15 février 2007
LeS GRoTTeS De FeRRaND
Le terroir de Saint-Emilion abrite de nombreuses et inestimables manifestations de l'art et de l'activité des hommes qui, à toutes les époques, ont apporté à la ville et sa région son lot de monuments.
Mais il en est un qui reste ignoré du public et qui mérite d'être connu. L'historien qui révéla ce site ne fut autre qu'Emilien Piganeau. Il est paru depuis plusieurs publications apportant une vision très différente des grottes, de leur auteur, de leur finalité. Cette étude sommaire qui n'apportera rien de fondamentalement nouveau sur le sujet, a seulement pour objet d'offrir une synthèse des recherches déjà publiées. Enfin, j'essayerai, tout en recherchant ce qu'il faut garder de chaque auteur (et ce qu'il faut rejeter), de déterminer ce qui paraît le plus probable quant à « l'énigme Ferrand ».
C'est l’un des monuments les plus remarquables de la Juridiction de Saint-Emilion, un ensemble architectural fascinant, creusé face au midi dans une corniche calcaire qui domine la vallée de la Dordogne. Alternance du cercle et du carré, couloirs et autels cruciformes, salles en fer à cheval, loge ovoïde. C’est un univers poétique et sacré, envoûtant qui suscite maintes interrogations.
DESCRIPTION
Le souterrain de Ferrand se trouve sur la propriété de « Château Ferrand », commune de Saint-Hippolyte, à trois kilomètres au sud-est de Saint-Emilion. Exposées au midi, les grottes ont été creusées au flanc du coteau calcaire, dominant ainsi la vallée de Saint-Laurent-des-Combes. Le site comporte trois niveaux:
- une partie haute, issue du plateau naturel où s'amorce un escalier d'accès,
- une terrasse principale d'une largeur moyenne de huit mètres, permettant l'entrée dans les diverses grottes,
- une partie basse où a été réalisé un bassin qu'alimente une source.
L'ouvrage, que l'on peut diviser en trois parties, est en fait composé d'un ensemble de cavités taillées de main d'homme dans la roche sur plus de 100 mètres.
La partie occidentale est composée de trois salles rectangulaires indépendantes. Celle de gauche n'a rien de spécifique, mais la seconde est cruciforme. Quant à celle de droite, elle est bordée de bancs taillés dans le roc.
La partie orientale comporte elle aussi trois salles: deux d'entre elles sont ovales (dans l'une d'elles sont creusées sept niches). La troisième, carrée, donne accès à une galerie de 33 mètres qui, avec la salle carrée, communique avec l'extérieur par neuf couloirs perpendiculaires.
La grande galerie imitant la galerie des glaces du château de Versailles.
La partie centrale, appelée le « labyrinthe », est la plus curieuse. Son plan, complexe, est composé de galeries qui s'entrecroisent. Le long couloir (
HISTORIQUE
La première question qui vient à l'esprit lorsque l'on découvre ce site, à savoir quel en est l'auteur, on trouve une réponse immédiate à la lecture du testament d'Elie de Bétoulaud (A.D.G. 3 E 13.108 fol. 16 et suite (1705) - codicille 3 E 13.108 (1708) fol. 8 ou dans le bulletin de la Société des Archives Historiques de la Gironde, tome XIX, n° 164, Bordeaux, 1879, p. 386.):
"Je veux et entens aussy que mes héritiers et successeurs quy possèderont ma maison et seigneurie de Sainct Poly, près de Saint-Emilion, soient tenus d'employer tous les ans la somme de trente livres pour la propreté et J’entretiens des grottes magnifiques que j’ay faites creusées comme monuments éternels de la gloire du roy Louis le Grand, dans les rochers qui sont près de ladite maison..."
Elie de Bétoulaud (1637-1709) (ROQUETIE-BUISSSON (Vicomte de), Elie de Bétoulaud, Bordeaux, Imprimerie Gounouilhou, 1908) appartenait au milieu bordelais de la noblesse de robe et était lui-même avocat. Il se disait poète et fréquentait les milieux précieux parisiens. Il est à compter parmi les amis sincères de Mlle de Scudéry, dont il reçut estime et affection. Il partageait sa vie entre ses deux propriétés de Saint-Hippolyte, Bordeaux et la capitale où il côtoyait la cour. Ami de Conrart, Segrais, Fléchier, Mascaron, Chapelain, il connaît le confesseur de Louis XIV, le Père Lachaise, et la duchesse de Lorraine, à qui il a dédié des épîtres. Il prit parti pour Fouquet lors de son arrestation et pleure la mort de Pellisson.
