Le Blog de JM 33500 - LiBoUrNe, HisToiRe d'En ParLeR
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23 décembre 2006

Le secrétariat du père Noël

Ohh Ohh Ohh !!Les enfants sages écrivent au Père Noël pour demander leurs cadeaux. Et parfois, ils postent leur lettre, adressée à:

Père Noël
1, Chemin des Nuages
Pôle Nord

La question s'est posée, que faire avec ces enveloppes ? Les renvoyer avec la mention "N'habite pas à l'adresse indiquée" ? Les détruire ?

Depuis 1962 pour les fêtes de fin d'année, La Poste centralise et répond aux courriers envoyés au père Noël.

Un ministre des Postes en France a décidé qu'il fallait leur répondre, la tradition se poursuit ! Une carte postale est spécialement imprimée, elle est envoyée aux enfants qui ont précisé leur adresse (même sur les enveloppes provenant de l'étranger, dans tel cas, il est souhaitable de préciser comme destinataire Père Noël/33500 Libourne/France).

Ce service est gratuit (inutile d'affranchir la lettre quoique pour être plus sur d'avoir une réponse :o/ !!). Il est maintenant  plutôt connu, le Père Noël de Libourne envoie chaque année des centaines de milliers de lettres dans toute la France et à l'étranger. Le centre des rebuts de Libourne engage pour l'occasion soixante assistantes.

On peut aussi écrire directement au Père Noël sur le site Internet de La Poste, la réponse vient par courrier "escargot".

N'oubliez pas d'écrire votre liste au père-noël en cliquant sur l'image suivante:

CLIQUEZ ICI

ou en cliquant ici

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25 février 2007

AliÉnoR, FeMMe De RoGeR de LeYBouRNe

Nous empruntons à la plume savante de M. J.-Aug. Brutails, directeur des archives départementales de la Gironde, la description de cette tombe plate découverte il y a quelques années dans un petit étang, au lieu de Cassecrabey, près de Créon (arrondissement de Bordeaux).

Pierre tombale d'Aliénor

« Cette dalle est dans un médiocre état de conservation; elle a été brisée en deux, peut-être par des lavandières qui en ont employé les deux morceaux pour laver le linge. La moitié inférieure est détériorée par en bas; la partie supérieure est écornée par en haut, à droite; la pierre est rongée sur plusieurs points, et l'épitaphe a malheureusement beaucoup souffert. »
La dalle mesure 0m165 d'épaisseur. La face est encadrée d'une double moulure creuse, large de 0m075, taillée dans un épannelage en biseau et qui est d'un excellent effet. Ces moulures ont à peu près disparu aux deux extrémités supérieure et inférieure. Le champ mesure, entre les moulures, 1m56 de long; la largeur est de 0m55 en haut et de 0m30 en bas.
L'effigie est des plus curieuses. Elle représente une femme nue, les mains jointes sur la poitrine. Le milieu du corps, depuis la ceinture jusqu'aux genoux, est dissimulé derrière un écu, chargés de six lions posés 3, 2 et 1. Le dessin, gravé au trait, n'est pas mauvais. Certaines parties, comme les bras, sont même convenablement traitées. Mais ce qui est surtout intéressant dans cette œuvre, c'est que l'artiste ait représenté une personne nue. Le XIIIe siècle n'admettait guère la nudité que pour ces petits corps sans sexe qui figuraient-rame du défunt. Les imagiers de ce temps ne cherchaient pas encore le réalisme que les sculpteurs du XVe siècle rendirent parfois avec tant de puissance. Sur ce point notre ciseleur a fait preuve d'un dédain quelque peu hardi des conventions de son temps : il a dépouillé de tout vêtement la noble femme dont il devait reproduire les traits, et il a même, autant qu'on en puisse juger par certains détails, visé au réalisme. A ce point de vue, la tombe plate de Cassecrabey est un document précieux pour l'histoire de l'art.
On remarquera que, pour les lions des armoiries, l'artiste ne s'est pas contenté d'indiquer d'un trait la silhouette; le lion tout entier est gravé en creux. Sans doute, ce creux était rempli de mastic de couleur et le champ de l'écu était peint. L'épitaphe, dont le début est indiqué par une croix, part de l'angle supérieur gauche. Elle est en jolies majuscules. Voici ce que j'en ai déchiffré. J'ai écrit en italiques les lettres qui sont représentées par un signe abréviatif, et entre crochets celles qui, ayant disparu accidentellement en tout ou en partie, ont pu être reconstituées :

HIC JACE[T A]...... DOM/NI ROT[GERII] DE LIBURNA, MILIT[IS]......
OBIIT QUARTO IDUS OCTOBRIS
ANNO DOMINI M.CC.LXV. ANIMA EJUS REQU[I]ESCAT IN PACE.

Il s'agit probablement d'Aliénor, femme de Roger de Leybourne, lieutenant du roi d'Angleterre. Roger mourut en 1271. Aliénor, fille de Robert de Vipont, était veuve de Roger de Quincy. A la vérité, après l'A initial de son nom, subsiste un trait courbe qui annonce plutôt un C, un E ou un G. Mais cette constatation est vague et incertaine, parce que la pierre est très dégradée sur ce point.
On peut donc admettre que cette dalle a recouvert la sépulture d'
Aliénor de Vipont, femme du lieutenant du Roi, Roger de Leybourne, dont le nom parait présenter avec celui de la ville girondine de Libourne une parenté difficile à préciser. » (Bulletin monumental 1896, 7ème série, tome 1er).
Cette parenté, quoique difficile à préciser,
M. Brutails l'admet donc, nous savons même qu'elle lui paraît incontestable. Telle a été aussi l'opinion de R. Guinodie, de Martial et Jules Delpit. Les ingénieuses étymologies tirées de la situation géographique de notre ville, Ellac-Borna, Islae-Borna, nous semblent tomber du reste, sans contestation possible, si l'on veut bien considérer que le nom de Leyburn apparaît seulement, tout-à-coup, à la fin du XIIIème siècle.
Les armoiries gravées sur la pierre tombale de
Cassecrabey sont bien celles de la famille de Leybourne. (v. The general Armory of England, Scotland, Irelandand Wales, de sir Bernard Burke, Londres 1878). A..... femme de Ratmond de Libourne, morte en 1470, fut enterrée à La Sauve; ses armes étaient six lionceaux posés 3, 2 et 1. (Histoire générale de Courcelles, alliances, t. 3 art. Castillon p. 13). Il est infiniment probable que la tombe d'Aliénor provient également de La Sauve.

21 janvier 2006

LeS FoRTiFicAtiOnS De LiBoUrNe

La majorité des vingt-deux témoins qui, entre le 16 décembre 1486 et le 03 janvier 1487, comparurent devant Bernard Tustal, conseiller du roi chargé de l'enquête sur les privilèges de Libourne, convint que celle-ci était "une belle ville", "de grande étendue", "fermée de murailles", lesquelles se trouvaient être "de grand circuit, de demi lieue française ou environ", et "de grand édifice". De la part d'habitants de Libourne comme de personnes originaires de villes et de régions voisines (Bordeaux, Sainte-Foy-la-Grande, Bergerac, La Réole, Limoges, Angoumois et Périgord) l'unanimité ainsi affichée devant l'officier royal n'était pas une attitude de façade, feinte pour la circonstance mais parait plutôt relever d'un sentiment largement partagé, attendu qu'il s'agissait pour eux "d'une chose vue et notoire".

Abritée derrière quelque 2200 mètres de murs, la bastide offrait l'aspect d'un polygone irrégulier de 800 mètres de long du nord au sud, depuis la tour de Grenouiller jusqu'à la porte Saint-Emilion, et de 600 mètres de large d'est en ouest, entre les portes de Périgueux et de Bédignon.

LiBoUrNe - Plan des fortifications 1459-1486

L'espace ainsi enclos couvrait environ 32 hectares. Considérée du point de vue du périmètre des murailles et de la surface intra muros, Libourne se situait loin derrière Bordeaux, dont l'enceinte du début du XIVe siècle, longue de plus de 5 500 mètres, entourait 170 hectares. Elle se plaçait en revanche nettement devant Bourg (17 ha), Bazas (15 ha), Sauveterre-de-Guyenne (13 ha) et Saint-Emilion (10 ha). Parmi les villes des diocèses de Bordeaux et de Bazas, seule La Réole la dépassait avec une troisième enceinte, construite au Xème siècle, longue de plus de 2 400 mètres et enserrant une superficie de l'ordre de 40 hectares.

 

I. UNE CLÔTURE TARDIVE ET INACHEVÉE À LA VEILLE DE LA GUERRE DE CENT ANS.


Jean-Paul Trabut-Cussac
a démontré, dans un article consacré à la construction des remparts de Libourne, que la bastide avait été fortifiée de façon tardive ("La construction des remparts de Libourne", dans Revue historique de Bordeaux, tome III, 1954, p.179-199). La charte de franchises octroyée en 1270 par le prince Édouard, lors de la fondation de la bastide, précisait les privilèges politiques et économiques accordés aux "bourgeois présents et à venir". Elle ne contenait en revanche aucune allusion relative à l'édification et à l'entretien des défenses. Au début des années 1280, alors que la ville neuve amorçait son essor, le maire et les jurats se préoccupèrent de la faire enclore. Ils s'adressèrent au roi-duc, mais n'obtinrent des subsides que le 04 juin 1289, date à laquelle Édouard 1er leur abandonna pour sept ans tous les revenus de la couronne ordinairement perçus dans la ville par le connétable de Bordeaux. Il s'agissait du produit des droits de douane, également appelés coutumes, prélevés par l'administration anglo-gasconne sur les marchandises qui, par l'Isle et la Dordogne, entraient dans le port de Libourne et en sortaient, ainsi que des cens acquittés chaque année par les détenteurs de parcelles bâties et non-bâties mouvant du roi-duc dans Libourne. Cet argent fut employé par la municipalité au pavage des rues et non à l'édification des défenses, de telle sorte qu'en 1292 le maire et les jurats sollicitèrent l'autorisation d'établir un octroi à l'entrée de la ville. Édouard 1er la leur accorda, le 15 juillet 1292, pour une durée de six ans.

 

A la fin du XIIIe siècle, Libourne restait une ville ouverte, ou du moins ses défenses n'étaient pas assez avancées pour lui éviter d'être prise et mise à mal par un parti français. Les faits nous sont connus de façon indirecte. Vers 1303-1305, les Libournais adressèrent une pétition à Édouard 1er, dans laquelle ils lui exposaient que la ville avait été détruite par les "ennemis, en temps de la guerre". Ces destructions furent le fait des Français, qui occupèrent le duché d'Aquitaine de 1294 à 1303. Jean Paul Trabut-Cussac les a situées au début de cette occupation. Il paraît plus vraisemblable de les placer après janvier 1303, date à laquelle les Bordelais donnèrent le signal d'une révolte qui contraignit les troupes du roi de France à évacuer précipitamment la plus grande partie du duché. La requête du maire et des jurats de Libourne priait Édouard 1er d'agir afin que ses "gents puissent plus sûrement... demeurer en la dite ville". Pour permettre le relèvement de la bastide, ils sollicitaient l'octroi de trois foires annuelles et l'exemption de tous péages dans l'Entre-Dordogne. Le roi-duc ordonna au sénéchal de Gascogne de faire droit à ces requêtes.

Édouard II succéda à son père en 1307. En 1311, le maire et les jurats, qui travaillaient toujours à l'édification des fortifications, profitèrent de la venue en Gascogne des deux enquêteurs royaux, le comte de Richmond et l'évêque de Norwich, pour rappeler les destructions commises par les Français. Ils sollicitèrent, en vain, une nouvelle aide financière. Les requêtes adressées en 1314 et en 1320 au roi-duc ou à ses représentants pour obtenir des subsides n'eurent aucune suite. Lorsqu'en 1324, le différend franco­-anglais à propos de Saint-Sardos fit peser sur le duché d'Aquitaine la menace d'une nouvelle attaque française, les Libournais s'alarmèrent. Les travaux de défense de la ville devaient cependant être suffisamment avancés pour que, comme l'a fait remarquer Jean-Paul Trabut-Cussac, Edmond de Kent, demi-frère d'Édouard II, que celui-ci avait dépêché en Aquitaine, approvisionne Libourne en hommes et en matériels, lui reconnaissant ainsi une valeur stratégique. Avec Blaye, Bourg, Fronsac, Saint-Emilion et Castillon, Libourne formait l'un des maillons d'une ligne de défense qui, étirée du nord-ouest vers le sud-est, le long de la Gironde et de la Dordogne, couvrait les abords septentrionaux de Bordeaux.

 L'alerte passée, les magistrats municipaux se préoccupèrent dès lors de disposer de ressources financières régulières leur permettant d'entretenir les fortifications déjà édifiées et d'achever l'ouvrage. Le 7 septembre 1330, le sénéchal de Gascogne, Jean de Haustede, qui avait été capitaine de la ville de 1324 à 1325, les autorisa à lever une taxe sur les marchandises vendues dans la ville. Comme le prévôt de Libourne leur contestait le droit d'utiliser les galets et le sable provenant du lest abandonné par les navires, ils en appelèrent à son supérieur hiérarchique, le sénéchal de Gascogne. Le 20 janvier 1331, Jean de Haustede confirma le maire et les jurats dans le droit d'employer les matériaux de délestage et interdit au prévôt de les en empêcher. Il dut renouveler cet ordre et menacer le prévôt de la suspension de son office, le 03 février 1331. Aux empêchements suscités par le prévôt royal s'ajoutèrent les embarras financiers inérants à des travaux coûteux, d'autant que les Libournais furent contraints de les activer suite au déclenchement de la guerre de Cent Ans. Le 16 mai 1340, le maire et les jurats ajournèrent le remboursement des dettes contractées par la ville "pour raison de la fortification de celle-ci". Directement menacée par l'offensive menée en 1338-1340 par le comte de l'Isle, lieutenant de Philippe VI en Guyenne,

Libourne, comme les autres villes du Bordelais, dut faire face à la situation par ses seuls moyens. Les troupes françaises échouèrent devant ses murs ainsi que devant ceux de Saint-Emilion. Édouard III, qui concentrait alors ses efforts militaires contre Philippe VI dans le nord du royaume de France, se décida à faire un geste. Le 22 juin 1341, il reconnut officiellement aux Libournais la libre disposition du lest pour la réparation des remparts et leur concéda la propriété des fossés et des arrière-fossés en dédommagement des sommes qu'ils avaient investies.

 Au milieu du XIVe siècle, les Libournais s'employaient encore édifier les défenses de la ville. Le 14 août 1346, ils obtinrent d'Henri de Lancastre, lieutenant d'Édouard III en Aquitaine, la confirmation du droit de lever des taxes sur les marchandises pénétrant dans la ville aussi longtemps que les fossés ne seraient pas remplis d'eau et les murs garnis de tours, de mâchicoulis et de barbacanes. Cette concession leur fut renouvelée le 10 décembre 1350, puis le 25 mai 1355. En dépit des efforts financiers consentis par la municipalité et de l'aide apportée par le roi-duc, certains secteurs restaient encore sommairement protégés au début du XVe siècle. L'un des témoins cités à comparaître en 1487, lors de l'enquête sur les privilèges de Libourne, déclara avoir "vu refaire plusieurs fois les dits fossés et réparer les murailles... (et) dans un quartier qui était de pieux les (avoir vu) refaire toutes neuves, et maintenant (il) y a une belle tour (et une) épaisse muraille". Il est vrai qu'il s'agissait de la partie de la ville adossée à la Dordogne et donc naturellement défendue par la rivière. Alors même que les fortifications n'étaient pas achevées, la municipalité dut entreprendre des réparations pour consolider ou relever les parties anciennes. Le 23 juillet 1389, Richard II fit don à la ville de 100 livres sterlings pour réparer 250 brasses de murs (environ 400 mètres) renversées en janvier par une"grande tempête et fortune de temps".

 Regardée, en raison de sa situation au nord-est du diocèse de Bordeaux, au confluent de l'Isle et de la Dordogne, comme "la clef et boulevard des pays de Périgord, Quercy, Limousin, Angoumois et autres pays circumvoisins", Libourne vit à plusieurs reprises paraître des troupes françaises sous ses murs au cours de la guerre de Cent Ans. La ville resta aux mains des gens du roi-duc lors de la première offensive, en 1337-1340. Le parti anglo-gascon fut moins heureux quarante ans plus tard. En 1377, le duc d'Anjou et Du Guesclin parvinrent à s'emparer de la bastide, après avoir ravagé les campagnes environnantes et détruit le château de Condat. En 1451 et en 1453, les capitaines de Charles VII s'empressèrent d'obtenir la reddition de Libourne avant de marcher sur Bordeaux. Ayant perdu tout espoir d'être secourus depuis l'Angleterre par Henri VI, les Libournais préférèrent les deux fois capituler devant un adversaire supérieur en nombre et en matériel, plutôt que de soutenir un siège dont l'issue ne pouvait que leur être défavorable.

 

II. LES FORTIFICATIONS DE LIBOURNE AU LENDEMAIN DE LA GUERRE DE CENT ANS.

 

L'enquête sur les privilèges de Libourne, en 1486-1487, donna lieu à un examen attentif de l'état des fortifications, motivé par le fait que la municipalité alléguait un coût d'entretien élevé. L'enquêteur royal, Bernard Tustat, vint lui-même à Libourne, le 02 janvier 1487, pour interroger des témoins et profita de l'occasion pour inspecter les murs. Il consigna ses observations par écrit dans le rapport de l'enquête. Toutefois, reconnaissant qu'il ne pouvait "bonnement extimer les fraiz et mises qu'il convient à la réparacion desdites murailles", il chargea Héliot Odin, maître maçon à Bordeaux, assisté par deux confrères de Saint-Junien en Limousin, d'une part d'évaluer le coût des réparations et des améliorations à apporter, et d'autre part d'estimer le montant des dépenses annuelles pour l'entretien courant des fortifications. Les trois hommes s'acquittèrent rapidement de leur tâche. Ils lui présentèrent leur rapport dès le lendemain. Leur déposition fut enregistrée au même titre que celle des autres témoins et versée au dossier de l'enquête. Le recoupement des données contenues dans ces deux procès-verbaux permet de restituer dans leurs grandes lignes les défenses de Libourne telles qu'elles se présentaient au lendemain de la guerre de Cent Ans. Une reconstitution plus précise doit cependant faire appel aux sources figurées modernes et contemporaines, ainsi qu'aux quelques vestiges des anciennes fortifications ayant échappé aux destructions.

 

1. Les portes

Concernant les portes de Libourne, le rapport de Bernard Tustal est de loin le plus détaillé. Il indique neuf entrées. Six d'entre elles, jugées plus importantes que les autres, sont qualifiées de "portails", alors que les trois autres sont simplement désignées comme des "portes". Sur ce total, trois des six portails et les trois portes donnaient accès à l'Isle et à la Dordogne, attestant la vocation portuaire de la bastide. Du côté de la "terre", Libourne communiquait avec la campagne seulement par trois portails (voir carte des fortifications vers 1459-1486 ci-dessus).

