Le Blog de JM 33500 - LiBoUrNe, HisToiRe d'En ParLeR
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24 février 2006

GuiDe : Eglise collégiale et cloître de Saint-Émilion

Plan Eglise collégiale et cloître de Saint-ÉmilionLa cité est née du tombeau de Saint-Emilion, ermite d'origine bretonne, retiré dans une grotte creusée dans la falaise et mort en 767.

L'EGLISE, anciennement abbatiale, puis collégiale, actuellement paroissiale est une des plus vastes du département.

Entrons par la façade ouest, afin de respecter la chronologie de son édification : une porte romane à cinq arcades en retrait, aux moulures d'influence saintongeaise.

A l'origine, en 1110, quand l'archevêque Arnaud Géraud de Tabanac réforma les chanoines qui desservaient l'église monolithe, l'église n'était composée que d'une simple nef. C'est au cours du Xllème siècle qu'ils édifièrent une nef à trois travées, de style roman, à coupoles byzantines sur pendentifs. Le porche surmonté d'un clocher s'est écroulé, entraînant avec lui les voûtes superposées ainsi que la coupole de la première travée, remplacée au Xllléme par une voûte à nervures ogivales.

De part et d'autre de ce porche, deux statues classées : Saint Joseph et l'Enfant Jésus et une Sainte, en bois polychrome du XVIlème.

Au mur, six tableaux du XVIIème et XVlllème relatant la vie de la Vierge Marie: l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Circoncision, la Présentation au temple et la fuite en Egypte.

Sur le mur sud de cette nef romane, subsistent des restes de peintures murales très anciennes, notamment quatre circonférences dans lesquelles on distingue un démon, en ocre rouge, tentant une femme que l'on retrouve plus loin subissant le supplice de la roue. Sur la saillie du mur, une remarquable Vierge "Sancta Maria", longue, élancée, en costume du Xllème.

La seconde partie de cette église fût édifiée par le collège des chanoines installé en 1306 et ayant à sa tête Gaillard de La Mothe, neveu du pape Clément V. Elle comprend le chœur formé de trois nefs de style ogival du début XIVème. Au dessus de la porte du cloître, d'autres peintures murales représentent un évêque guérissant des possédées. A l'origine, la nef, le transept et les voûtes devaient être couverts de peintures, comme le laisse présager les traces que l'on distingue çà et là.

Enfin, une abside à cinq pans pour la nef centrale (style flamboyant). Ce chœur est désaxé vers la droite, nous rappelant la mort du Christ : "et inclinant la tête, il rendit l'Esprit".

Au centre, le Maître Autel de 1862. Au dessus, la verrière centrale du XIXème représentant (de bas en haut) la naissance et l'adoration des rois mages; le dernier repas de Jésus avec ses apôtres : la Cène; la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres : la Pentecôte.

Les deux verrières latérales (XIVème et XVIème) ont été offertes par le roi Louis XII et représentent les apôtres, grandeur nature.

De belles stalles du XVème, début XVIème servaient aux chanoines durant les offices. De petites consoles, les "miséricordes" ménagées sous l'abatant des sièges, permettaient de s'asseoir à demi. La fantaisie des artistes s'y est déployée de la façon la plus exubérante : anges, têtes d'homme, oiseaux enlacés....

On remarquera dans la nef, la chaire de Jouandot, artiste bordelais du XIXème siècle.

Enfin, l'orgue CAVAILLE-COLL (Gabriel), seul instrument authentique complet signé par le fils d'Aristide CAVAILLE-COLL, facteur d'orgues mondialement réputé. Sa très belle qualité d'exécution en fait un témoin représentatif des orgues qui font la renommée de cette facture française de la fin du XIXème siècle (classé parmi les monuments historiques en 1992).

L'abbé Daniel BergeyA la constitution du chœur de style ogival, début XIVème fut ajoutée une grande chapelle, au sud, autrefois dédiée à Saint-Emilion et, de nos jours, aux martyrs des dernières guerres. Au sol, la pierre tombale de l'Abbé Bergey, curé de la Paroisse de 1905 à 1950, ancien député de Gironde. Au mur, un vitrail de Mirande du XXème.

Cette chapelle est précédée, à gauche, de l'autel dit de Saint Michel, le second des trois archanges, adversaire victorieux de satan. A droite, un panneau en bois représente le sacrifice de Melchisédech. Au dessus, une Piéta et plus haut la statue de St Valéry, patron des vignerons de Saint-Emilion, en bois polychrome du XVIIème.

Au mur, au dessus de la porte donnant dans la chapelle du Cardinal de Sourdis, actuellement sacristie, est exposée une grande toile du XVIIème timbrée aux armes du Cardinal, représentant la Pentecôte. Cet ancien doyen du chapitre y figure ainsi que d'autres membres de sa famille.

Début XVllléme, en pendant à la chapelle sud, fût construit une chapelle carrée. On remarquera la statue en pierre du XVlllème de Saint-Emilion habillé en diacre.

Enfin, dans la nef : jolie chapelle Saint Michel, à deux travées, servant de baptistère.

Sortons par le portail Nord du Xlllème, à 3 arcs ogivaux en retrait et à tympan très mutilé. Au centre, le Christ en majesté entre la Vierge et St Jean agenouillés. Au-dessous, le jugement dernier.

Aux ébrasements figuraient les statues des douze apôtres malheureusement disparues, ainsi que celle du Christ qui était au trumeau. Sur la colonne centrale, la statue d'un pape, sans doute Clément V.

Jusqu'au XVIème, l'initiation catéchétique des adultes et des enfants se faisait en particulier à travers la statuaire, les vitraux, les fresques et les tableaux.

Ce patrimoine est appelé à la pérennité pour signifier aux générations présentes et à venir la place de l'art et de la foi qui, en ce lieu, se confondent.


LE CLOÎTRE : (se visite depuis l'Office de Tourisme)

Il dérive de la conception de la maison antique gréco-romaine dont les locaux d'habitation se répartissaient autour de l'atrium et du péristyle. Le cloître, du XIVéme siècle, est comme l'artère centrale de la vie du monastère.


Sources et références :

- Saint-Emilion : brochure de l'Office de Tourisme

- Archives paroissiales

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25 février 2006

LeS CloCheS De Mr VauThieR

LeS CloCheS De Mr VauThieRSi la renommée de Saint-Emilion n'est plus à faire, il fut un temps, où notre vieille cité pouvait aussi se vanter d'être connue dans le monde entier par sa fonderie de cloches. En effet, en un peu plus d'un demi-siècle, un millier de cloches ont été fondues à Saint-Emilion par la famille Vauthier père et fils.

Cette famille, qui n'est pas la même que celle de notre maire actuel, était originaire de Chaumont en Bossigny, dans la haute vallée de la Meuse. Elle vint s'installer à Libourne, et l'un de ses membres, Jean-Baptiste Vauthier devint maître fondeur en métaux dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.


Un de ses petits-fils, Antonin, né à Libourne le 23 mars 1818, se marie à Saint-Emilion, le 26 janvier 1848 avec jeanne Villemeur, dont les parents, jean Villemeur et Françoise Gou­dichaud exercent en ville la profession de bouchers. A cette époque il établit, jusqu'en 1864 une fonderie de cloches dans l'ancien Hôpital. Cet ancien Hôpital, qui servit quelques temps de maison commune a été par la suite occupé par la Maison Johnston Messager Frères.


En 1864 cette entreprise, prenant de plus en plus d'importance, transféra ses installations dans l'ancienne église des Dominicains où elle exerça son activité jusqu'en 1913 date de sa fermeture définitive.


LeS CloCheS De Mr VauThieR - Couvent des Jacobins

23 février 2006

LeS ArMoiRieS De SaiNt-ÉmiLioN

LeS ArMoiRieS De SaiNt-ÉmiLioNIl est certain, de nombreux documents le prouvent, que la ville de Saint-Émilion a possédé des armoiries depuis une époque très ancienne (il en est fait mention dans le procès-verbal de la réception de Louis XIII à Saint-Émilion le 9 juillet 1621 - archives) jusqu'à la Révolution.
Dans une étude, fort bien faite, effectuée en 1927 par M. Duprat, ancien directeur de l’école communale de garçons, on relevait un certain nombre de sceaux d'une indiscutable authenticité, datant des années 1252, 1302, 1669, 1701 et 1751.
M. Georges Chailleau s'y associa, et c'est par l'intermédiaire d'une personne amie, habitant l'Angleterre, qu'un document daté de 1377 émanant de l'Hôtel de Ville de Saint-Émilion a été découvert au «Public Record Office» portant un sceau orné de «3 léopards passants».
La municipalité, les représentants qualifiés de la société historique et archéologique, du syndicat d'initiative, du syndicat viticole, mis au courant des recherches effectuées, s'y sont vivement intéressé, ce qui allait permettre de rendre à Saint-Émilion ses anciennes armoiries perdues depuis la Révolution.

C'est dans la séance du 2 septembre 1928 que le conseil municipal a fixé définitivement les Armes de Saint-Émilion qui furent soumises à l'homologation du Conseil des Sceaux au Ministère de l'Intérieur.

Le blason communal portera :

«De gueules au château donjonné de trois tours d'argent, maçonné de sable, ouvert et ajouré du champ, sommé d'un léopard d'or tenant dans sa patte dextre, une épée antique d'argent, au chef de France ancien à un Saint-Émilion à mi-corps de carnation, vêtu d'or, tenant de la dextre un bâton pastoral, de la senestre un livre, le tout d'or».

De plus, la cité de Saint-Émilion étant la filleule de Bordeaux, il fut suggéré d'ajouter un croissant dans le bas du blason pour que ces armes soient complètes.
Comme on le voit, les meubles de l'écu représentent les diverses étapes de notre petite ville : Le Saint du Chef assure au point de vue héraldique, la continuité des sceaux et armes de la ville qui s'est maintenue depuis 1252 jusqu'à la veille de la Révolution.
Il rappelle la fondation de Saint-Émilion et l'importance de ses établissements religieux, églises et couvents, aux siècles passés.
Le Château Fortifié symbolise l'ancienne commune du Moyen-âge, son indépendance un peu ombrageuse, sa valeur guerrière ; il évoque la vieille enceinte de fossés, de remparts et de tours, tout ce système de défenses militaires qui faisait de Saint-Émilion une des places fortes les plus puissantes du Bordelais lors de la domination anglaise.

«Aujourd'hui, la ville a dénoué sa ceinture de pierres et se repose en paix de ses antiques travaux, mais ce sont les vestiges de ses murailles et ses fossés creusés dans le roc qui contribuent le plus à lui donner son caractère pittoresque et si émouvant».

Le château est sommé d'un léopard en souvenir de l'occupation anglaise et de l'attachement de Saint-Émilion aux rois d'Angleterre, ducs d'Aquitaine, dont l'administration bienveillante fut douce à nos pères en ces temps troublés.

Ainsi toute l'histoire de la «Première filleule de Bordeaux» revit dans son blason.

C. G.

23 février 2006

SaiNt-ÉmiLioN D'HieR à AuJourD'Hui

Saint-Émilion - Carte dessinée par Cassini au XVIIIème siècle
Carte de Cassini

Rares sont les sites en France, qui peuvent rassembler, en un même lieu, autant de manifestations du génie des hommes, que Saint-Émilion. Mondialement connu pour son nectar merveilleux, le vin, c'est aussi une ville sanctuaire avec des monuments archéologiques bien spécifiques : église souterraine, clos des Cordeliers, clocher original, église romane, sans oublier son «château du Roi» ou sa «Grande Muraille». C'est aussi la patrie de trois hommes de grand renom: un ermite qui a laissé son nom à la ville, un conventionnel qui y vécut, reclus, avant d'être pris et exécuté, enfin un curé, élu député, et dont les discours populaires en firent un véritable tribun.

Bâti sur un éperon calcaire

Vue sur Saint-ÉmilionQuand on arrive en vue de Saint-Emilion, par la route qui serpente au sud de la ville, on est surpris de voir les maisons accrochées sur le coteau, avec un clocher ajouré qui domine sur l'horizon. Saint-Emilion est bâtie sur un terrain calcaire que la rivière Dordogne ceinture très largement au sud et à l'ouest, comme pour lui faire un rempart protecteur. Cette situation n'a pas échappé aux premiers hommes et aux habitants venus s'y installer au cours des siècles. Saint-Emilion ne peut pas se découvrir au pas de charge, il faut la parcourir avec patience et beaucoup d'affection. Il faut admirer l'ensemble des maisons avec leur toit de tuiles rouges, les petites venelles en pente et pavées, les façades ouvragées et les monuments remarquables. Nous allons dresser une chronologie historique de son évolution avant de découvrir ses richesses archéologiques.

Peuples des temps préhistoriques

On sait que les hommes de la préhistoire, venant de l'Orient voyageaient principalement par les voies d'eau. Leurs installations se faisaient dans des abris rocheux, utilisant les grottes et cavités naturelles que l'eau avait creusées. A Saint-Emilion, placée sur une butte calcaire, sans doute creusée par les différents niveaux d'eau et le cours des rivières en déplacement, les hommes y trouvèrent, au cours de leurs pérégrinations, des habitats et des lieux protégés. Il faut se rappeler que l'homme devait s'opposer aux animaux dans un milieu très verdoyant et boisé. La première trace que nous possédions de l'occupation des terres de Saint-Emilion, par l'homme, date du paléolithique à la période acheuléenne. A cette époque, la vallée de la Dordogne était une voie de circulation facile. Le long de ses bords de nombreuses traces d'occupation humaine ont été découvertes. On retrouve encore des traces humaines, un peu plus tard dans le temps, avec l'époque Magdalénienne, avec la présence de haches de pierre, en particulier dans la grotte de Fongaban. Furent-ils nombreux à vivre en ces lieux? Quelques familles ou quelques individus? La présence de pierres taillées indique une occupation prolongée. Un peu plus tard, au Néolithique, on découvre des objets dans le quartier de Saint-Martin-de-Mazerat. Du temps du bronze ancien, on a découvert une hache plate à bords droits. Bien d'autres traces doivent exister de-ci de-là. Avec ces découvertes, on comprend la suite de l'occupation humaine sur ce territoire. Si le mégalithique n'a pas laissé de trace sur la commune, il faut signaler dans une commune voisine, à Saint-Sulpice-de-Faleyrens, un très beau menhir, fort élégant.