Outre 1'«édification» de grottes comme hommage à la gloire d'un Roi, les manifestations de l'originalité de Bétoulaud ne manquent pas. Dans son testament toujours: "Comme (..) je souhaiterois de ranimer dans ma patrie l'amour presque éteint des belles lettres et quy ny ont este guere cultivées que par l'illustre Paulin, par le fameux Ausone, par Michel de Montagne et par Moy, je donne et lègue pour tous les ans, à perpétuité, une bague de diaments de la valeur de trente pistoles à celuy ou celle qui né ou née à Bordeaux ou dans toute J'ancienne sénéchaussée de Guyenne, aura au jugement de Messieurs de l'Académie françoise de Paris, composé à la louange d'une des plus belles actions de ce grand Roy, la plus belle pièce de poésie françoise..."
Nous avons dans ses écrits de nombreuses traces de son excentricité, qui, par endroit, peut paraître visionnaire. Il aurait bien vu en Bordeaux la capitale d'un seul royaume composé de la France et de l'Espagne par l'union des trônes. Le plan de la ville nouvelle qu'il décrit recoupe par bien des aspects ce que les intendants de Guyenne feront plus tard de Bordeaux.
Mais tous les rêves poétiques de Damon (Bétoulaud) se concrétisent dans cette entreprise extravagante que sont les grottes. Voici ce à quoi elles ressemblaient tel que nous l'apprend l'opuscule de Bétoulaud intitulé: « Description des grottes ou du labyrinthe de Damon » (Signalons que cet opuscule a été perdu depuis. Nous devons donc croire en la justesse des propos du Vicomte de Roquette-Buisson.)
"En sortant de la maison de Damon, qui est sur un costeau fort élevé, on passe dans un parterre en terrasse dont la vue, qui forme un quart de cercle, est parfaitement belle par les différents objets qui la composent. De ce parterre, on passe dans un bois de chesnes dont les allées forment un berceau fort exhaussé; du bois dans une longue allée à hautes palissades de charmes, et du milieu de cette allée dans une autre, au bout de laquelle on trouve une petite terrasse ballustrée en demi-rond, d'où J'on descend à droite et à gauche par deux routes ménagées entre les rochers et des arbres verts qui forment une manière de fer à cheval et qui conduisent, de chaque côté, par une pente fort douce et quelques marches fort commodes, à une grotte fort grande et fort claire".
On découvre ainsi "l'agréable vue d'une grande et belle plaine, meslée de terres, couverte de blés, de vignes, de bois, de prairies, de villages, de châteaux, de plusieurs tours et détours de la Dordogne", tout cela se terminant "par les beaux costeaux des pays d'entre-deux-mers, ce qui forme une espèce de vaste théâtre de cinq à six lieues (20 à 25 km) de tour".
De cette première grotte, on passe de plain-pied sur une autre terrasse jadis balustrée comme la première et de chaque côté de laquelle Bétoulaud avait créé deux cabinets de verdure à grands piliers de pierre joints par des barreaux de bois peints et formant deux ovales garnis d'orangers.
Au-dessous de la terrasse, s'étendait une vaste pièce d'eau alimentée par une source toujours claire, toujours pure, sourdant d'un rocher qui surplombait. Dans cette pièce d'eau, Damon fit rouler du haut du coteau de grosses roches qui en formaient le pourtour "ce qui avec le lierre qui s’y est meslé en quelques endroits, donne à ce lieu un air très agréable quoique sauvage en quelque façon".
De chaque côté d'une deuxième terrasse, quatre marches conduisaient à droite et à gauche à deux portes de fer grillées derrière lesquelles s'étendait avec symétrie le labyrinthe. Deux galeries hautes de huit pieds (
Plus loin, se trouvait une petite pièce ronde pour quatre ou cinq personnes, ornée de coquillages et de branches de corail, et dont la corniche était garnie "de limaçons d'Orient, de coquilles tigrées et de coupes de marbre serpentin, d'albâtre, de nacre, de cristal et de porcelaine". C'était là le cabinet et le salon dédié à Sapho (Mlle de Scudéry). Sans aucun doute, Bétoulaud espérait-il y recevoir sa fidèle amie. Mais rien ne permet de penser que ce rêve se réalisa. Mlle de Scudéry n'abandonna pas les rives de la Seine, tout en se montrant fort sensible à cette galanterie, ainsi qu'en témoignent plusieurs de ses madrigaux. Dans l'un d'eux, elle rapporte l'existence de volières dont ne parle pas Damon : "Il y a mesme de petites volières ménagées dans le roc à l'ouverture des fenêtres, remplies de sérins qui font un concert délicieux" (SCUDERY (Mlle de), Nouvelles conversations de morale, Paris, Imprimerie du Roy, 1688.)