L'identification et la localisation des six portails ne posent aucun problème. Cinq d'entre eux se situaient au débouché des principales artères de la ville. Le grand portail de la mer, plus communément appelé par les Libournais porte du Grand Port, s'ouvrait face à la place formée par la rencontre de la rue des Chais avec la Grande Rue ou rue Saint-Emilion (En Bordelais on appelait "mer" la partie du cours de la Garonne et de la Dordogne où se faisait sentir l'effet de la marée montante, d'où le nom d'Entre-deux-Mers donné à la région occupant leur confluent.). Le portail Saint-Emilion marquaient l'extrémité opposée de cette même Grande Rue, au point de raccordement avec la rue Saint-Thomas. Les rues de Périgueux et de Guîtres aboutissaient du côté de la "terre" aux portails du même nom, tandis que la rue de la Font Neuve conduisait à la berge de la Dordogne par le portail Bédignon. Seul le portail Coffer était desservi par un axe secondaire, la modeste ruette des Chais. Sans doute percé tardivement, il devait son nom à Jean Coffer, maire de Libourne en 1343, et prit de l'importance du fait de sa situation au confluent de l'Isle et de la Dordogne (L'actuelle rue du Port-Coiffé correspond à l'ancienne rue des Chais et conserve sous une graphie totalement déformé le souvenir de l’ancienne porte Coffer).

Seul le portail du Grand Port, abandonné au XVIIe siècle au profit d'une nouvelle porte percée dans l'axe de la rue Saint-Emilion et longtemps englobé dans des maisons, a échappé à une destruction totale. L'accès à la ville se faisait par un passage voûté en arc brisé aménagé entre deux tours circulaires, la tour Édouard ou du Grand Port et la tour Richard ou tour Barrée.

LiBoUrNe - Dessin de la Tour du Grand Port

L'aspect architectural des autres portails est connu grâce à des textes, des plans et des gravures. Les trois qui s'ouvraient du côté de la "terre" étaient les plus solidement défendus: passage voûté aménagé au pied d'une tour et fermé par une porte à deux battants, accès extérieur protégé par un boulevard. Celui de Guîtres présentait une puissante base quadrangulaire surmontée d'une tour carrée coiffée d'un toit en pavillon. Un escalier latéral permettait d'accéder à la tour et, de celle-ci, au chemin de ronde des murs (voir dessins ci-dessous).

LiBoUrNe - Dessin de la Porte de Guîtres

Le portail de Périgueux devait présenter un système défensif analogue (voir dessin ci-dessous).

LiBoUrNe - Plan de la Porte de Périgueux

Le portail Saint-Emilion s'ouvrait à la base d'une imposante tour rectangulaire formant saillie en avant des murs. Celle-ci comportait deux étages et une plateforme sommitale avec créneaux et mâchicoulis, couverte par une toiture à quatre pans (voir dessin ci-dessous).

LiBoUrNe - Dessin de la Porte de Saint-Émilion

 

Nous sommes moins bien renseignés sur les défenses extérieures des trois portes ouvrant sur la campagne. L'existence d'ouvrages avancés est attestée dans l'enquête de 1486-1487 avec la mention de "boulevards" (Boulevard: ouvrage extérieur défendant l'accès d'une porte, appelé demi-lune au XVIe siècle). Un des dessins de J. de Weert représente les barbacanes commandant l'accès des portes de Guîtres et de Périgueux telles quelles se présentaient au début du XVIIe siècle.

LiBoUrNe - Dessins des fortifications 1612

Celle de la porte de Guîtres est visible sur le dessin de H. van der Herm (ci-dessous).

LiBoUrNe - Dessin au XVIIème siècle

En revanche, le plan dressé vers 1740 ne mentionne plus qu'un bastion triangulaire à l'entrée de la porte Saint-Emilion et une chicane en avant de celle de Périgueux (plan ci-dessous).

Plan de LiBoUrNe au XVIIIème siècle

(A.C. Libourne. BB 14, 5 avril 1729. Mention de la chute dune "petite voûte avec un mur qui était bâti au-dessus, à l'avant-porte ou demi-lune". Ibid., BB 16, 6 janvier 1732. Avis favorable de la municipalité aux propositions de l'architecte Alexis Tisseau relatives à "la démolition de vieux murs ruinés qui sont à la sortie de la porte de Périgueux, qui formait un ancien ravelin (demi-lune) ou boulevard". Ibid., BB 28, 14 mars 1758. Adjudication "à la moins dite... pour la démolition ou écrêtement des courtines des murs de la ville et des fortifications anciennes qui sont au-dehors de la porte Saint-Emilion"). L'Isle et la Dordogne protégeaient naturellement le flanc nord­-ouest de la ville.

Le portail Bédignon avait été percé à la base d'une tour ronde, défendue dans sa partie haute par des créneaux et des mâchicoulis (dessin ci-dessous).

LiBoUrNe - Dessin de la Porte Bédignon

Un escalier "situé dans la rue des Murs de la présente ville, joignant la tour de la porte Bédignon... (Servait) à monter dans la dite tour" (A.C. Libourne, BB 20, 16 juillet 1739. Délibération de la jurade relative au mauvais état de l'escalier de la tour de Bédignon). Le portail Coffert consistait, d'après les plans du XVIIIe siècle, en un simple passage aménagé dans l'épaisseur du mur de ville.

Parmi les trois portes permettant d'accéder au bord de l'Isle, seule la porte Salinière (ou des Salinières) est expressément nommée par Bernard Tustal et Héliot Odin. Libourne tenait des rois d'Angleterre le privilège de posséder un grenier à sel et le monopole du commerce de cette denrée depuis le Bec d'Ambés jusqu'à Bergerac. Les navires qui remontaient la Dordogne avec un chargement de sel avaient l'obligation de débarquer celui-ci à Libourne. Regroupé à un endroit précis du port afin d'en assurer une meilleure surveillance, ce trafic laissa son nom à la porte par laquelle le sel entrait dans la ville (Il existait éga1ement une porte et un quai des Salinières à Bordeaux qui, de la même manière que Libourne, détenait le monopole du trafic du sel sur la basse Garonne). Cette porte était située au bout de la rue Sainte-Catherine (A.C. Libourne, BB 18, 14 janvier 1737. Décision du maire et des jurats de proclamer les réparations à faire à la porte des Salinières "située au bout de la rue Sainte-Catherine, sur le bord de l'Isle"). La présence de deux autres portes nous est révélée par le seul rapport de Bernard Tustal. L'enquêteur royal situe l'une d'elles entre le grand portail de la mer et la porte Salinière. On peut donc penser qu'elle se trouvait au débouché de la rue Saint-Thomas. Les documents de la fin de l'époque moderne font état à cet endroit d'une porte dénommée Cavernière (La Cavernière était un coche d'eau qui, s'aidant du courant de flot et de jusant, effectuait la liaison entre Libourne et le port de Cavernes (paroisse de Saint-Loubès), à partir duquel les voyageurs gagnaient Bordeaux par voie de terre). L'autre porte, située entre la porte Salinière et la tour de Grenouiller, arborait lors du passage de Bernard Tustal une "image de Saint Jacques". Ce pourrait être la "porte Sainte-Cécile", au bout de la rue du même nom, dont il est fait mention dans un bail à loyer du 16 février 1522. Si l'on se réfère aux plans du XVIIIe siècle, la porte Cavemière s'ouvrait à la base d'une tour carrée formant saillie par rapport à la muraille, tandis que les portes situées à l'extrémité des rues Sainte-Catherine et Sainte-Cécile avaient, comme le portail du Grand Port, été simplement aménagées dans l'épaisseur du mur d'enceinte.

2. Les murs, les tours et les fossés

Les murs de Libourne ne nous sont pas à proprement parler décrits par Bernard Tustal ni par Héliot Odin. Il est seulement fait mention de leur état, plus ou moins bon selon les endroits. Du circuit des murs intégralement figuré sur le plan cadastral de 1818 il ne subsiste plus aujourd'hui que quelques pans de courtine. Les rares secteurs épargnés d'une destruction totale montrent, inégalement conservés, deux parements faits de pierres de taille soigneusement appareillées, liés par un blocage fait de matériaux hétérogènes (pierres, galets de lest) noyés dans un mortier grossier.

L'épaisseur des murs au niveau du sol actuel est de l'ordre de l mètre 50. La municipalité avait obtenu au XVIIIe siècle l'autorisation de l'intendant d'abattre le couronnement des murs, de sorte que les portions de remparts les mieux conservées n'atteignent plus que 12 mètres environ et s'arrêtent au niveau des mâchicoulis (A.C. Libourne, BB 30, 28 octobre 1757. Ordonnance du maréchal de Thomond autorisant les jurats à faire "abattre leurs murailles au-dessus du premier cordon, en leur laissant toujours du côté du fossé au moins 25 pieds d'élévation"). Les créneaux et le chemin de ronde ont disparu. Au moins pour ce qui est de la partie de la courtine située A l'est du portail Saint-Emilion, des archères avaient été percées à la base du mur. Des loges de guetteur pratiquées dans l'épaisseur du mur, à 2 mètres environ au-dessus du sol actuel, voûtées d'un arc en plein centre, permettaient de battre le pied des murs et les fossés.

Quelques tours renforçaient les murailles et assuraient de loin en loin leur flanquement. Héliot Odin ne fait allusion qu'à la tour de Grenouiller. Cette "tour carrée", précise Bernard Tustal, occupait l'angle nord du circuit de l'enceinte, en bordure de l'Isle. Sans doute contemporaine des tours surmontant les portails de Guîtres et de Périgueux son sommet avec créneaux et mâchicoulis était couvert d'un toit en pavillon (A.C. Libourne, DD 4, 16 février 1522. Bail à loyer par la municipalité d'une place vide "tirant de la porte qui regarde vers la tour de Grenouiller... qui à présent est carré, faite en forme de pavillon, couverte d'ardoise". Ibid., BB 19. 19 janvier 1740. Mention du mauvais état de la tour de Grenouiller "qui est sans charpente depuis plus d'un siècle, ce qui a causé que le mur d'icelle a péri et se gâte journellement, la pierre qui formait les créneaux étant en partie tomée et l'autre menaçant ruine"). Bernard Tustal mentionne également "la tour Neuve qui fait le coing d'entre les rivières de Dordogne et de l'Isle". Dans le registre d'arpentage de 1459 elle est dénommée "tour Dapcher", du nom du capitaine qui commandait alors la garnison de la ville (A.C. Libourne, CC l, fol. 6. Cette tour prit le nom de tour Gringalette à l'époque moderne - A.C. Libourne, BB 3, 27 mai 1669. Réparations à effectuer à la tour Neuve "autrement appelée Gringalette"). Les sources figurées la représentent comme une tour ronde, d'un modèle comparable à celui de la tour du portail Bédignon ou de la tour du Grand Port. Du portail Saint-Emilion à celui de Bédignon il n'existait aucune tour comme l'a noté Héliot Odin. En revanche, l'omission des quatre tours comprises entre le portail de Périgueux et celui de Saint-Emilion, tant par ce dernier que par Bernard Tustal, est surprenante. Une tour carrée, l'une des deux tours rondes et une tour semi-hexagonale ont disparu (A.C. Libourne, BB 22, 26 juin 1742. Mise en adjudication par le maire et les jurats d'un emplacement "pour y faire des jardins... situés dans les fossés et douves de la ville, à prendre depuis la porte Saint-Emilion jusqu'à la tour appelée de la Tarreyre, qui est entre la dite porte Saint-Emilion et celle de Périgueux". Cette tour de la Tarreyre est sans doute la tour semi-hexagonale proche de la porte de Périgueux, également appelée porte de la "Tarreyre"). Seule subsiste de nos jours une tour ronde, sans nom.

LiBoUrNe - Dessin de la Porte de Périgueux

LiBoUrNe - Identification des Tours

L'Isle et la Dordogne au nord et à l'ouest, ainsi que des fossés enveloppant les abords de la ville du côté de la "terre" complétaient les défenses de Libourne. Le préambule de l'enquête de 1493-1494, à la suite des exactions commises par la garnison de Fronsac, fait mention de "grandes fortifications de muraille et grans foussés". Deux ruisseaux, le Riouver au nord-est et le Lour au sud, s'écoulaient au pied des murs, le premier vers l'Isle et le second jusqu'à la Dordogne. Héliot Odin, constatant que la portion de muraille, de la porte Saint-Emilion à la porte Bédignon, n'était défendue par aucune tour, préconisa la construction de "deux moineaux de pierre" bâtis sur des piliers compte tenu du terrain marécageux. Il est possible de reconstituer approximativement l'emprise des fossés à l'aide des plans du XVIIIe siècle. Bien que comblés et lotis à partir des années 1790, leur tracé apparaît encore nettement sur le plan cadastral de 1818 entre les murs et les allées ceinturant la ville. Des arrière-fossés formaient une première ligne de défense en avant des fossés. Ils furent comblés les premiers, aux XVIIe et XVIIIe siècles, lors de l'aménagement des allées autour de Libourne. Aucun plan n'en n'a conservé le souvenir, si bien qu'il est impossible de les restituer avec certitude, sauf peut-être au sud-ouest de la ville où les allées Flamandes figurant sur le cadastre de 1818 pourraient être assez proches du développement initial des arrière-fossés. De même, sur le plan dressé vers 1740, les allées plantées d'arbres, qui bordent les fossés de la tour de Grenouiller à la porte de Périgueux, occupent en partie leur emplacement.

Enfin, à l'intérieur de Libourne, l'efficacité de la défense se trouvait renforcée par l'existence d'un chemin qui permettait de faire le tour du périmètre interne des murs. Plusieurs témoins interrogés sur ce point, en 1486-1487, firent une déclaration comparable à celle de Bertrand Lepiochel, lequel affirma que "au dedans de ladicte ville, le long des murailles, sans aucun destour, hier ou enpachement, un chescun peut aller à pied et à cheval et à charrettes". Appelé chemin ou rue des Murs, sauf de la tour de Grenouiller à la porte du Grand Port, où le nom de rue des Chais lui venait de la présence de nombreux entrepôts, il permettait aux défenseurs de se porter rapidement en tous points de la muraille en cas d'attaque. Le 22 juin 1341, Édouard III avait formellement interdit de construire près des murs et des tours pour des impératifs de défense. L'enquête de 1459 montre qu'un siècle plus tard cette interdiction était encore respectée.

3. L'entretien des fortifications

Au dire de Raymond Guinodie, les deux courts sièges que soutint Libourne en 1451 et en 1453 éprouvèrent durement ses fortifications (Histoire de Libourne tome1. p.74-80). Il s'est plu à relater les préparatifs des capitaines de Charles VII pour investir la ville. L'emplacement des pièces à feu de Jean Bureau et les dégâts qu'elles causèrent sont décrits avec un luxe de détails. De telles affirmations sont toutefois invérifiables et tout porte à croire que Raymond Guinodie a quelque peu embelli les faits. Non seulement il ne précise pas ses sources, contrairement aux autres faits d'armes qu'il rapporte, mais il convient lui­-même que les chroniqueurs français ne se sont nullement fait l'écho de ces sièges. Si l'on en croit Jean Chartier, Libourne se serait inclinée en 1451 devant la puissance de l'armée française, évitant ainsi un investissement par la force qui n'aurait pu que lui être préjudiciable: "Mondit seigneur le conte de Dunois, lieutenant, envoya mectre le siège par mer et par terre devant une place nommée Fronsac; ce qui arriva le second jour de juing... Et ce faict, vint en personne audit siège de Fronsac, et envoya en mesme temps ung hérault du roy pour sommer ceux de la ville de Libourne de eulx rendre. Après lesquelles sommacions ainsi faites, ceulx de la ville de Libourne ordonnèrent des principaux d'entre-eulx une quantité, lesquels ils envoyèrent avecques ledit hérault devers Monseigneur de Dunois afin de faire tractié et appointement pour tous les habitans d'icelle ville".

En 1453, les Libournais firent valoir leur bonne foi: "Depuis la réduction dudit lieu de Castillon, lesdits seigneurs conducteurs de l'ost du roy et commissaires en icelle partie en deslogèrent et partirent avec leur puissance, canons et aultre artillerie, et vindrent devant la ville de Sainct-Milion, laquelle aussitôt se mist en l'obéisssance du roy... D'iceluy lieu de Sainct-Milyon toute l'armée tira devant la ville de Libourne, laquelle n'avoit pas esté du gré des habitans d'icelle mise en l'obéissance et subjection des Anglois dessus dits; car, lorsque le sire Talbot arriva devant Bourdeaulx, on leur avoit baillé des François pour les garder, lesquels, quand ils sceurent la venue dudit Talbot, ces François qui estoient dedens en garnison désemparèrent de ladite ville, et fut de nécessité aux habitans d'icelle ville de se rendre ausdits Anglois, et obéir au susdit Talbot. Pour laquelle considération, en icelle dernière réduction ils ne furent en rien molestez, mais, au contraire, le roy les receut tout d'abord en sa bonne grâce".

Plutôt que les canons français en 1451 et 1453, les contemporains rendent, de façon plus prosaïque, la nature responsable de la dégradation des défenses. L'état des murs bordant l’Isle et la Dordogne fut jugé préoccupant en 1486-1487, au moment de l'enquête sur les privilèges de Libourne, "pour ce que ladjcte ville est posée bas et contre la mer, laquelle deschausse lesdictes murailles etfaict grands dommages". L'enquêteur français, Bernard Tustal, qui ne peut passer pour suspect d'exagération, a pu lui-même constater qu'en plusieurs endroits l'Isle et la Dordogne ont "démyné le pié desdites murailles". Le notaire libournais, Jehan Boinille, cité comme témoin le 1 er janvier 1487, est formel: "du costé de la mer, ladicte mer gaste lesdictes murailles". Plusieurs autres témoins incriminent eux aussi '1'impétuosité de la mer", laquelle "frappe contre les murs", et ainsi "mine et cave" la base des murailles. Du côté de la terre, le mauvais état des fossés et des boulevards est quant à lui attribué à la nature du sol. Pierre Gueyrard, marchand, originaire de Bergerac, expose, le 29 décembre 1486, que Libourne "est scittuée sur sable, lequel coule et ne peut bonnement tenir", nécessitant des réparations fréquentes apportées aux fossés. Ses dires sont corroborés par ceux d'un Bordelais, Bertrand Lepiochel, qui déclare pareillement que les fossés sont ensablés et "ne peuvent être entretenus sans grandes et continuelles réparations". De surcroît, il affirme avoir vu refaire les fossés à plusieurs reprises.