Au début de notre ère, les romains vinrent.

C'est vers 56 av. J.C. que les armées romaines investirent l'Aquitaine, et en deux campagnes, toute la région reconnut le pouvoir de Rome sur les cités et villages. Dès 27 av. J.C. la province semble organisée, mais il faut attendre vers 275 pour que les légions de Valierus Probus soient chargées de défricher toute la région de Cumbis, nom primitif de Saint-Emilion, qui n'est pas sans rapport avec «les combes», ces cavités naturelles du sol. Ces légions avaient deux missions: abattre la végétation trop prolifique et planter de la vigne, avec des cépages Phocéens, en lieu et place des plants sauvages. Les armées romaines séjournèrent, et leur présence est attestée par des pièces de monnaies découvertes en 1766. Elles sont à l'effigie de Valérien, Aurélien et surtout Tétricus, vivants au 3e siècle de notre ère. Tétricus fut empereur des Gaules et il reçut la pourpre impériale à Bordeaux. En 1970, des fouilles dirigées par le professeur Gautier ont permis de mettre à jour un vaste ensemble de 17 salles dont 9 possédaient un sol en mosaïque. Cette vaste villa romaine est située au lieu dit «Le Palat». Aucun monument de surface ne date de cette époque. Par contre il est remarquable que depuis 2000 ans des vignes produisent ce vin qui de tout temps fut déclaré «merveilleux». Un vin dont le nom se confond avec le terroir. A cette période, la vie de Saint-Emilion est illustrée par celle du poète Ausone, que l'on retrouve en bien des points de l'actuelle Gironde. Il possédait un château -simple demeure- à Saint-Emilion et une propriété à Lucaniacus, très proche de la ville. Le sous-sol de la ville contient de très nombreux vestiges fractionnaires: tuiles à rebord, poterie ou mosaïques.

Au Ve siècle, les envahisseurs passent et saccagent

Les mêmes chemins conduisent les mêmes hommes avides de conquêtes. Le fleuve Dordogne avait conduit les préhistoriens, puis les romains. Au Ve siècle, ce sont les armées venant du nord qui s'installent en Aquitaine et en particulier dans la région florissante de Saint-Émilion. On peut citer les Goth, et les Alains. Ils abordaient la région avec un esprit conquérant, s'appropriant tout ce qui est sur leur passage et saccageant le reste. On est au début du Ve siècle. A Saint-Émilion, il y a peu à détruire, mais la région est riche. C'est aussi à cette époque que le christianisme fait des progrès. Quittant les cités urbaines, la religion s'installe dans la campagne. Dès le VIe siècle la doctrine de Saint-Benoît, né au Mont Cassin en 480, se propage et les moines évangélisateurs se déploient sur l'ensemble du monde rural. On ne sait quand ils arrivèrent à Saint-Émilion, mais leur présence est incontestable, dès le VIe siècle. Un autre grand événement sera la venue d'un ermite breton, Émilion, qui recherchait la solitude, après une expérience monastique près de Royan. Attiré par le calme, il découvre la région de Saint-Émilion avec sa forêt et les cavités souterraines de son sol. Il s'y installe et bientôt, des disciples se joignent à lui. Son ermitage devient un centre d'évangélisation, avec l'observation de la règle monastique de Saint-Benoît. Autour de ce lieu de prière, le village s'agrandit et la ville se développe. La cité va bientôt occuper une place de choix sur ces bords de la Dordogne. Émilion meurt au VIIIe siècle et est enterré dans ce qui est actuellement l'église monolithe. La cité prend son nom un peu plus tard, semble-t-il.

Au VIIIe siècle, les Sarrazins passent et détruisent

On suppose qu'en 732, les Sarrazins, ces hordes venant d'Afrique, via l'Espagne, traversèrent la région de Saint-Émilion, elles détruisirent ce qui prenait corps, c'est-à-dire le monastère des Bénédictins. Saccagé, les moines ne purent entreprendre sa reconstitution que lorsque tout danger fut écarté. C'est à-dire après la victoire de PoitiersCharles Martel, au côté duquel on trouve le duc d'Aquitaine Eudes, fut vainqueur, et que les Sarrazins retrouvent le chemin de leur pays. Dès le XIe siècle, les moines relèvent leurs ruines et tentent de retrouver les fondements apostoliques de leur ordre. Durant cette période incertaine, les moines avaient pris des habitudes peu canoniques. C'est aussi à cette époque que le pouvoir civil veut faire sentir son poids en construisant un donjon dans la ville naissante. En 1110, l'évêque de Bordeaux Arnaud Géraud, organise un chapitre de chanoines réguliers, de l'ordre de Saint-Augustin, avec des moines venus du Limousin. La découverte de trésors monétaires, confirme la puissance économique de la ville. On a trouvé dans le cours du siècle, des «tiers de sous d'or» à l'effigie de Pépin sans doute duc d'Aquitaine. La découverte a été faite dans le sol de l'église monolithe. Dans une vigne, on a trouvé un pot d'argile noire contenant plus de 200 pièces «oboles et demi-oboles» de l'époque de Louis-le-Pieux et de Charles-le-Chauve, soit du IXe siècle. Les normands durent saccager cette bourgade, comme bien d'autres cités d'Aquitaine et de France. Le fait n'est pas attesté matériellement. Par contre on apprend par différentes chroniques que les seigneurs voisins provoquèrent des destructions, comme par exemple Olivier de Castillon, qui, en 1080, détruisit et spolia les lieux et biens ecclésiastiques. L'archevêque de Bordeaux dut intervenir, car de plus les règles monastiques s'étaient encore une fois bien relâchées. Le monastère ainsi restauré, le pape Adrien II le dota de revenus glanés dans la région.

Au XIIe siècle Renouveau et développement

Au XIIe siècle, les moines redonnèrent un développement important à la vie religieuse, ce qui s'est accompagné, dans la contrée, par l'édification d'églises. Les moines, quittant l'église souterraine, édifièrent un nouveau sanctuaire, où nous voyons l'église paroissiale actuelle. Une Église romane à une nef, à proximité des remparts, devint la Collégiale. C'est aussi à la même époque que la cité, prenant de l'importance, eut besoin de s'abriter derrière des remparts. Avec 2 kilomètres de fortifications et 6 portes, la cité prenait des allures de forteresse. Chaque porte était défendue par des tours et une défense avancée. L'abbé du monastère possédait des droits sur l'ensemble du territoire. Le grand changement va s'opérer avec le mariage d'Éléonore de Guyenne épousant l'héritier du trône d'Angleterre Henri Plantagenêt, en 1152. Beaucoup de cités voulurent acquérir des droits publics et après bien des demandes, c'est Jean-sans-Peur qui signa le traité de Falaise, accordant à Saint-Émilion le droit d'être commune avec maire et jurats, le 8 juillet 1199. Par cet acte, la cité acquit une autorité administrative, militaire, judiciaire et financière, lui donnant un goût de liberté. Cette période s'accompagne d'un renouveau religieux avec l'installation des Jacobins, et des Cordeliers. En 1205, le Roi de Castille Alphonse VIII, s'avance en Aquitaine jusqu'aux portes de Saint-Emilion. 

La vie au temps des Anglais

Comme nous l'avons dit plus haut, c'est Éléonore de Guyenne qui a apporté dans sa corbeille de mariage, le duché d'Aquitaine à Henri Plantagenêt. Celui-ci devint roi d'Angleterre deux ans après, soit en 1154. De là, date la dualité franco-anglaise qui va se manifester par des combats successifs et des opérations militaires répétées. En 1224, le Roi de France, Louis VIII occupe Saint-Emilion, ayant à ses côtés Savary de Mauléon, seigneur poitevin. Il permet aux habitants de conserver leurs murailles «la clôture» et confirme la charte de 1199. Deux ans après, les anglais sont de nouveau maîtres de la ville. En plus de la ville, sept paroisses sont dévolues avec droits de basse, de moyenne et haute justice. Seuls lui manquent le pouvoir de battre monnaie et le droit de peine de mort. En 1230, les jurats obtiennent la garantie de la libre circulation des vins. Le maire de Saint-Émilion se rend en 1241 à Pons pour y rencontrer le Sénéchal de Gascogne revenu depuis peu d'Angleterre. Plusieurs communes font la même démarche afin d'obtenir aide. En 1243, pour remercier la cité d'être restée fidèle à la couronne d'Angleterre, Henri III vient visiter la ville. En 1289, Édouard 1er octroie de nouveaux privilèges et fixe les limites des faubourgs de la ville. En 1280, l'abbé de Saint-Emilion est élu archevêque de Bordeaux. En 1293, Philippe IV de France reprend la ville. Devant cet état, des commerçants quittent la ville et se retirent à Londres sous la protection anglaise. Ils y resteront jusqu'en 1299. La ville ne fut rendue à la couronne d'Angleterre qu'après la Paix de Paris en 1303. Cette restitution eu lieu dans la Collégiale, en présence du duc de Lincoln. En 1306, le pape Clément V, pape d'Avignon, natif d'Aquitaine, sécularise le corps des chanoines et constitue un chapitre avec à la tête un doyen. Le premier titulaire sera un neveu du pape, Gaillard de Lamothe, nommé quelques années après Cardinal. En 1308, le pape viendra lui-même à Saint-Émilion, à l'occasion d'un voyage en Aquitaine.

XIVe et XVe siècles sanglants

Tout le XIVe siècle est jalonné par des faits semblables, et à chaque changement de gouvernants, si les droits des habitants sont sauvegardés, le patrimoine monumental est en partie détruit. Il faut aussi ajouter que les seigneurs voisins, tels les vicomtes de Castillon, profitent de la faiblesse des villageois pour piller et s'approprier force butin. En 1337, les français reviennent à l'assaut avec Raoul comte d'Eu. Les anglais annexent la ville et soutiennent le siège jusqu'en 1341. En 1377, le comte d'Anjou, assisté d'un chef prestigieux Du Guesclin, occupe une nouvelle fois la ville. Et après chaque attaque les habitants sont obligés de consolider les fortifications. Succès anglais et succès français vont encore se succéder. En 1379, Saint-Emilion devient l'une des filleules de Bordeaux avec cinq autres villes de l'actuel département de la Gironde. Un traité de défense devait être signé avec aide aux petites cités, en cas d'agression. Il faut attendre la bataille de Castillon en 1453 avec la défaite de Talbot, pour que la situation devienne plus calme. Mais hélas! la ville, les commerces et les monuments avaient beaucoup soufferts des combats. Charles VII, roi de France, vainqueur des Anglais, enlève les avantages acquis par les cités libres, afin d'éviter toute reprise d'indépendance. Ce n'est qu'en mai 1456, que Saint-Émilion retrouvera une partie de ses privilèges et des droits pour son commerce. En 1469, les jurats font un constat: «la ville qui avait Deux à Trois mil feux, n'en contient plus que 200» - 90% de perte-. Louis XII approuvera de nouveaux statuts municipaux en 1498. Pour montrer l'importance de Saint-Émilion, il faut souligner qu'en 1501, la peste dévastant Bordeaux, les jurats de la capitale vinrent se réfugier à Saint-Émilion. François 1er confirma en 1515 les libertés communales; ainsi les jurats purent entreprendre la consolidation des fortifications en 1540.

Au temps des luttes protestantes

Saint-Emilion ne fut pas épargnée par les luttes religieuses qui opposèrent catholiques et protestants. Dès 1561, une église réformée existe avec un certain nombre d'adeptes. L'un deux, Arnaud Monier fut condamné au bûcher, avec un jeune homme de Libourne, et brûlé vif à Bordeaux en 1556, pour cause d'hérésie. En 1562, les troupes françaises occupèrent militairement Saint-Émilion et la vallée de la Dordogne, afin d'éviter des débordements protestants. En 1563, les huguenots surprirent la ville et saccagèrent les églises. Dès l'alerte donnée, les moines firent tout pour sauver les biens précieux qu'ils possédaient, en particulier les reliques de Saint-Émilion qu'ils transportèrent à Fronsac. En 1568, ce sont les troupes de Montluc qui investissent le pays et ne quittèrent leur conquête que contre une rançon de 1600 écus. Les années se suivirent et les dévastations causées tant par les catholiques que par les protestants firent toujours autant de préjudices. En 1580, c'est la troupe de Sully qui investit les remparts y occasionnant une brèche. Le nom est resté dans une porte actuelle. Saint-Émilion reconnu Henri de Navarre pour roi, celui-ci confirma les droits et privilèges de la commune. Louis XIII visita Saint-Émilion en 1621. Au long du XVIIIe siècle, la grande préoccupation de la population fut la défense de la liberté municipale, remise en cause par les rois. Dans les cahiers de doléances de 1789 une revendication portait sur l'élection des jurats, en place de la nomination par l'autorité du Roi ou de son Sénéchal.

