Découverte de Saint-Émilion

BienVeNuE à SaiNt-ÉmiLioNPour bénéficier de l'aspect le plus agréable de Saint-Émilion, il faut prendre la route de Libourne à Bergerac, dans la plaine, et ainsi partir à l'assaut de la ville sur son piton rocheux, en se fiant au clocher qui domine sur la crête de la colline. De loin, rien ne distingue ce village de ceux qui sont alentours. Les maisons semblent se serrer les unes contre les autres, et les tuiles donnent une coloration chaude et rayonnante. En regardant bien on s'aperçoit qu'il y a une harmonie dans le dessin général de la cité. Plus on avance, plus on se rend compte que les habitations sont réellement unies par des couloirs étroits qui serpentent entre les logis. De-ci, de-là quelques ruelles de forte pente et souvent pavées, avec cet air de civilisation à l'ancienne. Saint-Émilion est une cité moyenâgeuse qui a gardé sa personnalité, tout en accordant des conditions de vie forte acceptable pour notre temps.

Saint-Emilion, son vignoble et son paysage sont inscrits au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Seule une poignée de sites remarquables méritent cette distinction.

SaiNt-ÉmiLioNIl y a trois façons de découvrir la cité :

en partant au hasard, et en admirant au passage les richesses archéologiques, soit en suivant un itinéraire géographique, mais alors on passe d'une époque à l'autre sans cohérence, enfin une démarche historique en suivant les étapes successives de son évolution.

En fin d'article rubrique "Découverte de la ville", ces trois itinéraires seront proposés avec repères sur le plan.

Avant, voici une description des lieux qu'il faut visiter ou voir:

La Collégiale

La Collégiale est l'église paroissiale actuelle. Il faut rentrer par la grande porte sur la place, où on peut stationner.Cette Collégiale fut fondée au XIIe siècle à la demande de l'évêque Arnaud Guiraud qui y avait installé des chanoines.La porte par où nous rentrons est la porte ouest. Elle est romane avec 5 voussures très stylisées. A côté une porte aveugle de même style. A gauche, une autre porte fut sans doute détruite avec une partie des remparts. La façade est surmontée d'un clocher rasé. Il dut exister un clocher roman qui fut détruit, entraînant dans sa chute une partie de la voûte de la nef. Nous conseillons de pénétrer dans l'église collégiale avant de découvrir l'extérieur de cet édifice.

La Collégiale - Peintures murales
Peintures murales dans la nef de l'église collégiale, dans la seconde travée :
démon tentateur, et Saint-Catherine au supplice de la roue.

INTERIEUR : L'ensemble de l'église présente 79 mètres de longueur. On découvre en premier une nef unique de trois travées, deux de ces travées sont surmontées d'une coupole de style byzantin, faut-il y voir une influence angevine ? Rien ne permet de l'affirmer.Le transept est à trois nefs avec un chœur et deux chapelles latérales ; derrière, le maître-autel et le trésor.Il faut profiter de la perspective globale de cette église, avant de détailler les différents objets que l'on peut rencontrer. Revenons à la porte. Sur la droite, on découvre des peintures murales représentant Catherine au supplice de la roue, la tentation d'une femme par un démon, ou une piéta en costume du XIIe siècle.Dans le transept, côté droit, deux verrières représentent des apôtres, elles furent données par le roi Louis XII. Face à cette verrière, la chapelle des martyrs où se trouve la sépulture de l'abbé Bergey, ancien curé-député. Le long du mur une statue en bois polychrome de Saint-Valéry patron des vignerons, qui provient de l'ancien couvent des Jacobins. Au-dessus de la porte de la sacristie un tableau représentant la famille du Cardinal François de Sourdis, archevêque de Bordeaux.Derrière le maître autel, «le trésor» qui contient des objets du culte de l'ancienne collégiale, aussi bien que des souvenirs en lien avec le saint patron. Le corps fut «égaré» au moment de son transfert à Fronsac, pour échapper à la profanation.