Les témoins interrogés en 1486-1487 évaluaient l'entretien des fortifications à environ 1000 livres tournois par an, estimation confirmée par le rapport des trois maçons désignés comme experts. Ces derniers proposèrent plusieurs améliorations: l'édification de murs de soutènement pour empêcher que l'Isle ne sape la base des murailles, le renforcement des boulevards destinés à protéger les portes, la construction de moineaux afin de couvrir les portions de courtine démunies de tour. Le montant de ces travaux s'élevait à plus de 44 000 livres tournois. Même si le roi de France avait consenti, le 27 janvier 1478, à abandonner à la municipalité le tiers des revenus du grenier à sel pour l'entretien des fortifications et les gages des officiers de la ville, celle-ci n'avait pas les moyens d'engager de telles dépenses. Ayant déjà du mal à faire face aux frais entraînés par les réparations courantes, on peut douter que le maire et les jurats aient disposé des fonds nécessaires pour entreprendre les travaux d'amélioration préconisés par Héliot Odin et ses deux confrères. Ainsi, en 1493-1494, les murailles et les fossés étaient-ils toujours considérés "de grans entretenement pour les sumptueuses (coûteuses) reparacions qui sont necessaires".

Retranchée à l'abri de ses 2200 mètres de murailles, Libourne prenait rang, tant par la valeur stratégique de son site et son étendue (32 hectares), que par son poids démographique et économique, parmi les villes closes les plus importantes du diocèse de Bordeaux. Par rapport aux autres centres urbains du Bordelais, développés à partir d'un noyau d'habitat antique (Bordeaux, Blaye) ou médiéval (Bourg, Saint-Emilion, Castillon, Saint-Macaire), Libourne portait inscrit dans sa topographie les signes distinctifs qui marquaient son appartenance à la grande famille des bastides: aménagement volontariste de l'espace urbain, plan orthogonal quadrillé structuré autour d'une place centrale, lotissement des îlots en parcelles régulières.

 

15 juin 2010

LiBoUrNe PlaGe 2o1o !!

Dans quelques jours, la Plage des Dagueys ouvre son sable pour une nouvelle année. Héé oui !! Libourne prend ses quartiers d'été samedi 19 juin 2010 à 13h (avant cette date, la baignade est strictement interdite) et vous pourez y barbotter jusqu'au dimanche 05 septembre inclus. Une équipe de 8 personnes assurera la sécurité des tous... Alors !! A vos maillots de bain.... ;o)

Libourne Plage 2010

17 janvier 2006

La BaTaiLLe De CaStiLLoN

 

La BaTaiLLe De CaStiLLoN

 

17 juillet 1453.

Les Historiens sont d'accord pour reconnaître que la Bataille de Castillon (17 juillet 1453) termina la guerre de Cent Ans avec les Anglais. Pour l'homme de notre temps il reste à expliquer comment l'Aquitaine au Moyen-âge devint possession Anglaise et pourquoi dans ce conflit, qui opposa si longuement deux royaumes, les populations d'Aquitaine ont-elles soutenu la couronne anglaise.

Brièvement, nous allons tenter de répondre à cette double interrogation.

En 1137 mourait le dernier Duc d'Aquitaine. Sa fille Aliénor épousait Louis le Jeune, futur Roi de France, puis son mariage annulé (1152) elle épousait peu après Henri Plantagenêt, futur Roi d'Angleterre. Ainsi l'Aquitaine était-elle rattachée à la couronne Anglaise, qui devenait ainsi vassale du Roi de France. A la mort de Charles IV et en l'absence d'héritier mâle, Philippe de Valois, est nommé régent alors que le Roi d'Angleterre est écarté (1328, Loi Salique). Après divers incidents, le Roi de France saisit l'Aquitaine (en 1337) ouvrant ainsi un conflit qui se prolongera pendant plus d'un siècle.

Pour comprendre les sentiments des populations d'Aquitaine, il faut savoir que la longue domination anglaise n'apportera avec elle ni la misère, ni l'oppression. Au contraire les rois d'Angleterre accordèrent, avec des chartes de plus en plus libérales aux communes (à Castillon 1ère charte en 1359, 2éme en 1351) plus de facilités, plus d'autonomie. Ainsi les relations commerciales furent elles à la base des liens de plus en plus étroits, qui se tissèrent entre l'Aquitaine et le Couronne Anglaise.

 

LA GUERRE – La guerre ravagea notre pays qui fut bien près de sa perte. Après bien des revers un redressement s'opéra, en partie sous l'impulsion de Jeanne d'Arc, La Guyenne fut presque entièrement conquise par les Français, mais les exigences maladroites de Charles VII firent regretter à beaucoup la tutelle anglaise. Henri VI informé des sentiments des Aquitains, chargea John Talbot, comte de Shewsbury, au long passé glorieux de la reconquête. Au cours d'une rapide campagne, Bordeaux est repris le 23 octobre 1452 et Castillon se soumet aux Anglais. Les Français décident alors de contre-attaquer. Ils s'avancent par la vallée de la Dordogne et prennent Gensac le 08 juillet 1453. L'armée française avance vers Castillon, ville fortifiée, mais ne l’assiège, ni n'en force les défenses. Ce comportement des Français ne s'inscrit pas dans leur stratégie offensive qui leur a déjà permis d'emporter plusieurs places-­fortes (la dernière, Gensac, il y a quelques jours) - Leur objectif n'est sans doute plus de conquérir Castillon et la Guyenne, ville par ville. Il est de détruire l'armée anglaise de Talbot et l'anéantir et de régler ainsi en un unique engagement le sort de l'Aquitaine. Les frères Bureau connaissent Castillon et ses environs pour avoir avec l'armée de Penthièvre enlevé la place en 1451, à vrai dire sans grand combat. Il semble donc, que, connaissant les lieux, les frères Bureau aient voulu attirer l'armée de Talbot sur un emplacement dont ils connaissaient les avantages stratégiques. Et leur tactique fut couronnée de succès.

PRÉLÉMINAIRES DE LA BATAILLE - L'armée s'établit à 1,800 km à l'Est, dans la vallée, sur la rive droite de la Dordogne. Ellecomprend environ 10.000 hommes «de toutes les provinces», 1.800 lances, des francs-archers, une artillerie de 300 pièces diverses servis par 700 manœuvriers sous les ordres des frères Bureau. L'emplacement choisi présente d'incontestables avantages: au Nord, il s'adosse à la Lidoire, petite rivière aux rives escarpées, et dont le niveau pouvait être rapidement élevé par un barrage. A l'Ouest, au Sud et à l'Est, un long fossé l'entourait (1,600 km), de largeur (5 à 6 ml, de profondeur (4 m environ) suffisantes à décourager l'assaillant. Réalisé en 3 jours, selon des considérations tactiques que n'aurait pas désavouées Vauban, il présentait des sinuosités, des indentations permettant des feux croisés. Protégé par un talus, renforcé de troncs d'arbres, il allait présenter des problèmes redoutables à la cavalerie anglaise. Ainsi réalisé, le camp avait 200 à 300 m du Nord au Sud et 600 m de l'Ouest à l'Est. Devant lui s'étendait sur 500 à 600 m la plaine de la Dordogne, rivière qu'on ne pouvait franchir qu'en un gué: le pas de Rauzan.

 

La BaTaiLLe De CaStiLLoN - Schéma

 

La BaTaiLLe De CaStiLLoN - Carte topographique 1:25000

Si l'ennemi venait du Nord, il se heurtait à la Lidoire, obstacle difficile à franchir, aux abords immédiats du camp. S'il venait de l'Ouest, il ne pouvait entièrement se déployer devant le front étroit de la place (200 m). S'il venait du Sud, le champ de bataille jusqu'à la Dordogne, se trouvait sous le feu de l'artillerie française.

L'attaque vint du Sud mais… nous n'en sommes pas là.

 

Le dispositif des français s'était complété par deux opérations:

1 - 700 hommes avaient occupé le prieuré de St-Florent au Nord-Ouest du camp.

2 - La cavalerie bretonne (240 lances) était remontée en réserve à Horable, à 1,500 km au Nord de la place.

 

Vue du ciel des champs de Bataille

 

Photo aérienné du champ de bataille de Castillon aujourd'hui, prise en direction de l'ouest.

La Dordogne est à gauche, Castillon-la Bataille en haut, une épaisse rangée d'arbres marque la Lidoire, juste à gauche de la route. On voit même une trace partielle des retranchements du camp français qui se révèle dans les limites de certains champs au centre de la photo.

(Photo figurant dans La victoire de Castillon de J. Barthe.)

LA BATAILLE - Averti par les Castil­lonnais de l'arrivée des Français, Talbot à Bordeaux, hésite, puis se décide à leur porter secours et part le 16 juillet vers 07 heures du matin. Il couche à Libourne et le matin du 17 juillet 1453 se dissimule dans les bois dominant le prieuré. Comme les Castillonnais le lui ont conseillé, il se précipite et bouscule la faible garnison de Saint-Florent. Celle-ci s'enfuit et s'efforce de rejoindre le camp. Mais la retraite est difficile : on suit le flanc du coteau dominant la rivière et après de sanglants corps à corps, les fuyards franchissant la petite rivière par un gué ou un pont provisoire, se retrouvent à l'intérieur du camp. Peut-être surpris par les difficultés auxquelles ils se heurtent les Anglais refluent sur le prieuré où ils vont se restaurer et se désaltérer en mettant en perce quelques futailles abandonnées par les Français. Talbot s'apprête à entendre la messe, lorsqu'on vient lui rapporter que les Français s'enfuient, abandonnant le camp retranché. De fait des nuages de poussière s'élèvent à l'Est, dans la plaine au-dessus de la position tenue par les Français. On saura plus tard, qu'il s'agit du retrait des pages et des bagages inutiles au combat. Talbot se laisse prendre à ces apparences, il n'hésite pas et se précipite avec les troupes dont il dispose afin de mettre en déroute les Français.

 

Les récits dont nous disposons soulignent le calme exemplaire de ces dernières, alors que les anglais s'approchaient des fossés. Vers le centre du dispositif de défense, se trouvait une indentation profonde et étroite coupée d'une barrière avec une porte servant vraisemblablement d'entrée du camp. Arrivant jusqu'à la contre-­Scarpe du fossé, les anglais essaient de planter l'étendard de Talbot sur un pieu de la barrière. Les Français s'y opposent. Mêlée confuse ! Et l'étendard roule dans le fossé. L'artillerie des Français a eu tout le temps de se préparer. Alors 300 pièces tirent à la fois. Carnage effrayant. Les assaillants sont pressés les uns contre les autres, ils ne peuvent ni s'échapper, ni se dissimuler. Courageusement les survivants se regroupent mais de nouvelles décharges jettent la débandade dans le camp assaillant. Alors les Français ouvrent les barrières et poursuivent les Anglais. Dans la mêlée qui s'ensuit, Talbot, dont la «haquenée» avait été tué par un boulet, est précipité à terre et tué par quelque archer. Au bruit de la canonnade, les Bretons en réserve à Horable (moulin) précipitent la déroute des Anglais. Les survivants (4000 morts au moins restèrent sur le champ de bataille !) s'enfuient, les uns en franchissant la Dordogne (mais beaucoup se noient), les autres en refluant vers l'Ouest (certains atteignent Saint-Émilion) d'autres enfin en s'abritant dans la place de Castillon. Refuge de courte durée ! En effet, le 18 juillet, les Français avancèrent quelques pièces d'artillerie sous les murs de Castillon; ce fut suffisant pour obtenir la reddition de la ville. C'est au château de Pressac, à St-Étienne-de-Lisse que fut signée la reddition des Anglais. Le corps de Talbot avait été reconnu par son «héraut». Ses restes furent déposés provisoirement à Notre­-Dame-de-Colle (voir article "Monument de Talbot"), sur le champ de bataille puis transportés en Angleterre et inhumés à Witchurch. Talbot disparu, toutes les places tenues par les Anglais capitulèrent rapidement, Bordeaux se rendit sans effusion de sang.

 

La BaTaiLLe De CaStiLLoN

 

Peinture de la Bataille de Castillon par Larivière,

montrant le moment où le cheval de Talbot tombe.

Ce tableau comporte des erreurs:

le comte ne portait pas d'armure; son cheval était blanc.
(Ce tableau se trouve au château de Versailles, dans la galerie des Batailles).

CONSÉQUENCES - Cette bataille scella le retrait définitif des Anglais et contribua à asseoir l'autorité du Roi de France. Mais pour l'Aquitaine, les conséquences ne furent pas toutes bénéfiques. Plus question de chartes au contenu libéral, plus question de «consentir» l'impôt. Tout un ensemble de conquêtes sur la voie de l'autonomie est remis en question et ne sera récupéré que partiellement et longtemps après. Les Castillonnais perdirent leurs privilèges; péniblement, il fallut les reconstituer. Ce n'est qu'en 1474 que Jean de Foix Candale leur accorda une charte dont les dispositions furent confirmées et élargies par Gaston II en 1487. D'autre part, cette défaite des Anglais bouleversa l'économie de la région. Les courants économiques qui avaient assuré pendant 2 siècles la prospérité de l'Aquitaine furent modifiés. Des ventes de vin à l'Angleterre, sans cesser complètement vont se réduire dangereusement, car ses rares transactions sont assorties de droits élevés et de mesquines vexations. L'exil volontaire ou imposé va aussi éclaircir les rangs des notables. Cependant quelques années plus tard, les exilés volontaires seront bien accueillis à leur retour. Certains retrouvèrent même les terres autrefois abandonnées.

Dans le domaine militaire, cette victoire, fruit d'une conception stratégique nouvelle, met en valeur le rôle important et effrayant de l'artillerie, l'action percutante de la cavalerie quand elle est utilisée au moment opportun. Les chevauchées souvent désordonnées, les volées de flèches, les combats individuels débordant de courage, sont impuissants et incapables de mettre le camp français en danger. Toute une conception moyenâgeuse de la guerre s’écroule et montre son insuffisance devant les nouvelles techniques et les nouvelles armes de guerre.

 

CONCLUSION - A cet évènement important et dont l'histoire conservera le souvenir, les Castillonnais, paradoxalement, n'ont pas pris part ou si peu! A l'abri de leurs murailles ils ont pu suivre les chevauchées, entendre le fracas de la canonnade, presque comme des témoins assistant à un drame dont ils ne pressentaient pas les lointaines et multiples répercussions.

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25 février 2006

Le CimeTière de la MadeLeine

Saint-Émilion - Chapelle de la MadeleineContigu et dominant l'emplacement de la Porte Sainte Marie, il existait autrefois un important cimetière. Des fouilles sporadiques ont mis à jour de nombreuses tombes à étages creusées en plein roc. On y apportait les morts de fort loin et un fanal, placé au sommet d'une croix très élevée, servait de phare aux convois funèbres.

Sur ce cimetière fut élevé le premier monastère de Saint-Émilion sous le vocable de Sainte-Marie de Fussignac, ruiné par les Sarrazins, puis une chapelle rasée à la Révolution.

Actuellement seule subsiste une petite chapelle dite «La Magdelaine» bâtie au XIIIe sur le bord d'un rocher dominant la vallée de la Dordogne. Elle recouvre un charnier, et présente une peinture du XIIIe représentant le Jugement Dernier, peinture citée dans «Les Vieilles Eglises de la Gironde» par J.A. Brutails. Aujourd'hui, la chapelle est entourée de vigne et fait partie d'une propriété privée.

Chapelle de la Madeleine

Chapelle de la Madeleine

Chapelle de la Madeleine

Chapelle de la Madeleine

Chapelle de la Madeleine Chapelle de la Madeleine Chapelle de la Madeleine

Chapelle de la Madeleine Chapelle de la Madeleine

Saint-Émilion
Pierre provenant de la lanterne des Morts du Cimetière de la Madeleine
Passants, vous qui par icy passez
Priez Dieu pour les trépassez.

17 janvier 2006

Le MoNuMeNt deS FrèReS BuReaU

Le MoNuMeNt deS FrèReS BuReaU - 2006

Le MoNuMeNt deS FrèReS BuReaU - 2006

Le MoNuMeNt deS FrèReS BuReaU - 2006 Le MoNuMeNt deS FrèReS BuReaU - 2006

Situé au bord de la D936, ce monument a été érigé par l'architecte Henri Mollo sur l'initiative de l'union patriotique de la Gironde en 1888. Il rappelle la célèbre bataille de Castillon qui eut lieu à cet endroit le 17 juillet 1453.
Elle s'acheva par la victoire de la France sur l'Angleterre et mit un terme à la guerre de Cent Ans.
Jean Bureau qui fut l'instigateur de la victoire était Trésorier de France, Maître de l'Artillerie et maire de Bordeaux.

Les « Sept calibres de France » et les frères Bureau.
Désormais pour le roi de France, on ne ferait plus que des tubes destinés à lancer des boulets en fonte de fer de 2, 4, 8, 16, 32 et 64 livres. A la fin de la Guerre de Cent Ans, sous le règne de Charles VII, la période des tâtonnements de l’artillerie à feu naissante s’achève avec de notables progrès réalisés par les frères Bureau. Ceci permet à la France de disposer vers le milieu du XVème siècle d’une artillerie moderne et enfin efficace. La fonte de fer remplace le fer forgé pour la confection des bouches à feu. La fabrication est moins pénible, moins coûteuse. Malgré le prix élevé de l’étain, les qualités exceptionnelles du bronze finirent par s’imposer.

25 février 2006

LeS ReMPaRTs

SaiNt-ÉmiLioN - LeS ReMPaRTsL'établissement d'un monastère de Bénédictins au lieu-dit de la Magdelaine, détermina l'agglomération d'une population qui obtint au Moyen-âge des franchises et devint, au commencement du XIIIe siècle, une des plus fortes places de la Guyenne.
C'est à cette époque probablement, qu'elle fut entourée de fossés et de murailles. En effet, on a fait avancer en un angle la ligne des murs, pour respecter l'angle Nord-Ouest de la collégiale ; le mur d'enceinte est donc postérieur à cette partie de l'église qui est romane et qui ne peut être antérieure à 1110, date à laquelle Arnaud Guiraud, archevêque de Bordeaux, constitua l'église de Saint-Émilion. D'autre part, une charte de 1224 porte : «Clausura ville Sancti Emiliani». C'est donc dans l'intervalle de 1110 à 1224 que furent érigées les fortifications de Saint-Émilion.
Il lui fallut le concours de sa position inexpugnable et l'énergie de ses habitants pour résister aux guerres incessantes dont la Guyenne fut le théâtre de 1328 à 1441, et qui portèrent la destruction jusqu'au pied de ses remparts protecteurs.
En 1358, Edouard III permit l'établissement de taxes, dont le produit devait s'appliquer à la réparation des fortifications. En 1389, le duc de Lancastre, lieutenant d'Aquitaine, accordait à la ville un délai de deux ans pour «réparer et fortifier ladite ville». Charles VII, après avoir chassé les Anglais de Guyenne, autorisait, en 1451, l'établissement d'un droit d'octroi pour faire réparer les murs et fortifications de la ville. Les fortifications avaient encore besoin de réparations en 1540. En 1568, les troubles religieux étendirent leurs ravages sur la ville ; des pans de mur, des portes, des tours furent démolis.
Ce qui reste des remparts nous est parvenu sans trop de modifications depuis cette dernière époque, avec leurs douves transformées en jardins. En arrière de ces remparts existent des caves utilisées, en général, par les viticulteurs qui en sont propriétaires.
Des six portes qui étaient percées dans cette enceinte (au Nord, la Porte Bourgeoise ; à l'Est, la Porte Brunet ; à l'Ouest les Portes des Chanoines et de Saint-Martin ; au Sud, la Porte Bouquère ou Bocquère et la Porte Sainte-Marie), une seule subsiste la Porte Brunet.