Au temps de la Révolution

Le seul événement de cette période fut l'affaire Guadet. Élu député à la Convention, mis en minorité par le parti au pouvoir, Elie Guadet sut que sa personne était recherchée pour la guillotine. En septembre 1793, il quitte clandestinement Paris pour la Normandie avant de rejoindre sa famille à Saint-Émilion où il retrouve d'autres exclus de la Convention comme lui: Salles, Louvet, Vlady, Pétion, Buzot, Aubert et Barbaroux. Après des séjours mouvementés dans des soupentes, des greniers ou des cavités souterraines, Guadet est arrêté et conduit le 17 juin à Bordeaux où il fut guillotiné le lendemain. Tous ses amis subirent le même sort, sauf Louvet qui put rejoindre Paris. C'était quelques jours avant le 9 thermidor, avec un peu de chance ils auraient eu la vie sauve. Durant la Révolution, pour sacrifier aux idées nouvelles, la ville prit le nom de « Émilion-La-Montagne ». Depuis ce temps les guerres nationales et mondiales ont fait leurs ravages en hommes. Saint-Émilion reste fier de son passé et de son patrimoine.

De nos jours 

Depuis le début du siècle, il faut noter deux faits marquants très différents. En 1924, le curé d'alors, l'abbé Bergey, très engagé dans la défense des prêtres anciens combattants, se présente aux élections législatives sur la liste dirigée par G. Mandel le bordelais. Il est élu premier avec 3000 voix de plus que le chef de liste. Il sera réélu en 1932. C'est une figure que Saint-Émilion vénère. En 1925, les fêtes des Félibrées se déroulent à Saint-Émilion avec un faste royal, à cette occasion, le curé Bergey donne un sermon en langue gasconne. En 1932, c'est à Saint-Émilion que la première cave coopérative vinicole est créée dans le but d'aider les petits propriétaires dans la commercialisation de leurs récoltes face aux grands Crus. Dans ce même domaine, c'est en 1953 qu'intervînt un nouveau classement des vins, remplaçant celui du siècle dernier. Saint-Emilion, village riche de son patrimoine et de son terroir, sait mettre en valeur ses deux richesses, et si les fortifications n'ont plus guère d'utilité, elles sont présentes pour témoigner du passé. Et de ces remparts on découvre avec plaisir ces pièces de vignes où en octobre il fait bon sentir les vendanges. A chaque saison, Saint-Émilion offre un visage différent qu'il faut savoir savourer et contempler.

27 janvier 2006

L'éGLisE SaiNt JeAn-BaPtisTe

Clochet de l'Eglise St-Jean Clochet de l'Eglise St-Jean
Eglise inscrite aux monuments historiques le 09 mai 1997

Rappel historique

L'église Saint-Jean Baptiste telle qu’elle apparaît dans son architecture actuelle n’est pas une église très ancienne. Les nombreuses transformations et aménagements successifs au cours des âges en ont fait cependant le bel édifice actuel.

Au XIème siècle, existait déjà un village du nom de Fozera situé entre la Dordogne, l’Isle et la Magna Careyra (ancienne voie romaine qui emprunte la rue Thiers actuelle). L’église de ce village, sanctuaire d'origine était connu sous le nom de Saint Jean de Fozera (saint jehan). Cette église fut donnée au monastère de Saint-Emilion en 1110.

Jusqu'au XIIIème siècle, la paroisse conserve le nom de Fozera. Elle devient Libourne en 1270, sous la domination anglaise après le remariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt. Sur son ordre il est construit une ville au tracé régulier une bastide entourée de solides remparts dont le centre est une place entourée de passages couverts. L’église Saint Jehan existant antérieurement, elle n’occupe pas comme dans les autres bastides un angle de la place principale. Mais lorsque Libourne se sera développée, une église gothique Saint Thomas sera élevée (et détruite au XVIIIème siècle) et qui occupait la place du marché couvert actuel (plan ci-dessous).

LiBoUrNe - Église Saint-Thomas

Les modifications au cours des siècles

A l'origine, elle n'avait qu'une nef d'environ 20 mètres de long sur 7 mètres de large. Ce sont les dimensions conservées pour les plus anciennes églises de l'arrondissement. L'église fut agrandie au début du XIIIème dans le style gothique en ajoutant 2 doubles bas cotés et en portant le chevet à 23 m plus à l'est. Les petites nefs furent divisées en 7 travées par des murailles devant correspondre aux piliers projetés et destinées à servir d'appui aux arcades des voûtes des nefs moyennes. Cet édifice fait désormais environ 60 mètres sur 20, terminé par une abside, couvert d’un toit en bâtière surmonté d’un clocher carré. Ces travaux s’échelonnent sur une vingtaine d’année et à leur terme, l'église fut alors dédiée à St Jean-Baptiste.

En 1427, un tremblement de terre secoue fortement l’église et son clocher, qui nécessitent d’importantes réparations. Le cimetière, quand à lui, est signalé en confront de plusieurs lots en 1459. On peut penser qu’il occupait un espace identique à celui représenté sur un plan du XVIIIème siècle, soit environ 0,7 ha sur les 32 que comptait la bastide.

En 1793, l’église Saint Jean devient le temple de la raison.

LiBoUrNe - Église Saint-Jean XVIIIème siècle

Les modifications au cours des siècles

En 1836, l’église est restauré mais le résultat devait faire disparaître tout ce qui datait du XIIème siècle et contrastait horriblement avec le style de l’intérieur de l’église. Devant l’émotion de la population, de nouveaux travaux sont donc entrepris. Les murs qui séparaient les chapelles ont été percés de portes en ogive afin de faire des galeries. Ces galeries furent achevées au commencement de 1838. Les murs du sanctuaire furent ornés de boiserie en chêne, parties à jour et chargées d'arabesques en reliefs. Le chœur fermé des 2 cotés par des boiseries du même style avec stalles dont une maîtresse de chaque côté ayant dais et pinacle.  Les fenêtres du chœur, jusqu'alors murées, ont été rouvertes  pour placer des vitraux : ils rappellent  les principaux épisodes de la vie de St Jean-Baptiste : leur auteur est De Nozan, qui a peint ceux de St Germain l'Auxerrois. Ces vitraux ont été repeints par Villiart en 1876. L'ancienne sacristie nord a été transformée en une chapelle du Sacré Cœur éclairée par 5 fenêtres à un meneau et fleurons. Ces ouvertures ont été ornées en 1853 de vitraux peints Villien de bordeaux. L'autel fut remplacé par celui que nous voyons aujourd'hui et béni le 18 mars 1845.

LiBoUrNe - Église Saint-jean au XIXème siècle

Vitraux et tableaux

Les vitraux de la fenêtre du milieu du chevet représentent le Bon Pasteur et la Vierge Marie portant l'enfant Jésus au-dessus dans le fleuron, le Père Éternel, dans celle de droite Saint Jean l'évangéliste et Sainte Madeleine, et dans celle de gauche Saint Pierre et Saint Augustin.

Au-dessus de la porte de l'une sacristie, "le retour de l’enfant prodigue" a été figuré. Dans une chapelle du bas-côté Ouest, les vitraux permettent de reconnaître Saint Just et Saint Roch. Cet ensemble date de 1859. Il offre un bel exemple de l'art du vitrail.

Quelques tableaux ornent l'église : "Madeleine au pied du Christ" par Prud'homme (XVIIIème) conservé dans la sacristie et "Saint François et Mme de Chantal" par Sovée (1807). Un autre tableau "le Christ chassant les vendeurs du temple" a été transféré et restauré au musée des Beaux-arts de Libourne.

Intèrieur de l'Église Saint-Jean

Les orgues

En 1852 fut décidée l'acquisition d'un premier jeu d'orgue, qui fut remplacée en 1854 par un instrument plus important œuvre du facteur bordelais Wienner. Certaines imperfections furent remarquées, que l'on essaya d'améliorer mais l'instrument se dégrada .En 1951, la maison Beuchet-Debierre fut chargé d'une restauration très importante qui aboutirent au très bel instrument actuel.

Le clocher

Le clocher actuel a été construit de 1855 à 1859. Les nouvelles cloches pèsent respectivement 3500, 2000, 1050, 420 et 250 kilogrammes. Elles donnent un accord de La mineur. Elles ont été bénites le 18 mars 1872 par le Cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux.

Extèrieur de l'Église Saint-Jean Sommet de l'Eglise Saint-Jean

La lanterne des morts

La Lanterne des morts se situe contre le mur du chevet de l'église Saint-Jean-Baptiste. C'est la petit tour qui se trouve derrière et contre l'église dans lequel au crépuscule, on hissait, souvent avec un système de poulies, une lampe allumée, supposée servir de guide aux défunts.
"Fanal" du XIVe siècle reconstruit entre 1835 et 1855, comme l'ensemble de l'église à l'exception du coeur.

Lanterne des morts de l'ancien cimetière

Lanterne des morts de l'ancien cimetière

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8 mai 2006

LeS FléAuX Du MoYen-âGe

L’activité de la ville de Libourne était fréquemment troublée par des maux terribles. Les registres ou rôles du temps signalent des épidémies aussi mystérieuses que funestes, qui apparaissaient à intervalles réguliers : coqueluche, dysenterie, peste ; des hivers extrêmement rigoureux comme en 1904, où le froid fut tel que la Dordogne et l’Isle furent « absolument couvertes de glaces amoncelées, parmi lesquelles les gens de pieds frayaient des routes de passage » ; un tremblement de terre en 1427 qui fit écrouler les murs de l’Hôtel de Ville et le clocher de Saint-Jean, tandis que les bourgeois fuyaient à la campagne ; des pluies chenilles (1414) ou des incursions de loups (1419) qui venaient jusqu’aux portes de Libourne dévorer enfants, chevaux et bêtes à cornes ; des famines, comme celle de 1481 qui fit périr plus de deux cents personnes...

9 janvier 2010

Il neige à LiBoUrNe...

Un ptit montage sur Libourne durant de début du mois de Janvier 2010. Hiver avec exeptionnement de la neige. Comme je dis souvant: "Quand il neige à LiBoUrNe, c'est qu'il neige partout..."
Je n'ai pas pu prendre de photos le mercredi 06 janvier, jour où il a le plus neigé. Voici donc des photos en date du samedi 09 janvier 2010...
Vidéo disponible sur   http://www.youtube.com/watch?v=5vJxVr1HNC8

28 mars 2007

1822 Sur la RouTe BorDeauX - LiBoUrNe

Voiture accélérée de Bordeaux pour Libourne
...AVIS... Le public est prévenu qu'à dater du 16 juillet, il partira tous les jours à 6 heures précises, du quai de la Douane n° 163, ancien bureau des jumelles, une voiture accélérée, bien suspendue, qui fera la route de Libourne en moins de 3 heures 1/2. (Extrait du Mémorial Bordelais du lundi 15 juillet 1822, communiqué par M. Bernard Ducasse).

Extrait de la Revue S.H.A. du Libournais 1953 à 54 p. 59

De nos jours, ce même trajet d'environ 30 kilomètres s’effectue en moins de 30 minutes en respectant les limitations de vitesse bien sur ;o)

20 juin 2004

SoMMaiRe

Castillon-la-bataille

La Bataille ce Castillon
Le Monument de Talbot
Le livre d'heures de Talbot *
Sur deux trophées de la bataille de Castillon
Le monument des Frères Bureau
Deux témoins de la bataille de Castillon
Reconstitution de la bataille - 2005 -
Manifestaions cherchent bénévoles (presse)
C'est reparti...
spectacle 2oo7 de la Bataille
spectacle 2oo8 de la Bataille

Condat

La Boucle de Condat
Le Tumulus de Condat
Notice sur Condat
Un livre sur la Chapelle de Condat...

Curiosités

LeS GRoTTeS De FeRRaND
La PieRRe à BaSSin de LuSSaC-de-LiBoUrNe
RéPerToiRe DeS MéGaLiThes du LiBoUrNaiS
La CoMManDeRie HosPiTalièRe de SaLLeBruNeAu
SaiNte-PréSenTine, EgliSe du 12ème SièCle
L'abbaYe De BlasiMon
Danse danse danse...

Libourne

LiBoUrNe C'eSt iCi
L'hisToiRe de LiBoUrNe AuX TrAVerS deS SièCleS
La CarTe de CaSSini
Le BlaSoN de La Cité
GéoGraphiqueMent
LeS MaireS De LiBoUrNe
A VoiR Et A FaiRe...
LeS FoRTiFicAtiOnS De LiBoUrNe
L'éGLisE SaiNt JeAn-BaPtisTe
LeS FléAuX Du MoYen-âGe
CharTe de CouTumeS DeS BastideS (libourne)
Le MaScaReT, VoUs ConNaisSez ?
ReVenEz ViTe... (Gold FM)
LiBoUrNe PlaGe 2oo6
Le secrétariat du père Noël
IllumiNations De NoëL
DiS !! C’eSt Quoi CeTTe BouTeiLLe de ViN !?!...
L'ÉgliSe De L'ÉpiNette eT SeS AlenTourS
AliÉnoR, FeMMe De RoGeR de LeYBouRNe
1822 Sur la RouTe BorDeauX - LiBoUrNe
D'ArTaGnaN à LiBoUrNe en 1650
AuGusTe ReNOiR A LiBoUrNe eN 1870
LiBoUrNe PlaGe 2oo7
L'EgliSe SaiNt-ThoMas de LiBoUrNe
La 3D sur GéoPortaiL.fr
LOISEAIT, NoM de Lieu... LOISEAU...
InOnDaTionS: LiBoUrNaiS LeS PiEdS DaNs L'EaU
JourNées EuRoPéeNNes du PatriMoiNe 2008 - LiBoUrNe

Fermeture de l'Ecole de gendarmerie

Il neige à LiBoUrNe...
Sentier Découverte au Dagueys

NouVeau CoMMerCe Rue Gambetta H&M
Vente de l'Ecole de Gendarmerie !!
LiBoUrNe PlaGe 2o1o !!