La Collégiale
La nef de la Collégiale, prise du chœur. Au premier plan les colonnettes assemblées et sous la voûte les coupoles byzantines.

EXTERIEUR : Ressortons par la porte nord qui est flanquée de deux contreforts du XIVe siècle. La porte comprend un tympan représentant le jugement dernier, mais il est très mutilé. Les voussures devaient contenir les apôtres. Portail très harmonieux. L'abside qui abrite le trésor et le maître-autel est à 5 pans.

La Collégiale - Vue de loin Porte d'entrée de La Collégiale
La porte romane extérieure-ouest de l'église collégiale du XIIe siècle. Partie centrale à 5 arcades en retrait. Les moulures témoignent d'une influence saintongeaise.

Le cloître

En passant par la salle où se tient le Syndicat d'Initiative, on peut pénétrer dans le cloître qui est accolé au mur sud de la première nef de la Collégiale. Ce cloître date du XIVe siècle. Il comprend un préau reposant sur des colonnettes doubles, fort élégantes et légères.L'ensemble est gracieux et très ajouré. Dans le dallage et dans la cour centrale des sépultures d'anciens membres du chapitre. De même quelques sculptures dans les murs. L'harmonie de la construction ainsi que la finesse de la réalisation font de ce cloître un lieu de paix, de quiétude et de charme.

Le cloître de l'église collégiale
Le cloître de l'église collégiale datant du XIVe siècle. Un lieu calme et reposant. Les 4 galeries existent avec une largeur de 4,50 m. Remarquez les doubles colonnettes et les arcades en semi-ogives.

Porte donnant sur le cloître A l'intèrieur du cloître Le cloître de l'église collégiale
A l'intèrieur du cloître Porte allant vers la collégiale A l'intèrieur du cloître
Le cloître de l'église collégiale - InFo

Le cloître de l'église collégiale Le cloître de l'église collégiale Le cloître de l'église collégiale

Le clocher

Face à la très belle salle de l'Office du Tourisme, on découvre le magnifique clocher qui s'élève à 53,60 m. C'est le second de Gironde, après celui de Saint-michel de Bordeaux. (On ne visite pas l'intérieur). Il fut construit en plusieurs fois. La base est du XIIe siècle ainsi que le premier étage. Au XIVe siècle furent ajoutés les étages 2 et 3. La flèche est du XVe siècle.

Le clocher Le clocher Le clocher
Une vue générale de la cité avec le clocher qui domine l'église monolithe et la collégiale.
Admirer la chaleur des tuiles rouges.

L'ermitage

Il faut descendre par les petites rues tortueuses pour rejoindre le cœur du vieux village et mettre ses pas dans ceux du bon ermite. On ne retrouve pas la structure initiale, car la dévotion des visiteurs et les aménagements au cours des siècles ont modifié ce qui fut à l'origine une modeste cellule.Au XVIIe siècle elle reçut une restauration complète. On entre dans une chapelle en forme de croix latine, et on découvre la source qui incita l'ermite à demeurer en cet endroit. Des légendes accompagnent cette eau. Le lit du saint (?) forme une cavité rectangulaire. A droite la «cathèdre» de l'ermite, dans les murs quelques cavités sont des «armoires» tandis que l'autel est l'ancienne table du saint. La statue date de 1946, elle remplace celle qui existait et qui fut placée en la Collégiale. Cet ermitage plonge le visiteur dans un certain respect et oblige à repenser l'histoire des hommes.

L'ermitage
Le lieu central de l'Ermitage, derrière la balustrade rajoutée, salle rectangulaire où était placée la couche de l'ermite.

La chapelle de la Trinité

Au-dessous de l'ermitage a été construite cette chapelle de la Trinité. Elle compte une nef simple, une travée et un chœur recouvert par une voûte en ogives. A remarquer de beaux chapiteaux présentant du feuillage, et des peintures murales sous les voûtes de l'abside et du chœur. L'ensemble doit dater du XIIIe siècle. Du clocher en traversant la place des Créneaux, on peut découvrir l'ancienne chapelle du Chapitre. Actuellement : c'est le siège de la Société d'Archéologie, (on ne peut visiter). On y voit deux belles clefs de voûte, des chapiteaux ouvragés, des colonnes engagées. L'ensemble est aussi du XIIIe siècle.