Le grand roy avait lui aussi sa chapelle en ce rustique rocher; la gauche du labyrinthe était entièrement consacrée à son culte, "à cause de la beauté du rocher". Avec ses pilastres, le salon qui y était aménagé en son milieu "a, nous dit-il, l'air d'un petit temple et la lumière qui le pénètre par une fenêtre carrée, se condense au fond par un ovale de quatre pieds (
Cet ensemble ne parut pas suffisant à Damon et il imagina, à la louange de Louis XIV, un suprême et dernier effort. Si on pénètre, en effet, jusqu'à l'une des extrémités des deux premières galeries, on trouve un couloir intérieur unissant l'une à l'autre, les deux parties du labyrinthe (c'est le couloir d'entrée actuelle). Les deux parois extrêmes en sont percées de trous réguliers, formant par leurs entrelacs des L majuscules entrelacés. Ces petites ouvertures communiquent avec le fond latéral des deux galeries extrêmes du labyrinthe et la lumière pénètre par ces trous dans le couloir intérieur. "Elle éclaire, nous dit alors Damon, ces trois chiffres lumineux du nom du Grand Roy qui semblent estre composés d'étoiles brillantes ou de flammes de feu quand le soleil donne sur les fenêtres des grottes, effet surprenant et admirable". D'aucun nomment, ce dispositif "le confessionnal" donnant ainsi une destinée pieuse à une flatterie profane.
D'autre part, deux inscriptions rappellent les desseins de Damon. Sur la porte du labyrinthe de Sapho, on lit : « ET MUSIS ET OTIO » (Aux muses et aux loisirs). Sur l'autre: « ET VIRT. AETERN. LUDOVICI MAGNI » (A la vertu éternelle de Louis le Grand) pour témoigner, dit Bétoulaud, "que ce lieu est consacré à la vertu éternelle de Louis le Grand, aux muses et au loisir, afin qu'on y célèbre toujours en paix la gloire de ce héros."
Outre la grotte lyrique (parce que faite en forme de lyre) et diverses salles que l'on garnissait d'orangers et de jasmins d'Espagne, Damon créa une longue galerie qui, telle un cloître, ouvre en plein roc ses larges arcades sur la plaine de la Dordogne et "ce qui rend cette galerie très agréable, c'est qu'estant tout à fait libre en été, elle sert d'une riante et spacieuse promenade et qu'on y met des deux côtés, durant l'hivers, deux rangs de grands orangers entrelacés de divers pots de jasmins d'Espagne, de lauriers roses et autres fleurs qui craignent le froid... "
Joignez à cet ensemble de belles carpes qui viennent se disputer le pain qu'on leur jette dans la pièce d'eau et sur le haut du rocher "un petit bois charmant coupé confusément de petites routes tournoiantes".
Tout cela, il faut en convenir, justifiait presque la joie orgueilleuse que manifeste Bétoulaud en nous décrivant les grottes de Ferrand. "On est surtout obligé d'avouer, dit-il en terminant, qu'il a fallu beaucoup de travail, beaucoup de dépenses, beaucoup d'application et beaucoup de temps pour achever un si grand ouvrage dans un rocher qui était, en certains endroits, aussi dur que le fer même, mais Louis le Grand a tout fait surmonter et Damon a cru qu'il ne vivrait ni ne mourrait content s'il ne marquait par quelque chose d'éternel, son zèle et son admiration pour le plus grand des Rois".
L'entretien des grottes après la mort de Bétoulaud fut peu ou mal exécuté. Les propriétaires, émigrant à la Révolution, négligeront cette tâche à leur retour. Rien ne subsiste plus de ces délicatesses maniérées et surannées que Damon, sans se lasser, admirait. Le rocher est devenu aussi rustique que jadis; ainsi, la nature reprit-elle ses droits.
La question du modèle auquel a pu se référer Elie de Béthoulaud n'avait jusqu'alors pas eu de réponse. Marc Favreau y répond en partie et avance une hypothèse qui est d'autant plus digne d'intérêt qu'elle est à mon avis pertinente (FAVREAU (M.), Les Jardins de Gironde au XVIIe siècle, Mémoire de D.E.A. d'Histoire de l'Art moderne et contemporain, Université de Bordeaux III, 1990.) : "Il suffit de se replonger dans certaines grandes œuvres du XVIIe siècle, pour comprendre pourquoi ces grottes ont été creusées. L’Astrée influence fortement l'aristocratie européenne du XVIIe siècle. Ce roman-fleuve, vaste poème lyrique, descriptif et dramatique où l'amour apparaît sous toutes ses formes, raconte l'histoire de la Gaule au Ve siècle après J.-C."