Saint-Emilion

SaiNt-ÉmiLioN D'HieR à AuJourD'Hui
SaiNt-ÉmiLioN et Ses Personnages
LeS ArMoiRieS De SaiNt-ÉmiLioN
ViSiTeR SaiNt-ÉmiLioN
GuiDe : Eglise collégiale et cloître de Saint-Émilion
La ChaPeLLe du ChaPiTre
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La TouR Du GueTTeuR
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Le CimeTière de la MadeLeine
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Le CouVent DeS JaCoBinS
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... Et Le ViN
Le fauTeuilL De FéConDiTé... LéGenDe ou Non ?
JourNées EuRoPéeNNes du PatriMoiNe 2008 - St-ÉMilioN

INFOrmationS

Le 1er FéVrieR : éTeinS La LuMière !
3 MiLLionS de FoYerS éTeinTs
BorDeauX ClaSSée PaTriMoiNe MonDiaL

 

 

20 juin 2004

LeS MaireS De LiBoUrNe

La Charte de Fondation de Libourne signé à Vauvert par le Prince Edouart 1er d'Angleterre
le 22 Septembre 1269 dote la Bastide d'une institution Municipale: La JURADE.

Gaston Lacaze

1798-1815

Auguste Dufau

1815-1828

Raimond Fontémoing

1829-1832

Jean David

1832-1848

Simon Boutin

1848-1849

Hippolyte Danglade

1849-1863

Emile Morange

1863-1870

Jean Carvès

1870-1871

Jacques Lataste

1871-1874

Albert Piola

1874-1876

Jacques Lataste

1876-1878

Elie Largeteau

1878-1881

Abel Surchamp

1882-1892

Louis Durand-Dégrange

1892

Louis Cimetière

1892-1896

Louis Durand-Dégrange

1896-1904

Abel Surchamp

1904-1912

Charles Sarrazin

1912-1913

Elisée Clerjaud

1913-1919

Charles Robert

1919-1935

Marcel Loubat

1935-1941

Abel Boireau

1941-1944

Léonce Nard

1944-1945

Jean Bernadet

1945-1947

Abel Boireau

1947-1959

Robert Boulin

1959-1979

André Teurlay

1979-1989

Gilbert Mitterrand

1989-2011

Jean-Marie Maerten

2011

Philippe Buisson

Depuis le 17 novembre 2011

 

17 janvier 2006

DeuX TéMoins De La BaTaiLLe De CaStiLLoN

Le prieuré Saint-Florent

et son annexe Notre-Dame de Colles,

paroisse de Castillon, juridiction de Montravel

Il ne fait aucun doute que ces deux établissements des religieux de l'Ordre de Saint-Benoît furent témoins des actions principales de la bataille de Castillon.

Le premier, connu sous le nom de prieuré ou d'abbaye de Saint-Florent avait reçu une garnison qui formait l'avant-garde de l'armée française. Là 800 francs archers avaient été cantonnés (Jean Chartier, Histoire de Charles VII. p. 643).

N.-D. de Colles (Au cours des siècles, cette chapelle a toujours été connue sous le nom de N. D. de Colles, nous ne voyons aucune raison pour lui donner aujourd'hui celui de « Colly »), annexe du prieuré, était une chapelle située dans la plaine de Colles, d'où son nom. Cette Chapelle se trouvait aux abords immédiats du camp établi par les Français, et près de la rivière.

On connaît les détails de cette journée. Le combat commença par l'attaque du prieuré par l'armée anglaise et la retraite de la garnison. Les assaillants s'emparèrent d'un important butin et, disent les Chroniques, de 5 à 6 cuves de vin que les Anglais défoncèrent par un bout et qu'ils burent. On s'en doute bien, ces cuves n'étaient autres que des barriques. Le plus fort de la bataille se déroula à l'entrée et dans le camp même des Français et le corps du général Talbot tué au cours de l'action fut déposé dans la Chapelle N.-D. de Col1es. On pense qu'une inhumation provisoire eut lieu dans cet édifice, avant le transfert du corps à Falaise, puis à Withe-Church en Sussex. Les soldats de l'armée en déroute s'enfuirent de tous côtés. Certains se noyèrent en voulant traverser la Dordogne. C'est précisément à quelques pas et à l'est de la chapelle N.-D. de Colles qu'existait un gué pour traverser la rivière « le pas de Rauzan ». On s'était donc battu jusqu'aux abords de la chapelle. Ces deux édifices, s'ils existaient encore, seraient vraiment historiques au sens propre du mot. Nous devons nous contenter de les situer et de dire ce qu'ils étaient réellement.

En 1060, Olivier vicomte de Castillon fit venir des bénédictins de l'abbaye de Saint-Forent de Saumur. Il leur concéda un terrain hors les murs de l'enceinte fortifiée où ils édifièrent un couvent, une chapelle et quelques bâtiments d'exploitation. Tout cela existait encore au moment de la bataille de 1453, mais la ruine fut totale en 1588 (Guinodie, Hist. de Libourne, tome III, p.103). Le couvent ne fut jamais reconstruit et le prieur, tout en continuant à remplir ses fonctions administratives jusqu'à la révolution, n'habita plus les lieux. Les bâtiments d'exploitation semblent avoir été reconstruits les premiers et si la chapelle fut sans doute provisoirement aménagée, elle ne fut reconstruite que vers 1687. Le fait nous est rapporté par le procès-verbal de la cérémonie par laquelle elle fut ouverte au culte le 12 avril 1689. La lecture de l'Inventaire Sommaire des Archives Départementales laisse supposer qu'une nouvelle chapelle fut érigée à côté des ruines de l'ancienne. Il n'en est rien. Il suffit de lire le procès-verbal dressé par « maître Pierre Grossac, curé de Gardegan (On lit Gardigan) et vicaire forain de l'archiprêtre d'Entre-Dordogne et Isle » chargé de la cérémonie « nous aurions trouvé la dite église prieurale démolie... et que sur ses ruines d'icelle (a) ledit sieur Cribler y aurait fait bastir et construire une chapelle de pierre de taille couverte de tuiles creuses puis (depuis) deux ans ou environ... et estant ensuite entré dans la dite chapelle nouvellement bastie sur les susdites ruines avec le sieur Cribier nous l'avons trouvée entièrement bastie, couverte, carrelée et fermée d'une grande porte de bois de noyer avec son entrée nouvellement dressée sur les fondements de l'autre (b) de lad. ancienne esglise priorale, en quelque sorte qu'il ne reste plus qu'à mettre la pierre sacrée sur l'autel et bénir lad. chapelle dans laquelle ledit sieur Cribier nous dit vouloir être enterré en ladite en qualité de prieur... » (a, b. C’est nous qui soulignons)

Donc la chapelle des XVIIème et XVIIIème siècle s'élevait sur les fondations de celle qui avait vu l'assaut des troupes de Talbot. Sur un plan du XVIIIème siècle donnant l'ensemble de l'enclos du prieuré on voit 1e dessin de la chapelle simple nef rectangulaire avec porte d'entrée surmontée d'un pignon dans lequel était sans doute logée une cloche. Sur le profil de la nef on voit deux fenêtres, on sait par une note de 1756 qu'il y en avait quatre « pour griller les quatre vitraux de la chapelle du prieuré » (Arch. Dép., H 1133, liasse.). Où se trouvaient les chais et cuvier dans lesquels les soldats anglais avaient bu force rasades? Sur le même plan le cuvier, chai et maison du jardinier ferment, au sud, la cour dans laquelle s'élève la chapelle, nui doute qu'ils furent toujours à cet emplacement. Un passage dans le centre de ces constructions fait communiquer la cour de la chapelle avec un jardin limité par de belles allées en forme d'écusson, divisé en quatre parties par d'autres allées en forme de croix. Tout au tour du jardin s'étale un verger. Cet ensemble est limité au midi par « le grand chemin de Castillon à Villefranche » ; à l'ouest par un chemin de service puis par un chemin qui va au village de Lucas; au nord par un « chemin qui va du prieuré au grand chemin qui conduit de Castillon à Villefranche »: à l'est à des propriétés privées. (Arch. Dép. H 1145. plan).

En 1746 on rectifia et reconstruisit une portion de la route de Cas­tillon à Bergerac et pour cela on prit une bande de terrain dans l'enclos du prieuré « hors et près des murs de la ville » et plus à l'est une autre portion de terrain dans un domaine appelé le bois du prieuré complanté en vignes et arbres fruitiers. Le prieur dom Antoine Raynaud demande à l’Intendant de pouvoir récupérer au lieu et place, l'emplacement de l'ancien chemin. Le domaine dit « du bois du prieur » s'étendait jusqu'à la Lidoire. Les prieurs louaient le droit de pêche « depuis la porte de la Vergne jusqu'aux terres et bois du prieuré »

Ces précisions concordent pour placer l'ancien prieuré de Saint-Florent à l’emplacement occupé actuellement par la gare.

Il reste peu de vestiges de la chapelle de Notre-Dame de Colles, annexe du prieuré de Saint-Florent. Du moins quatre bornes en délimitent l'emplacement, une croix marque le lieu où aurait été inhumé Talbot. Sur une colonne on voit une statue moderne de la Vierge avec une inscription qui, à notre avis, perpétue deux erreurs : « En souvenir de l'antique sanctuaire de N.-D. de Coly qui, au lendemain de la bataille de Castillon prit le nom de N.-D. de la Victoire ». D'abord cette chapelle ne s'est jamais appelée Coly, mais bien Colles; ensuite aucun document ne nous a rapporté le nouveau nom de N.-D. de la Victoire. S'il y eut, chez les habitants de la région, un autre nom appliqué à la chapelle N.-D. de Colles c'est tout simplement celui de Talbot. La carte d'Etat-major s'est fait l'écho de cette tradition en s'inscrivant « chapelle du Talbot ». On y allait processionnellement le Jour de l'Assomption sous la direction du clergé de Castillon; les maires et jurats de cette ville y assistaient en grande cérémonie. Guinodie (Histoire de Libourne) dit, sans indiquer sa source, que cette procession avait été instituée par Charles VII en commémoration de la victoire remportée sur les Anglais.

N.-D. de Colles était déjà en ruines au XVIIIème siècle, ce qui n'empêchait pas du reste la procession traditionnelle d'avoir lieu. Dans un état des fiefs du prieur de Saint-Florent et parmi ceux de la plaine de Colles, on trouve « par exporte du ler Xbre l744 retenue par Verneuil Longa, notaire; M. Me Jean Roy, receveur au bureau de Castillon; sieur Jean Fougnet de Laussac comme mary de Mlle Jeanne Trapaud, et Anne Chaput, veuve de Pierre Dousset, chapelier, reconnaissent du Sieur prieur de Castillon de tout y celuy ténement appelé à la chapelle de Colles consistant en terres labourables où sont les masures de ladite chapelle située dans le territoire de la chapelle de N.-D. de Colles, paroisse de Castillon, juridiction de Montravel en Périgord, contenant 5 jx, 8 lattes, 2 carreaux, y compris le sol de ladite chapelle qui est de 6 carreaux, mesure de Castillon... (suivent les confrontations), au devoir de 2 deniers bourdelois d'exporle et de 12 deniers aussy bordelois de cens et rente à Noël et en outre le quint des fruits porté dans ledit prieuré... » (Arch. Dép. il 422.2. pièce n° 8).

Signalons que, pour la deuxième fois, nous trouvons dans les archives du prieuré de Saint-Florent, et à un siècle d'intervalle, un texte identique « N.-D. de Colles, paroisse de Castillon, juridiction de Montravel en Périgord. Cet état de chose dura jusqu'à la Révolution, ainsi que veut bien nous l'apprendra le registre baptistaire de la paroisse Saint-Symphorien de Castillon où nous trouvons à la date du 1er juin 1791. « La partie de Colles dépendante de tems immémorial de cette paroisse pour le spirituel, cesse d'en dépendre puisqu'elle se trouve au-delà de la Lidoire, ruisseau qui sépare le département de la Gironde de celui de la Dordogne. De là résulte que la procession qui se fait chaque année le jour de l'Ascension à la chapelle de Colles, pour remplir un ancien vœu de la ville, ne peut se faire sans passer dans un diocèse étranger et sans s'arrêter sur un champ devenu national et rentré dans la commune (de Lamothe-Montravel). La procession sortant de l'église passera désormais par le sol d'Aiguile, la Thuilière, le quai, entrera dans la ville par la porte du château et sortira par celle de la maison commune, d'où elle rentrera dans l'église » (inv. sommaire des Arch. Gde. E. supp. 4820 - G. - G. 7 reg.).

Il n'y a donc plus aucun doute que l'ancienne paroisse de Castillon ait englobé toute la plaine de Colles, s'étendant au delà de la Lidoire, dans la juridiction de Montravel. La bataille de juillet 1453 qui s'est déroulée entièrement sur le territoire de l'ancienne paroisse de Castillon, méritait bien son nom de bataille de Castillon.

J.A. GARDE

Extrait de la Revue S.H.A. du Libournais 1953 à 54 p. 45 à 48 

17 janvier 2006

SuR DeuX TroPhéeS De La BaTaiLLe De CaStiLLoN

1 - LA SAINTE-ÉPINE

Les textes qui nous sont parvenus sur le déroulement de la bataille de Castillon sont insuffisants et contradictoires. Si nous ne connaissions pas le désarroi provoqué en 1453 par le retentissement de la chute de Constantinople, nous pourrions taxer les historiens et les chroniqueurs dimprévoyance ou fie négligence; mais cet évènement, considérable dans l'Europe chrétienne, éclipsa alors le succès des armes françaises et ses conséquences imprévisibles.

Dans sa date même, la défaite anglaise comporte déjà l'incertitude. Certains la fixent au 13, d'autres au 17 juillet 1453.

