Le Blog de JM 33500 - LiBoUrNe, HisToiRe d'En ParLeR

Un p'tit blog pour vous raccontez l'histoire d'une bastide du nom de LIBOURNE en Gironde (Aquitaine)... et de ses environs... Condat, Castillon-la-bataille, Saint-Emilion...

20 juin 2004

SoMMaiRe

Castillon-la-bataille

La BaTaiLLe De CaStiLLoN
Le MoNuMeNt de TalBoT
Le LiVRe d'HeURes De TaLBoT *
SuR DeuX TroPhéeS De La BaTaiLLe De CaStiLLoN
Le MoNuMeNt deS FrèReS BuReaU
DeuX TéMoins De La BaTaiLLe De CaStiLLoN
ReConsTiTuTioN dE La BaTaiLLe - 2005 -
Manifestaions cherchent bénévoles (presse)
C'est ReParTi...
sPeCtAcLe 2oo7 de La BaTaiLLe
sPeCtAcLe 2oo8 de La BaTaiLLe

Condat

La BouCle de CoNdAt
Le TuMuLuS de CoNdAt
NoTiCe SuR CoNdAt
Un LiVre Sur La ChaPeLLe dE CoNdaT...

Curiosités

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La PieRRe à BaSSin de LuSSaC-de-LiBoUrNe
RéPerToiRe DeS MéGaLiThes du LiBoUrNaiS
La CoMManDeRie HosPiTalièRe de SaLLeBruNeAu
SaiNte-PréSenTine, EgliSe du 12ème SièCle
L'abbaYe De BlasiMon
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Libourne

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La 3D sur GéoPortaiL.fr
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Le fauTeuilL De FéConDiTé... LéGenDe ou Non ?
JourNées EuRoPéeNNes du PatriMoiNe 2008 - St-ÉMilioN

INFOrmationS

Le 1er FéVrieR : éTeinS La LuMière !
3 MiLLionS de FoYerS éTeinTs
BorDeauX ClaSSée PaTriMoiNe MonDiaL

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Le BlaSoN de La Cité

Blason de LiBoUrNe

Les armes de LIBOURNE se "lisent" :

En 1462, Louis XI vint à Libourne où il reçut l’accueil le plus chaleureux. En signe de reconnaissance, il concéda aux maires et jurats le droit de surmonter d’une fleur de lis chacun des mâts du vaisseau que portaient les armures de la ville. C’est donc depuis cette date que les armes de Libourne sont :

« d’azur, navire d’argent, les voiles dépliées, les trois mâts surmontés de trois fleurs de lis d’argent, voguant sur une mer du même, un croisant de sable en pointe ».

Nous retrouvons cette phrase de nos jours sont la forme suivante :

« d'azur, à un navire d'argent, flottant sur une mer ondée de même, les trois mâts supportant chacun une fleur de lis d'or, et, en pointe, un croissant de sable. »

Les voiles doivent être ferlées, c'est-à-dire roulées et attachées sur les vergues.

Le croissant symbolise le Confluent de l'Isle et de la Dordogne et rappel également que la ville est filleule de Bordeaux.

La devise "Insula Liburnium Duranius" (Libourne entre l'Isle et la Dordogne) a été forgée au XIXe siècle par l'archiviste Burgade qui, en bon latiniste, a fait un jeu de mots sur le nom de l'Isle (insula : l'ile).