Dans toute l'Europe, des groupes se constituent afin de faire revivre ces aventures romanesques. "Parfois, les lecteurs du roman prennent plaisir à se substituer en imagination à leurs héros, à rêver une vie à l'image de la leur et à se divertir quelques instants en portant leurs noms évocateurs, en tenant leurs rôles et en partageant leurs peines et leurs enthousiasmes. On joue le personnage de d'Urfé dans le parc et dans les jardins, près des grottes artificielles, des bosquets ombreux et des fontaines limpides" (LA THUILLIÈRE (R.), La Préciosité, Genève, 1966, p. 328) « Ainsi, il est fort possible que Bétoulaud, accompagné d'amis, se soit promené à Ferrand, habillé en berger ou en druide » (M. Favreau).
Or, il est certain que Bétoulaud a lu l'Astrée. Le Vicomte de Roquette-Buisson affirme même que la lecture de cet ouvrage a marqué notre homme. Il existe d'ailleurs dans l'Astrée plusieurs Damon. L'un, héros de l'Aquitaine, est chevalier et a pour fonction principale de combattre et d'aimer.
Il est dans l'ouvrage d'Honoré d'Urfé, un passage transposable à Ferrand: "...on entroit dans le jardin agencé de toutes les raretez que le lieu pouvait permettre, fut en fontaines et parterres, fut en allées et ombrages (...). Au sortir de ce lieu, on entroit dans un grand bois de diverses sortes d'arbres, dont un quaré estait de coudriers, qui tous ensemble faisoient si gracieux dédale (...). Assez près de là, dans un autre quaré, estoit la fontaine de l’Amour, source à la vérité merveilleuse (...). A J'autrequaré, estait la caverne de Daman et de Fortune, et au dernier, J'antre de la Vieille Mandrague(...). Outre que par tout le reste du bois, il y avait plusieurs autres diverses grottes si bien contrefaites au naturel que J'œil trompait bien souvent le jugement" (URFE (H. d'), L'Astrée, tome I, Lyon, Masson, 1926, p. 37.)
D'Urfé décrit plus loin ces grottes plus précisément: « L'entrée estait fort haute et spacieuse aux deux costez, au lieu de piliers, estoient deux termes (Pan et Syringue) qui sur leur teste, soustenoient les hauts de la voulte du portail (...), (et) estaient fort industrieusement revestus de petites pierres de diverses couleurs (...). Le tour de la porte estoit par le dehors à la rustique, et pendèrent des festons de coquilles rattachez en quatre endroits finissant auprès de la teste des deux termes. Le dedans de la voulte estoit en pointe de rocher, qui semblait en plusieurs lieux dégoutter desalpestre (...). Ce lieu tant par dehors que par dedans, estoit enrichy d'un grand nombre de statues, qui enfoncées dans les niches, faisaient diverses fontaines et touttes représentaient quelque effet de la puissance d’Amour". On découvre à nouveau combien les similitudes avec Ferrand sont nombreuses.
Plus loin, Marc Favreau propose: "La galerie aurait accueilli les orangers du labyrinthe et serait une serre, conçue peut-être d'après les théories de la Quintinie" (QUINTINIE (J. de la), le Parfait jardinier, Paris, 1695)
L'ÉNIGME FERRAND
Parler d'énigme quant aux grottes de Ferrand est inattendu. Cependant, une étude sur le site serait incomplète sans rendre compte de la littérature fantasmagorique qui aborde la question.
M. Michel Audouin n'hésite pas à affirmer (AUDOUIN (J.M.), Les Grottes de Ferrand, Opuscule n° 5 du Club de Recherches et d'Exploration Souterraines, 1984) que « Ferrand n'a pas une histoire mais des histoires, L'invisible aux yeux y est plus présent qu'il n’y paraît, c'est un lieu de connaissance et de savoir, chaque pierre et chaque mur valent plus que des livres ». « Aux forces de l'invisible, monument d'une technologie ignorée, Ferrand sait donner, lorsqu'il le faut, toute sa magnificence. »
Le ton est donné! Toutes les extrapolations sont alors possibles. M. Gérard de Sede (SEDE (G. de), Saint-Emilion insolite, Bordeaux, Imprimerie Pujot, 1980), affirme que Bétoulaud n'a point fait creuser les grottes: "Mais si, en disant qu'il les a fait (sic) creuser, il a voulu nous faire croire qu'elles n'existaient point avant lui, alors, il s'est vanté, manifestant, comme d'habitude, sa mégalomanie".