Parmi les faits peu connus de cette mémorable journée et diversement racontés, il en est un qui, malgré son appartenance actuelle au Périgord, entre, par son origine, dans nos annales locales: c'est celui qui se rapporte à la découverte, en terre castillonnaise, d'une sainte relique, sur le cadavre du général Talbot. Ceci devrait justifier mon entrée insolite dans le domaine de nos voisins et amis de la Dordogne; mais ne savons-nous pas qu'ils soutiennent, avec quelque raison. D’ailleurs, que la bataille de Castillon fut la bataille de Lamothe-Montravel (M. Dujarric-Descombes, ancien vice-président de la Société H.A.de Périgueux: de 1848 à 1926 - Manuscrit des archives de Montréal). Pourtant, s'il est vrai que l'effort principal des combattants eût lieu dans le territoire de cette commune, n'est-il pas juste de reconnaître aussi que les premières escarmouches débutèrent en l'abbaye de Castillon et que la poursuite des vaincus ne s'arrêta qu'aux portes de Saint-Emilion (Guinodie - Histoire de Libourne, T. III, P. 50 - 2e édit.).  - En outre, militairement, l'objectif du combat était bien Castillon et positivement, c'était la bataille «pour» Castillon.). Au surplus, ce n'est pas seulement mon incursion en Dordogne que l'on devra me pardonner mais aussi la relation de faits déjà signalés et recueillis, pour la plupart, dans les fécondes publications de la société H.et A. du Périgord.

Cependant, en soulevant la trame légère de la légende, mon intention reste pure et ne tend qu'à faire connaître en Libournais, où elle est très peu répandue, l'histoire vraie de la sainte Epine de Talbot « our good dooge » (Talbot était d'origine française, il descendait de barons normands du pays de Caux. Il avait pour cognizance ou marque personnelle, un chien avec cette devise « Talbot our good dooge» (notre bon dogue) - Nlle biographie générale publiée par MM. Firmin Didot 1845).

J'ai pu, grâce au bienveillant accueil de Monsieur le Colonel marquis de Faubournet de Montferrand, et aussi à l'amicale serviabilité de notre distingué collègue, M. J. Ducasse, contempler ce gage sublime de la fin de la Guerre de Cent ans et recueillir, à Montréal, des renseignements et des impressions utiles à mon exposé.

J'ai, dès l'abord, été séduit par l'aspect extérieur de la chapelle où est conservée la glorieuse relique. Deux tourelles, dont l'une au toit pointu et l'autre au sommet tronqué, flanquent l'édifice principal, élevé en pignon, et impriment à cet ensemble, où se révèle l'éloquente entité des vieilles pierres, un rythme imposant de verticales contenu par celui des lignes brisées au symbole tragique. Rien n'est plus propre à nous reporter au soir de Castillon pendant que le grand maître de France. Jacques de Chabannes, partage les dépouilles du cadavre encore chaud du fameux général anglo-normand. Il est dit, qu'ayant envoyé le hausse-col du vaincu à Charles VII, il garda pour lui l'épée (dont il sera question par la suite) et qu'un reliquaire composé d'une croix d'or garnie de diamants enfermée dans une bourse de velours devint le lot du seigneur de Montréal, en Périgord.

La raison d'une telle faveur, envers un simple capitaine parmi tant d'autres, ne peut se trouver que dans le mérite déployé pour un haut fait.

Dans un manuscrit (Bibliothèque de M. Dujarric-Descombes.), Chevalier de Cablanc nous renseigne bien sur l'action elle-même, mais il commet une confusion dans les noms :

« Nos périgourdins, dit-il, suivirent très bien dans ceste occasion et la tradition nous apprend que ce ne fût point, comme le rapporte de P. Dupuy d'un coup de couleuvrine que Talbot périt, mais qu'il fut tué de la main du seigneur de Pombrian, lequel luy arracha la sainte Epine qu'il portait au col et laquelle est encore présentement dans le » château de Montréal qui estoit la demeure ordinaire des seigneurs de Pombrian, avant que M. Duchesne le lieutenant général d'à présent ne l'eut acquis d'eux ».

Or, le seigneur de Montréal, héros de Castillon, n'était pas Pontbriant, chevalier de Cablanc, qui écrivait au XVIIème siècle, a ignoré sans doute la teneur d'un acte de 1526 dont le passage suivant écartait toute incertitude:

« Iceluy, reliquaire, entre autres choses par le dit feu seigneur pries et apporté au dit château de Montréal, et, depuis y a demeuré clos et fermé sans scavoir ce qui était dedans. » (Le P. Dupuy signale l'existence de cet acte et M. de Montaigut en a publié le texte, suivi de la transcription incomplète, par suite de déchirures, d'un feuillet. de papier sans date. mais vraisemblablement d'origine fort ancienne et qui devait être le titre historique confirmant la prise de la sainte-Epine sur le corps de Talbot par le seigneur de Montréal - Bull. de la Société H. et A. du Périgord, T, XIX, p. 345 et 346).

Ledit « feu seigneur » était Michel de Peyronenc (M. Dujarrie-Descombes nous apprend encore que Montréal doit son origine à la famille de St-Astier. Au XVe siècle, Catherine, fille et héritière du dernier seigneur de ce nom, porta en se mariant Gérard de Peyronenc, seigneur de Loupiac, les biens de sa maison. Entre autres enfants, ils laissèrent Michel de Peyronenc, qui, aux terres de Loupiac et de Montréal joignit: celle de Verteil­lac et de la coseigneurie du Chapdeuil) qui tenait Montréal de son père. Il eut de son mariage avec Agnès de Las Tours, en 1483, une fille unique qui épousa, vers 1500, Pierre de Pontbriand, ce n'est donc qu'à partir de cette date que les Pontbriand purent devenir seigneurs de Montréal et en faire leur « demeure ordinaire ». L'erreur de Chevalier de Cablanc apparaît donc évidente. D'autre part, l'acte signalé ci-dessus était une convention entre Pierre de Pontbriand, gendre héritier, de Michel Peyronenc et Guillaume Sudiraut, curé d'Issac; il se rapportait au culte prévu pour la sainte-Epine qui venait d'être découverte dans la croix d'or garnie de diamants et avait été en­registré le 12 août 1526, par le notaire Lévêque. On objectera que ce serait bien peu de chose pour établir l'authenticité d'un fait historique, après 73 ans, et l'origine divine d'un objet à proposer à l'adoration des foules.

On doit se garder, toutefois, des oppositions trop hatives, se reporter aux coutumes anciennes, envisager la valabilité des déclarations de Pierre de Pontbriant devenu dépositaire, avec sa femme, des rapports de Michel de Peyronenc sur la provenance de la croix d'or et les raisons qui s'opposèrent à son ouverture, peut-être assujettie h un secret.

On sait que pendant plusieurs années après son mariage, Pierre de Pontbriant eut à faire valoir ses droits sur les terres de Montréal disputées par leurs habitants (elles comprenaient alors au moins huit domaines ou métairies) et qu'il s'adonna, en outre, à procurer satisfaction aux intérêts matériels de la population de sa paroisse. Ce ne fut qu'après ces réalisations qu'une inspiration soudaine lui permit de découvrir la sainte-Epine enchâssée dans son précieux trésor (Pierre de. Ponbriant fut page d'Odet d'Aydie, échanson de Ch. VII, sous gouverneur du comte d'Angoulême, gouverneur des châteaux de Molle, Niort, Fontenay le Cte, Bergerac et gentilhomme ordinaire de la chambre de François Ier (M. de Montaigut, ouvr. cité). On tiendra le plus grand compte de la relation faite par le P. Dupuy, un siècle plus tard, et qui jugea pièces en mains, puisqu'il eut l'avantage de compulser les archives du château.

« Noble Pierre de Pontbriant, conte-t-il, faisant ouvrir ce sacré reliquaire, croix d'or garnie de diamants, trouva dedans une épine et n'ayant assurance s'il fallait honorer, comme ayant servi à la Passion de Jésus-Christ, il consulta, sur ce double, notre évêque de Plaignie qui commit l'examen de cette affaire à son théologal Maimont, gardien du couvent de Saint-François, lequel dans sa consulte baillée par escript, répond qu'il fallait demander il Dieu des signes extraordinaire par jeusnes et prières publiques, afin qu'il luy pleut de déclarer en quel estat il voulait qu'on tint ceste épine.

Il est vraysemblable que dans l'essay faict, divers miracles parurent, car l'an 1526, noste évesque expédia un bref en faveur de » la transaction faite par le sieur de Pombrian, avec Sudiraut, curé de la paroisse d'Ayssac, déclarant, après plusieurs consultes, qu'on peut et doit honorer la sainte Epine, commandant de la porter processionnellement. J'ai vu l'original de ce rescript dans le thrésor du château  de Montréal. »

On peut regretter l'absence de l'énonciation des miracles qui motivèrent la décision de l'évêque, mais on connaît aussi la réserve apportée par l'Eglise en ces manifestations, ce qui permet d'accorder foi aux déclarations du F. Dupuy et de tenir sa documentation comme primordiale en cette affaire. On trouve, par ailleurs, dans l'annuaire pontifical catholique de 1911, de caractère officiel en matière religieuse, cette notation: Une sainte Epine est honorée dans le château de Montréal, paroisse d'Issac, elle fut retrouvée sur le général Talbot, tué à la bataille de Castillon, le 17 juillet 1453, avec des caractères d'authenticité tels, que l'évêque de Périgueux, Jean de Plaignie, en a autorisé le culte solennel en 1526 ».

Ainsi étayée, l'histoire du talisman de Talbot appelle notre crédit. Vénéré par les foules, honorées par les seigneurs de Montréal, nous le trouvons, après les Pontbriant, propriété des Duchesne en 1639 (par adjudication du domaine au prix de 131000 livres, la sainte Epine, faisant partie de la vente) (Les Duchesme de Montréal, par le doct. Ch. Lafon, président de la S.H.A.P. (Bull. de la S.H.A.P., T. LXVIII p. 433, renvoi 1) et hérité en 1752, par les Faubournet de Montferrand. A l'aube de l'année terrible, il fait l'objet d'une délibération municipale dont les termes mesurés cachent mal le profond respect qu'on lui portait encore :

« Nous, maire et officiers municipaux de la commune d'Issac, avons délibéré que, comme la relique de la sainte Epine est portée » sur le verbail qui a été fait à Montréal et dont Martial Ladhau est nanti, nous y envoyons un sergent de la garde nationale avec quatre hommes et le vicaire desservant, promettant de la garantir de tout a évènement et de la remettre au dit Montréal suivant l'usage. » Signés à Issac, le 21 mars 1792, Auberty, maire, etc... (Les registres de la commune d’Issac renferment aussi le P. V. suivant qui confirme le pillage et la destruction des archives de Montréal : 27 Brumaire an II; papiers du ci-devant seigneur de Montréal, apportés par ordre de la municipalité depuis le 23 octobre. Les papiers, ci-dessus ont été portés sur la place publique et brulés en présence de la municipalité et des citoyens assemblés ce même jour. Signé au registre, Jean Lespinasse, officier mpal., Anbertie, maire). »

Par la suite, Montréal, ce lieu spirituel, où s'unirent, dans la confiance en la protection divine et le souvenir des exploits glorieux, le patriotisme naissant et la foi médiévale, fut vendu à l'encan. Son mobilier dispersé, ses trésors pillés, ses propriétaires émigrés. Comment la Sainte-Epine fut-elle préservée du désastre, et par quelle intervention mystérieuse, la tourmente passée, redevint-elle le précieux ornement du château? Monsieur de Faubournet de Montferrand, avec son âme d'artiste, parle avec ferveur des temps écoulés. Il a bien voulu rappeler pour nous, les circonstances qui ont permis à l'inestimable relique de regagner le sanctuaire où elle fut placée voici cinq siècles et qui se résument ainsi « Après avoir été avec les autres meubles emmagasinée à Mussidan, comme bien national, la Sainte-Epine fut adroitement subtilisée par un nommé Crabanac, membre du district, neveu par alliance de l'abbé Lespine, ancien vicaire d'Issac. Ayant réussi, par de pieux mensonges, à justifier la disparition de cet objet, figurant à l'inventaire du château, sous la rubrique :

« Chasse contenant la relique de la sainte Epine dont l'étui nous a paru être en argent et les baguettes et couverture en cuivre. »

« Il le conserva jusqu'en 1836, époque à laquelle mon grand-père racheta le domaine. Son régisseur Antoine Lachau informé par M. Cra­banac du précieux dépôt qu'il détenait servit d'intermédiaire et remit au marquis la Sainte-Epine récupérée. »

Les Faubournet de Montferrand entreprirent alors les démarches utiles afin de rendre au prodigieux trésor l'authenticité de ses origines. Elles aboutirent, le 21 mai 1858, à l'obtention d'un Bref de Mgr. George Massonnais, évêque de Périgueux et de Sarlat, conçu en ces termes :

« Jean Baptiste Amédée George, par la miséricorde divine et la grâce du saint Siège apostolique, évêque de Périgueux et de Sarlat: Vu, la relation historique, à nous présentée et qui demeure annexée à la présente ordonnance, de laquelle relation il résulte que, dès les temps les plus reculés, une Sainte-Epine de l'adorable couronne de N. Seigneur Jésus-Christ était conservée et honorée au château de Montréal, paroisse d'Issac, dans notre diocèse.

Appréciant, comme de droit, les raisons et procès-verbal établissant que cette relique pieusement sauvée durant les troubles de la fin du siècle dernier est revenue en son premier lieu, mais privée dit titre par lequel Jean de Plaignie, ou Planis, de bonne mémoire, l'un de nos prédécesseurs, en autorisait le culte.

Ayant examiné la dite relique formée de deux fragments réunis par un fil rouge, placée dans une monstrance en argent, de forme carrée, ayant quatre côtés munis d'un verre, placée sur un pied imitant celui d'une petite custode et surmontée d'une petite croix laquelle nous avons attaché, par un fil rouge, notre sceau pour qu'elle ne puisse être ouverte, désormais.

Faisant aux termes du S. Concile de Trente (sess. XXV de vener, ss et imag.) ce qui nous paraît conforme à la vérité et à la piété.

