Saint Jehan existant antérieurement, elle n’occupe pas comme dans les autres bastides un angle de la place principale. Mais lorsque Libourne se sera développée, une église gothique Saint Thomas sera élevée (et détruite au XVIIIème siècle) et qui occupait la place du marché couvert actuel (plan ci-dessous).

LiBoUrNe - Église Saint-Thomas

Les modifications au cours des siècles

A l'origine, elle n'avait qu'une nef d'environ 20 mètres de long sur 7 mètres de large. Ce sont les dimensions conservées pour les plus anciennes églises de l'arrondissement. L'église fut agrandie au début du XIIIème dans le style gothique en ajoutant 2 doubles bas cotés et en portant le chevet à 23 m plus à l'est. Les petites nefs furent divisées en 7 travées par des murailles devant correspondre aux piliers projetés et destinées à servir d'appui aux arcades des voûtes des nefs moyennes. Cet édifice fait désormais environ 60 mètres sur 20, terminé par une abside, couvert d’un toit en bâtière surmonté d’un clocher carré. Ces travaux s’échelonnent sur une vingtaine d’année et à leur terme, l'église fut alors dédiée à St Jean-Baptiste.

En 1427, un tremblement de terre secoue fortement l’église et son clocher, qui nécessitent d’importantes réparations. Le cimetière, quand à lui, est signalé en confront de plusieurs lots en 1459. On peut penser qu’il occupait un espace identique à celui représenté sur un plan du XVIIIème siècle, soit environ 0,7 ha sur les 32 que comptait la bastide.

En 1793, l’église Saint Jean devient le temple de la raison.

LiBoUrNe - Église Saint-Jean XVIIIème siècle

Les modifications au cours des siècles

En 1836, l’église est restauré mais le résultat devait faire disparaître tout ce qui datait du XIIème siècle et contrastait horriblement avec le style de l’intérieur de l’église. Devant l’émotion de la population, de nouveaux travaux sont donc entrepris. Les murs qui séparaient les chapelles ont été percés de portes en ogive afin de faire des galeries. Ces galeries furent achevées au commencement de 1838. Les murs du sanctuaire furent ornés de boiserie en chêne, parties à jour et chargées d'arabesques en reliefs. Le chœur fermé des 2 cotés par des boiseries du même style avec stalles dont une maîtresse de chaque côté ayant dais et pinacle.  Les fenêtres du chœur, jusqu'alors murées, ont été rouvertes  pour placer des vitraux : ils rappellent  les principaux épisodes de la vie de St Jean-Baptiste : leur auteur est De Nozan, qui a peint ceux de St Germain l'Auxerrois. Ces vitraux ont été repeints par Villiart en 1876. L'ancienne sacristie nord a été transformée en une chapelle du Sacré Cœur éclairée par 5 fenêtres à un meneau et fleurons. Ces ouvertures ont été ornées en 1853 de vitraux peints Villien de bordeaux. L'autel fut remplacé par celui que nous voyons aujourd'hui et béni le 18 mars 1845.

LiBoUrNe - Église Saint-jean au XIXème siècle

Vitraux et tableaux

Les vitraux de la fenêtre du milieu du chevet représentent le Bon Pasteur et la Vierge Marie portant l'enfant Jésus au-dessus dans le fleuron, le Père Éternel, dans celle de droite Saint Jean l'évangéliste et Sainte Madeleine, et dans celle de gauche Saint Pierre et Saint Augustin.

Au-dessus de la porte de l'une sacristie, "le retour de l’enfant prodigue" a été figuré. Dans une chapelle du bas-côté Ouest, les vitraux permettent de reconnaître Saint Just et Saint Roch. Cet ensemble date de 1859. Il offre un bel exemple de l'art du vitrail.

Quelques tableaux ornent l'église : "Madeleine au pied du Christ" par Prud'homme (XVIIIème) conservé dans la sacristie et "Saint François et Mme de Chantal" par Sovée (1807). Un autre tableau "le Christ chassant les vendeurs du temple" a été transféré et restauré au musée des Beaux-arts de Libourne.

Intèrieur de l'Église Saint-Jean

Les orgues

En 1852 fut décidée l'acquisition d'un premier jeu d'orgue, qui fut remplacée en 1854 par un instrument plus important œuvre du facteur bordelais Wienner. Certaines imperfections furent remarquées, que l'on essaya d'améliorer mais l'instrument se dégrada .En 1951, la maison Beuchet-Debierre fut chargé d'une restauration très importante qui aboutirent au très bel instrument actuel.

Le clocher

Le clocher actuel a été construit de 1855 à 1859. Les nouvelles cloches pèsent respectivement 3500, 2000, 1050, 420 et 250 kilogrammes. Elles donnent un accord de La mineur. Elles ont été bénites le 18 mars 1872 par le Cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux.

Extèrieur de l'Église Saint-Jean Sommet de l'Eglise Saint-Jean

La lanterne des morts

La Lanterne des morts se situe contre le mur du chevet de l'église Saint-Jean-Baptiste. C'est la petit tour qui se trouve derrière et contre l'église dans lequel au crépuscule, on hissait, souvent avec un système de poulies, une lampe allumée, supposée servir de guide aux défunts.
"Fanal" du XIVe siècle reconstruit entre 1835 et 1855, comme l'ensemble de l'église à l'exception du coeur.

Lanterne des morts de l'ancien cimetière

Lanterne des morts de l'ancien cimetière