L'auteur fait remarquer que "Naguère, les habitants du pays appelaient d'ailleurs les grottes de Ferrand Grottes des druides", tout en rapportant une phrase de l'article de Piganeau en la déformant dans le sens de son propos.
M. de Sede pense que "le nom des grottes que nous venons de décrire provient d'un nom de personne". Puis il nous rapporte que "Ferrand, culdée écossais (qui) passa les dernières années de sa vie dans une grotte d’Aquitaine" (SEDE (G. de), Saint-Emilion insolite, Bordeaux, Imprimerie Pujot, 1980), tout en proposant l'hypothèse de René Guénon: "Il n’y a rien d'invraisemblable à ce qu'il y ait eu derrière l'Eglise culdéenne un ordre non plus religieux mais initiatique". Ce qui conduit à l'hypothèse suivante: "La grotte de Ferrand est-elle ainsi nommée parce que ce fut celle où l'ermite culdéen Ferrand finit ses jours ?"
Ferrand devient ainsi « un ancien lieu d'initiation» orné des principaux symboles maçonniques: « chaire », « étoile flamboyante », « acacia », « pierre cubique ». "Si ces grottes avaient été consacrées par les druides, il ne serait pas étonnant que l'ermite culdéen de Ferrand les ait choisies pour retraite. Puis, les siècles ayant passé mais la tradition demeurant, les grottes de Ferrand durent servir de lieu d'initiation à des francs-maçons de rite écossais".
Cette thèse fantaisiste a eu un certain crédit puisqu'elle est sympathique à M. Michel Audoin et qu'un journaliste l'a relatée (DEMPSTER, Histoire ecclésiastique d'Ecosse, 1628). Ce dernier ne présente pas même Bétoulaud comme un hypothétique constructeur des grottes. Il réactualise le problème et se demande si l'on n'y pratiquerait pas encore "à l'écart des curieux une magie venue du fond des âges."
Cette thèse fantaisiste rassemble tous les lieux communs de la littérature fantasmagorique: druidisme, ésotérisme, franc-maçonnerie... et c'est regrettable, Reste cependant que le problème posé de l'existence hypothétique de quelque cavité ou souterrain antérieur à 1'« édification» des grottes est intéressant. Stéphane Rousseau (Article de D. TERS dans le journal Sud-Ouest du 11 août 1983) précise que "certains détails font croire à l'existence d'un souterrain antérieur à l'époque du creusement du labyrinthe. Ainsi, par exemple, une galerie ovoïde (voir schémas), de largeur d'homme, creusée en diagonale nord/sud, et qui débouche sur l'extérieur". (Dans l'axe du bassin d'eau). Bétoulaud lui-même ne disait-il pas dans un recueil poétique que l'''on trouvait, au bas d'un creux mal ébauché, des sauvages Sylvains un asile caché."
L'occupation du lieu semble ancienne. Témoins ces trouvailles archéologiques faites au bas de la colline au siècle dernier: une sépulture d'enfant contenant une agrafe wisigothe, et préhistorique: des grattoirs, lames et outils divers en silex probablement de l'Aurignacien trouvés en 1950 sur le site et exposés au musée de Saint-Emilion.
Il est d'autre part vraisemblable que les grottes aient eu une quelconque utilisation après la mort du poète Bétoulaud. Je pense à cette inscription latine gravée dans la pierre: « OLIM ET MUSIC ET OTIO, NUNC AMORI ET VENERI » (Autrefois, on cultivait ici les loisirs et les muses; on honore à présent l'amour et Vénus).
CONCLUSION
Nous découvrons en définitive que chaque auteur a un certain mérite. Emilien Piganeau a eu celui de « révéler » le site. Sans le Vicomte de Roquette-Buisson, nous ne connaîtrions que partiellement les grottes telles que Bétoulaud les a conçues. Son témoignage a d'autant plus de valeur que sa source a depuis disparu. Vient ensuite chronologiquement Gérard de Sede, dont les propos, malgré tout sympathiques, ont contribué par une relative diffusion à faire connaître Ferrand. Quant à Michel Audouin, celui-ci a, avec le C.R.E.S., pratiqué sur le terrain de remarquables relevés topographiques. Restent les deux dernières publications: celle de Marc Favreau et de Stéphane Rousseau. Malgré les précédentes publications citées, ils ont su faire progresser la connaissance du site, et, pour la première fois, un article concernant Ferrand a dépassé le cadre régional.
