Plan Eglise collégiale et cloître de Saint-ÉmilionLa cité est née du tombeau de Saint-Emilion, ermite d'origine bretonne, retiré dans une grotte creusée dans la falaise et mort en 767.

L'EGLISE, anciennement abbatiale, puis collégiale, actuellement paroissiale est une des plus vastes du département.

Entrons par la façade ouest, afin de respecter la chronologie de son édification : une porte romane à cinq arcades en retrait, aux moulures d'influence saintongeaise.

A l'origine, en 1110, quand l'archevêque Arnaud Géraud de Tabanac réforma les chanoines qui desservaient l'église monolithe, l'église n'était composée que d'une simple nef. C'est au cours du Xllème siècle qu'ils édifièrent une nef à trois travées, de style roman, à coupoles byzantines sur pendentifs. Le porche surmonté d'un clocher s'est écroulé, entraînant avec lui les voûtes superposées ainsi que la coupole de la première travée, remplacée au Xllléme par une voûte à nervures ogivales.

De part et d'autre de ce porche, deux statues classées : Saint Joseph et l'Enfant Jésus et une Sainte, en bois polychrome du XVIlème.

Au mur, six tableaux du XVIIème et XVlllème relatant la vie de la Vierge Marie: l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Circoncision, la Présentation au temple et la fuite en Egypte.

Sur le mur sud de cette nef romane, subsistent des restes de peintures murales très anciennes, notamment quatre circonférences dans lesquelles on distingue un démon, en ocre rouge, tentant une femme que l'on retrouve plus loin subissant le supplice de la roue. Sur la saillie du mur, une remarquable Vierge "Sancta Maria", longue, élancée, en costume du Xllème.

La seconde partie de cette église fût édifiée par le collège des chanoines installé en 1306 et ayant à sa tête Gaillard de La Mothe, neveu du pape Clément V. Elle comprend le chœur formé de trois nefs de style ogival du début XIVème. Au dessus de la porte du cloître, d'autres peintures murales représentent un évêque guérissant des possédées. A l'origine, la nef, le transept et les voûtes devaient être couverts de peintures, comme le laisse présager les traces que l'on distingue çà et là.

Enfin, une abside à cinq pans pour la nef centrale (style flamboyant). Ce chœur est désaxé vers la droite, nous rappelant la mort du Christ : "et inclinant la tête, il rendit l'Esprit".

Au centre, le Maître Autel de 1862. Au dessus, la verrière centrale du XIXème représentant (de bas en haut) la naissance et l'adoration des rois mages; le dernier repas de Jésus avec ses apôtres : la Cène; la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres : la Pentecôte.

Les deux verrières latérales (XIVème et XVIème) ont été offertes par le roi Louis XII et représentent les apôtres, grandeur nature.

De belles stalles du XVème, début XVIème servaient aux chanoines durant les offices. De petites consoles, les "miséricordes" ménagées sous l'abatant des sièges, permettaient de s'asseoir à demi. La fantaisie des artistes s'y est déployée de la façon la plus exubérante : anges, têtes d'homme, oiseaux enlacés....

On remarquera dans la nef, la chaire de Jouandot, artiste bordelais du XIXème siècle.

Enfin, l'orgue CAVAILLE-COLL (Gabriel), seul instrument authentique complet signé par le fils d'Aristide CAVAILLE-COLL, facteur d'orgues mondialement réputé. Sa très belle qualité d'exécution en fait un témoin représentatif des orgues qui font la renommée de cette facture française de la fin du XIXème siècle (classé parmi les monuments historiques en 1992).

L'abbé Daniel BergeyA la constitution du chœur de style ogival, début XIVème fut ajoutée une grande chapelle, au sud, autrefois dédiée à Saint-Emilion et, de nos jours, aux martyrs des dernières guerres. Au sol, la pierre tombale de l'Abbé Bergey, curé de la Paroisse de 1905 à 1950, ancien député de Gironde. Au mur, un vitrail de Mirande du XXème.

Cette chapelle est précédée, à gauche, de l'autel dit de Saint Michel, le second des trois archanges, adversaire victorieux de satan. A droite, un panneau en bois représente le sacrifice de Melchisédech. Au dessus, une Piéta et plus haut la statue de St Valéry, patron des vignerons de Saint-Emilion, en bois polychrome du XVIIème.

Au mur, au dessus de la porte donnant dans la chapelle du Cardinal de Sourdis, actuellement sacristie, est exposée une grande toile du XVIIème timbrée aux armes du Cardinal, représentant la Pentecôte. Cet ancien doyen du chapitre y figure ainsi que d'autres membres de sa famille.

Début XVllléme, en pendant à la chapelle sud, fût construit une chapelle carrée. On remarquera la statue en pierre du XVlllème de Saint-Emilion habillé en diacre.

Enfin, dans la nef : jolie chapelle Saint Michel, à deux travées, servant de baptistère.

Sortons par le portail Nord du Xlllème, à 3 arcs ogivaux en retrait et à tympan très mutilé. Au centre, le Christ en majesté entre la Vierge et St Jean agenouillés. Au-dessous, le jugement dernier.

Aux ébrasements figuraient les statues des douze apôtres malheureusement disparues, ainsi que celle du Christ qui était au trumeau. Sur la colonne centrale, la statue d'un pape, sans doute Clément V.

Jusqu'au XVIème, l'initiation catéchétique des adultes et des enfants se faisait en particulier à travers la statuaire, les vitraux, les fresques et les tableaux.

Ce patrimoine est appelé à la pérennité pour signifier aux générations présentes et à venir la place de l'art et de la foi qui, en ce lieu, se confondent.


LE CLOÎTRE : (se visite depuis l'Office de Tourisme)

Il dérive de la conception de la maison antique gréco-romaine dont les locaux d'habitation se répartissaient autour de l'atrium et du péristyle. Le cloître, du XIVéme siècle, est comme l'artère centrale de la vie du monastère.


Sources et références :

- Saint-Emilion : brochure de l'Office de Tourisme

- Archives paroissiales