Blason Ville de LiBoUrNe

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GéoGraphiqueMent

Pays

France France

Région

Aquitaine

Département

Gironde
(sous-préfecture)

Arrondissement

Arrondissement de Libourne

Canton

canton de Libourne

Gentilé

Libournais, Libournaises

Code INSEE

33243

Code postal

33500

Maire actuel

Gilbert Mitterrand
(depuis 1989)

Intercommunalité

Libourne, Génissac, Lalande de pomerol, pomerol, Moulon, Les billaux

Latitude

44° 55’ 26’’ Nord

Longitude

00° 14’ 30’’ Ouest

Altitude

2 m (mini) – 28m (maxi)

Superficie

2 063 ha = 20,63 km2

Population
(Sans doubles comptes)

23 000 hab.
(2005)

Densité

1 055 hab./km2

Taux de chômage (2005)

10,2%

Revenus moyens par ménages (2004)

14 337 € / an

Prix moyen de l'immobilier (vente)

1 951,53 € / m²

Ville fleurie

Trois fleurs

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LeS MaireS De LiBoUrNe

Gaston Lacaze

1798-1815

Auguste Dufau

1815-1828

Raimond Fontémoing

1829-1832

Jean David

1832-1848

Simon Boutin

1848-1849

Hippolyte Danglade

1849-1863

Emile Morange

1863-1870

Jean Carvès

1870-1871

Jacques Lataste

1871-1874

Albert Piola

1874-1876

Jacques Lataste

1876-1878

Elie Largeteau

1878-1881

Abel Surchamp

1882-1892

Louis Durand-Dégrange

1892

Louis Cimetière

1892-1896

Louis Durand-Dégrange

1896-1904

Abel Surchamp

1904-1912

Charles Sarrazin

1912-1913

Elisée Clerjaud

1913-1919

Charles Robert

1919-1935

Marcel Loubat

1935-1941

Abel Boireau

1941-1944

Léonce Nard

1944-1945

Jean Bernadet

1945-1947

Abel Boireau

1947-1959

Robert Boulin

1959-1979

André Teurlay

1979-1989

Gilbert Mitterrand

depuis 1989

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A VoiR Et A FaiRe...

Généralités historiques :
Site portuaire occupé dès l'antiquité, au confluent de l'Isle et de la Dordogne.

Ancienne bastide de Guyenne, fondée au 13ème par l'autorité anglaise, dotée de privilèges et gouvernée par un collège de notables élus: la Jurade.

Filleule de Bordeaux du 14ème.

A la Révolution, LIBOURNE suivit la politique de la métropole jusqu'au départ des troupes anglaises en 1453.

Ville à majorité catholique, sa proximité avec les foyers protestants en fit le théâtre de luttes pendant les guerres de Religion. LIBOURNE fut également assiégée pendant la Fronde.

Sous la Révolution, elle devint chef-lieu de district, puis au 19ème chef-lieu d'arrondissement et sous-préfecture.

Port actif jusqu'au 19ème.

Vestiges préhistoriques et antiques: Sépultures gallo-romaines, restes d'un important habitat et d'un four de potier.

Office du tourisme:

Le Carmel - 45 allée Robert Boulin, 33500 LIBOURNE
tél: 05.57.51.15.04
télécopie: 05.57.25.00.58
Email: officedetourismelibourne@wanadoo.fr

Site internet: www.libourne-tourisme.com

Visite guidée "Bastide de Libourne", Lundi au Samedi sauf jours fériés, 0557511504

Architecture civile :
Vestiges d'enceinte, porte du Port dite tour Richard 14ème.

Place entourée d'arcades. Hôtel de ville 15ème, très restauré début 20ème, cloches du beffroi 15ème et 16ème, groupe de marbre 18ème de Falconet, toiles de Philippe de Champaigne, de Lagrenée, de Rolland 19ème. Maison à tourelle 16ème.

Château du Pintey (privée): 18ème siècle, lambris cheminée, pigeonnier.
Château de Sales (privée): 1er moitié du 17ème siècle.

Maisons 18ème (souvent beaux lambris du 18ème) à très belles ferronneries.

Pont sur la Dordogne 19ème, élargi 20ème.

Architecture sacrée :
Église gothique Saint-Jean: 14ème/15ème siècle, remaniée à diverses époques: toiles 17ème et 18ème siècle de Manfredi, Philippe de Champaigne, Prudhomme, Suvée et Théophile Lacaze 19ème.