Enfin, tous ont été séduits par ce monument qui se dégrade lentement et qui, d'aucun l'ont signalé, nécessite une sauvegarde. En effet, le calcaire s'effrite de façon inégale en divers endroits et les racines des arbres font par ailleurs éclater la roche.
(Il est a signaler également que d'autres grottes, sous la végétation, sont présente dans les environs - 500 mètres non loin de là - comme nous le montre la photos ci-dessous)
25 février 2007
La PieRRe à BaSSin de LuSSaC-de-LiBoUrNe
A l'extrémité sud-ouest du bois de Picampeau, commune de Lussac, se trouve un curieux monument décrit dans la Revue Historique et Archéologique du Libournais, tome I, p.19 (Abbé Bresque et d.-.A. Garde, « Lussac de Libourne et l'abbaye de taise »). La description suivante est tirée de la Revue H.A.L. 1951 à 53 p.88 à 94.
La pierre d'évier ou pierre des martyrs est un énorme bloc de calcaire de six mètres de longueurs sur une largeur maximum de quatre mètres, apparemment détaché du banc de rocher qui forme le plateau de Picampeau. Il est incliné à l'ouest sud-ouest. Dans son milieu et sur la face inclinée qui forme table est creusée une sorte d'auge en forme de trapèze allongé dont les bases espacées de quatre-vingts centimètres mesurent respectivement trente et soixante-deux centimètres. De la petite base un trou circulaire fait communiquer le bassin avec une rigole qui descend jusqu'à l'extrémité de la table. Par dégagement de la pierre, le bassin se trouve entouré d'un fort bourrelé. Aux extrémités est de la table existent deux trous cubiques de quinze à vingt centimètres de côté et dans la partie basse deux trous demi-sphériques.
Dans la Guyenne Historique et Monumentale (1842), Ducourneau signale la pierre des sacrifices de Lussac qu'il prend à tort pour un dolmen ; il donne un dessin tout à fait fantaisiste du monument. Dans l'Histoire de Libourne (1845) Guinodie dit quelques mots de la pierre de Lussac, visiblement inspirés par la monographie de Ducourneau (Guinodie, Histoire de Libourne, 1845, tome III, p. 242.).
Dans le Bulletin de la Société Archéologiquede Bordeaux (Bulletin Société Arch. de Bordeaux, 1876, tome III, p. 55, 56). Léo Drouyn s'attache d'abord à réfuter les dires de Ducourneau et donne à son tour une description inexacte du monument. « Des rigoles plus étroites, partant de la rigole principale se dirigent dans trois sens différents vers un des bords du bloc, une d'elles côtoie le flanc méridional de la cuvette. Un dessin joint à l'article montre bien les trois « pseudo-rigoles » partant de la rigole principale. On se demande comment un archéologue aussi distingué que L. Drouyn, qui nous a laissé des descriptions si complètes de nos vieilles églises romanes et des dessins si exacts de leurs sculptures, a pu induire ses lecteurs en erreur d'une façon si manifeste. En effet, les trois rigoles auxiliaires qui, nous le verrons, ne sont pas des rigoles, ne communiquent pas avec la rigole principale. Le dessin donné par L. Drouyn est tout aussi fantaisiste que celui de Ducourneau.
Nous ne signalerons que pour mémoire la brochure de M. Augey, La destination du mégalithe de Lussac assimilant la pierre à bassin un étalon de mesure de contenance (Edmond Augey, La destination du mégalithe de Lussac, brochure, Féret, Bordeaux, 1943).
Nouvelle étude de la pierre à. bassin de Lussac.
Le 2 mai 1943 nous avons procédé à un nouvel examen de ce monument en compagnie de nos collègues de Sarrau et docteur Bastin de Longueville.
Nous avons constaté l'existence d'une seule rigole écoulant le bassin et, sur la face sud de la table de pierre, la présence de trois sillons (le mot est du docteur Bastin) qui ne communiquent point avec la rigole.
Nous avons alors émis une hypothèse. La partie nord de la table a été aplanie, dégageant nettement le bassin et sa rigole; la partie sud est encore à l'état brut. Les sillons semblent être le résultat d'un travail préparatoire pour faciliter l'enlèvement de copeaux de pierre dans le but d'obtenir un dégagement identique à celui de la partie nord, travail qui ne fut pas continué. Nos collègues ne nous ont pas contredits.