LeS ReMPaRTs

LeS ReMPaRTs

12 janvier 2005

NoTiCe SuR CoNdAt

notice_sur_condat_0011NoTiCe SuR CoNdAt

NOTICE SUR CONDAT

Extraits  d’une notice rédigée par Monsieur l'Abbé LATOUR , publiée en 1895 

Cette notice n'est point une œuvre d'érudition, mais simplement une patiente compilation de tout ce qui a été écrit sur Condat et son pèlerinage. Jadis très renommé, ce pèlerinage, depuis sa récente restauration, devient plus cher que jamais aux habitants de Libourne et de tout le Libournais.

Souffrain, Guinaudie, Burgade et M. E. Piganeau se sont occupés de son importante histoire, et tout ce qu'ils en ont dit montre que ce sanctuaire des bords de la Dordogne n'est pas un des moins brillants fleurons de cette riche couronne de sanctuaires que le diocèse de Bordeaux possède en l'honneur de la Peine du ciel et de la terre. Et en effet, par son origine, ses éclatants miracles, sa splendide chapelle et le concours immense de pèlerins qui n’ont cessé de la fréquenter durant près de dix siècles, Condat tient sa place, et une place d'honneur, à côté de Verdelais, de Soulac, de Talence, d'Arcachon, de Lorette, de Montigaud, du Béquet et de Notre-Dame de Montuzet, près Blaye.

Le Père Jean-Emmanuel Drochon a parlé également de Condat dans son Histoire illustrée des pèlerinages français.

Mais, outre que ces travaux ne sont exempts ni de lacunes ni d'inexactitudes, quelques-uns sont loin de briller par la clarté de la narration.

C'est pourquoi, après avoir rectifié certains faits erronés, il nous a paru bon de grouper tous ceux qui étaient épars dans ces divers ouvrages, de façon à pouvoir présenter la légitime curiosité du public, dans une seule et même brochure, une monographie claire, exacte et complète de notre pèlerinage Libournais.

Tel a été le premier but de notre modeste travail.

Un second, que nous avions également à cœur, était de faire connaître et aimer davantage un sanctuaire où nos aïeux ont prié si souvent et où ils ont reçu tant de bénédictions. Nous étions persuadé que par là nous ne contribuerions pas peu au développement de ce pèlerinage qui, Dieu merci, prend de jour en jour une plus grande extension.

Puisse-t-il en être ainsi et daigne, en retour de notre humble labeur, au cours duquel nous avons goûté de bien douces joies, comme en goûte un fils quand il travaille pour sa mère, daigne Notre-Dame de Condat répandre sur notre ministère et sur notre paroisse les grâces les plus précieuses et les plus abondantes !

Notre Dame de Condat

CONDAT

Son origine, sa Seigneurie, son Château, sa Chapelle, ses Chapelains et ses Curés.

I

Condat, charmant bourg, d'environ 1200 habitants, au sud-est et à un kilomètre et demi de Libourne. Il est situé sur la rive droite de la Dordogne, à l'entrée d'une presqu'île formée par une immense courbe que la rivière décrit à cet endroit.

Ce n'est pas, comme l'ont pensé à tort quelques historiens, le Condat primitif dont parle en particulier notre poète Ausone, lorsqu'il écrit à son ami Théon : « Hâtes-vous de venir par eau, faites déployer vos voiles, le vent du Médoc vous portera chez moi; et de peur de fatiguer un corps aussi pesant que le vôtre, couchez-vous sur un lit que vous ferez mettre dans le couvert du bateau. Si vous faites diligence, si l'on rame lorsque le vent cessera, une marée vous portera de Domnoton au port de Condat; vous y trouverez une voiture attelée de mulets et bientôt vous arriverez à Lucaniac ». (5éme lettre à Théon.).

Ce Condat dont il est ici question et qui forma plus tard la ville de Libourne, était au confluent même de l'Isle et de la Dordogne et consistait en un port et un bourg habité, disent certains auteurs, par une colonie de Liburniens. Ce qui autorise cette assertion, c'est que le mot Candate, en langue celtique, veut dire confluent ; du reste, dans la paroisse qui porte actuellement le nom de Condat, on ne trouve aucune trace d'un port quelconque.
Notre Condat d'aujourd'hui tire son origine d'un château bâti par Guillaume le Pénitent, duc de Guyenne. Ce château fut appelé dès le début Castrum Condate, ou chastel de Comphuac, à cause de son voisinage avec le Condat des Liburniens, sur lequel, d'ailleurs, il exerça pendant de longues années une réelle suzeraineté. Le fameux prince Noir, fils d'Édouard III, roi d'Angleterre, data plusieurs de ses lettres de château.
Afin de ne pas confondre les deux Condat, on désigna souvent, dans les actes publics de l'époque, le plus ancien sous le nom de Condat-Lès­-Libournes. Ce n'est que quand celui-ci devint définitivement Libourne, que le château seul s'appela Condat et, après sa disparition, le nom demeura uniquement au village qui s'était formé peu à peu autour de ses murailles.

II

La Seigneurie de Condat était une des plus importantes de la Guyenne, puisqu'elle comprenait, non seulement la presqu'île dont nous avons parlé, mais encore tout le territoire qui s'étendait jusqu'à la Barbane, petit ruisseau qui prend sa source à Parsac et va se jeter dans l'Isle, à une lieue et demie environ de son embouchure, après avoir arrosé successivement les communes de Montagne, Néac, Lalande et les Billaux. Cette seigneurie appartint très longtemps aux rois d'Angleterre, et nous les voyons donner tour à tour les gros revenus qu'elle produisait, soit à des seigneurs Anglais, soit à des seigneurs Gascons qui leur étaient demeurés fidèles.

Ainsi Édouard III, le 30 juin 135l, assigne les revenus de cette seigneurie à Guillaume Amanieu ; le 20 septembre de la même année, il les fait passer à Bernard Ezin, seigneur d'Albret; le 1er avril 1411, Henry IV, roi d'Angleterre, les concède à Thomas Swinburne; son successeur, Henry V, les transmet, sept ans après, au sieur de la Barde ; après l'expulsion des Anglais, Henry IV les octroie à la jurade de Libourne et celle-ci cède, le 31 juillet 1627, au fameux duc d'Epernon, par acte passé devant Justian, notaire royal, moyennant la somme de 8,704 liv. 19 s. 6 d., le fief de Barbane, se réservant seulement celui de Condat; plus tard, le sieur de Calvimont, baron de Cros, seigneur de Montagne, le sieur Henry-Charles de Foix et de Condate, ainsi que le sieur Montrablan, de Saint-Emilion, furent successivement les fermiers du susdit fief de Barbane.

III

Le château de la seigneurie Condat et Barbane était situé très probablement sur le sol où se trouvent aujourd'hui la maison, le jardin et le vignoble de M. Ragot et la propriété de M. de Seguin. On peut s'en rendre facilement compte, si on observe d'un côté la proéminence centrale du terrain et de l'autre la déclivité prononcée qui l'entoure un peu de partout. Du reste, en fouillant chez M. de Seguin, on a mis a nu, il y a un certain nombre d'années, plusieurs toises de fortes murailles : c’étaient, à n'en pas douter, les fondations primitives du château. L'enceinte murée, dit Guinodie, devait s'étendre depuis le rivage, au couchant et au nord de la maison Ragaud, le long d'un grand chemin, qui n'est plus aujourd'hui qu'une route, jusqu'au canton appelé la Croix ; ensuite, tournant au midi, elle entourait par une chaussée assez élevée le bosquet dit l'Ormière, une partie d'un petit domaine en graves, la chapelle et se prolongeait ainsi jusqu'au couchant vers la rivière.

            Quelle était la forme de ce château ? Probablement celle d'une tour carrée, comme on en voit un exemple dans le château de St-Émilion.

            Ce château devait avoir bien des charmes et des agréments, car les rois d'Angleterre manquaient rarement de venir y passer quelques jours, toutes les fois qu'ils faisaient un voyage en Guyenne. C’était une sorte de villa de campagne qui leur plaisait extrêmement. Les chroniques de l'époque rapportent qu'Henry III y cuit en 1243; Édouard 1er y vint ­plusieurs fois; le sénéchal de Guyenne y tint plusieurs fois ses assises, ainsi qu'on peut le voir aux coutumes du ressort du Parlement de Guyenne; le prince Noir et la princesse de Galles, son épouse, y reçurent les rois de Castille et de Majorque en 1367 et leur firent des fêtes splendides.
En 1367, il servit de séjour ou plutôt de prison à l'illustre Du Guesclin, battu à Navarette, non loin de Logrogno, par Pierre le Cruel et le prince Noir. Du Guesclin en conserva rancune; aussi, ayant porté ses armes victorieuses dans les environs de Libourne, en 1377, il ruina en partie le château, témoin de sa captivité.

Richard II le fit réparer en 1394.

            Mais, après la bataille de Castillon, les soldats de Charles VII se portèrent sur Condat, et, cette fois, la forteresse féodale disparut pour toujours, sauf 1a chapelle, qui fut agrandie un peu plus tard et qui devint plus que jamais l'objet d'une grande vénération.

IV – Histoire et description de la chapelle – La statue de chêne.

Dans les dépendances du château des ducs de Guyenne et des rois d'Angleterre se trouvait, en effet, une chapelle dédiée à la Très-Sainte Vierge. Elle ne lui était pas tout à fait contiguë ni ne pouvait l'être, dit Guinodie, car les édifices militaires d'alors, bâtis sur un monticule, entourés de fossés profonds, ne supportaient guère sur leurs flancs une construction étrangère à leur destination. La chapelle était donc à une certaine distance en dehors des grandes murailles du château et servait à la fois aux châtelains, aux tenanciers, aux serfs et aux manants des environs.

Cette chapelle parait avoir été construite au XIe siècle, du moins dans la partie la plus ancienne, celle qui va de la porte d'entrée vers le sanctuaire. On peut s'en convaincre aux contreforts peu saillants et à quelques fenêtres à plein cintre qui ont été bouchées. Tout indique à l'origine une construction romane. Avait-elle une voûte en berceau ? Rien ne le laisse présumer. D'habitude même la plupart des églises ou des chapelles de cette époque étaient simplement lambrissé.
Plus petite dès le début, elle fut restaurée et agrandie dans la deuxième moitié du XV siècle, dit M. Pi­ganeau, probablement par les soins et sous les auspices de Charles de Berry, frère de Louis XI, alors gouverneur de Guyenne. Cette restauration et cet agrandissement ne peuvent avoir eu lieu avant la bataille de Castillon : on verrait autrement, dans la chapelle, les armes des rois d'Angleterre, tandis qu'on n'y trouve que des fleurs de lis et des écussons aux armes de France.

Voici la description de ce remarquable monument, telle que nous l'a donnée le savant et consciencieux archéologue dont nous venons de parler. Nous ne faisons qu'y ajouter quelques légers détails.

Disons auparavant qu'aucune travée n'a la même dimension; elles deviennent de plus en plus longues au fur et à mesure qu'elles se rapprochent du sanctuaire. Ainsi la première à 5,15 mètres de long; la deuxième 6,35 mètres; la troisième 6,50 mètres, et la quatrième 7,05 mètres. Ce détail, qu'on remarque dans la plupart des églises et des chapelles du moyen-âge, est admirablement reproduit ici. C'était un calcul voulu par les architectes de l'époque; de cette façon, par un heureux effet d'optique, de la porte d'entrée, toutes les travées paraissaient avoir les mêmes dimensions et la même longueur. Vers le fond, elle est inclinée également du côté du midi, selon l'habitude de l'époque, afin de rappeler Jésus mourant et laissant tomber sa tête sur sa poitrine, du côté du cœur.

Intérieur de l'Église - Voutes

La chapelle de Condat est formée d'une seule nef de 31,75 mètres de long sur 7,30 mètres de large. La voûte est divisée en cinq travées par des arcades ogivales en pierre. A chaque travée se croisent et s'entrecroisent des arcatures multipliées aux extrémités. A la dernière travée occidentale, la grande artère s'infléchit comme pour laisser place à un réduit d'escalier calier. C'est un vrai tour de force de combinaisons architecturales et d'équilibre dans cette partie de la voûte. Au point de jonction des nervures, on voit des écussons et des fleurons d'une grande richesse, ainsi que des figures d'anges accouplées et une troupe d'autres figures.

Au sanctuaire est le plus beau des fleurons; c'est un écu aux armes de France, avec fleurs de lis dorées sur fond d'azur; un autre écusson à droite montre un bâton en barre accompagné d'un croissant en chef et une étoile en pointe.

L'arc triomphal est, à la retombée de chaque lobe, orné de festons chargés d'animaux fantastiques, ceux de droite symbolisant les vertus, ceux de gauche symbolisant les vices. Au sommet de l'arc, un ange tient un étendard.

A la seconde travée, la clé de voûte forme un écusson à trois fleurs de lis surmonté d'une couronne ducale et soutenu par deux animaux fantastiques. Un troisième écusson aux armes de France, avec trois fleurs de lys, est soutenu par un ange.

La clé de voûte de la troisième travée, celle du milieu, montre la Vierge assise tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux. Cette Vierge est semblable à celle qui est sur un socle à droite du sanctuaire. Tout autour deux banderoles paraissent contenir ou avoir contenu des inscriptions.

Sous la clé de la quatrième travée est un évêque ou archevêque, portant crosse et mître, peut-être l'archevêque de Bordeaux sous lequel la chapelle été reconstruite. Sur les côtés, deux motifs représentant, l'un deux anges adorateurs, l'autre deux personnages qui symbolisent le vice.

A la dernière travée, près de la porte d'entrée, la principale clé de voûte représente un Agnus Dei avec sa croix, deux autres contiennent des inscriptions en écriture cursive qu'il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de déchiffrer.

Parmi les autres sculptures répandues à profusion dans tout l'édifice, on distingue un groupe, Adam et Eve prenant du fruit défendu à l'arbre autour duquel le serpent est enlacé, quatre fleurs de lis bout-à-bout, un buste de fou à oreilles d'âne, un homme buvant à une gourde, des feuillages, une chauve-souris soutenant une console, etc., etc.

Toutes ces sculptures, empreintes de la plus exquise délicatesse, font de la chapelle de Condat un bijou architectural du plus haut intérêt.

Jusqu'à la Révolution, la chapelle de Condat fut en grande vénération, à cause de la petite statue en bois de chêne qui se trouve dans une niche au-dessus du maitre autel.
Cette statue mesure 0,50 mètre de hauteur. La Sainte-Vierge est représentée debout tenant l'Enfant Jésus sur le bras gauche ; celui-ci portant le globe du monde repose ses pieds croisés dans la main droite de sa Mère. L'antique madone est peinte, robe rouge, manteau bleu semé de croix d'or. Ses cheveux noirs retombent tressés sur ses épaules et sur sa poitrine.

vierge

On a eu vraiment tort, je ne sais à quelle époque, de la faire peindre et de la polychromée. Pourquoi n'avoir pas respecté ce qui fait le mérite de nos madones miraculeuses, ce qui nous les rend encore plus chères et plus vénérables, à savoir : cette noirceur qui atteste l'antiquité du culte qu'on leur a rendu ?
Essayez de peindre les vierges noires de Chartres, de Fourvières, du Puy, de Verdelais et de tant d'autres sanctuaires; essayez de les rajeunir ainsi, vous amoindrirez immédiatement la piété des fidèles et vous enlèverez à ces statues une grande partie de cette poésie et de ce charme qui s'attachent précisément à leur vétusté.

Cette statue, qui n'était primitivement qu'un tronc de chêne, fut trouvée, dit une pieuse légende dont nous ne voudrions pourtant pas garantir l'absolue authenticité, mais que nous nous plaisons à mentionner avec ce profond respect que méritent la plupart de nos traditions locales, dans les sillons d'un champ sur la paroisse de Saint-Emilion, où elle avait dû être cachée à l'époque des guerres de religion dans le dessein d'éviter un vol ou une profanation.
Reconnue plus tard pour être la madone de Con­dat, elle fut transportée et rendue au sanctuaire. La Vierge, sans doute peu flattée de cette prosaïque et trop simple restitution, revint dans son sillon une première, puis une seconde fois. Les religieux gardiens du sanctuaire comprirent alors que la statue miraculeuse réclamait plus d'honneurs et une intronisation plus solennelle. Elle fut en conséquence portée en procession et définitivement installée dans son sanctuaire.

Condat devint à partir de cette époque le rendez-­vous de pèlerinages plus nombreux que jamais.

Cette vénérable statue fut sauvée en 1793 par un vieillard, du nom de Saboureau, qui la fit emporter, cachée dans le tablier d'une petite fille, Anne Saint-Gaudin, épouse plus tard de François Marchand. Dans la suite, elle passa entre les mains d'un tonnelier, Jean Michelot, et échut finalement, à M. Jules-Pierre Beylot, qui la plaça dans sa chapelle particulière. Celui-ci en fit don en dernier lieu à M. Char­riez, alors curé de Libourne. Désireux de rétablir au plus tôt l'ancienne dévotion à Notre-Dame de Condat et ne pouvant sans doute, dans ce but, acquérir la vieille chapelle, ce zélé pasteur en bâtit une nouvelle sur un terrain concédé par la commune, près de la croix, et y déposa la statue miraculeuse pour l'intronisation de laquelle on fit une splendide cérémonie, le 10 mai 1844. Mais tout cela n'était que du provisoire, car la Providence réservait plus d'honneurs et plus de gloire à Notre-Dame de Condat.

Avant d'en parler, disons que dans l'église de Condat, à droite du sanctuaire, sur un gracieux piédestal, il y a une autre statue des plus vénérables et vraiment digne de l'attention, non seulement des pèlerins, mais encore des archéologues.
D'abord elle est en silex; c'est un énorme caillou, creux par derrière, que des mains patientes et habiles ont taillé par devant en forme de madone. Le trône sur lequel elle est assise est en pierre.