Chapelle romane de Condat (propriété d'une association): 11ème siècle agrandie 15ème: Vierge à l'Enfant 16ème, cloche 15ème, Vierge de bois 16ème.

Temple classique 19ème.

 

Musée(s) :
Musée René Princeteau: archéologie, peinture du 16ème au 19ème, nombreuses toiles de Princeteau et de Théophile Lacaze.

Musée Robin : histoire locale.

Bibliothèque municipale Condorcet : belles collections ; "Livre velu", recueil des chartes municipales.

Chapelle du CARMEL de LIBOURNE:

Le Carmel - 45 allée Robert Boulin, 33500 LIBOURNE
tél: 0557519105 (dimanche ouvert)

Musés des Beaux Arts de LIBOURNE:

tél: 0557553344 du lundi au samedi
http://www.ville-libourne.fr/index.php?id=352

Site(s) :

Confluent de l'Isle et de la Dordogne : vue sur le tertre de Fronsac. Promenade boisée sur les quais de la Dordogne.

Rue médiévale du "Carreyron".

Ressources et productions :
Vigne. AOC "Pomerol", "St-Émilion", "Bordeaux", "Bordeaux supérieur".

Spécialités :
Foie gras, perdreaux, pâtisserie: millas, lamproie, anguilles et alevins.

Gravières. Industries légères. Textile. Nouvelles Technologies.

Important secteur tertiaire et importante place de négoce en vins.

http://www.libourne-tourisme.com/gastrotradi.php

Vie locale :
Foire des Rameaux et du miel (8 jours vers début avril).

Foire aux fleurs (fin Avril) et Foire de la Saint-Martin (en Novembre).

Braderies, Brocantes, Fêtes foraines...

Salon auto-moto sur 3 jours (début Octobre), salon de l'habitat sur 3 jours (Mai)

Festival des Arts de la Rue de Libourne (Août): Fest'arts www.festarts.com

Actualités divers: www.libourne.com

Retrouver les dates et plus de renseignments sur le site officiel www.ville-libourne.fr

Marché :
Mardi, vendredi et dimanche de 6h30 à 12h30

(Place Abel Surchamp et rues adjacentes).

Le marché couvert du mardi au samedi de 6h30 à 12h30

et le dimanche de 6h30 à 13h30.

Retrouvez également des "Marchés Nocturnes"

certain Mercredis de 18h30 à 23h00 place Abel Surchamp:

le 14, 28 juin 2006, le 12, 19 juillet 2006 et le 02, 16 août 2006.

Le marché de Noël du 16 au 24 décembre 2006 de 9h00 à 19h00.

Loisirs :
Équitation, canotage, voile, installations sportives municipales...

Football Club Libourne Saint-Seurin: www.fclss.com

Randonnées pédestres...

Antiquaires. Active société archéologique de Libourne.

 

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25 juin 2004

La BouCle de CoNdAt

Qui de tous les Libournais n'est pas allé au moins une fois faire la "boucle de Condat" !! Source de végétations (vignes, bosquets et près), pour ne pas dire poumon de Libourne où promeneurs, sportifs et curieux viennent se ressourcer dans la Palu de Condat.
La route qui sillonne cet endroit forme une boucle de 2,5 km. Nombreux d'entre nous garons notre véhicule sur le parking de la Chapelle de Condat. Il faut effectuer environ 1 km de la Chapelle au début de cette boucle "routière".
En faite, cette dite boucle s'appelle ainsi à cause de la Dordogne, rivière qui forme une boucle.