Nous avons permis et permettons, par les présentes, d'honorer publiquement et d'exposer la sainte Relique, recommandant d'éviter à ces sujettes toutes superstitions et abus, et priant notre Sauveur de bénir tous ceux qui, en mémoire de sa divine Passion, vénéreront cette sainte Epine de sa couronne sacrée.

Donné à Périgueux, sous notre seing, notre sceau et le contre seing de notre secrétaire, le 21 mai 1858 : Jean, évêque de Périgueux et de Sarlat. (Jean-Baptiste Amédée George Massonnais évêque de Périgueux et de Sarlat du 21 février 1841 au 20 décembre 1860, neveu du cardinal de Cheverus, archevêque de Bordeaux, il rétablit 1a liturgie romaine en 1847, obtint la restauration de St-Front et transféra le grand séminaire de Sarlat à Périgueux. Ce fut un apôtre (abbé Texier, secrétaire général de .la Société historique d'Aunis el Saintonge). Par mandement de Monseigneur: Dubois, secrétaire.

En conséquence, le culte fut repris et continué de nos jours. Chaque année, le premier dimanche de septembre, la Saint-Epine est honorée publiquement, au cours d'une ostension et d'une procession.

Nous associant, en quelque sorte, à la solennité qui se déroule en ce moment, nous, qui demeurons soumis au mystérieux attrait des valeurs du passé, et qui célébrons le 5ème centenaire du mémorable combat, dans le lieu même où il se déroula, en Castillon-la-Bataille, si grande aujourd'hui, du mérite de nos pères, notre pensée s'élèvera, du coin de terre où il fut conquis, vers le trophée de Peyronenc.

Evoquant le paysage de pure essence périgourdine, où se dresse fièrement l'antique forteresse (En 1669, six prières de canon sur chevalet, six pièces sur roues. 40 arquebuses et 2 mousquets du cuivre défendaient les approches de Montréal), nous joindrons notre hommage à celui de la foule recueillie. De ce sommet rocheux, nos regards franchiront les horizons magiquement bleutés et, nous saluerons la mémoire du compagnon de Jacques Cartier, ce Pontbriant de Montréal qui, de sa courageuse aventure, attacha son nom à la naissance de la vaste cité canadienne du Saint-Laurent.

Et, empreints de la sereine beauté de ce site privilégié, nous exprimerons notre reconnaissance à ceux qui maintiennent, avec tin si noble souci, la pérennité glorieuse des exploits ancestraux et la grandeur de nos traditions.

2 – L’ÉPÉE

Dans son étude sur les seigneurs de Montréal, M. Dujarric­-Descombes (déjà cité dans mon exposé sur la sainte Epine de Talbot) ancien vice-président de la société H. A. du Périgord, ayant consulté l'histoire du Berry (III p.103) de Thaumas de la Thaumassière et le nobiliaire du Limousin de Nadaud (I. p.647), nous dit que l'épée de Talbot se voyait encore à la fin du XVIIIème siècle, au château de Madic, résidence de la puissante famille de Chabannes, à 30 km, de Mauriac en Cantal. Ceci paraîtrait acceptable, puisque nous avons vu le vainqueur de Castillon s'attribuer l'arme de son ennemi malheureux lors du partage de ses dépouilles; mais il faut demeurer très circonspect à ce sujet, car plusieurs autres récits viennent réfuter cette possibilité.

MM. Firmin Didot frères (nouvelle biographie générale 1845) ont trouvé que cette épée fut réclamée, sous le règne d'Elisabeth, par le comte de Shrewsbury descendant de Talbot. Le manque de détails et de références de ce texte, ne permet pas de conclure avec certitude; mais on peut penser qu'il fait suite à la découverte de la fameuse flamberge au XVIème siècle, par un paysan qui la trouva dans la Dordogne », raconte notre distingué collègue, M. R. Cousté (journal Sud-ouest du 9 août 1952), au risque de rendre invraisemblable la lecture de l'inscription gravée sur cette lame. « Chez un villageois de Castillon disant l'avoir gardé de tout temps », écrit Elie Vinet, le célèbre professeur de Michel Montaigne, en 1582, dans une lettre qu'on croit avoir été destinée à l'un des magistrats composant la Chambre de Justice en Guyenne tenant alors, à Agen, sa deuxième session.

Voici la partie principale de cette correspondance, tirée, des Archives de la Gironde T. XII p. 360.

« Monsieur, je vous ai rescript que Paulus Diaconus n'estoit ni chez les libraires, ni en mon étude, et, en mesmes lettres, vous ai faict mention d'une authentique antiquité que j'ai vueue en cette ville despuis qu'en avez esté parti, laquelle je désirois que vissiez à vostre retour que je désire estre bref je ne vous disois autre chose d'icéle, mais j'ai despuis pensé que je pourroie avoir mal faict en cet advertissement et que le désir et l'envie de bien tost scavoir que c'est vous pourrait endommager la rate, pour le long séjour qu’il vous faut fère de pardela, et, davantage, que n'estes asseuré de nous revoir : comme M. de Thou s'en est retourné à Paris par autre voie, et, à cette » cause, j'ai esté d'avis de vous compter ici toutes telles nouvelles de ladite antiquité, que verriès, quand i series. Et voici que c'est : Ayezvous pas ouï parler de Castillon, au-dessus de Libourne, et du lieu prochain où les Anglais furent jadis fouétés par noz François? Ne vous a-t-on point dit qu’aux maretz et bords de la Dordogne, de cette part, se trouve encores aujourd'hui force os d'hommes et de chevaux, et prou d'outils de guerre? Un armurier de cette ville, huit ou dix ans i a (il me l'a compté) à une foire de Castillon, acheta une rapière toute mangée de roulle, d'un villageois qui se dizoit, l'avoir gardée de touts  temps. Cest ouvrier pensa bien que c'estoit quelque bonne chose. Ti la fourbit et la rendit belle et luisante et la garde pour l'antiquité.

Elle a près de trois pieds de long; de large vers la poignée: quatre dois, et au milieu, tant d'ung costé que d'autre, cete escriture contenant le nom de son premier maistre, et ce en deus randhes :

SVM TALABOTI MTIII" XLIII
PRO VINCERE INIMICO MEC

Voila pas donques Talbot, Talebot, Talabot, capitaine anglais qui mourut à cete meslée, l'an 1453, disans, après le coutelas forgé : « Qui non potuit vineere inimico » comme 1'avoit promis, mais il n'î a remède. Bordeaux ce 14 novembre 1582: Elie Vinet. »

La qualité de l'auteur, l'un des personnages les plus en vue de Guyenne au XVIème siècle, pour ses travaux littéraires, scientifiques ou critiques, ne permet pas de contester la véracité du fait. Toutefois des objections sérieuses se sont élevées, à propos du texte en mauvais latin qu'il a transcrit, sans en relever le barbarisme.

Dernièrement encore, M. l'abbé Texier, l'érudit secrétaire général de la société historique de Saintes, déclarait :

« Cette inscription paraît inauthentique, même ù la fin du moyen âge on ne parlait pas un si mauvais latin. Il y avait l'expression stéréotypée en liturgie, en diplomatique, en littérature : «  ad effugandum ini­micum ». « Pro vincere inimico méo » est indéfendable. »

Notre collègue, le docte historien, Jean Ducasse, suppose que le mauvais état de conservation de l'arme a fait disparaître les « s » de inimicas méos.

A cette conjecture, s'oppose assez fortement Elie Vinet lui-même, constatant d'abord :

« Cette (même) escriture, tant d'ung costé que d'autre. » et parodiant ensuite, avec sa fine ironie : «  Qui non potuit vineere inimico, comme l'avait promis. » permettant ainsi d'admettre que rien ne lui échappa, ni de la grossière irrégularité des termes employés, ni de leur orgueilleuse prétention.

Il n'en reste pas moins que des deux épées qui furent présentée comme ayant appartenu à Talbot, celle de Madic ou celle de Bordeaux, l'une, au moins, était apocryphe, et qu'il est difficile aujourd'hui d'établir l'authenticité indiscutable de l'autre.

A. Courty, le 06 sept 1953.

Extrait de la Revue S.H.A. du Libournais 1953 à 54 p. 37 à 44

27 février 2006

ReSSouRceS...

LiBoUrNe:

"Libourne, deux siècles d'images" Comité Culturel de Libourne 1985

"Libourne née de père inconnu" de Marc BALLOT (Édition la maison du Livre)

"La Bastide de Libourne au lendemain de la Guerre de cent ans" de M. bochaca, F. MOUTHON, N. MOUTHON-SEPEAU (Édition 1995)

"Notice sur Condat" Bulletin Paroissial de Saint-Jean Abbé Latour 1902 reproduction 1895

"Chapelle notre dame de condat" Journée du patrimoine 1998

"Le Tumulus de Condat" Extrait de Henry de Sarrau (Revue S.H.A. du Libournais 1939-40)

"Charte de coutumes des bastides" Extrait de eglage.free.fr/IndexChartes.htm 02/2006

"Carte de Cassini" gencom.org:2325/cgi-bin/Communes/Cgi/inform_communes.cgi?INSEE=33243 02/2006

"Journée Européennes du Patrimoine" Programme 2008 du Ministre de la Culture et de la Communication

"Libourne Avance" Magazine municipal de la ville de Libourne

SaiNt-ÉmiLioN:

"Visiter Saint-Emilion" de G. PERRAUDEAU (Édition Sud Ouest 1988)

"Saint-Émilion Gravures et Carte Postale depuis 1830" (Édité par l'association St-Emilion Patri-occ)

"Eglise Collégiale et Cloître de Saint-Emilion" Dépliant Paroissiales La Collégiale

CasTiLLon-La-BataiLLe:

"La victoire de Castillon" de J. BARTHE (Édition Sud Ouest 1997)

"La bataille de castillon" de H.BARDON

CuRiosiTés:

"Répertoire des Mégalithes du Libournais" Revue Historique et Archéologique du Libournais année 1973 à1974 p.109-127

"Les Grottes de Ferrand" Revue Historique et Archéologique du Libournais et de la Vallée de la Dordogne (Tome LIX n°219 1er Tri.91 p.13 à 23).

17 janvier 2006

Le LiVRe d'HeURes De TaLBoT *

Talbot, l'un des plus fameux guerriers du XVème siècle, le plus illustre des adversaires de Jeanne d'Arc, celui auquel Shakespeare a accordé le surnom d'Achille anglais, octogénaire tué à la tête de ses troupes sous les murs de Castillon en 1453 par une bande de Bretons (1), possédait un livre d'heures de format allongé 0,27 x 0,115 prouvant qu'il était destiné à être porté par son propriétaire dans ses campagnes.
Talbot Ier comte de Shewsburg descend de Sir Gilbert Talbot, Lord Chamberlain d'Edouard III en 1331, décédé en 1346.
Ce volume (2) de 136 feuillets est orné de 26 miniatures de diverses dimensions. Dans les 6 premiers, on remarque beaucoup de noms de saints anglais: saint Cuthbert, saint Richard, saint Dunstan, saint Edme, saint Alban, 1er martyr d'Angleterre, sainte Etheldride, sainte Cuthburge, sainte Edithe et saint Hugues, évêque de Lincoln. Le verso du feuillet suivant est entièrement occupé par une grande composition qui constate la provenance illustre de ce volume ; une miniature qui couvre la moitié de cette page représente la Sainte Vierge assise sur un trône peint en rouge sur un fond damier. Devant elle sont agenouillés, à gauche Jean Talbot, assisté par son patron guerrier saint Georges qui terrasse le dragon; à droite Marguerite de Beauchamp, seconde femme de Talbot, assistée par sainte Marguerite, accompagnée aussi d'un dragon à face humaine. Talbot armé de toutes pièces, est vêtu d'une cotte armoiriée; son épouse porte un large manteau de drap d'or; une pièce d'étoffe rouge, disposée sur sa tête en guise de hennin, et dont les bouts retombent jusqu'à terre, lui sert de coiffure. Au-dessous de cette peinture, figurent les armoiries et les devises des deux époux:

Sous Talbot est une bannière déployée avec ses armes : Parti : au 1er écartelé de Talbot et de Strange; au 2e écartelé de Furnival et de Verden ; sur le tout : écartelé de Lisle et de Tyes. Talbot était en effet seigneur de Furnival et de Verdon du chef de sa première femme Mathilde, fille de Thomas Nevill, et seigneur de Lisle et de Tyes du chef de sa seconde femme, Marguerite de Beauchamp, fille du comte de Warwick. La bannière déployée au-dessous du portrait de cette dernière est aux armes de sa maison. Chacune de ces bannières surmonte les insignes de l'ordre de la Jarretière, renfermant au centre le petit chien des Talbot sous Talbot, et l'ours de Warwick sous Warwick. Un pied de marguerites, autour duquel s'enroule une banderole avec cette devise: Mon seul désir (2 mots illisibles) est, passe entre les deux bannières. Dans le célèbre manuscrit offert par Talbot à Marguerite d'Anjou, épouse de Henri VI, manuscrit conservé au Musée britannique sous le nom de Shreusbury-Book, la devise de Talbot est exprimée dans ce rondeau commençant comme la devise de la banderole:

Mon seul désir
Au roy et vous
Et (este) bien servir
Jusqu'au mourir;
Ce sachent tous:
Mon seul désir
Leu roy et vous.

Ce manuscrit n'est bien homogène ni par les miniatures, ni par le texte : il est successivement en anglais et en français.
Ce livre de prières qui ne parait jamais l'avoir quitté, aura sans doute été pris dans le pillage qui suivit la déroute, car après quatre cents ans, il a reparu en 1855 chez un brocanteur de Nantes, d'où il passa dans la collection d'un bibliophile breton, gagna par la suite la signature d'un Henry de Bourbon. Après avoir figuré dans les vitrines de l'exposition rétrospective de 1867, il entra dans la célèbre bibliothèque de Firmin Didot et fut vendu à sa vente 18500 francs (2820,31€) en mai 1879 (3). 