Cette madone, comme on en trouve peu certainement de ce genre, mesure 55 centimètres de hauteur. Elle est vêtue d'un costume rappelant le commencement du XVIe siècle et coiffée d'un diadème orné de festons et de pierreries simulés; elle a la chevelure pendante; de chaque côté de sa coiffure tombent des barbes ou bandeaux. Le cou est dégagé, le corsage échancré sur la gorge, un manteau bleu à larges rebords est orné de croix rayonnantes. Elle liant sur ses genoux l'Enfant Jésus qui porte dans ses mains la boule du monde; ce dernier est à moitié enveloppé d'un manteau vert. La chaise ou trône sur lequel est assise la Vierge est orné de moulures et peint couleur marron.

vierge

De quelle époque est-elle ? Quel est l'artiste qui l'a sculptée et ciselée ? Nous ne saurions le dire, les documents à ce sujet manquent absolument. Nous sommes heureux néanmoins de raconter son histoire à partir de la grande Révolution. C'est M. Saint-Jean, bisaïeul maternel de Mme veuve Lapeyrolerie, qui, pour la soustraire à toute profanation, l'emporta secrètement et la cacha dans un double mur de sa maison, sise rue Thiers (ancienne rue Saint-Emilion), en face du Tribunal civil (autrefois l'Hôtel de la Monnaie).
Les mauvais jours passés, la famille Saint-Jean tint à garder cette statue pour laquelle elle avait une particulière dévotion à raison de plusieurs grâces importantes qu'elle avait obtenues en la priant. Plus tard, et afin de répondre à la vénération dont elle était de plus en plus l'objet de la part d'une foule de fidèles, ont dût la placer sur un petit trône, au fond du palier d'un escalier toujours ouvert, et on venait un peu de partout porter des bouquets et faire brûler des cierges devant elle. Quand la chapelle de Condat fut rachetée, sur les instances de M. Dubuch et de M. l'abbé Chabannes, la précieuse madone fut gracieusement remise au vénéré pasteur de la paroisse par M. et Mme Lapeyrolerie, qui en étaient devenus, par héritage, les heureux possesseurs.
Durant le séjour de la madone dans les familles Saint-Jean, Micheau et Lapeyrolerie, un échafaudage s'effondra sur elle. C'est ce qui explique le bris d'une de ses mains, d'une partie de sa couronne et d'un bras de l'Enfant Jésus, détails qui ont été habilement réparés par un artiste.

Nous garantissons ces faits après une sérieuse enquête que nous avons tenu à faire.

Ces détails donnés, reprenons notre histoire au point où nous l'avions laissée.

A la grande Révolution, l'ancienne chapelle fut vendue comme bien national et achetée par les Mes­sieurs Piffon, qui la convertirent en cellier, après l'avoir entourée, à l'est, de grands bâtiments, qui englobaient son abside. La justice nous fait un devoir de dire ici que ces Messieurs eurent le bon esprit de la conserver dans son intégrité et de n'y laisser commettre aucune dégradation.

Chapelle de Condat vers 1865

C'est dans cet état que M. et Mme Albert Piola en firent l'acquisition le 8 octobre 1865 et l'offrirent immédiatement à M. l'abbé Chabannes, successeur de M. Charriez. Un ardent désir animait ces généreux donateurs, celui de voir le culte de la madone miraculeuse repris dans le sanctuaire même où elle avait manifesté, pendant de si longs siècles, sa puissance et sa miséricorde et de l'obliger ainsi à devenir plus que jamais la grande protectrice de Libourne et du Libournais. Nous nous rappellerons toujours avec émotion, dit M. Burgade, ces braves et pieux laboureurs des palus de Condat accourant tous à la voix de M. et Mme Piola, et, sans rétribution aucune, s'empressant de dégager des débris, des terres et des ronces ce vénérable monument qui, pendant plus de mille ans, avait entendu les vœux et les prières de leurs ancêtres.

Son Éminence le Cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, procéda à la réouverture de la susdite chapelle, le 27 du même mois. Cette touchante cérémonie, malgré un temps affreux, avait attiré beaucoup de monde.
Aussitôt après cette prise de possession provisoire, on se mit à l'œuvre pour les travaux d'une complète restauration. La reconnaissance nous oblige à citer ici les familles Brisson et Raymond Fonte­moing. Par leurs larges offrandes, elles n'ont pas peu contribué à la restauration et à l'embellissement de ce monument, « une des plus gracieuses merveilles qu'ait produites cette époque où l'art ogival allait donner la main à la Renaissance », ainsi que le dit si gracieusement M. E. Piganeau.
Trois ans plus tard, quand les travaux de restauration furent totalement achevés, on fit l'inauguration solennelle de la chapelle. C'était le 8 décembre 1868, en la fête de l'Immaculée Conception. Voici ce que nous lisons à ce sujet dans le journal de M. Chabannes, journal tenu avec cette scrupuleuse et minutieuse exactitude qui dénote le bon Pasteur aimant avec passion les cimes et dévoré du zèle de la maison de Dieu : « MARDI, Fête de l'Immaculée Conception - Le mauvais temps empêche la procession. Chacun se rend à Condat comme il peut. La pluie ayant cessé, le Clergé et la Congrégation partent de la chapelle abandonnée et transportent la statue miraculeuse dans l'ancienne chapelle merveilleusement restaurée par les familles Piola, Fon­teoming et Brisson. La foule, au dedans et au dehors, est immense et profondément émue à l'aspect de la statue miraculeuse reprenant son ancien sanctuaire, M. le Curé la replace sur son trône, bénit la chapelle, fait une instruction et donne de justes éloges aux familles qui ont racheté la chapelle, et à celles qui ont conservé religieusement la statue pendant la grande Révolution. Puis il dit la messe et donne la communion à un bon nombre de fidèles. Pendant la messe, cantiques délicieusement exécutés. La fanfare des Écoles Chrétiennes a conduit et reconduit la procession.

A 2h30, vêpres avec affluence énorme. Fête très belle. »

Deux inscriptions sur marbre et placées dans le sanctuaire rappellent et perpétueront à travers les âges le souvenir des faits et des cérémonies dont nous venons de parler.
Sur la première, à gauche, nous lisons ce qui suit : « Notre-Dame de Condat, priez pour les bienfaiteurs de votre sanctuaire. Cette église a été restaurée par les familles Piola, Brisson, Fontemoing et les pieux Libournais. La statue miraculeuse sauvée par les époux Michelleau a été rendue par eux et par leurs enfants à la piété des fidèles. »

Sur la seconde, à droite : « Ce sanctuaire illustré par huit siècles de dévotion, fermé pendant 74 ans, racheté et offert à Son Éminence le Cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, par M. Albert Piola, Che­valier de Saint-Grégoire le Grand, a été rendu au culte à la grande joie des fidèles, le 8 décembre 1868. »

On voyait jadis dans la chapelle de Condat un splendide autel du XVIe siècle surmonté d'un retable en bois sculpté et doré, offrande sans doute de quelque puissant seigneur et œuvre d'un artiste distingué. Guinodie nous en donne la très intéressante description qui suit :
Deux colonnes torses, ornées de guirlandes de fleurs, et de fruits encadraient cet autel; sur leur chapiteau, d'ordre composite, reposait un médaillon en forme de galbe. Dans son milieu, l'artiste avait représenté en relief le buste du Père Eternel, tenant de la main gauche la boule du monde. Au centre du retable régnait une niche pour Notre-Dame-de-Condat; sa voussure était chargée de fleurs et de fruits en relief et d'un travail achevé.
Au-dessous de la base de la niche deux médaillons montraient deux anges en demi-relief, aux visages candides, les ailes déployées, et ployant un genou en terre; leur pose était d'une grâce admirable; on regrettait qu'un peintre grossier les eût coloriés.
Deux autres médaillons plus grands captivaient l'attention : l'un à gauche et l'autre à droite de l'autel. Dans celui-là on reconnaissait l'ange de l'Annonciation : tout était d'une grande beauté chez lui, son visage, ses formes; ses membres étaient arrondis et souples, et, comme s'il n'avait pas assez de ses ailes pour l'approcher de la Vierge, le sculpteur l'avait placé mollement sur des nuées.

Dans celui-ci, c'était la Vierge agenouillée sur un prie-Dieu : son maintien était modeste; elle élevait les yeux vers le ciel et semblait écouter, dans le silence de la prière, l'avertissement de l'ange lui disant que d'elle naîtra le Sauveur du monde. Ces sculptures étaient en demi-relief et en bois de noyer, comme tout l'autel.

Le tout fut vendu en 1820 par MM. Piffon à M. Gui­raudeau, curé de Saint-Etienne-de-Lisse, pour la modique somme de 150 francs. Malheureusement on n'a pas su conserver cette œuvre d'art, on l'a remplacée par un autel moderne qui a sans doute sa valeur, mais M. Piganeau se plaint à juste titre d'en avoir vu les débris un peu partout dans l'église de cette paroisse.
Disons un mot maintenant des cérémonies qui s'accomplissaient autrefois dans le sanctuaire de Condat. Le lundi de Pâques, un grand concours de fidèles, venus de tout l'arrondissement et même de Bordeaux, se pressait dans la chapelle beaucoup trop petite pour la circonstance, les prêtres disaient les Évangiles et posaient l'étole sur la tête des pèlerins.
Puis, mais cela n'était pas précisément dans le programme de la fête religieuse, on se livrait à la danse, dit Guinodie, au son du tambour et du fifre, seuls instruments en usage dans les bals champêtres de cette époque et même longtemps après 89. Le jour de l'Annonciation, semblable cérémonie, durant laquelle l'église ne désemplissait pas.

On avait dans tout le pays de Guyenne une grande dévotion à Notre-Dame de Condat et il dût s'opérer par son intercession de nombreux et d'éclatants miracles, car on voyait, comme aujourd'hui à Lourdes et à Verdelais, appendus à ses murs et à ses voûtes des ex-voto de toutes sortes : bras, béquilles, jambes, tableaux et petits navires.
Lors de la peste de 1604, les Libournais, dit l'histoire de l'époque, visiblement gardés par leur puissante protectrice, firent de très riches offrandes à son sanctuaire.
Les marins de Libourne et ceux des différents ports de l'Isle et de la Dordogne ne pouvaient pas rester en arrière sous ce rapport. Eux aussi eurent toujours une confiance sans borne à Notre-Dame de Condat. Échappés au naufrage par son intervention, ils ne manquaient jamais de venir la remercier dans son sanctuaire. Guinodie rapporte à ce sujet un vœu accompli, en 1735, par des matelots libournais :

« Ils étaient au nombre de dix-sept, avant leurs patrons ou capitaines à leur teste; ils partirent de l'église du Couvent des Récollets, le 15 février, nues testes, la corde au col, tenant un cierge à la main, précédés de la Croix et d'un prestre, chantant les litanies de la Saincte-Vierge. Rendus à la chapelle de Condat, ils y entendirent la saincte messe, y communièrent et revinrent dans le même ordre. Puis, dès le jour mesme, vestus comme à l'ordinaire, mais ne vivant que de pain et d'eau, ils partirent pour Verdelays, oû ils consommèrent le voeu et revinrent à Libourne avec la mesme dévotion et abstinence. A leur retour, tout le monde leur achetoit des chape­lets, touchoit leurs habits et les regardoit comme des saincts; mais deux d'entre eux étaient morts à Verdelays, c'est à savoir : Jean Bonalgue et Pierre Feytit. »

Dans le sanctuaire, de chaque côté de l'arceau, se trouve un navire renfermé sous globe. Celui de droite est en ivoire sculpté, d'un grand prix (don inconnu). A la sacristie, on voit trois ex-voto. Le premier peint sur toile, représente, au sommet du tableau, la Vierge de Condat, au bas, une religieuse étendue dans un lit, puis deux autres religieuses en prières. Inscription : Ex-voto fait par Mme Th. Elisabeth Yon, le 20 avril 1844.

Deuxième ex-voto : Toile peinte représentant la Vierge de Condat dans les nuages, une jeune malade dans son lit, une femme pieuse qui prie les yeux fixés sur la bonne madone. (Aucune date.)

Troisième ex-voto : Gravure représentant Notre-Dame de Condat, un navire en danger sur la mer en furie, avec cette inscription : Et faix voto. Vœu fait par le capitaine Jean Perrin et son et équipage à bord du brick le «Saint-Mathieu », de Libourne, 1788.

Quatrième ex-voto (à la cure) : Peinture sur toile, vierge dans les nuages, tempête, navire en détresse et cette inscription : Ex-voto. Vœu fait par capitaine Jacques Renier et son équipage dans le surfide de Saint-Pardon, le 28 février 1788.

Beaucoup de ces ex-voto ont malheureusement disparu.

L'église est encore ornée de onze vitraux représentant la vie de la Sainte-Vierge. Celui du fond du sanctuaire reproduit exactement la madone de la niche qui est-au-dessus du tabernacle. Ils sont modernes et n'ont que le mérite d'avoir été bien soignés par leur auteur, M. Dagrant. Le premier, à gauche en entrent, est signé Villiers, 1874. Tous les autres ont été faits à Paris et sont signés Lusson-Lefèvre, 1876.
Il en est autrement des fleurs de lis du dallage du sanctuaire : elles sont du XVe siècle et on admire la finesse de leur découpure. Ce sont les mêmes qui ont été retrouvées peintes en rouge sur la voûte de l'abside.

V – Les chapelains – La fontaine.

Quels furent les chapelains qui desservirent Condat, soit avant, soit après la Révolution ?

Depuis le XIIIe siècle jusqu'à l'expulsion des Anglais, le service de la chapelle de Condat fut fait par un Cordelier du couvent dont on voit encore les restes à l'encoignure des rues J.-J.-Rousseau et de l'Union.
En 1287, le chapelain s'appelle le père Brun ; c'est à sa prière, disent les chroniques d'alors, que Édouard Ier, fondateur du susdit couvent, accorda à la ville de Libourne le droit de bâtir un collège en 1289.

Immédiatement après la conquête de la Guienne par Charles VII, ce furent les curés de Libourne qui vinrent faire les offices à Condat.

Cela dura ainsi jusqu'à 1653, où les Récollets de la rue Saint-Eutrope vinrent, avec l'autorisation de Louis XIV, s'emparer du presbytère que M. Minard, curé de Libourne, avait naguère construit pour la desservance de la chapelle.

Furieux de cette spoliation, les membres de la ju­rade libournaise firent venir les capucins et les installèrent dans le presbytère de Condat. Mais forts de l'appui de celui qui avait dit : « L'État, c'est moi, » les Récollets obtinrent trois arrêts du conseil d'État en date des 12 mars, 9 mai et 24 juillet 1661, et les Capucins furent obligés de leur céder la place.

M. Arnaud Chaperon maire, et M. Lasaphe, jurat, faillirent payer cher leur dévouement aux Capucins qu'ils avaient fait revenir à Libourne, malgré l'injonction du Parlement qui les en avait expulsés. Une prise de corps avait été décrétée contre eux. Ce n'est que grâce à l'intervention de Mgr Louis de Béthune, archevêque de Bordeaux, qu'ils parvinrent à apaiser 1a colère du roi. En même temps, un nouvel arrêt du conseil d'État renouvela aux Capucins la défense de s'établir jamais à Libourne.

Après la Révolution, les premiers desservants de Condat furent les membres du clergé de la paroisse de Saint-Jean; puis vinrent MM. Lugan, de 1869 à avril 1872; Egreteau, du 24 mai 1872 au 1er mars 1891; Thiard, du 5 avril 1891 au 15 août 1892.

M. l'abbé Boursier, qui lui succéda, poursuivit avec autant de succès que d'intelligence la double œuvre de ses prédécesseurs, à savoir : l'embellissement de la chapelle et l'extension du pèlerinage. C'est lui qui fit exécuter ces peintures d'un goût si heureux, qui achèvent de faire, de la chapelle de Condat un véritable bijou d'art.

Après M. Boursier; vint M. Arné, à la fin de 1907. Mais une mort prématurée interrompit, le 31 mai 1908, son apostolat, qui fut d'ailleurs très apprécié.

A. M. de Villechenoux, son successeur, et qui occupa le poste pendant 18 ans, de 1908 à 1926, revient le grand mérite d'avoir su trouver dans la générosité de Mme la Comtesse de Kermartin un moyen de remédier au vol légal, qui, lors de la séparation de l'Église et de l'État, avait dépouillé la paroisse de Condat de son presbytère - édifié pourtant avec les dons des Condatais -. Le geste de cette admirable chrétienne; continué après sa mort par les familles Saint-Genis et Alibert, permet d'assurer à Condat la présence d'un prêtre gardien du précieux sanctuaire et qui plus est, de donner à tout un quartier de Libourne situé en dehors de l'agglomération urbaine, avec les bienfaits du ministère sacerdotal, le privilège de la personnalité paroissiale.
A toutes ces bonnes volontés du passé et du présent, comme aussi à l'excellente et dévouée famille Gaucher-Piola, va toute l'estime et la reconnaissance, non seulement des habitants de Condatais ou de Libourne, mais encore du diocèse lui-même.

La Chapelle de Condat ainsi environnée aujourd’hui d'un splendide presbytère, d'un petit vignoble, d'une prairie et d'un jardin d'agrément, était jadis, au centre même d'un cimetière; on y découvrit, il y a quelques années, d'assez nombreux ossements et présentement encore, sur le mur du côté nord, on peut lire, gravés à la pointe du couteau, des inscriptions et les noms de personnes décédées.

Non loin de la chapelle se trouve aussi une fontaine dite Fontaine de la Vierge. Nous tenons à la mentionner, car les jeunes filles y jettent des épingles, comme on le fait dans celle de Sainte-Eustelle, à Saintes. Si ces épingles se croisent, elles se marieront, prétendent-elles, dans le courant de l'année. Pratique superstitieuse, direz-vous : oui sans doute, mais qui ne fait de mal à personne et qui est plutôt risible que blâmable.

L'eau de cette fontaine possède, parait-il, des propriétés curatives pour les maladies des yeux. Plusieurs personnes de la cité et des environs en auraient par expérience constaté les effets bienfaisants. Mais nous laissons à nos chers et éminents docteurs de Libourne le soin de trancher une question sur laquelle nous avouons notre complète incompétence.

Disons en terminant que si Marseille a pour la protéger Notre-Dame de la Garde, Lyon Notre-Dame de Fourvière et Bordeaux Notre-Dame de Talence, Libourne se glorifie et se réjoui d'avoir Notre-Dame de Condat. Le passé et le présent sont là pour justifier cette joie et cette fierté : ajoutons que l'avenir, avec de nouvelles bénédictions et d'autres miracles, rendra ces deux sentiments encore plus légitimes et les enracinera davantage au plus intime de nos cœurs.

Notre Dame de Condat - Face Extérieur  Au dessus de l'entrée principale

Notre-Dame de Condat de nos jours...