Le docteur Bastin de Longueville fut formel: « Nous sommes en présence d'un monument druidique. »
Considérations qui ont motivé les fouilles. - L'opinion du docteur Bastin de Longueville sur l'utilisation du monument rejoint donc celles de Guinodie et de Ducourneau. Or si l'on dépouille la monographie de Ducourneau des développements romanesques auxquels il s'est complu et qui ont pu faire douter du sérieux de ses affirmations, il demeure que cet auteur a effectué des sondages au pied du monument, que ses fouilles ont livré des tessons de céramique qui attestent l'enfance de l'art (Ducourneau, Guyenne Historique et Monumentale 1842, loure I, p.). Guinodie a confirmé cette découverte : « Des débris de vases antiques ont été trouvé autour d'elle, les prêtres gaulois les employaient sans doute dans les cérémonies (Guinodie, ibidem).
Que Lussac ait été un centre gaulois très actif, nul ne le contestera. Une importante villa gallo-romaine y existait aux Ier et IIème siècles, d'après les vestiges retrouvés (J.-A. Garde, Le gallo-romain au musée de Libourne. Revue Rist. Arch. du Libournais, tome XVI, p. 29 à 32).
On fait généralement dériver le nom de Lussac du patronyme d'un grand propriétaire gallo-romain Luocius, possesseur de la villa. Mais une seconde hypothèse a été formulée d'après laquelle Lussac dériverait de incas et signifierait alors « le lieu du bois sacré ». C'est à un kilomètre de ce bois que le bourg de Lussac a été bâti (hypothèse de Jean Ducasse. Revue Hist. 1 rch. du libournais, tome XIV, p. 86 - 1946).
Enfin, c'est dans la commune limitrophe de Tayac, exactement à 6 km 500 du bourg de Lussac que fut faite, en 1893, la trouvaille retentissante d'un trésor gaulois : torque en or massif (au musée de Bordeaux), 73 lingots, 325 statères ou quarts de statères des peuplades gauloises des Arvernes et des Bellovasques (Dupuch, Revue Libournaise littér. Hist. Artist. Arcltéol., tome 11, 1900, P. 29).
La découverte de Tayac, les données étymologiques sur le nom de Lussac, l'importance du lieu à l'époque gallo-romaine militaient déjà en faveur de l'hypothèse docteur Bastin, Ducourneau, Guinodie. D'autre part des prospections préalables entreprises par nous dans les vignes qui entourent le bois de Picampeau n'avaient donné aucun résultat, pas plus que l'examen des terres rejetées par les lapins de garenne le long du banc de rocher. Il devenait donc évident que si des fouilles exécutées sur la terrasse sise à flanc de coteau, au pied même du monument, donnaient soit de la céramique, soit des silex taillés, soit des objets en bronze ou en fer, nous aurions la quasi-certitude que ces objets se rapporteraient à l'utilisation de la pierre à bassin et pourraient dater le monument.
Telles sont les considérations qui ont provoqué les fouilles dont voici le procès-verbal.
Procès-verbal et fouilles
Ce 6 mai 1949, avec l'autorisation et en présence du propriétaire du terrain, M. Boisdron, demeurant à Lussac, nous soussignés, membres de la Société Historique et Archéologique de Libourne :
Ducasse Bernard, demeurant à Lussac ; Garde Jean-André, demeurant à Saint-Denis-de-Pile; Magère Raymond, demeurant à Saint-Denis-de-Pile, avons exécuté des fouilles sur la terrasse mesurant 4 mètres x ' mètres, sise au-devant de la pierre à bassin de Picampeau, commune de Lussac, connue sous le nom (la pierre d'évier ou pierre des martyrs.
Une tranchée ouverte clans le prolongement de la rigole du bassin, par des terrassiers sous nos ordres, ne donna aucun résultat, mais perlait d'atteindre le rocher ou un remblai de rochers à quarante centimètres de profondeur.
Avec le consentement de M. Boisdron nous entreprenions alors de vider complètement la terrasse jusqu'à la sole rocheuse et de rejeter la terre dans le déblai après l'avoir criblée.
Ce travail lions permit de ramasser une trentaine de tessons de poterie disséminés sur la terrasse, dont un fragment ornementé avec portion de col de vase rencontré à la plus grande profondeur.
Absence complète de silex taillés ou d'éclats de taille.
La céramique fera l'objet d'une étude spéciale, mais d'un premier examen, nous avons unanimement considéré qu'elle était antérieure à l'époque gallo-romaine.
Les fouilles terminées nous avons été amenés à observer : que le monument n'est ni un dolmen (absence de supports), ni un menhir renversé, mais uniquement une pierre à bassin.