W. LE MATTRE.

(*) Communication de M. LE MATTRE la séance du 7 avril 1957. Ayant interrogé notre collègue sur les différences que l’on pouvait relever entre cet article et celui publié par lui en novembre 1948 dans la petite revue libournaise Arc-en-ciel, M. Le Mattre nous a déclaré que ce premier article était « une fantaisie » en ajoutant : « Ce que je vous ai envoyé cette fois n'est pas une fantaisie. Je possède les différents catalogues des ventes de la Bibliothèque Firmin-Didot, catalogues très détaillés et c'est sur celui de la vente 1879 que j'ai copié quelques passages concernant les livres d'heures de Talbot... Pour l'origine de Talbot je l'ai pris dans mon peerage-book et je crois avoir écrit Chambellan en anglais ».
(1) Ce terme est extrait du catalogue Firmin Didot.
(2) Le catalogue le définit ainsi: « In folio étroit de 4 et 136 ff. miniatures, bordures et lettres ornées; ais de bois dépouillés de leur couverture. Précieux manuscrit sur Velin exécuté en France, dans la première moitié du XVème siècle, pour le célèbre général anglais Jean Talbot... »
(3) M. Le Mattre ignore comme nous le destin actuel de ce livre d'heures puisqu'il nous demande : « Quel est l'actuel possesseur du livre ? »

Extrait de la Revue S.H.A. du Libournais 1957 à 58 p. 81 à 82

11 juin 2010

Vente de l'Ecole de Gendarmerie !!

Extrait de Sud-Ouest 11/06/2010
http://www.sudouest.fr/2010/06/11/l-esog-est-a-vendre-114230-4626.php
Par jean-françois harribey

L'Esog est à vendre

La reconversion du site appartenant à l'État semble désormais dans l'impasse.

L'École des sous-officiers de gendarmerie (Esog), rayée des cartes de l'état-major des armées le 10 octobre 2008, avait déjà rendu son drapeau le 2 juillet dernier, après le défilé de la dernière promotion. Aujourd'hui, elle risque de perdre son âme.

Après avoir abrité durant près de 273 ans des corps régaliens de la nation, ses murs qui sont la fierté de la bastide sont désormais livrés à n'importe quel promoteur. L'État vient en effet de les mettre en vente sur son site www.budget.gouv.fr mis à jour le 3 juin dernier, au même titre que les 1 700 propriétés immobilières qu'il a en portefeuille.

Cette mise en ligne des bonnes affaires de l'État (40 000 mètres carrés de bâtiments à Libourne, sur 6,5 ha de terrain en plein centre-ville, estimés par France Domaines à plus de 25 millions d'euros) a de quoi choquer. La ville et son maire, Gilbert Mitterrand, espéraient en effet bénéficier d'une reconversion digne d'un site exceptionnel, conçue du moins en termes d'aménagement du territoire, comme s'y était engagée en 2008 Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense.

Hier soir, l'élu libournais dénonçait « le manquement à la parole donnée » et la « brutalité de la décision ». « Confier l'avenir de ce site à la loi du marché dans le cadre d'un vaste programme de vente à la découpe, au mépris de l'histoire, de la ville, de la cohérence urbaine et au mépris des Libournais, c'est inadmissible. Je ne serai pas complice de la décision d'un État qui n'a décidément aucun projet, aucune parole, ni aucune vision d'avenir pour notre territoire. Si l'État est à vendre, Libourne ne l'est pas », faisait-il savoir.

Affaire mal engagée

L'on sentait bien pourtant, dès le début, et ce bien avant les difficultés de l'État en proie aux déficits et aux rigueurs budgétaires, que l'affaire était bien mal engagée. Tout d'abord, la caserne a changé de tutelle en 2009 pour passer du ministère de la Défense à celui de l'Intérieur, ce qui l'excluait du dispositif Falco lié à la reconversion ou à la restructuration des sites militaires.

Il a fallu ensuite batailler ferme pour que le préfet Dominique Schmitt puisse affecter une enveloppe de 1,5 million d'euros en provenance de la Diact (Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires) au seul bénéfice de l'Esog. Une enveloppe qui devait favoriser les études du comité de pilotage pour la reconversion du site, mais dont on est sans nouvelles depuis son installation officielle le 20 février dernier. Rien en effet n'a filtré des deux ou trois réunions qui se sont déroulées au fil des mois dans le plus grand secret. La presse y était interdite et les élus n'avaient pas le droit d'en dévoiler la teneur.

Force est de constater aujourd'hui qu'aucun projet n'a émergé de cet inquiétant huis clos. Les bruits de couloir faisaient état d'un transfert de la sous-préfecture abritée dans des locaux désuets, de l'extension du Cefil (centre de formation de l'Insee), de la reconstruction de l'école d'infirmières (Ifsi). Entre autres.

Comme d'une pépinière d'entreprises ou d'un centre de formation pour les ouvriers de la future ligne LGV Sud Europe Atlantique. Le transfert de la fête foraine des allées Tourny dans l'enceinte même de la cour d'honneur semblant anecdotique. Les cris du grand huit après les roulements de tambour…

Quant à l'idée d'un pôle républicain intégrant la formation de CRS, défendue par le député UMP Jean-Paul Garraud, elle a elle aussi, semble-t-il, bien du plomb dans l'aile. Tout en reconnaissant les soucis budgétaires de l'État, il affirmait hier soir son opposition à des projets purement immobiliers et sa volonté de poursuivre son combat pour une occupation du site digne de son histoire.
Gilbert Mitterrand

Prenez connaissance du communiqué de Gilbert Miterrand document.pdf
Source http://www.ville-libourne.fr/

Dans un document au titre évocateur - "Les ventes de l'Etat" - le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient d'annoncer, sans concertation avec les collectivités territoriales, son intention de liquider le site de l'école de gendarmerie de Libourne parmi une liste de 1700 cessions immobilières au plan national.

La décision prise par le gouvernement confirme les crainte de la Ville de Libourne, exprimées par Gilbert Mitterrand auprès de Michèle Alliot-Marie, alors Ministre de l'intérieur, au cours de leur entretien du 10 octobre 2008, lorsqu'elle lui annonça la fermeture du site de l'ESOG.

Au-delà de la recherche d'une économie budgétaire sur les sites militaires au nom de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), Gilbert Mitterrand craignait déjà que l'Etat veuille doubler sa mise par des gains financiers sur la vente des bâtiments.

En 2008, Michèle Alliot-Marie avait donné des garanties d'une reconversion exemplaire, assortie de conditions financières et économiques favorables à l'émergence d'un projet d'ensemble: l'Etat manque donc à sa parole.

Après 8 mois d'une étude de reconversion rendue impossible dans les conditions fixées par les services de la Mission de Réalisation des Actifs Financiers (MRAI) du Ministère de la Défense, et dénoncées par Monsieur le Préfet lui-même au cours du comité de pilotage du 7 mai dernier, la fermeture du site de l'ESOG s'avère ce qu'elle a toujours été dans l'esprit de l'Etat: une opération immobilière et fianancière, "aux conditions du marché" et dans le cadre d'un "appel d'offre".

Une semaine après la visite rocambolesque de Michèle Alliot-Marie à Libourne, qui n'a pas cru bon d'évoquer le sort de l'ESOG, la décision du gouvernement manifeste un profond mépris à l'endroit des élus locaux et des acteurs socio-économiques qui se sont mobilisés pour bâtir un projet de reconversion durable.

L'Etat tourne ainsi le dos à son rôle dans l'aménagement du territoire pour se transformer "en promoteur multicartes" d'un bien immobilier que l'estimation de France Domaines - plus de "20 millions d'euros" - rend inaccessible aux collectivités territoriales déjà pressurées par les décisions fiscales et budgétaires du gouvernement. Il tourne surtout le dos à sa parole et à l'affirmation de sa volonté d'une reconversion exemplaire du site.

Quel sens l'Etat entand-il donner à son comité de pilotage? Qu'adviendra-t-il du projet d'extension du CEFIL et de l'implantation de la Sous-préfecture sur le site de l'ESOG? Quel sort sera réservé aux propositions d'aménagements urbains exprimées par la Ville de Libourne comme au projet de reconstruction de l'école d'infirmières (IFSI) que la Région Aquitaine est prête à engager sur l'ancien site militaire? Les collectivités locales seront-elles acculées à répondre à l'appel d'offres dans les conditions d'un acquéreur de droit commun?

Jusqu'à présent l'Etat n'avait que peu répondu aux propositions de reconversion du territoire et encore moins à ses inquiétudes. Il vient de livrer, avec brutalité, la seule orientation stratégique qui semble être la sienne: confier l'avenir du site de l'ESOG à la loi du marché, dans le cadre d'un vaste programme de vente à la découpe... au mépris de l'histoire, au mépris de la ville, au mépris de toute cohérence urbaine et, pour finir, au mépris des Libournais eux-mêmes.

Gilbert Mitterrand ne sera pas complice de la décision d'un Etat qui n'a décidément aucun projet, aucune parole, ni aucune vision d'avenir pour le territoire Libournais.

Source : Conseil Régional d’Aquitaine et Extrait de
http://aquitaine.fr/IMG/pdf/CP-ReactionAlainRousset-ESOGLibourne-110610.pdf
CP-ReactionAlainRousset-ESOGLibourne-110610.pdf

Alain Rousset s’étonne de la décision du Gouvernement de vendre le site de l’École des Sous-Officiers de Gendarmerie, à Libourne

Après avoir découvert dans la presse la décision de l’État, le 3 juin 2010, de céder au plus offrant le site de l’Esog à Libourne, en Gironde, Alain Rousset, Président du Conseil Régional d’Aquitaine, a souligné son étonnement, le 11 juin 2010 : la mise en vente du site sonnerait-elle le glas des projets de reconversion, et notamment du projet régional ?

La Région Aquitaine, qui soutient les formations sanitaires et sociales, avait, en effet, proposé d’accompagner sur les 40 000 m2 de bâtiments et 6,5 hectares de terrain du site de l’Esog, l’installation de l’Ifsi, qui mène actuellement un projet d’extension. Lors du dernier Comité de Pilotage, le scénario de reconversion retenu avait élargi ce projet à la réalisation d’un quartier mixte qui intégrerait des résidences d’étudiants, de personnes âgées, ainsi que le déplacement des services de la Sous-Préfecture et de l’Ifsi. La Région aurait alors pu prendre en charge le transfert de l’Ifsi.

La décision soudaine de l’État de vendre l’Esog donne un coup d’arrêt à ces projets et risque de se traduire par une reconversion inadaptée à ce site exceptionnel.

En conséquence, Alain Rousset a adressé au Préfet d’Aquitaine et de la Gironde, Dominique Schmitt, un courrier rappelant le projet retenu lors du Comité de Pilotage et demandant des précisions sur sa mise en œuvre.

20 juin 2004

A VoiR Et A FaiRe...

Généralités historiques :
Site portuaire occupé dès l'antiquité, au confluent de l'Isle et de la Dordogne.

Ancienne bastide de Guyenne, fondée au 13ème par l'autorité anglaise, dotée de privilèges et gouvernée par un collège de notables élus: la Jurade.

Filleule de Bordeaux du 14ème.

A la Révolution, LIBOURNE suivit la politique de la métropole jusqu'au départ des troupes anglaises en 1453.

Ville à majorité catholique, sa proximité avec les foyers protestants en fit le théâtre de luttes pendant les guerres de Religion. LIBOURNE fut également assiégée pendant la Fronde.

Sous la Révolution, elle devint chef-lieu de district, puis au 19ème chef-lieu d'arrondissement et sous-préfecture.

Port actif jusqu'au 19ème.

Vestiges préhistoriques et antiques: Sépultures gallo-romaines, restes d'un important habitat et d'un four de potier.

Office de Tourisme Intercommunal du Libournais:

40, place Abel Surchamp 33500 Libourne
tél: 05.57.51.15.04
Site internet: www.tourisme-libournais.com



Architecture civile :
Vestiges d'enceinte, porte du Port dite tour Richard 14ème.

Place entourée d'arcades. Hôtel de ville 15ème, très restauré début 20ème, cloches du beffroi 15ème et 16ème, groupe de marbre 18ème de Falconet, toiles de Philippe de Champaigne, de Lagrenée, de Rolland 19ème. Maison à tourelle 16ème.

Château du Pintey (privée): 18ème siècle, lambris cheminée, pigeonnier.
Château de Sales (privée): 1er moitié du 17ème siècle.

Maisons 18ème (souvent beaux lambris du 18ème) à très belles ferronneries.

Pont sur la Dordogne 19ème, élargi 20ème.

Architecture sacrée :
Église gothique Saint-Jean: 14ème/15ème siècle, remaniée à diverses époques: toiles 17ème et 18ème siècle de Manfredi, Philippe de Champaigne, Prudhomme, Suvée et Théophile Lacaze 19ème.

Chapelle romane de Condat (propriété d'une association): 11ème siècle agrandie 15ème: Vierge à l'Enfant 16ème, cloche 15ème, Vierge de bois 16ème.

Temple classique 19ème.

Musée(s) :
Musée René Princeteau: archéologie, peinture du 16ème au 19ème, nombreuses toiles de Princeteau et de Théophile Lacaze.

Musée Robin : histoire locale.

Médiathèque municipale Condorcet : belles collections ; "Livre velu", recueil des chartes municipales.

Chapelle du CARMEL:

Le Carmel - 45 allée Robert Boulin, 33500 LIBOURNE
tél: 0557519105 (dimanche ouvert)

Musés des Beaux Arts:

tél: 0557553344 du lundi au samedi
http://www.ville-libourne.fr/mes-loisirs/150-le-musee.html

Site(s) :

Confluent de l'Isle et de la Dordogne : vue sur le tertre de Fronsac. Promenade boisée sur les quais de la Dordogne.