La chapelle de la Trinité - Extèrieur La chapelle de la Trinité - Intérieur
Chapelle de la Trinité, datant du XIIIe siècle, elle fut destinée au doyen du chapitre. A remarquer l'abside à 5 pans coupés, clef de voûte représentant l'agneau pascal. Au sol, tombeaux.

Maison Bouquey et Grotte des Girondins

Cette maison bourgeoise date du XVIIe siècle. Elle fut certainement cossue. Elle appartient à l'Histoire de Saint-Émilion, car, demeure de la belle-sœur du conventionnel Guadet, elle abrita les députés girondins en fuite pendant un temps assez long. Dans la cour un puits, «le puits des Girondins», permet d'arriver à une grotte souterraine, ancienne carrière sans doute, où les fugitifs descendaient dès la moindre alerte. Deux cavités contigües reçurent les fugitifs. Les conditions de leurs séjours étaient très précaires et insalubres (voir article "La grotte des Girondins").

Maison Bouquey

Puits des Girondins

Maison gothique

A l'angle de la rue Guadet et des Girondins, on découvre une maison fort curieuse. On la nomme maison Gothique en raison de son aspect extérieur (on ne peut que contempler la façade). C'est une construction du XIVe siècle. Admirer le perron, les arcades, et sur la façade puis impasse Groulette des fenêtres ogivales géminées (voir article et photos "La maison gothique" rubrique Saint-Emilion).

Porte bourgeoise

En poursuivant vers le nord, on passe devant la salle des Dominicains, ancien couvent des Jacobins (ne se visite pas, voir article "Le couvent des Jacobins"). C'est au XIVe siècle que cet ordre, qui avait vu son monastère dévasté, obtint le droit de construire un nouveau bâtiment à l'intérieur des remparts. Le portail est svelte et régulier, il date du XVe siècle. C'est dans cette église que fut trouvée le Saint-Valéry qui siège maintenant dans la collégiale. Ce saint est le protecteur des vignerons. On arrive ensuite à la Porte Bourgeoise et au Palais Cardinal. La porte Bourgeoise est celle qui est placée le plus au nord de la ville. C'était l'accès régulier par «le guichet» pour entrer en ville. Construite au XIVe siècle avec les remparts, elle fut démolie pour faciliter l'urbanisme au XIXe siècle. Près de cette porte une très belle demeure bourgeoise, «le palais Cardinal». Elle fut la première résidence des doyens installées par Clément V. Le premier doyen fut son neveu Gaillard de Lamothe qui reçut le chapeau de cardinal en 1316, d'où le nom actuel. Admirer les croisées géminées à plein cintre avec colonnettes monolithes.

SaiNt-ÉmiLioN - Au alentour de l'ancien Porte bourgeoise Le Palais Cardinal

La grande muraille

Poursuivant plus au nord-ouest, on aperçoit les restes d'une grande muraille qui sont les ruines d'une ancienne église du couvent des frères prêcheurs bâti à la fin du XIIIe siècle. Vaste monument de 26 m de long sur 20 mètres de haut. Ces restes témoignent de l'importance et de la majesté de l'édifice entier. Très belles arcades ornées de moulures et à colonnettes. Ce couvent fut détruit, car construit en dehors des murs, par les troupes françaises à la fin du XIIIe siècle.

La Grande Muraille - 2007

SaiNt-ÉmiLioN - La Grande Muraille
«La Grande Muraille», à l'extérieur des remparts. Restes du Couvent des Cordeliers construit avant 1287, et détruit vers 1337, au cours des combats entre les troupes françaises et les Anglais.

Maison Guadet

Sur la route de Saint-Genès, une maison bourgeoise sans grand caractère redit le nom de Guadet, le conventionnel qui trouva quelques jours refuge chez ses parents. Actuellement maison des associations.