Plan des environs Palu de Condat

Condat - Vue par satellite

Palu de Condat - Carte IGN

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08 août 2004

Le TuMuLuS de CoNdAt

(Extrait d’un recueil photocopié FL LIB 944.7 SAR « page 113 à 120 »

de la médiathèque Municipale Condorcet de Libourne
ou « Revue S.H.A du Libournais 1939-1940»)

Libourne - le tumulus de Condat

SITUATION

Le Tumulus de Condat est situé à une centaine de mètres au sud de l’église dans une prairie en bordure de la route qui, de Libourne, conduit à la Dordogne en face du Port de Génissac. A la place de cette prairie s’étendait il y a quelques années encore une vigne. A une soixantaine de mètres au sud de chevet de l’église, donc entre cette église et le tumulus, une source alimente le bassin d’une ancienne fontaine (au dessous de la niche qui renferme une statue de la Vierge est encastré un fragment de mosaïque en cubes blancs et rouges sur lesquels se détachent en noir les lettres E I D et au dessous N P. Ce fragment n’a point été trouvé sur place : c’est un morceau de pavage d’une basilique constantinienne exhumée à Carthage par le R.P. Delattre et donné par celui-ci à Mr l’abbé Salmon, curé de Condat).

Les jeunes filles vont, paraît-il, y jeter des épingles : si ces épingles se croisent, les jeunes filles sont sûres de se marier dans l’année. De plus, la tradition attache à ses eaux une vertu curative pour les yeux.

Bref, cette source a toujours été l’objet d’une certaine vénération qui s’est maintenue jusqu’à nos jours : pas plus tard qu’en 1933, en effet, la fontaine a été restaurée par les soins d’une famille du pays en reconnaissance d’une guérison inespérée attribuée à la « source miraculeuse ». Le lieu est appelé sur le Plan Cadastral dressé en 1845 « Pont de Condat » ; la situation en est assez remarquable. Le tumulus se trouve, en effet, à peu près au milieu de la base de la boucle que décrit la Dordogne avant d’atteindre Libourne : cette sorte d’isthme mesure 800 mètres ; le tumulus est à 350 mètres de la rivière à l’ouest, et à 450 mètres à l’est.

HISTORIQUE

Ce qui paraît assez surprenant, c’est que le tumulus de Condat n’ait été signalé à peu près par personne : ni par François Daleau dans sa Carte d’Archéologie Préhistorique de Département de la Gironde (1876), ni par G. Loirette dans un inventaire sommaire de L’Époque Celtique en Gironde (1933), ni enfin par J.Ferrier qui, résumant les travaux de ses devanciers, estime dans La Préhistoire en Gironde (1938) que le nombre des tumulus dépasse la centaine dans le département. Les historiens de Libournais, pas plus Guinodie que Souffrain, n’en ont davantage soufflé mot. L’Archiprêtre Latour dans une courte monographie consacrée à Condat n’en parle pas non plus.

Seul, Piganeau en a fait la brève mention suivante dans son Essai de Répertoire Archéologique du Département de la Gironde (1897) : « Tumulus inexploré renfermant probablement les restes des guerriers de 1377 et de 1453 », soit des deux sièges qu’a subis le château de Condat pendant la guerre de Cent-Ans. Nous verrons plus loin ce qu’il faut penser de cette conjecture. Mais il nous paraît nécessaire d’ajouter que là, comme ailleurs, les paysans d’alentour parlent encore de Veau d’or enseveli sous ce tertre. Dirons-nous que cette survivance d’une aussi lointaine tradition nous semble tout de même le gage d’une longue habitation dans ce lieu ?

FORME ET DIMENSIONS

Au surplus, l’aspect du tumulus est suffisamment caractérisé pour avoir légitimé d’y entreprendre des fouilles. La forme en est à peu près circulaire: 41 mètres dans l’axe Est-Ouest, perpendiculaire à la route ; 30 mètres dans l’axe Nord-Sud. La circonférence à la base mesure 130 mètres et au sommet, légèrement aplati, 33 mètres. La hauteur au-dessus du niveau de la prairie est encore de 3 mètres, car des labours successifs l’ont sans doute quelque peu réduite. C’est déjà une petite élévation qui se détache d’autant plus nettement  au-dessus du sol qu’elle est isolée et que le pays environnant, tout en palus, est plat. En général, les tumulus sont, au contraire, groupés. A La Brède, par exemple, ils sont au nombre de 9, de dimensions très inégales : leur diamètre varie de 6 à 20 mètres et leur hauteur se tient entre 50 centimètres et 3 mètre ; de même les buttes de Queyrac-Vendays, dans le Bas-Médoc, sont au nombre de 18: elles ont de 15 à 30 mètres de diamètres et de 2 à 3 mètres de hauteur.