Rue médiévale du "Carreyron".

Ressources et productions :
Vigne. AOC "Pomerol", "St-Émilion", "Bordeaux", "Bordeaux supérieur".

Spécialités :
Foie gras, perdreaux, pâtisserie: millas, lamproie, anguilles et alevins.

Gravières. Industries légères. Textile. Nouvelles Technologies.

Important secteur tertiaire et importante place de négoce en vins.

Vie locale :
Foire des Rameaux et du miel (8 jours vers début avril).

Foire aux fleurs (fin Avril) et Foire de la Saint-Martin (en Novembre).

Braderies, Brocantes, Fêtes foraines...

Salon auto-moto sur 3 jours (début Octobre), salon de l'habitat sur 3 jours (Mai)

Festival des Arts de la Rue de Libourne (Août): Fest'arts www.festarts.com

Actualités divers:

Retrouver les dates et plus de renseignments sur le site officiel www.ville-libourne.fr

http://www.ville-libourne.fr/mes-services/172-agenda.html

Marchés :
Mardi, vendredi et dimanche de 6h30 à 12h30

(Place Abel Surchamp et rues adjacentes).

Le marché couvert du mardi au samedi de 6h30 à 12h30

et le dimanche de 6h30 à 13h30.

Retrouvez également des "Marchés Nocturnes" suivant les saisons.

Loisirs :
Équitation, canotage, voile, installations sportives municipales...

Plage des Dagueys avec aires de jeux, restauration...

Football Club Libourne Saint-Seurin...

Randonnées pédestres...

Antiquaires. Active société archéologique de Libourne.

Annuaire des associations:
http://www.ville-libourne.fr/mes-loisirs/maison-des-associations/503-annuaire-des-associations.html


8 mai 2006

CharTe de CouTumeS DeS BastideS

Le sud-ouest de la France a été le terrain d'expansion des bastides. Le nombre de créations de bastides est évalué entre 350 et 400.
Les documents, chartes et paréages en particulier, permettent de mieux saisir l'esprit dans lequel se sont développées ces bastides.
Le paréage est un contrat passé entre le seigneur souverain et un ou plusieurs associés, laïques ou ecclésiastiques. Le partage, des fruits de la future bastide, est envisagé dans ce contrat, considéré comme signé à perpétuité. Il faut préciser qu'Alphonse de Poitiers, surtout, a préféré obtenir cession des terres récupérées plutôt que de signer un paréage.
Une fois le paréage ou l'acte de cession signée les "traceurs" sont invités à "planifier" la bastide et délimiter les lots à répartir entre les habitants qui se présenteront.
Cette phase opératoire finie, il s'agît de voir venir s'installer ces habitants souhaités. Pour ce faire, il leur est proposé un lot en bénéficiant d'un contrat emphytéotique perpétuel et droit de vente, sous réserve d'une redevance annuelle.

Ensuite une charte des franchises est octroyée. Le délai entre le premier contrat et le second peut varier de un an à plusieurs années.
En début de presque toutes les chartes, sont placés  les articles concernant des "privilèges" sur la liberté des personnes. Mais les "privilèges" économiques tiennent également une place  importante. La charte tient compte des coutumes locales en vigueur dans ce domaine.
Cette charte détermine également les modalités de l'administration de la bastide, de la structure de la "municipalité" dont le "baile" et les "jurats" ou "consuls" vont être les éléments représentatifs.

La reconnaissance des coutumes, la part d'autonomie octroyée en la circonstance, en quelque sorte embryon de citoyenneté, vont se trouver en contradiction croissante avec la centralisation apparue dans la monarchie française à partir du XVIème siècle. Les représentants du roi réduiront progressivement les "privilèges" reconnus dans les chartes et à la veille de la révolution les auront réduits au minimum. 

CharTe  de  CouTumeS de LiBourNe 

EDOUARD, fils aîné de l'Illustre roi d'Angleterre, dit cette Charte de Constitution de la ville (1) , aux archevêques, comtes, barons, justiciers, vicomtes, à tous les fidèles sujets, Salut.

Sachez que nous avons donné et accordé, et que, par la présente lettre, nous avons confirmé à nos chers et fidèles bourgeois de notre ville et port de Libourne, présents et à venir, qu'ils forment une commune crans ladite ville et port de Libourne avec toutes les libertés et libres coutumes appartenant à la commune; 

Item, nous voulons et accordons que les dits bourgeois puissent, par eux-mêmes, chaque année, élire et faire douze jurats, et que lesdits douze jurats puissent, chaque année élire deux hommes honnêtes de leur commune pour maire et que lesdits jurats, la veille de Sainte-Marie-Magdeleine, et le jour de Sainte-Marie-Magdeleine; élisent et proclament lesdits hommes honnêtes pour maire et que le lendemain de Sainte-Marie-Magdeleine, ils présentent lesdits hommes honnêtes dans le castrum de Bordeaux, au sénéchal de Gascogne, ou à son tenant-lieu, ou au constable de Bordeaux; et la présentation faite, ledit sénéchal, ou son lieutenant, ou le constable de Bordeaux, doit donner aux dits bourgeois comme maire celui qu'il voudra des deux susdits; que s'il ne le fait pas le jour de Sainte-Marie-Magdeleine ou le lendemain chaque année, que lesdits jurats puissent, par eux-mêmes, faire maire celui qu'ils voudront des deux susdits; et que ledit maire dirige la commune pendant l'année, et qu'il en soit ainsi à perpétuité par série ( 2 ).

ITEM. que ladite ville de Libourne soit à perpétuité dans la main du roi d'Angleterre, en sorte qu'elle ne soit en aucun temps rejetée de la main et Domaine royal: 

ITEM, que lesdits bourgeois, présents et à venir, et que leurs biens dans lad. ville. Soient francs, libres et exempts de toutes coutumes dues à nous ou à nos héritiers, soit en entrant dans lad. ville, soit en en sortant, et aussi en y restant; 

ITEM, nous voulons et accordons qu'ils ne soient tenus de faire la guerre que dans le diocèse de Bordeaux et le diocèse de Bazas, et que eux-mêmes et tous leurs biens dans notre terre d'Angleterre. D’Irlande, de Galles et d'Ecosse soient tranquilles et francs, et libres de toutes les nouvelles coutumes imposées dans lesdites terres;

ITEM, que chacun de lad. Commune paye les dépenses ou missions à faire pour lad. commune ou lad. ville de Libourne, ce qui aura été fixé par les jurats de lad. Commune; 

ITEM, nous accordons à ces mêmes bourgeois qu'il ne soit jamais porté atteinte à notre pouvoir pour dette étrangère, à moins qu'ils ne soient cautions ou débiteurs capitaux, aussi longtemps qu'ils seront prêts à rendre justice à leurs créanciers, devant le maire de lad. ville. 

En foi de quoi nous avons fait cette lettre patente. 

Donné à Vauvert (3), le jour de la fête de Saint-michel, la cinquante-quatrième année du règne (4) du Seigneur-roi notre père (5). 

(1)   Traduction de la charte, transcrite sur le Livre Velu fol. 15, par Jean Ducasse 1971
(2)  Par série d’un an.
(3)  Vallen-Viridem.
(4)  29 Septembre 1270.
(5)  Henri III (1216 - 1272)
(6) C'est la première fois, en 1270, que, dans les tettes, apparaît le nom de Libourne, et non celui de Fozera tour indiquer l'agglomération née au confluent de l'Isle et de la Dordogne.
 

Cette charte était accompagnée de la lettre suivante:
EDOUARD, fils ciné du Roi d'Angleterre, à ses baillifs, préposés et ministres, à tous et à chacun d'Angleterre, Irlande, Galles et Écosse, SALUT.

Nous vous mandons au sujet de nos bourgeois de notre ville de Libourne (6) que vous n'imposiez désormais aucun d'eux, ni à leurs biens aucune nouvelle coutume, car nous les tenons quittes, eux et leurs biens, et leurs héritiers, les habitants de ladite ville, et fous les bourgeois de lad. ville présents et futurs, de toutes nouvelles coutumes et pavages.

En témoignage de quoi nous leur avons accordé ces lettres patentes;

Donné à Vauvert, le jour de la fête de Saint-michel, la cinquante-quatrième année du règne du Seigneur-roi notre père. 

Roger de LEYBURN
Lettre patente du 24 Novembre 1269
Sachent tous, tant présents que futurs, que nous, Roger de Leyburne, gérant les pouvoirs du distingué seigneur Edouard, en Gascogne, selon la teneur de la lettre patente dudit seigneur, laquelle suit : 

Edouard, premier né de l'illustre roi d'Angleterre, au sénéchal et à tous les baillis et ses fidèles de Gascogne, auxquels les présentes lettres   parviendront, Salut. 

Sache votre université (1) que nous avons décidé d'envoyer, dans les régions ci-après, notre aimé et fidèle seigneur Roger de Leyburna, en qualité d'ordinateur, de réformateur et agent solennel [officiel] de nos affaires et de notre terre et ailleurs; à lui, nous transférons nos pouvoirs en toutes choses, lui donnant plein et libre pouvoir d'ordonner. de faire les opérations susdites, faire ressortir la justice, de rétablir la paix, d'établir des statuts et de corriger les coutumes, les modifier, abroger, révoquer, permuter, échanger, de prononcer des sanctions sur les actes et transgressions des quelconques sénéchaux, baillis ou de nos agents ou autres quelconques contre nous ou quiconque; d'enquêter et d'établir des amendes de créer et de connaître des infractions en notre nom; de muter nos baillis et connétables et d'en constituer d'autres; d'interpréter, de déclarer et de recevoir les comptes; de déplacer nos camps et de changer les bailliages, d'augmenter ou de diminuer les munitions, d'amender ou de modifier les quelconques conditions et privilèges, en général ou en particulier, de nos prédécesseurs ou d'autres; de faire les choses qui sont à notre honneur et au bien de la patrie, à temps ou à perpétuité; et verra à les expédier même si elles exigent un mandat ou un pouvoir spécial; les choses qui sont pour notre bien et pour celui de la patrie, même si nous serions prisent, nous les validerons et ratifierons et confirmerons à perpétuité pour nous et nos héritiers quoique ce soit en fait, dans les prémisses ou chacun des prémisses. Les lettres qu'il concède, d'après ci-dessus, nous décrétons qu'elles ont la même force que si elles étaient signées de notre propre sceau et en cela nous vous mandons d'être, à l'égard de ce même Roger, obéissants, compréhensifs et répondant en toutes choses, comme à notre égard (2). 

En témoignage de quoi, ces lettres qui sont nôtres nous les faisons patentes. 

Donné à Herbes, XVIIIIème jour de novembre, année 54 du règne du seigneur roi notre père (1269). 

Traduction jean DUCASSE. Juillet 1971.
(1) « Universitas : toute l'Assemblée et Communauté » (Robert ETIENNE Dictionnarium Latinogallicum, Paris MDXXXVIII.
(2) Roger est plus qu'un sénéchal puisqu'il peut les révoquer et Edouard ratifie ses actes par avance... C'est une sorte de missus dominicus pour mettre les choses en règle avant le départ pour la Croisade. (Note J. D.) 

11 juillet 2006

LiBoUrNe PlaGe 2oo6

C'est nouveau, c'est à Libourne, c'est Libourne Plage
avec 200 mètres de Plage recouverte de sable...

ça se passe à la Plaine des Dagueys

inauguration le Jeudi 13 juillet 2006

Libourne Avance - Les Dagueys

Libourne Avance - Les Dagueys (suite)

Hors-série juillet/aôut 2006 LibourneAvance.pdf

LiBoUrNe PlaGe

1 août 2007

La 3D sur GéoPortaiL.fr

Libourne en 3D sur Géoportail IGN

C'est en version Béta, mais depuis peu sur Géoportail nous pouvons profiter de la 3D. Il vous faudra avant tout  installer TerraExplorer téléchargeable iCi. Ce n'est pas encore du "Google Earth" mais ça l'avantage d'être français et de traiter tout le territoire...

Libourne en 3D sur Géoportail IGN

18 juin 2008

sPeCtAcLe 2oo8 de La BaTaiLLe

Castillon-la-bataille

Plus d'infos, prix et réservations sur
http://www.batailledecastillon.com 

Castillon-la-bataille

Castillon-la-bataille

Castillon-la-bataille

29 juin 2007

LiBoUrNe PlaGe 2oo7

Dagueys_004

1 mars 2024

CaNalBloG ChaNGe De LoOk pour Over-blog !! Grrrr !!

iCi C'eSt Chez Moi

Bon bée voilà !! Nouvelle interface pourri de over-blog pour gérer le blog
et plein de truc qui ne marchent plus

dont l'apparence de certaines photos, le menu de recherche, l'ordre des articles etc etc
Pas le temps de me pencher dessus... Bonne recherche quand-meme ...

18 septembre 2010

JourNées EuRoPéeNNes du PatriMoiNe 2010 à Libourne

Les Journées européennes du Patrimoine sont, chaque année, une belle occasion de découvrir le patrimoine qui nous entoure. En 2010, le thème retenu par le Ministère de la Culture est : "Les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l'histoire".

Patrimoine 2010 - L'affiche

Patrimoine 2010 - Le programme à Libourne

Cliquez pour agrandir

Cliquez pour agrandir

20 juin 2004

LiBoUrNe C'eSt iCi

LiBoUrNe C'eSt iCi

Mais c'est où iCi ?
Ici c'est en FRANCE dans le Sud-Ouest, en AquiTaiNe, (enfin plutôt en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes depuis le 1ᵉʳ janvier 2016) en GiRonde avec Bordeaux à 30 kilomètres au Sud-Ouest et SaiNt-EmiLion à 8 kilomètres à l'Est. Vous y êtes !?!

3 janvier 2007

IllumiNations De NoëL

IllumiNations De NoëL - JanVieR 2007

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