Maison Guadet

Les remparts, et les six portes

Si on est bon marcheur, il faut faire les 2 ou 3 kilomètres de remparts qui enserraient la ville. Par endroit il est intéressant de passer dans les anciens fossés, quand c'est possible, ou bien prendre les chemins de ronde afin de découvrir tout le panorama de la campagne environnante.En suivant par l'ouest on a une haute muraille qui conduit jusqu'à la porte Brunet, dite «de la Brèche» (voir article "La porte Brunet"). On se souvient que cette porte, attaquée par l'armée de Sully, fut détruite par une explosion qui fit une « large brèche ». A quelques pas, la «Tour du guetteur» (voir article sur "La tour du guetteur"), ainsi nommée car un soldat guettait jour et nuit l'arrivée des ennemis. Les remparts, à partir de là, sont détruits en de larges endroits. Au sud, vous découvrirez une construction qui fut l'éperon de défense de la porte Bouqueyre, sise avant sa destruction à l'endroit où est implantée une place ombragée. Un peu plus loin, trace de la porte Sainte-Marie qui indique le souvenir du premier ermitage de Saint-Émilion: Sainte-Marie-de-Fussignac.

SaiNt-ÉmiLioN - Plan Zodiaque

Face à cette porte, le quartier de « La Madeleine » avec son cimetière fort ancien, et les restes d'une modeste chapelle (voir article "Le cimetière de la Madeleine"). On remontera en suivant les remparts vers l'ouest où on voit les structures architecturales de constructions mais aussi de nombreuses caves tant... vinicoles que des champignonnières. On arrive à la porte Saint-Martin. Les reconstructions du XVe et XVIe siècles donnent un aperçu réel de ces fortifications. On passe devant la maison Malet-Roquefort, datant du XVIe et qui actuellement contient le Musée, riche du passé de Saint-Émilion qu'il faut absolument visiter. Face à la porte Saint-Martin un chemin conduit à la vieille église de Mazerat, qui fut paroisse jusqu'en 1790. On arrive ensuite à la porte des Chanoines, face à la Collégiale.

La porte Brunet
La porte Brunet ou «de La Brèche». L'une des 6 portes des remparts. Celle-ci placée au sud-est de la ville fut attaquée par les protestants avec Sully en 1580. Ils firent «une brèche», qui leur permit de prendre la ville.

Porte de la Cadène

Revenons à l'intérieur de la ville, à la porte de la Cadène. Elle doit son nom à une chaîne qui était étendue le soir pour isoler le centre de la cité... La rue est escarpée et la porte surplombe la rue formant arc. Elle date du XIIIe siècle au moins. A ses côtés, la maison à pans de bois est l'exemple de maisons du XVe ou XVIe siècle. Portail orné de torsades et de tête de monstres. Chaque élément doit être détaillé pour en savourer la beauté. La petite largeur de la rue ne permet pas toujours le recul nécessaire.

Porte de la Cadène Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène

Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène

Place du marché

La place du marché est un ancien cimetière. Le visage des différentes constructions est à remarquer. Vrai centre vital, cette place est le poumon de la cité.

Place du marché Place du marché - 2007

Couvent des Cordeliers

C'est en 1371, 140 ans après la fondation de l'ordre que les Frères Mineurs ou Cordeliers s'installèrent à Saint-Émilion. Bien que lieu commercial, il faut admirer le cloître et la chapelle.Le cloître est une merveille architecturale et de quiétude. Les deux côtés existants présentent 8 arcades reposant sur deux colonnettes géminées. Un élégant clocher orne la partie sud-est.La Chapelle date du XVe siècle. Elle ne comprend qu'une seule nef avec arc triomphal de grande qualité.

Couvent des Cordeliers - Vue de loin Couvent des Cordeliers Couvent des Cordeliers
Restes de la Chapelle du Clos des Cordeliers. Construite au XVe siècle, cette chapelle servit aux religieux jusqu'en 1789. Admirons les fenêtres de l'abside à pans coupés. A l'intérieur, colonnes sans chapiteau.