25 février 2006

L'EPeRon De La PorTe BouQueYre

L'EPeRon De La PorTe BouQueYreLa porte Bouqueyre, la plus faible des six, assez éloignés des autres postes fut souvent attaquée.

Détruite en 1750 sur ordre de l'Intendant Tourny, il n'en reste plus qu'une guérite avancée:

"L'Éperon", lieu d'observation où se tenait le factionnaire. Petite tour de guet de 6m50 disposant de deux ouvertures l'une vers la ville, l'autre vers la campagne.

L'entrée qui subsiste était au niveau des fortifications qui reliaient ce poste avancé à l porte de la ville.

L'EPeRon De La PorTe BouQueYre

25 février 2006

La GroTTe des GiRonDinS

La Maison TrocardA Saint-Émilion, entre la magnifique église collégiale et la maison gothique (maison des Templiers), se trouve une demeure du XVIIe siècle appelée la Maison Bouquey. Dans le jardin de cette maison, un puits de dix mètres de profondeur débouche sur une grande galerie souterraine, qui fut habitée par les Gaulois, et peut-être même aux temps préhistoriques. A l'extrémité de cette galerie, un orifice étroit, aujourd'hui comblé, menait à une petite grotte où n'entrait qu'un air raréfié.

         La Maison Bouquey     La Maison Bouquey

C'est dans cette grotte que trouvèrent asile, en 1795, les derniers chefs du parti des Girondins, frappés de proscription par la Convention qui leur reprochait d'avoir cherché à sauver Louis XVI, d'être complices de la trahison du général Dumouriez, passé à l'ennemi, et enfin de s'être opposé à la taxation des prix des denrées.

Puits et chambre des Girondins

Ils étaient sept : à leur tête Elie Guadet, enfant de Saint-Émilion qui comptait des appuis dans sa ville natale, puis Petion, Buzot, Salle, Louvet, Valady et Barbaroux.
C'est la propriétaire de la maison, Thérès Bouquey, plus tard surnommée "l'héroïne de la Gironde", qui avait eu l'idée de cette cachette où Barbaroux et Louvet trouvèrent le moyen de commencer à écrire leurs mémoires.

Portrait de Madame BouqueyProbablement dénoncés par l'époux et la servante de leur hôtesse, les Girondins durent quitter la grotte en toute hâte en juin 1794.

Guadet avait trouvé refuge dans la maison de son père qu'on peut toujours visiter au nord de la ville. Découvert dans une soupente en compagnie de Salle, il fut guillotiné avec celui-ci le 19 juin à Bordeaux. Il fit, avant de mourir, un discours de style romain : «Bourreaux, faites votre office. Allez, ma tête à la main, demander votre salaire aux tyrans de ma patrie. Ils ne la virent jamais sans pâlir ; en la voyant abattue, ils pâliront encore».

Les cinq autres errèrent dans la campagne, traqués par les envoyés de la Convention. Rejoint, Barbaroux se tira un coup de pistolet, ne fit que se blesser et fut exécuté le 25 juin à Bordeaux. Petion et Buzot se donnèrent la mort à Saint-Magne, près de Castillon. On retrouva leurs corps dans un champ qui a gardé le nom de champ des Emigrés.

Seul Valady réussit à s'échapper.

25 février 2006

LeS CaRRièReS

LeS CaRRièReSLeS CaRRièReS

Dans son livre "Le Guide du Voyageur" édité en 1859, Léo Drouyn nous parle déjà "d'un magnifique éboulement de rochers" qui laisse apercevoir le ciel en plusieurs endroits.

Les larges ouvertures d'accès sont au niveau du fond des fossés. Les carrières s'étendent sous toute la ville et à l'extérieur de Saint-Émilion (70 hectares de souterrains).

La pierre était extraite à la main par de peauvres gens, condamnès à vivre toujours dans les ténèbres, "les carriers". Il fallait, par endroit un quart d'heure, voire une demie-heure pour sortir de ces labyrinthes aux terrains irréguliers.

Le transport des pierres était effectué par de gros chariots tirés par des boeufs.

Quelques carrières, les plus rapprochées du jour ont servi pendant longtemps de logement (rue des Argentiers).

24 février 2006

La ChaPeLLe du ChaPiTre

La ChaPeLLe du ChaPiTre La ChaPeLLe du ChaPiTre

Située à quelques mètres du flanc sud de la Collègiale dont elle était jadis une dépendance; cette petite chapelle oratoire, d'environ 8 mètres de long et divisé en deux travées égales, remonte au début du XIIème siècle. Découverte en 1844 par Léo Drouyn qui en parle dans son livre (Le guide du Voyageur 1859), la Sociètè Historique et Archéologique de Saint-Émilion en a fait l'acquisition, afin d'en assurer la conservation, de réparer les outrages subis au cours du XIXème siècle et de l'aménager en musée local.

La ChaPeLLe du ChaPiTre

25 février 2006

Le CouVent DeS JaCoBinS

Le CouVent DeS JaCoBinS - 2007Le Couvent des Jacobins nous offre un très intéressant portail du XVe siècle, donnant entrée dans une chapelle, ou l'on voit encore, d'élégantes fenêtres et de grandes arcades.

Un clocher carré, situé hors du couvent est encore debout au milieu de vastes jardins. Le premier couvent était hors de la ville, devant la porte bourgeoise. C'est en 1378 que les Dominicains obtinrent la permission de transférer leur communauté à l'intérieur de la ville.

Leur domaine s'étendait du Palais Cardinal jusqu'aux jardins de leurs rivaux religieux: « Les Cordeliers ou Franciscains ».

Le CouVent DeS JaCoBinSDe ce vaste monastère, il ne reste que quelques vestiges et quelques ruines. Leur ancienne église, a servi jusqu'en 1913 d'atelier à une fonderie de cloches, célèbre: la fonderie de Monsieur Vauthier (voir article "Les cloches de Mr Vauthier")

Par la suite elle devint la salle, « Chez Nous » siège de la société de gymnastique.

Elle connut un total abandon avant d'être achetée par le syndicat viticole qui la fit entièrement rénover pour devenir la splendide "Salle des Dominicains".

Le CouVent DeS JaCoBinS Le CouVent DeS JaCoBinS

Les Frères Dominicains ou Jacobins obtinrent le 10 décembre 1378, de Jean de Neuville, lieutenant du Roi d'Angleterre, la permission de bâtir un couvent dans la ville de Saint-Émilion. La bulle du transfert de l'ancien couvent ruiné au nouveau fut signée en 1397 par le pape Boniface IX et les lettres patentes furent confirmées le 12 août 1418.

Le couvent fut vendu comme bien national en 1791.
Il couvrait une superficie de 2 hectares 60 environ; il n'en subsiste que la chapelle et le clocher.

Le CouVent DeS JaCoBinS Le CouVent DeS JaCoBinS

20 juin 2004

HisToiRe d'En ParLeR


Bienvenue par ici ou par là,

Un p'tit blog pour vous racontez l'histoire d'une bastide du nom de LIBOURNE
en Gironde (Aquitaine)... et de ses environs...
Condat, Castillon-la-Bataille, Saint-Emilion... aux travers des siècles.
Pourquoi Libourne et ses environs ?!?
Tous simplement parce que j'y suis né et non loin d'être chauvin,
les murs de cette bastide et de la région
relèvent bien des mystères et de faits historiques à partager...
Je ne suis point historien,
ni même acteur "actif "de la ville de Libourne... Quoique !!...
C'est simplement par loisir, curiosité et découverte
que les quelques articles que vous pourrez découvrir ou redécouvrir
avec des compléments d'informations, reposent sur ce blog.

Vous êtes conviés à laisser des commentaires sur chaques articles
(n'oubliez pas d'inscrire votre adresse mail sinon ça ne marche pas).

Pour ceux qui se posent la question: "jm33500 ça veut dire quoi ??"
Sachez que le j et le m sont mes initiales et
33500 représente de code postal de Libourne ;o)

Bonne visite.

 

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Nota Béné:
Plus vraiment de temps pour alimenter ce blog qui a fêté ses plus de 15 ans
+ d'autres idées en tête de réalisation...,
accompagné d'un ras le bol
de voir les articles finir en copier/coller sur d'autres plateforme
comme Wikipédia ou autres blogs et sites...

Mais en attendant d'autres horizons:

image_facebook
Souviens-Toi de Libourne Quand...
(Il vous faut un compte facebook pour pourvoir y accéder)

 

25 juin 2004

La BouCle de CoNdAt

Qui de tous les Libournais n'est pas allé au moins une fois faire la "boucle de Condat" !! Source de végétations (vignes, bosquets et près), pour ne pas dire poumon de Libourne où promeneurs, sportifs et curieux viennent se ressourcer dans la Palu de Condat.
La route qui sillonne cet endroit forme une boucle de 2,5 km. Nombreux d'entre nous garons notre véhicule sur le parking de la Chapelle de Condat. Il faut effectuer environ 1 km de la Chapelle au début de cette boucle "routière".
En faite, cette dite boucle s'appelle ainsi à cause de la Dordogne, rivière qui forme une boucle.

Plan des environs Palu de Condat

Condat - Vue par satellite

Palu de Condat - Carte IGN

23 février 2006

ViSiTeR SaiNt-ÉmiLioN

Découverte de Saint-Émilion

BienVeNuE à SaiNt-ÉmiLioNPour bénéficier de l'aspect le plus agréable de Saint-Émilion, il faut prendre la route de Libourne à Bergerac, dans la plaine, et ainsi partir à l'assaut de la ville sur son piton rocheux, en se fiant au clocher qui domine sur la crête de la colline. De loin, rien ne distingue ce village de ceux qui sont alentours. Les maisons semblent se serrer les unes contre les autres, et les tuiles donnent une coloration chaude et rayonnante. En regardant bien on s'aperçoit qu'il y a une harmonie dans le dessin général de la cité. Plus on avance, plus on se rend compte que les habitations sont réellement unies par des couloirs étroits qui serpentent entre les logis. De-ci, de-là quelques ruelles de forte pente et souvent pavées, avec cet air de civilisation à l'ancienne. Saint-Émilion est une cité moyenâgeuse qui a gardé sa personnalité, tout en accordant des conditions de vie forte acceptable pour notre temps.

Saint-Emilion, son vignoble et son paysage sont inscrits au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Seule une poignée de sites remarquables méritent cette distinction.

SaiNt-ÉmiLioNIl y a trois façons de découvrir la cité :

en partant au hasard, et en admirant au passage les richesses archéologiques, soit en suivant un itinéraire géographique, mais alors on passe d'une époque à l'autre sans cohérence, enfin une démarche historique en suivant les étapes successives de son évolution.

En fin d'article rubrique "Découverte de la ville", ces trois itinéraires seront proposés avec repères sur le plan.

Avant, voici une description des lieux qu'il faut visiter ou voir:

La Collégiale

La Collégiale est l'église paroissiale actuelle. Il faut rentrer par la grande porte sur la place, où on peut stationner.Cette Collégiale fut fondée au XIIe siècle à la demande de l'évêque Arnaud Guiraud qui y avait installé des chanoines.La porte par où nous rentrons est la porte ouest. Elle est romane avec 5 voussures très stylisées. A côté une porte aveugle de même style. A gauche, une autre porte fut sans doute détruite avec une partie des remparts. La façade est surmontée d'un clocher rasé. Il dut exister un clocher roman qui fut détruit, entraînant dans sa chute une partie de la voûte de la nef. Nous conseillons de pénétrer dans l'église collégiale avant de découvrir l'extérieur de cet édifice.

La Collégiale - Peintures murales
Peintures murales dans la nef de l'église collégiale, dans la seconde travée :
démon tentateur, et Saint-Catherine au supplice de la roue.

INTERIEUR : L'ensemble de l'église présente 79 mètres de longueur. On découvre en premier une nef unique de trois travées, deux de ces travées sont surmontées d'une coupole de style byzantin, faut-il y voir une influence angevine ? Rien ne permet de l'affirmer.Le transept est à trois nefs avec un chœur et deux chapelles latérales ; derrière, le maître-autel et le trésor.Il faut profiter de la perspective globale de cette église, avant de détailler les différents objets que l'on peut rencontrer. Revenons à la porte. Sur la droite, on découvre des peintures murales représentant Catherine au supplice de la roue, la tentation d'une femme par un démon, ou une piéta en costume du XIIe siècle.Dans le transept, côté droit, deux verrières représentent des apôtres, elles furent données par le roi Louis XII. Face à cette verrière, la chapelle des martyrs où se trouve la sépulture de l'abbé Bergey, ancien curé-député. Le long du mur une statue en bois polychrome de Saint-Valéry patron des vignerons, qui provient de l'ancien couvent des Jacobins. Au-dessus de la porte de la sacristie un tableau représentant la famille du Cardinal François de Sourdis, archevêque de Bordeaux.Derrière le maître autel, «le trésor» qui contient des objets du culte de l'ancienne collégiale, aussi bien que des souvenirs en lien avec le saint patron. Le corps fut «égaré» au moment de son transfert à Fronsac, pour échapper à la profanation.

La Collégiale
La nef de la Collégiale, prise du chœur. Au premier plan les colonnettes assemblées et sous la voûte les coupoles byzantines.

EXTERIEUR : Ressortons par la porte nord qui est flanquée de deux contreforts du XIVe siècle. La porte comprend un tympan représentant le jugement dernier, mais il est très mutilé. Les voussures devaient contenir les apôtres. Portail très harmonieux. L'abside qui abrite le trésor et le maître-autel est à 5 pans.

La Collégiale - Vue de loin Porte d'entrée de La Collégiale
La porte romane extérieure-ouest de l'église collégiale du XIIe siècle. Partie centrale à 5 arcades en retrait. Les moulures témoignent d'une influence saintongeaise.

Le cloître

En passant par la salle où se tient le Syndicat d'Initiative, on peut pénétrer dans le cloître qui est accolé au mur sud de la première nef de la Collégiale. Ce cloître date du XIVe siècle. Il comprend un préau reposant sur des colonnettes doubles, fort élégantes et légères.L'ensemble est gracieux et très ajouré. Dans le dallage et dans la cour centrale des sépultures d'anciens membres du chapitre. De même quelques sculptures dans les murs. L'harmonie de la construction ainsi que la finesse de la réalisation font de ce cloître un lieu de paix, de quiétude et de charme.

Le cloître de l'église collégiale
Le cloître de l'église collégiale datant du XIVe siècle. Un lieu calme et reposant. Les 4 galeries existent avec une largeur de 4,50 m. Remarquez les doubles colonnettes et les arcades en semi-ogives.

Porte donnant sur le cloître A l'intèrieur du cloître Le cloître de l'église collégiale
A l'intèrieur du cloître Porte allant vers la collégiale A l'intèrieur du cloître
Le cloître de l'église collégiale - InFo

Le cloître de l'église collégiale Le cloître de l'église collégiale Le cloître de l'église collégiale

Le clocher

Face à la très belle salle de l'Office du Tourisme, on découvre le magnifique clocher qui s'élève à 53,60 m. C'est le second de Gironde, après celui de Saint-michel de Bordeaux. (On ne visite pas l'intérieur). Il fut construit en plusieurs fois. La base est du XIIe siècle ainsi que le premier étage. Au XIVe siècle furent ajoutés les étages 2 et 3. La flèche est du XVe siècle.

Le clocher Le clocher Le clocher
Une vue générale de la cité avec le clocher qui domine l'église monolithe et la collégiale.
Admirer la chaleur des tuiles rouges.

L'ermitage

Il faut descendre par les petites rues tortueuses pour rejoindre le cœur du vieux village et mettre ses pas dans ceux du bon ermite. On ne retrouve pas la structure initiale, car la dévotion des visiteurs et les aménagements au cours des siècles ont modifié ce qui fut à l'origine une modeste cellule.Au XVIIe siècle elle reçut une restauration complète. On entre dans une chapelle en forme de croix latine, et on découvre la source qui incita l'ermite à demeurer en cet endroit. Des légendes accompagnent cette eau. Le lit du saint (?) forme une cavité rectangulaire. A droite la «cathèdre» de l'ermite, dans les murs quelques cavités sont des «armoires» tandis que l'autel est l'ancienne table du saint. La statue date de 1946, elle remplace celle qui existait et qui fut placée en la Collégiale. Cet ermitage plonge le visiteur dans un certain respect et oblige à repenser l'histoire des hommes.

L'ermitage
Le lieu central de l'Ermitage, derrière la balustrade rajoutée, salle rectangulaire où était placée la couche de l'ermite.

La chapelle de la Trinité

Au-dessous de l'ermitage a été construite cette chapelle de la Trinité. Elle compte une nef simple, une travée et un chœur recouvert par une voûte en ogives. A remarquer de beaux chapiteaux présentant du feuillage, et des peintures murales sous les voûtes de l'abside et du chœur. L'ensemble doit dater du XIIIe siècle. Du clocher en traversant la place des Créneaux, on peut découvrir l'ancienne chapelle du Chapitre. Actuellement : c'est le siège de la Société d'Archéologie, (on ne peut visiter). On y voit deux belles clefs de voûte, des chapiteaux ouvragés, des colonnes engagées. L'ensemble est aussi du XIIIe siècle.

La chapelle de la Trinité - Extèrieur La chapelle de la Trinité - Intérieur
Chapelle de la Trinité, datant du XIIIe siècle, elle fut destinée au doyen du chapitre. A remarquer l'abside à 5 pans coupés, clef de voûte représentant l'agneau pascal. Au sol, tombeaux.

Maison Bouquey et Grotte des Girondins

Cette maison bourgeoise date du XVIIe siècle. Elle fut certainement cossue. Elle appartient à l'Histoire de Saint-Émilion, car, demeure de la belle-sœur du conventionnel Guadet, elle abrita les députés girondins en fuite pendant un temps assez long. Dans la cour un puits, «le puits des Girondins», permet d'arriver à une grotte souterraine, ancienne carrière sans doute, où les fugitifs descendaient dès la moindre alerte. Deux cavités contigües reçurent les fugitifs. Les conditions de leurs séjours étaient très précaires et insalubres (voir article "La grotte des Girondins").

Maison Bouquey

Puits des Girondins

Maison gothique

A l'angle de la rue Guadet et des Girondins, on découvre une maison fort curieuse. On la nomme maison Gothique en raison de son aspect extérieur (on ne peut que contempler la façade). C'est une construction du XIVe siècle. Admirer le perron, les arcades, et sur la façade puis impasse Groulette des fenêtres ogivales géminées (voir article et photos "La maison gothique" rubrique Saint-Emilion).