C’est le mardi 19 mars 1940 à 09 heures, qu’était donné le premier coup de pioche dans le tumulus de Condat. Comme le conseille le Manuel de Recherches Préhistoriques, le tumulus a été attaqué par le Sud dans une tranchée de 1,40 mètre de large. Les travaux devaient durer du 19 au 23 mars et furent repris les 29 et 30 mars.

STATIGRAPHIE

Nous avons rencontré trois couches de terrain : une terre végétale superficielle d’une épaisseur moyenne de 0,10 cm, de l’argile grise avec traces ferrugineuses, homogène, compacte, terre forte très difficile à travailler, impossible à tamiser, parsemée de galets de la rivière. Cette couche atteint une épaisseur de 1,25 mètre puis de l’argile brune, plus friable, plus humide aussi, rencontrée jusqu’à la profondeur maximal à laquelle nous sommes parvenus, soit 3,30 mètres, profondeur à laquelle nous avons d’ailleurs trouvé la nappe d’eau, soit 30 centimètresau-dessous du niveau de la prairie et donc de la basse du tumulus. Nous n’avons pas pu aller au-delà. Ajoutons que cette couche d’argile brune se retrouve en profondeur à peu de distance de la surface de la prairie, ce qui tend bien à prouver que le tumulus a été constitué avec de la terre rapportée.

TROUVAILLES

Les découvertes n’ont point répondu à notre attente:

A 1,60 mètre de profondeur et à 5,40 mètres du centre, un fragment de poterie grossière, de 0,013 d’épaisseur, qui ne semble pas faite au tour, d’une pâte rouge au dehors, et brun-noir au dedans, mal cuite, trop dure toutefois pour être néolithique. Inutile de dire que cette découverte le second jour des fouilles nous avait donné grands espoir, ainsi que des traces charbonneuses qui n’étaient que des racines de vigne décomposées à l’abri de l’air.

Au centre, à partir de la profondeur de 2,25 mètres et jusqu’au fond, des débris gallo-romains consistant en tuiles à rebord et tuiles creuses, toutes en morceaux, de différentes couleurs et de différentes qualités, plutôt grossières. Au total une trentaine de fragments dans 10m3 de terre : il y en a peu de semblables. Ils ont été trouvés pêle-mêle, dans tous les sens, enrobés dans l’argile.

Divers fragments de poteries gallo-romaines, plus ou moins fines, provenant de débris de vases communs, en particulier un morceau de grande amphore ou de dolium, épais de 0,02 en moyenne.

Bref, cela ne paraît offrir rien de bien remarquable, car des débris de ce genre, on en trouve partout : nous en avons trouvé dans deux trous pratiqués au hasard dans la prairie à la base du tumulus et Mme de Molaing m’a confirmé qu’on en avait trouvé également en défonçant les jardins du château de Condat. Mais, pour n’avoir rien à nous reprocher, nous avons dépassé le centre du tumulus de 2 mètres environ dans toutes les directions et nous n’avons toujours que des débris de tuiles ; nous en avons même trouvé dans l’eau.

CONCLUSIONS

Ces résultats ne paraissent pas suffisants pour autoriser une conclusion précise. Ne voulant considérer que le certain édifié sur des constatations positives, voici ce que nous sommes en mesure d’affirmer :

Le Tumulus a été manifestement édifié avec de la terre rapportée, il a été édifié postérieurement à l’époque gallo-romaine ou même dès cette époque, l’opinion de Piganeau paraît controuvée, car si des guerriers avaient été ensevelis dans le tumulus au XIVe siècle, on n’eût point manqué d’y trouver des armes et des ossements.