Le Cloître des Cordeliers
Le Cloître des Cordeliers dont on découvre les élégantes colonnettes sur 2 côtés. Il fut construit au XIVe siècle. L'une des merveilles de Saint-Émilion.

La Tour du Roi

Plus au sud, dominant des jardins, la «Tour du Roi» se détache dans l'horizon. Ce donjon ou «Tour du Roi» appartient à une ancienne forteresse qui fut élevée au XIIIe siècle sur la demande du roi Henri III d'Angleterre. Cette tour fut certainement le donjon qui dominait et le château et la ville entière. C'est une tour rectangulaire de plus de 9 m de côté, avec une hauteur de 32 mètres. Les murs ont 2,50 m de largeur et l'ensemble repose sur un solide rocher. Ce donjon roman fut hôtel de ville jusqu'en 1720. Actuellement, il est utilisé par la Jurade pour proclamer, aux sons des trompes, le ban des Vendanges (c'est-à-dire l'ouverture).

SaiNt-ÉmiLioN - La Tour du Roi
Le donjon du «Castel daou Rey», reste du château bâti sans doute au début du XIIe siècle pour affirmer la suzeraineté du Roi sur la juridiction, face aux Jurats de la commune. Très beau panorama. C'est de là que le Ban des Vendanges est proclamé à l'automne.

La Tour du Roi La Tour du Roi La Tour du Roi

La Tour du Roi Gravure dans la Pierre La Tour du Roi

SaiNt-ÉmiLioN - Ruelle avec vue sur La Tour du Roi

Couvent des Ursulines

Au sud-ouest de la tour, par une ruelle en escalier, on arrive au couvent des Ursulines fondé en 1630 pour l'éducation des jeunes filles. Une porte existe encore avec les restes de quelques pièces. La petite histoire raconte que c'est pour nourrir ses pensionnaires que la fondatrice Mademoiselle de Lacroix, utilisant une recette familiale, créa les célèbres Macarons, dont la tradition culinaire fut transmise après 1793 par une religieuse chassée, en peine de nourriture. Les macarons sont délicieux, c'est l'essentiel.

Ruelle donnant sur le Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines

Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines

La Commanderie

Face au couvent des Cordeliers sur la place Cap du Pont, une vieille maison porte le nom de «Commanderie», on suppose qu'en ce lieu devait être installée la garde de la ville ou la direction militaire. C'est l'une des plus anciennes maisons de la ville. Elle fut remaniée au XVe siècle. Elle faisait certainement partie d'une défense intérieure, peut-être avec la porte de la Cadène. On y remarque une tour de guet et un chemin de ronde. De ce lieu, belle perspective sur les petites rues enlacées de la ville. Dans les sous-sols il a été découvert de très nombreux silos. La tradition veut que la Commanderies ait été la demeure des Templiers. Retournons au cœur de la ville pour terminer par la pièce archéologique unique dans le pays et même en France.

La Commanderie La Commanderie - Vue de loin (sur la gauche)

SaiNt-ÉmiLioN - La Commanderie

L'église monolithe

Si vous n'avez que quelques instants à passer à Saint-Émilion c'est à l'église Monolithe qu'il faudrait les consacrer. Longue de 38 mètres, large de 20, on découvre une nef de 11 mètres de haut. L'ensemble doit provenir de grottes naturelles, peut-être utilisées dès la préhistoire, on découvre par endroits des silex éclatés, puis utilisées au VIIIe siècle par les premiers ermites, ensuite les moines élargirent l'ensemble jusqu'au début du XIIe siècle, époque où les religieux construisirent la Collégiale. C'est dire la vénération que l'on doit à ce monument et le fait que l'édifice est sous terre, le visiteur sent une certaine gravité et un profond sentiment religieux en ce lieu. La nef est entourée de deux bas-côtés de même importance, avec deux rangées de piliers, au nombre de 2 fois 5, souvent inégaux de forme et de taille.

