LeS ArMoiRieS De SaiNt-ÉmiLioNIl est certain, de nombreux documents le prouvent, que la ville de Saint-Émilion a possédé des armoiries depuis une époque très ancienne (il en est fait mention dans le procès-verbal de la réception de Louis XIII à Saint-Émilion le 9 juillet 1621 - archives) jusqu'à la Révolution.
Dans une étude, fort bien faite, effectuée en 1927 par M. Duprat, ancien directeur de l’école communale de garçons, on relevait un certain nombre de sceaux d'une indiscutable authenticité, datant des années 1252, 1302, 1669, 1701 et 1751.
M. Georges Chailleau s'y associa, et c'est par l'intermédiaire d'une personne amie, habitant l'Angleterre, qu'un document daté de 1377 émanant de l'Hôtel de Ville de Saint-Émilion a été découvert au «Public Record Office» portant un sceau orné de «3 léopards passants».
La municipalité, les représentants qualifiés de la société historique et archéologique, du syndicat d'initiative, du syndicat viticole, mis au courant des recherches effectuées, s'y sont vivement intéressé, ce qui allait permettre de rendre à Saint-Émilion ses anciennes armoiries perdues depuis la Révolution.

C'est dans la séance du 2 septembre 1928 que le conseil municipal a fixé définitivement les Armes de Saint-Émilion qui furent soumises à l'homologation du Conseil des Sceaux au Ministère de l'Intérieur.

Le blason communal portera :

«De gueules au château donjonné de trois tours d'argent, maçonné de sable, ouvert et ajouré du champ, sommé d'un léopard d'or tenant dans sa patte dextre, une épée antique d'argent, au chef de France ancien à un Saint-Émilion à mi-corps de carnation, vêtu d'or, tenant de la dextre un bâton pastoral, de la senestre un livre, le tout d'or».

De plus, la cité de Saint-Émilion étant la filleule de Bordeaux, il fut suggéré d'ajouter un croissant dans le bas du blason pour que ces armes soient complètes.
Comme on le voit, les meubles de l'écu représentent les diverses étapes de notre petite ville : Le Saint du Chef assure au point de vue héraldique, la continuité des sceaux et armes de la ville qui s'est maintenue depuis 1252 jusqu'à la veille de la Révolution.
Il rappelle la fondation de Saint-Émilion et l'importance de ses établissements religieux, églises et couvents, aux siècles passés.
Le Château Fortifié symbolise l'ancienne commune du Moyen-âge, son indépendance un peu ombrageuse, sa valeur guerrière ; il évoque la vieille enceinte de fossés, de remparts et de tours, tout ce système de défenses militaires qui faisait de Saint-Émilion une des places fortes les plus puissantes du Bordelais lors de la domination anglaise.

«Aujourd'hui, la ville a dénoué sa ceinture de pierres et se repose en paix de ses antiques travaux, mais ce sont les vestiges de ses murailles et ses fossés creusés dans le roc qui contribuent le plus à lui donner son caractère pittoresque et si émouvant».

Le château est sommé d'un léopard en souvenir de l'occupation anglaise et de l'attachement de Saint-Émilion aux rois d'Angleterre, ducs d'Aquitaine, dont l'administration bienveillante fut douce à nos pères en ces temps troublés.

Ainsi toute l'histoire de la «Première filleule de Bordeaux» revit dans son blason.

C. G.