HYPOTHESES

Alors, à quelle époque et dans quel but aurait été édifié le tumulus, si tumulus il y a ? C’est bien ce qui nous échappe.

Certains pensent que cette butte a pu être élevée pour rompre la force du courant d’inondation, venant par l’Est,

d’amont vers l’aval, et souvent très puissante en cet endroit. Il n’est pas rare que l’eau recouvre la palus de Condat et arrive jusqu’au presbytère. Précisément, en raison de ce danger, il semble qu’à une époque plus récente, on eût plutôt édifié une véritable digue.

Est-il possible d’y voir une motte de défense en avant du château et en liaison avec celui-ci ? Le tumulus paraît bien bas et bien petit pour avoir rempli cet office.

Rappelons enfin qu’à Condat on a souvent entendu dire par les vieux que «  le tertre » remontait au temps des Anglais. Il est vrai que c’est là une expression courante chez les paysans de la Gironde pour dater un monument ancien. La légende concernant le tumulus, aujourd’hui détruit, de Peychez, à Villegouge, nous paraît bien significative à cet égard. Ne raconte-t-on pas, en effet, que ce tumulus « aurait été construit en une nuit par les femmes des Anglais qui portèrent la terre dans leurs tabliers, afin d’établir des pièces d’artillerie pour tirer sur l’église » ? Nous ne croyons pas qu’il faille attacher à cette tradition plus d’importance qu’elle n’en a, bien qu’elle ait paru fort intéressante à François Daleau qui l’a retrouvée non seulement en Gironde, mais en Charente et Charente-Inférieure, en Dordogne, dans le Tarn et la Vienne.

Ce qui n’est pas une légende, ce sont les faits suivant que nous croyons utile de verser au débat. Par lettre en date du 07 juin 1335, Édouard III, Roi d’Angleterre, faisant don à Amanieu du Foussat de la terre de Condat pour une valeur de 100 livres sterl. « a luy cédée par le roi pour l’indemniser des pertes qu’il avait faites pendant la guerre ». Vingt ans plus tard, par de nouvelles lettres datées de 10 février 1355, Édouard III permettait à Amanieu du Foussat de bâtir un fort dans sa terre de Condat à la charge de le remettre aus mains du roi quand il en serait requis. Comme ont pourrait être tenté de voir dans le tumulus de Condat la base de ce fort, nous ferons observer que la butte est de dimensions bien modestes pour avoir convenu à cette destination, sans compter que, dans ce cas, les fouilles eussent bien permis de découvrir quelques vestiges de ces substructions, à moins que ce fort n’ait été qu’une simple tour en bois. C’est peu vraisemblable. Il y a donc tout lieu de penser que le fort d’Amanieu du Foussat doit être cherché ailleurs (peut-être dans la propriété de Mme de Molaing où « on a mis à nu, il y a un certain nombre d’années, plusieurs toises de fortes murailles ».

En tous cas, il semble difficile de voir dans le tumulus de Condat une sépulture néolithique ou de l’âge du bronze, violée à l’époque romaine et remplie de débris jetés en désordre, car on devrait alors y trouver d’avantages de débris, sinon quelque trace de construction ou de squelette : on n’eût, en effet, volé que les objets précieux. Cette dernière hypothèse semble procéder du roman.

Dans ces conditions, la seule chose que l’on soit en mesure d’affirmer avec certitude, c’est que le problème reste presque entier.