Porte bourgeoise

En poursuivant vers le nord, on passe devant la salle des Dominicains, ancien couvent des Jacobins (ne se visite pas, voir article "Le couvent des Jacobins"). C'est au XIVe siècle que cet ordre, qui avait vu son monastère dévasté, obtint le droit de construire un nouveau bâtiment à l'intérieur des remparts. Le portail est svelte et régulier, il date du XVe siècle. C'est dans cette église que fut trouvée le Saint-Valéry qui siège maintenant dans la collégiale. Ce saint est le protecteur des vignerons. On arrive ensuite à la Porte Bourgeoise et au Palais Cardinal. La porte Bourgeoise est celle qui est placée le plus au nord de la ville. C'était l'accès régulier par «le guichet» pour entrer en ville. Construite au XIVe siècle avec les remparts, elle fut démolie pour faciliter l'urbanisme au XIXe siècle. Près de cette porte une très belle demeure bourgeoise, «le palais Cardinal». Elle fut la première résidence des doyens installées par Clément V. Le premier doyen fut son neveu Gaillard de Lamothe qui reçut le chapeau de cardinal en 1316, d'où le nom actuel. Admirer les croisées géminées à plein cintre avec colonnettes monolithes.

SaiNt-ÉmiLioN - Au alentour de l'ancien Porte bourgeoise Le Palais Cardinal

La grande muraille

Poursuivant plus au nord-ouest, on aperçoit les restes d'une grande muraille qui sont les ruines d'une ancienne église du couvent des frères prêcheurs bâti à la fin du XIIIe siècle. Vaste monument de 26 m de long sur 20 mètres de haut. Ces restes témoignent de l'importance et de la majesté de l'édifice entier. Très belles arcades ornées de moulures et à colonnettes. Ce couvent fut détruit, car construit en dehors des murs, par les troupes françaises à la fin du XIIIe siècle.

La Grande Muraille - 2007

SaiNt-ÉmiLioN - La Grande Muraille
«La Grande Muraille», à l'extérieur des remparts. Restes du Couvent des Cordeliers construit avant 1287, et détruit vers 1337, au cours des combats entre les troupes françaises et les Anglais.

Maison Guadet

Sur la route de Saint-Genès, une maison bourgeoise sans grand caractère redit le nom de Guadet, le conventionnel qui trouva quelques jours refuge chez ses parents. Actuellement maison des associations.

Maison Guadet

Les remparts, et les six portes

Si on est bon marcheur, il faut faire les 2 ou 3 kilomètres de remparts qui enserraient la ville. Par endroit il est intéressant de passer dans les anciens fossés, quand c'est possible, ou bien prendre les chemins de ronde afin de découvrir tout le panorama de la campagne environnante.En suivant par l'ouest on a une haute muraille qui conduit jusqu'à la porte Brunet, dite «de la Brèche» (voir article "La porte Brunet"). On se souvient que cette porte, attaquée par l'armée de Sully, fut détruite par une explosion qui fit une « large brèche ». A quelques pas, la «Tour du guetteur» (voir article sur "La tour du guetteur"), ainsi nommée car un soldat guettait jour et nuit l'arrivée des ennemis. Les remparts, à partir de là, sont détruits en de larges endroits. Au sud, vous découvrirez une construction qui fut l'éperon de défense de la porte Bouqueyre, sise avant sa destruction à l'endroit où est implantée une place ombragée. Un peu plus loin, trace de la porte Sainte-Marie qui indique le souvenir du premier ermitage de Saint-Émilion: Sainte-Marie-de-Fussignac.

SaiNt-ÉmiLioN - Plan Zodiaque

Face à cette porte, le quartier de « La Madeleine » avec son cimetière fort ancien, et les restes d'une modeste chapelle (voir article "Le cimetière de la Madeleine"). On remontera en suivant les remparts vers l'ouest où on voit les structures architecturales de constructions mais aussi de nombreuses caves tant... vinicoles que des champignonnières. On arrive à la porte Saint-Martin. Les reconstructions du XVe et XVIe siècles donnent un aperçu réel de ces fortifications. On passe devant la maison Malet-Roquefort, datant du XVIe et qui actuellement contient le Musée, riche du passé de Saint-Émilion qu'il faut absolument visiter. Face à la porte Saint-Martin un chemin conduit à la vieille église de Mazerat, qui fut paroisse jusqu'en 1790. On arrive ensuite à la porte des Chanoines, face à la Collégiale.

La porte Brunet
La porte Brunet ou «de La Brèche». L'une des 6 portes des remparts. Celle-ci placée au sud-est de la ville fut attaquée par les protestants avec Sully en 1580. Ils firent «une brèche», qui leur permit de prendre la ville.

Porte de la Cadène

Revenons à l'intérieur de la ville, à la porte de la Cadène. Elle doit son nom à une chaîne qui était étendue le soir pour isoler le centre de la cité... La rue est escarpée et la porte surplombe la rue formant arc. Elle date du XIIIe siècle au moins. A ses côtés, la maison à pans de bois est l'exemple de maisons du XVe ou XVIe siècle. Portail orné de torsades et de tête de monstres. Chaque élément doit être détaillé pour en savourer la beauté. La petite largeur de la rue ne permet pas toujours le recul nécessaire.

Porte de la Cadène Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène

Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène

Place du marché

La place du marché est un ancien cimetière. Le visage des différentes constructions est à remarquer. Vrai centre vital, cette place est le poumon de la cité.

Place du marché Place du marché - 2007

Couvent des Cordeliers

C'est en 1371, 140 ans après la fondation de l'ordre que les Frères Mineurs ou Cordeliers s'installèrent à Saint-Émilion. Bien que lieu commercial, il faut admirer le cloître et la chapelle.Le cloître est une merveille architecturale et de quiétude. Les deux côtés existants présentent 8 arcades reposant sur deux colonnettes géminées. Un élégant clocher orne la partie sud-est.La Chapelle date du XVe siècle. Elle ne comprend qu'une seule nef avec arc triomphal de grande qualité.

Couvent des Cordeliers - Vue de loin Couvent des Cordeliers Couvent des Cordeliers
Restes de la Chapelle du Clos des Cordeliers. Construite au XVe siècle, cette chapelle servit aux religieux jusqu'en 1789. Admirons les fenêtres de l'abside à pans coupés. A l'intérieur, colonnes sans chapiteau.

Le Cloître des Cordeliers
Le Cloître des Cordeliers dont on découvre les élégantes colonnettes sur 2 côtés. Il fut construit au XIVe siècle. L'une des merveilles de Saint-Émilion.

La Tour du Roi

Plus au sud, dominant des jardins, la «Tour du Roi» se détache dans l'horizon. Ce donjon ou «Tour du Roi» appartient à une ancienne forteresse qui fut élevée au XIIIe siècle sur la demande du roi Henri III d'Angleterre. Cette tour fut certainement le donjon qui dominait et le château et la ville entière. C'est une tour rectangulaire de plus de 9 m de côté, avec une hauteur de 32 mètres. Les murs ont 2,50 m de largeur et l'ensemble repose sur un solide rocher. Ce donjon roman fut hôtel de ville jusqu'en 1720. Actuellement, il est utilisé par la Jurade pour proclamer, aux sons des trompes, le ban des Vendanges (c'est-à-dire l'ouverture).

SaiNt-ÉmiLioN - La Tour du Roi
Le donjon du «Castel daou Rey», reste du château bâti sans doute au début du XIIe siècle pour affirmer la suzeraineté du Roi sur la juridiction, face aux Jurats de la commune. Très beau panorama. C'est de là que le Ban des Vendanges est proclamé à l'automne.

La Tour du Roi La Tour du Roi La Tour du Roi

La Tour du Roi Gravure dans la Pierre La Tour du Roi

SaiNt-ÉmiLioN - Ruelle avec vue sur La Tour du Roi

Couvent des Ursulines

Au sud-ouest de la tour, par une ruelle en escalier, on arrive au couvent des Ursulines fondé en 1630 pour l'éducation des jeunes filles. Une porte existe encore avec les restes de quelques pièces. La petite histoire raconte que c'est pour nourrir ses pensionnaires que la fondatrice Mademoiselle de Lacroix, utilisant une recette familiale, créa les célèbres Macarons, dont la tradition culinaire fut transmise après 1793 par une religieuse chassée, en peine de nourriture. Les macarons sont délicieux, c'est l'essentiel.

Ruelle donnant sur le Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines

Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines

La Commanderie

Face au couvent des Cordeliers sur la place Cap du Pont, une vieille maison porte le nom de «Commanderie», on suppose qu'en ce lieu devait être installée la garde de la ville ou la direction militaire. C'est l'une des plus anciennes maisons de la ville. Elle fut remaniée au XVe siècle. Elle faisait certainement partie d'une défense intérieure, peut-être avec la porte de la Cadène. On y remarque une tour de guet et un chemin de ronde. De ce lieu, belle perspective sur les petites rues enlacées de la ville. Dans les sous-sols il a été découvert de très nombreux silos. La tradition veut que la Commanderies ait été la demeure des Templiers. Retournons au cœur de la ville pour terminer par la pièce archéologique unique dans le pays et même en France.

La Commanderie La Commanderie - Vue de loin (sur la gauche)

SaiNt-ÉmiLioN - La Commanderie

L'église monolithe

Si vous n'avez que quelques instants à passer à Saint-Émilion c'est à l'église Monolithe qu'il faudrait les consacrer. Longue de 38 mètres, large de 20, on découvre une nef de 11 mètres de haut. L'ensemble doit provenir de grottes naturelles, peut-être utilisées dès la préhistoire, on découvre par endroits des silex éclatés, puis utilisées au VIIIe siècle par les premiers ermites, ensuite les moines élargirent l'ensemble jusqu'au début du XIIe siècle, époque où les religieux construisirent la Collégiale. C'est dire la vénération que l'on doit à ce monument et le fait que l'édifice est sous terre, le visiteur sent une certaine gravité et un profond sentiment religieux en ce lieu. La nef est entourée de deux bas-côtés de même importance, avec deux rangées de piliers, au nombre de 2 fois 5, souvent inégaux de forme et de taille.

SaiNt-ÉmiLioN - L'église monolithe
Les fenêtres de l'église souterraine vues de l'extérieur. 6 fenêtres sur deux étages, construites en même temps que le portail au XIVe siècle, et modifiées au XVe siècle pour celles du bas.

Porte d'entrée de l'Église monolithe
Porte d'entrée de l'Église monolithe, construite au XIVe siècle. Le tympan représente le Christ, entouré de la Vierge de Saint-Émilion et de 2 anges. Au bandeau inférieur la résurrection des morts.

Les voûtes sont en berceau. Il faut rendre hommage aux bâtisseurs d'une telle réalisation. L'autel se trouvait au fond sur un espace surélevé. On remarque des traces de peintures, sans doute du XIIe siècle. Cette église vendue comme bien national, servit de fabrique de salpêtre, ce qui a défiguré les parois. Comme le clocher que nous avons détaillé plus haut se trouve placé juste au-dessus, on peut voir le passage pour les cordes qui assurait la liaison avec les cloches. L'ouverture primitive était certainement sur le bas côté droit en entrant par la porte du XIIIe siècle. Sur le côté ouest de l'église, on rencontre «les catacombes», une cavité qui servit de lieu de sépultures, le tout fut saccagé au cours de la Révolution. Ce lieu dont l'ouverture est un puits, devait recevoir les ossements après sépultures. Ce ne fut jamais un caveau ou des oubliettes seigneuriales. Vu de l'intérieur, le puits correspond à une coupole supportée par trois piliers. Cette visite rend compte de la vie d'un village, au long des siècles. Le portail d'entrée date de la fin du XIIIe siècle, il présente un arc en tiers-point avec garniture de colonnes dépouillées de leurs statues. Le tympan représente le Jugement dernier.

L'intérieur de l'église monolithe
L'intérieur de l'église monolithe. On remarque les voûtes en berceau, creusées au IXe siècle et agrandies au XIIe. Remarquez la solennité de cette construction.


Découverte de la ville


Comme nous l'avons souligné avant de décrire les monuments de Saint-Émilion, on peut approcher la ville de plusieurs manières:

a) Le circuit militaire avec les remparts, puis la Tour du Roy, la porte de la Cadène, la Commanderie, La Maison gothique, la Porte Bourgeoise, le Palais Cardinal sans oublier l'éperon de la porte Bouqueyre, et le puits des Girondins.

b) Le circuit religieux avec l'Église Monolithe, l'Ermitage, la chapelle de la Trinité, le clocher, la Collégiale, le cloître les Jacobins et les Cordeliers avec petit détour vers la maison des Ursulines, et la Grande Muraille.

c) On peut aussi envisager une promenade chronologique, avec départ à l'Ermitage, l'église Monolithe, le Cloître et la Collégiale, ne pas négliger la chapelle de la Trinité et celle du Chapitre, la porte de la Cadène, puis la Tour du Roy ensuite revenir vers les Jacobins et les Cordeliers, passer à la maison Guadet, au puits des Girondins.

Les remparts étant visités à chaque passage de la découverte. Enfin celui qui se fie à des découvertes personnelles. Il suffit de prendre un plan et de se promener dans les petites rues et ruelles en observant maisons et devantures. Les façades de quelques maisons inviteront à pénétrer dans les monuments, et les lieux classiques termineront la visite. La promenade des remparts sera obligatoire.

Plan de SaiNt-ÉmiLioN SaiNt-ÉmiLioN - L'EPeRon De La PorTe BouQueYre (Sur le Parking)

Fêtes et animation

En juillet et août, exposition de peinture. En septembre, exposition artisanale dans le cloître de la Collégiale. Les « Grandes Heures de Saint-Émilion » mettent en contact la musique de chambre avec les richesses vinicoles. Presque tous les mois un concert est donné dans un château, avec dégustation.
Mais en aucun cas n'oublier de déguster les « Macarons» et de vous délecter du « cru Saint-Émilion ».

8 août 2004

Le TuMuLuS de CoNdAt

(Extrait d’un recueil photocopié FL LIB 944.7 SAR « page 113 à 120 »

de la médiathèque Municipale Condorcet de Libourne
ou « Revue S.H.A du Libournais 1939-1940»)

Libourne - le tumulus de Condat

SITUATION

Le Tumulus de Condat est situé à une centaine de mètres au sud de l’église dans une prairie en bordure de la route qui, de Libourne, conduit à la Dordogne en face du Port de Génissac. A la place de cette prairie s’étendait il y a quelques années encore une vigne. A une soixantaine de mètres au sud de chevet de l’église, donc entre cette église et le tumulus, une source alimente le bassin d’une ancienne fontaine (au dessous de la niche qui renferme une statue de la Vierge est encastré un fragment de mosaïque en cubes blancs et rouges sur lesquels se détachent en noir les lettres E I D et au dessous N P. Ce fragment n’a point été trouvé sur place : c’est un morceau de pavage d’une basilique constantinienne exhumée à Carthage par le R.P. Delattre et donné par celui-ci à Mr l’abbé Salmon, curé de Condat).

Les jeunes filles vont, paraît-il, y jeter des épingles : si ces épingles se croisent, les jeunes filles sont sûres de se marier dans l’année. De plus, la tradition attache à ses eaux une vertu curative pour les yeux.

Bref, cette source a toujours été l’objet d’une certaine vénération qui s’est maintenue jusqu’à nos jours : pas plus tard qu’en 1933, en effet, la fontaine a été restaurée par les soins d’une famille du pays en reconnaissance d’une guérison inespérée attribuée à la « source miraculeuse ». Le lieu est appelé sur le Plan Cadastral dressé en 1845 « Pont de Condat » ; la situation en est assez remarquable. Le tumulus se trouve, en effet, à peu près au milieu de la base de la boucle que décrit la Dordogne avant d’atteindre Libourne : cette sorte d’isthme mesure 800 mètres ; le tumulus est à 350 mètres de la rivière à l’ouest, et à 450 mètres à l’est.

HISTORIQUE

Ce qui paraît assez surprenant, c’est que le tumulus de Condat n’ait été signalé à peu près par personne : ni par François Daleau dans sa Carte d’Archéologie Préhistorique de Département de la Gironde (1876), ni par G. Loirette dans un inventaire sommaire de L’Époque Celtique en Gironde (1933), ni enfin par J.Ferrier qui, résumant les travaux de ses devanciers, estime dans La Préhistoire en Gironde (1938) que le nombre des tumulus dépasse la centaine dans le département. Les historiens de Libournais, pas plus Guinodie que Souffrain, n’en ont davantage soufflé mot. L’Archiprêtre Latour dans une courte monographie consacrée à Condat n’en parle pas non plus.

Seul, Piganeau en a fait la brève mention suivante dans son Essai de Répertoire Archéologique du Département de la Gironde (1897) : « Tumulus inexploré renfermant probablement les restes des guerriers de 1377 et de 1453 », soit des deux sièges qu’a subis le château de Condat pendant la guerre de Cent-Ans. Nous verrons plus loin ce qu’il faut penser de cette conjecture. Mais il nous paraît nécessaire d’ajouter que là, comme ailleurs, les paysans d’alentour parlent encore de Veau d’or enseveli sous ce tertre. Dirons-nous que cette survivance d’une aussi lointaine tradition nous semble tout de même le gage d’une longue habitation dans ce lieu ?

FORME ET DIMENSIONS

Au surplus, l’aspect du tumulus est suffisamment caractérisé pour avoir légitimé d’y entreprendre des fouilles. La forme en est à peu près circulaire: 41 mètres dans l’axe Est-Ouest, perpendiculaire à la route ; 30 mètres dans l’axe Nord-Sud. La circonférence à la base mesure 130 mètres et au sommet, légèrement aplati, 33 mètres. La hauteur au-dessus du niveau de la prairie est encore de 3 mètres, car des labours successifs l’ont sans doute quelque peu réduite. C’est déjà une petite élévation qui se détache d’autant plus nettement  au-dessus du sol qu’elle est isolée et que le pays environnant, tout en palus, est plat. En général, les tumulus sont, au contraire, groupés. A La Brède, par exemple, ils sont au nombre de 9, de dimensions très inégales : leur diamètre varie de 6 à 20 mètres et leur hauteur se tient entre 50 centimètres et 3 mètre ; de même les buttes de Queyrac-Vendays, dans le Bas-Médoc, sont au nombre de 18: elles ont de 15 à 30 mètres de diamètres et de 2 à 3 mètres de hauteur.

C’est le mardi 19 mars 1940 à 09 heures, qu’était donné le premier coup de pioche dans le tumulus de Condat. Comme le conseille le Manuel de Recherches Préhistoriques, le tumulus a été attaqué par le Sud dans une tranchée de 1,40 mètre de large. Les travaux devaient durer du 19 au 23 mars et furent repris les 29 et 30 mars.