SaiNt-ÉmiLioN - L'église monolithe
Les fenêtres de l'église souterraine vues de l'extérieur. 6 fenêtres sur deux étages, construites en même temps que le portail au XIVe siècle, et modifiées au XVe siècle pour celles du bas.

Porte d'entrée de l'Église monolithe
Porte d'entrée de l'Église monolithe, construite au XIVe siècle. Le tympan représente le Christ, entouré de la Vierge de Saint-Émilion et de 2 anges. Au bandeau inférieur la résurrection des morts.

Les voûtes sont en berceau. Il faut rendre hommage aux bâtisseurs d'une telle réalisation. L'autel se trouvait au fond sur un espace surélevé. On remarque des traces de peintures, sans doute du XIIe siècle. Cette église vendue comme bien national, servit de fabrique de salpêtre, ce qui a défiguré les parois. Comme le clocher que nous avons détaillé plus haut se trouve placé juste au-dessus, on peut voir le passage pour les cordes qui assurait la liaison avec les cloches. L'ouverture primitive était certainement sur le bas côté droit en entrant par la porte du XIIIe siècle. Sur le côté ouest de l'église, on rencontre «les catacombes», une cavité qui servit de lieu de sépultures, le tout fut saccagé au cours de la Révolution. Ce lieu dont l'ouverture est un puits, devait recevoir les ossements après sépultures. Ce ne fut jamais un caveau ou des oubliettes seigneuriales. Vu de l'intérieur, le puits correspond à une coupole supportée par trois piliers. Cette visite rend compte de la vie d'un village, au long des siècles. Le portail d'entrée date de la fin du XIIIe siècle, il présente un arc en tiers-point avec garniture de colonnes dépouillées de leurs statues. Le tympan représente le Jugement dernier.

L'intérieur de l'église monolithe
L'intérieur de l'église monolithe. On remarque les voûtes en berceau, creusées au IXe siècle et agrandies au XIIe. Remarquez la solennité de cette construction.


Découverte de la ville


Comme nous l'avons souligné avant de décrire les monuments de Saint-Émilion, on peut approcher la ville de plusieurs manières:

a) Le circuit militaire avec les remparts, puis la Tour du Roy, la porte de la Cadène, la Commanderie, La Maison gothique, la Porte Bourgeoise, le Palais Cardinal sans oublier l'éperon de la porte Bouqueyre, et le puits des Girondins.

b) Le circuit religieux avec l'Église Monolithe, l'Ermitage, la chapelle de la Trinité, le clocher, la Collégiale, le cloître les Jacobins et les Cordeliers avec petit détour vers la maison des Ursulines, et la Grande Muraille.

c) On peut aussi envisager une promenade chronologique, avec départ à l'Ermitage, l'église Monolithe, le Cloître et la Collégiale, ne pas négliger la chapelle de la Trinité et celle du Chapitre, la porte de la Cadène, puis la Tour du Roy ensuite revenir vers les Jacobins et les Cordeliers, passer à la maison Guadet, au puits des Girondins.

Les remparts étant visités à chaque passage de la découverte. Enfin celui qui se fie à des découvertes personnelles. Il suffit de prendre un plan et de se promener dans les petites rues et ruelles en observant maisons et devantures. Les façades de quelques maisons inviteront à pénétrer dans les monuments, et les lieux classiques termineront la visite. La promenade des remparts sera obligatoire.

Plan de SaiNt-ÉmiLioN SaiNt-ÉmiLioN - L'EPeRon De La PorTe BouQueYre (Sur le Parking)

Fêtes et animation

En juillet et août, exposition de peinture. En septembre, exposition artisanale dans le cloître de la Collégiale. Les « Grandes Heures de Saint-Émilion » mettent en contact la musique de chambre avec les richesses vinicoles. Presque tous les mois un concert est donné dans un château, avec dégustation.
Mais en aucun cas n'oublier de déguster les « Macarons» et de vous délecter du « cru Saint-Émilion ».