REMERCIEMENTS

Assurément, tout cela est assez décevant et on comprend fort bien, suivant l’expression de J.Ferrier, que les préhistoriens girondins « boudent à la tâches » en ce qui concerne les tumulus. Nous eussions sans doute fait comme eux, si nous n’avions trouvé chez tous et chacun un concours empressé qui nous a permis d’économiser temps, fatigue et… argent. Nous remercions donc tout particulièrement Mme Fourcaud-Laussac, propriétaire, Mr Feyzeau, métayer, qui nous ont donné les autorisations nécessaires pour fouiller. Mr le principal du Collège, qui a bien voulu s’entremettre auprès de Mr le Comandant d’Armes Joly pour obtenir le personnel indispensable, Mr l’abbé Salmon, curé de Condat, qui, par son amabilité coutumière, a tout rendu facile. Nous ne saurions oublier non plus l’équipe de travailleurs allemands qui s’est attelée à la besogna avec un soin et une diligence dignes de tous les éloges. Enfin, nous manquions à notre devoir si nous passions sous silence l’aide efficace apportée par la Société Archéologique du Libournais, son dévoué Président et son benjamin, René Möller.

Ainsi, grâce à la collaboration de tous, il y a un tumulus de moins à fouiller.

Henry de Sarrau.

Tumulus de Condat (2006)

Tumulus de Condat (2006)

Le Tumulus de nos jours...

...et une p'tite trouvaille pour le commentaire

qui a été posté sur l'histoire du terrain du tumulus

transformé en parcours de santé (photo 1989)

Parcours de santé Condat - Magazine info Libourne 1989

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12 janvier 2005

NoTiCe SuR CoNdAt

notice_sur_condat_0011NoTiCe SuR CoNdAt

NOTICE SUR CONDAT

Extraits  d’une notice rédigée par Monsieur l'Abbé LATOUR , publiée en 1895 

Cette notice n'est point une œuvre d'érudition, mais simplement une patiente compilation de tout ce qui a été écrit sur Condat et son pèlerinage. Jadis très renommé, ce pèlerinage, depuis sa récente restauration, devient plus cher que jamais aux habitants de Libourne et de tout le Libournais.

Souffrain, Guinaudie, Burgade et M. E. Piganeau se sont occupés de son importante histoire, et tout ce qu'ils en ont dit montre que ce sanctuaire des bords de la Dordogne n'est pas un des moins brillants fleurons de cette riche couronne de sanctuaires que le diocèse de Bordeaux possède en l'honneur de la Peine du ciel et de la terre. Et en effet, par son origine, ses éclatants miracles, sa splendide chapelle et le concours immense de pèlerins qui n’ont cessé de la fréquenter durant près de dix siècles, Condat tient sa place, et une place d'honneur, à côté de Verdelais, de Soulac, de Talence, d'Arcachon, de Lorette, de Montigaud, du Béquet et de Notre-Dame de Montuzet, près Blaye.

Le Père Jean-Emmanuel Drochon a parlé également de Condat dans son Histoire illustrée des pèlerinages français.

Mais, outre que ces travaux ne sont exempts ni de lacunes ni d'inexactitudes, quelques-uns sont loin de briller par la clarté de la narration.

C'est pourquoi, après avoir rectifié certains faits erronés, il nous a paru bon de grouper tous ceux qui étaient épars dans ces divers ouvrages, de façon à pouvoir présenter la légitime curiosité du public, dans une seule et même brochure, une monographie claire, exacte et complète de notre pèlerinage Libournais.

Tel a été le premier but de notre modeste travail.

Un second, que nous avions également à cœur, était de faire connaître et aimer davantage un sanctuaire où nos aïeux ont prié si souvent et où ils ont reçu tant de bénédictions. Nous étions persuadé que par là nous ne contribuerions pas peu au développement de ce pèlerinage qui, Dieu merci, prend de jour en jour une plus grande extension.

Puisse-t-il en être ainsi et daigne, en retour de notre humble labeur, au cours duquel nous avons goûté de bien douces joies, comme en goûte un fils quand il travaille pour sa mère, daigne Notre-Dame de Condat répandre sur notre ministère et sur notre paroisse les grâces les plus précieuses et les plus abondantes !