STATIGRAPHIE

Nous avons rencontré trois couches de terrain : une terre végétale superficielle d’une épaisseur moyenne de 0,10 cm, de l’argile grise avec traces ferrugineuses, homogène, compacte, terre forte très difficile à travailler, impossible à tamiser, parsemée de galets de la rivière. Cette couche atteint une épaisseur de 1,25 mètre puis de l’argile brune, plus friable, plus humide aussi, rencontrée jusqu’à la profondeur maximal à laquelle nous sommes parvenus, soit 3,30 mètres, profondeur à laquelle nous avons d’ailleurs trouvé la nappe d’eau, soit 30 centimètresau-dessous du niveau de la prairie et donc de la basse du tumulus. Nous n’avons pas pu aller au-delà. Ajoutons que cette couche d’argile brune se retrouve en profondeur à peu de distance de la surface de la prairie, ce qui tend bien à prouver que le tumulus a été constitué avec de la terre rapportée.

TROUVAILLES

Les découvertes n’ont point répondu à notre attente:

A 1,60 mètre de profondeur et à 5,40 mètres du centre, un fragment de poterie grossière, de 0,013 d’épaisseur, qui ne semble pas faite au tour, d’une pâte rouge au dehors, et brun-noir au dedans, mal cuite, trop dure toutefois pour être néolithique. Inutile de dire que cette découverte le second jour des fouilles nous avait donné grands espoir, ainsi que des traces charbonneuses qui n’étaient que des racines de vigne décomposées à l’abri de l’air.

Au centre, à partir de la profondeur de 2,25 mètres et jusqu’au fond, des débris gallo-romains consistant en tuiles à rebord et tuiles creuses, toutes en morceaux, de différentes couleurs et de différentes qualités, plutôt grossières. Au total une trentaine de fragments dans 10m3 de terre : il y en a peu de semblables. Ils ont été trouvés pêle-mêle, dans tous les sens, enrobés dans l’argile.

Divers fragments de poteries gallo-romaines, plus ou moins fines, provenant de débris de vases communs, en particulier un morceau de grande amphore ou de dolium, épais de 0,02 en moyenne.

Bref, cela ne paraît offrir rien de bien remarquable, car des débris de ce genre, on en trouve partout : nous en avons trouvé dans deux trous pratiqués au hasard dans la prairie à la base du tumulus et Mme de Molaing m’a confirmé qu’on en avait trouvé également en défonçant les jardins du château de Condat. Mais, pour n’avoir rien à nous reprocher, nous avons dépassé le centre du tumulus de 2 mètres environ dans toutes les directions et nous n’avons toujours que des débris de tuiles ; nous en avons même trouvé dans l’eau.

CONCLUSIONS

Ces résultats ne paraissent pas suffisants pour autoriser une conclusion précise. Ne voulant considérer que le certain édifié sur des constatations positives, voici ce que nous sommes en mesure d’affirmer :

Le Tumulus a été manifestement édifié avec de la terre rapportée, il a été édifié postérieurement à l’époque gallo-romaine ou même dès cette époque, l’opinion de Piganeau paraît controuvée, car si des guerriers avaient été ensevelis dans le tumulus au XIVe siècle, on n’eût point manqué d’y trouver des armes et des ossements.

HYPOTHESES

Alors, à quelle époque et dans quel but aurait été édifié le tumulus, si tumulus il y a ? C’est bien ce qui nous échappe.

Certains pensent que cette butte a pu être élevée pour rompre la force du courant d’inondation, venant par l’Est,

d’amont vers l’aval, et souvent très puissante en cet endroit. Il n’est pas rare que l’eau recouvre la palus de Condat et arrive jusqu’au presbytère. Précisément, en raison de ce danger, il semble qu’à une époque plus récente, on eût plutôt édifié une véritable digue.

Est-il possible d’y voir une motte de défense en avant du château et en liaison avec celui-ci ? Le tumulus paraît bien bas et bien petit pour avoir rempli cet office.

Rappelons enfin qu’à Condat on a souvent entendu dire par les vieux que «  le tertre » remontait au temps des Anglais. Il est vrai que c’est là une expression courante chez les paysans de la Gironde pour dater un monument ancien. La légende concernant le tumulus, aujourd’hui détruit, de Peychez, à Villegouge, nous paraît bien significative à cet égard. Ne raconte-t-on pas, en effet, que ce tumulus « aurait été construit en une nuit par les femmes des Anglais qui portèrent la terre dans leurs tabliers, afin d’établir des pièces d’artillerie pour tirer sur l’église » ? Nous ne croyons pas qu’il faille attacher à cette tradition plus d’importance qu’elle n’en a, bien qu’elle ait paru fort intéressante à François Daleau qui l’a retrouvée non seulement en Gironde, mais en Charente et Charente-Inférieure, en Dordogne, dans le Tarn et la Vienne.

Ce qui n’est pas une légende, ce sont les faits suivant que nous croyons utile de verser au débat. Par lettre en date du 07 juin 1335, Édouard III, Roi d’Angleterre, faisant don à Amanieu du Foussat de la terre de Condat pour une valeur de 100 livres sterl. « a luy cédée par le roi pour l’indemniser des pertes qu’il avait faites pendant la guerre ». Vingt ans plus tard, par de nouvelles lettres datées de 10 février 1355, Édouard III permettait à Amanieu du Foussat de bâtir un fort dans sa terre de Condat à la charge de le remettre aus mains du roi quand il en serait requis. Comme ont pourrait être tenté de voir dans le tumulus de Condat la base de ce fort, nous ferons observer que la butte est de dimensions bien modestes pour avoir convenu à cette destination, sans compter que, dans ce cas, les fouilles eussent bien permis de découvrir quelques vestiges de ces substructions, à moins que ce fort n’ait été qu’une simple tour en bois. C’est peu vraisemblable. Il y a donc tout lieu de penser que le fort d’Amanieu du Foussat doit être cherché ailleurs (peut-être dans la propriété de Mme de Molaing où « on a mis à nu, il y a un certain nombre d’années, plusieurs toises de fortes murailles ».

En tous cas, il semble difficile de voir dans le tumulus de Condat une sépulture néolithique ou de l’âge du bronze, violée à l’époque romaine et remplie de débris jetés en désordre, car on devrait alors y trouver d’avantages de débris, sinon quelque trace de construction ou de squelette : on n’eût, en effet, volé que les objets précieux. Cette dernière hypothèse semble procéder du roman.

Dans ces conditions, la seule chose que l’on soit en mesure d’affirmer avec certitude, c’est que le problème reste presque entier.

REMERCIEMENTS

Assurément, tout cela est assez décevant et on comprend fort bien, suivant l’expression de J.Ferrier, que les préhistoriens girondins « boudent à la tâches » en ce qui concerne les tumulus. Nous eussions sans doute fait comme eux, si nous n’avions trouvé chez tous et chacun un concours empressé qui nous a permis d’économiser temps, fatigue et… argent. Nous remercions donc tout particulièrement Mme Fourcaud-Laussac, propriétaire, Mr Feyzeau, métayer, qui nous ont donné les autorisations nécessaires pour fouiller. Mr le principal du Collège, qui a bien voulu s’entremettre auprès de Mr le Comandant d’Armes Joly pour obtenir le personnel indispensable, Mr l’abbé Salmon, curé de Condat, qui, par son amabilité coutumière, a tout rendu facile. Nous ne saurions oublier non plus l’équipe de travailleurs allemands qui s’est attelée à la besogna avec un soin et une diligence dignes de tous les éloges. Enfin, nous manquions à notre devoir si nous passions sous silence l’aide efficace apportée par la Société Archéologique du Libournais, son dévoué Président et son benjamin, René Möller.

Ainsi, grâce à la collaboration de tous, il y a un tumulus de moins à fouiller.

Henry de Sarrau.

Tumulus de Condat (2006)

Tumulus de Condat (2006)

Le Tumulus de nos jours...

...et une p'tite trouvaille pour le commentaire

qui a été posté sur l'histoire du terrain du tumulus

transformé en parcours de santé (photo 1989)

Parcours de santé Condat - Magazine info Libourne 1989

20 juin 2004

Le BlaSoN de La Cité

Blason de LiBoUrNe

Les armes de LIBOURNE se "lisent" :

En 1462, Louis XI vint à Libourne où il reçut l’accueil le plus chaleureux. En signe de reconnaissance, il concéda aux maires et jurats le droit de surmonter d’une fleur de lis chacun des mâts du vaisseau que portaient les armures de la ville. C’est donc depuis cette date que les armes de Libourne sont :

« d’azur, navire d’argent, les voiles dépliées, les trois mâts surmontés de trois fleurs de lis d’argent, voguant sur une mer du même, un croisant de sable en pointe ».

Nous retrouvons cette phrase de nos jours sont la forme suivante :

« d'azur, à un navire d'argent, flottant sur une mer ondée de même, les trois mâts supportant chacun une fleur de lis d'or, et, en pointe, un croissant de sable. »

Les voiles doivent être ferlées, c'est-à-dire roulées et attachées sur les vergues.

Le croissant symbolise le Confluent de l'Isle et de la Dordogne et rappel également que la ville est filleule de Bordeaux.

La devise "Insula Liburnium Duranius" (Libourne entre l'Isle et la Dordogne) a été forgée au XIXe siècle par l'archiviste Burgade qui, en bon latiniste, a fait un jeu de mots sur le nom de l'Isle (insula : l'ile).

Blason Ville de LiBoUrNe

23 février 2006

SaiNt-ÉmiLioN et Ses Personnages

Saint-Émilion, ermite du VIIIe siècle

Émilion, ou Emilianus était un breton originaire des environs de Vannes. Très vite il eut le désir de la vie religieuse. Devant la renommée de ces actes, il s'expatria vers la région de Saintonge, mais c'est la solitude qui l'attirait, aussi se dirigea-t-il vers la forêt près de la Dordogne.

Il vécut en ermite dans la région qui porte actuellement son nom. Des adeptes le rejoignirent, si bien qu'il vint vivre au centre du village dans un ermitage, que l'on visite encore, et il créa un lieu de culte dans une église souterraine.

Ses disciples durent observer la règle de Saint-Benoît. Saint-Émilion meurt en 767 au temps de Waïfre. Il fut enterré dans l'église monolithe. Son exemple et ses vertus en firent un modèle, et les gens qui vinrent l'écouter, développèrent le village naissant qui prit bientôt le nom de l'ermite.

Elie Guadet, le conventionnel

Élie GuadetElie Guadet est né à Saint-Émilion, le 20 juillet 1755. Il devint avocat. Âgé de 34 ans au début de la Révolution, il s'intéressa de suite aux affaires publiques. Élu à la Législative, puis à la Convention, il se fait remarquer par ses idées modérées. Mis en accusation en septembre 1793, il doit fuir la capitale. Obligé de trouver refuge, il revient dans son pays et c'est dans la demeure familiale qu'il se cacha avant d'être recueilli par sa belle-sœur, ou de vivre reclus avec ses compagnons d'infortune dans une grotte où on n'accède que par un puits -dit «puits des Girondins»-. Arrêté, il sera condamné à Bordeaux et guillotiné le 18 juin de la même année. Six membres de sa famille subirent le même sort.

L'abbé Daniel Bergey, curé-député

L'abbé Daniel BergeyL'abbé Bergey, natif de la région de Lesparre se prépara tôt aux ordres religieux. Prêtre en 1904, il arriva à Saint-Émilion en 1906 où il devait rester jusqu'à sa mort en 1950. Il fit la guerre de 14-18 comme aumônier militaire, et sa bravoure lui valut la Légion d'honneur.

Dès son retour, il s'engage dans l'action catholique naissante, de même qu'il participe à la défense des prêtres anciens combattants. Très populaire et tribun reconnu de tous, il fut élu député en 1924 avec 30 000 voix de plus que le chef de liste G. Mandel. Réélu en 1928 avec 56% des voix, il s'attacha à défendre la liberté sous tous ses aspects.

En 1925, il prend la parole en gascon à l'occasion des fêtes des Félibrées. Non élu en 1932, il poursuivit avec dévouement sa charge de pasteur.

Interné politique de 1944 à 1946, il s'éteignit en 1950 dans son presbytère.

La municipalité a élevé un buste, en son honneur, sur la place face à l'Église.

17 janvier 2006

Le MoNuMeNt de TalBoT

Le souvenir qu'a laissé la bataille dans beaucoup de comptes rendus français est caractérisé par le fait que le seul monument sur le site est dédié au chef anglais tombé au combat, Talbot. La statue existante est à l'endroit même où une chapelle, "Notre-Dame de Talbot", avait été érigée par les Français peu après la bataille; elle fut appelée plus tard "Tombe de Talbot", et fut détruite pendant la Révolution. Au cours des années, les restes de Talbot furent déplacés. D'abord l'ensemble des restes à l'exception du crâne fut ré-enterré à Falaise (commune du Calvados, située au sud de Caen). Son crâne fut transporté en Angleterre, puis sir Gilbert Talbot ramena le reste de sa dépouille en 1493.

Le MoNuMeNt de TalBoT - 2006

Le MoNuMeNt de TalBoT - 2006  Le MoNuMeNt de TalBoT - 2006

Le MoNuMeNt de TalBoT - 2006

20 juin 2004

La CarTe de CaSSini

Libourne - Carte dessinée par Cassini au XVIIIème siècle

Jacques Cassini commença, de 1733 à 1739, la triangulation du Royaume.

Son fils César François Cassini de Thury la poursuivit et publia les travaux complets en 1783.
Ce dernier commença aussi le relevé de la Carte du Royaume au 1/86 400,

d'abord avec l'appui financier du Roi, puis avec l'appui d'une association,

d'une souscription publique, et bientôt, le relevé  des provinces. Il mourut en 1784
Sous la direction de son fils, Jacques Dominique Cassini, à la veille de la Révolution,

la carte pour l'ensemble du Royaume était quasiment achevée

(il ne restait plus à graver que les feuilles de Bretagne et Landes).

Des additions nombreuses furent apportées (essentiellement sur les voies de communication)

entre 1798 et 1812

25 février 2006

PoRTe BruNeT ou PoRTe de la BrèCHe

SaiNt-ÉmiLioN - PoRTe BruNeTC'est la sixième porte qui ait seule résisté aux injures du temps, et aux ravages des siècles.

Massif quadrilatère de 10 mètres de long dans le sens des murailles et de 4 mètres d'épaisseur. Elle était garnie de deux tours parallèles partant des fossés qui en défendaient l'accès. Un petit sentier conduisait à la guérite de la Porte Bouqueyre.

On montait au premier étage où se tenaient les hommes de garde par un escalier à vis percé dans l'épaisseur du mur. L'entrée était à 1m50 du sol.
Cette porte reste le témoin de l'expédition hardie de Sully en 1580. Elle en reçut le nom de "porte de la Brèche".

C'est par elle aussi que, pendant la Révolution, Guadet, Pétion, Barbaroux et les autres Girondins s'enfuirent dans la campagne, après avoir vécu, cachés par Madame Bouquey.

PoRTe BruNeT - 2007 PoRTe BruNeT - 2007 PoRTe BruNeT - 2007

PlaQue InFo PoRTe BruNeT

20 juin 2004

GéoGraphiqueMent

Pays

France France

Région

Aquitaine

Département

Gironde
(sous-préfecture)

Arrondissement

Arrondissement de Libourne

Canton

canton de Libourne

Gentilé

Libournais, Libournaises

Code INSEE

33243

Code postal

33500

Maire actuel

Gilbert Mitterrand
(depuis 1989)

Intercommunalité

Libourne, Génissac, Lalande de pomerol, pomerol, Moulon, Les billaux

Latitude

44° 55’ 26’’ Nord

Longitude

00° 14’ 30’’ Ouest

Altitude

2 m (mini) – 28m (maxi)

Superficie

2 063 ha = 20,63 km2

Population
(Sans doubles comptes)

23 000 hab.
(2005)

Densité

1 055 hab./km2

Taux de chômage (2005)

10,2%

Revenus moyens par ménages (2004)

14 337 € / an

Prix moyen de l'immobilier (vente)

1 951,53 € / m²

Ville fleurie

Trois fleurs

26 février 2006

... Et Le ViN

SaiNt-ÉmiLioN - JuradeNous ne pouvions terminer la découverte de Saint-Émilion sans réserver un article sur le prestigieux nectar qu'est le vin de Saint-Émilion.

Il est indissociable des vieux monuments.

En raidon de l'importance de la culture de la vigne de la région, les Jurats, "dont l'origine remonte à la charte de Falaise du 8 juillet 1199", déployèrent une activité incessante et vigilante en faveur de la production du "vin fin".

C'est le 13 décembre 1948 que Monsieur Jean Capdemourlin et Daniel Querre procédèrent à la reconstitution solennelle de la Jurade.

SaiNt-ÉmiLioN - Maison du Vin

LA JURADE C'est quoi ?

"La Jurade tire son nom des conseillers municipaux qui la composaient, appelés Jurats dans l'ancien duché d'Aquitaine, et dont les origines sont étroitement liées à la naissance de la commune, mais le XXème siècle a vu naître une autre Jurade pour contribuer à la renommée du vin de Saint-Émilion.

LA JURADE DES ORIGINES

Sa création remonte à l'an 1199, lorsque Jean Sans Terre signe la Chartre de Falaise, accordant à Saint-Émilion "liberté et libres coutumes". Son rôle est assuré par des "gens de bien" et couvre alors la gestion des intérêts communaux et commerciaux de la cité et plus tard de la juridiction de Saint-Émilion. Ces derniers reposant essentiellement sur le vin, on comprend pourquoi cette activité aura été autant marquée par les pouvoir de la Jurade.
Aux origines cependant, ceux-ci dépassent le pur domaine viticole et s'étend jusqu'aux affaires sociales avec notamment l'administration d'un hôpital, la relève des impôts de la noblesse et du clergé, la défense des libertés en général...
En matière de vin, les règles sévères édictées par la Jurade auront sans aucun doute fortement contribué à la prospérité et à la qualité de la production.

LA JURADE DE NOS JOURS

Depuis de 13 septembre 1948, la Jurade est reconstituée en tant que véritable ambassadrice du vin de Saint-Émilion à travers le monde. Porteuse du renom de l'appelation, elle fait revivre les grands moments passés de la vigne et célèbre les événements qui marquent son histoire présente.
Les fêtes de la Jurade.

Deux fois dans l'année, les Jurats défilent dans la ville, vêtus d'une toque et de leur ample robe rouge parée d'hermine, rappelant la toute puissante Jurade des siècles passés.

La Fête de Printemps ou Proclamation du Jugement du vin nouveau, se déroule le 3ème dimanche de juin. Le Ban des vendanges, à lieu le 3ème dimanche de septembre. Les futurs intronisés accompagnent les Jurats depuis le Parc Guadet, jusqu'à l'Eglise collégiale où un office est célébré.
Les intronisations ont lieu au cloître. Le déjeuner est alors l'occasion de déguster les crus de Saint-Émilion, juste avant la proclamation solennelle par les Jurats, du haut de la Tour du Roy, du "Jugement du vin nouveau" en juin, et du "Ban des vendanges", en septembre."

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