Qu'une seule rigole écoule les liquides provenant du bassin ainsi que l'ont dit Ducourneau et Guinodie; que les trois rigoles accessoires signalées par Léo Drouyn, toutes sur le côté sud du monument ne sont pas des rigoles, mais des sillons irréguliers - selon l'expression du docteur Bastin de Longueville - creusés dans l'intention évidente d'aplanir cette partie de la table de pierre ainsi que cela fut fait pour la partie nord.
Enfin deux trous cubiques creusés aux angles de la partie supérieure de la table semblent d'une époque relativement récente. Par contre, deux trous demi-sphériques creusés dans la partie la plus basse pourraient être contemporains du bassin.
Des signes gravés dans le fond du bassin sont des initiales dues aux soldats -américains qui ont tenu garnison à Lussac en 1918-1919.
Fait à Lussac-de-Libourne, le 6 mai 1949.
Examen de la céramique
1° Tessons provenant d'une coupe plate, épaisseur dix millimètres. Pâte noire à l'intérieur, gris-blanchâtre à l'extérieur. Dégraissant composé de grains de quartz et de petits fragments de silex. De la même pâte quelques tessons de six millimètres d'épaisseur.
2° Pâte brun-rougeâtre. Dégraissant composé de sable lin. Dans, ce lot partie inférieure d'une anse de petite dimension, largeur 20 millimètres, épaisseur six millimètres.
3° Tessons divers dont l'un brun sur une face, noir sur l'autre.
4° Neuf tessons de vases peu épais (quatre à cinq millimètres). Pâte blanchâtre, tessons montrant des traces de lissage avec poignée d'herbe. Dégraissant fin et irrégulier.
L'absence d'ornementation dans la poterie de ces quatre catégories rend difficile une classification rigoureuse. La comparaison avec la céramique néolithique si nombreuse au camp du Pétreau et l'absence complète de silex nous font rejeter de cette époque les tessons de Lussac. Le tout est à rapporter à la protohistoire.
5° Mais les fouilles ont précisément donné un fragment de la partie supérieure d'un vase ornementé. Epaisseur six à sept millimètres. Pâte noire à l'intérieur, rouge-brun à l'extérieur. Dégraissant de sable fin. Le col est lissé à l'extérieur et présente un cordon de petits creux ovales. La panse du vase est décorée de nervures longitudinales limées par
Déchelette représente un vase à nervures longitudinales (fig. 677k qu'il situe au second âge du fer -
C'est incontestablement à l'âge du fer que remonte le vase de Lussac et si l'on considère que les Celtes étaient en place en Gaule dès le début de l'âge du fer (Lot) cette poterie appartient bien à l'époque gauloise.
Au cours de l'excursion de la Société en pays Blayais, le 29 mai 1949, nous avons présenté cette pièce au savant archéologue A. Nicole qui, sans hésitation aucune, nous a déclaré: « Cette poterie est gauloise. » Au cours de la présentation en séance M. Ferrier Jean s'est rangé à cette opinion.
CONCLUSION
Des considérations qui ont précédé les fouilles. Des résultats donnés par celles-ci,
Aussi bien les témoignages écrits sur l'utilisation de ces pierres, depuis l'antiquité à nos jours, abondent. Depuis la Bible où l'on trouve dans le premier livre des Rois « Un jour qu'Adonis immolait des moutons, des bœufs et des veaux gras à la Pierre qui glisse, qui est près de la source du Foulon... », jusqu’au manuel de Saintyves cité plus haut, où nous lisons p. 378: « A Sid-Elkahir (Sud Algérien), les jours de fête et de pèlerinage on sacrifie toujours le bœuf paré de fleurs et de papier doré sur la vieille pierre des sacrifices, avec large bassin circulaire ».
La pierre à bassin de Lussac, monument de l'antiquité unique en Gironde, mérite d'être préservée des injures des inconscients. La question de son classement comme monument historique, qui n'a pas jusqu’'ici été prise en considération par les Beaux-arts doit être reconsidérée à la suite de l'heureux résultat des fouilles effectuées.
On peut considérer la pierre à bassin de Lussac comme une pierre à sacrifice de l'époque gauloise.
Un peu trop vite, semble-t-il, il avait été établi comme axiome que les pierres druidiques avaient disparu avec les derniers romantiques. Il appartenait aux préhistoriens d'en opérer la redécouverte. Au cours de la séance du 10 avril nous avons entretenu nos collègues de plusieurs monuments similaires signalés par le Corpus ou Folklore préhistorique de Saintyves. Marcel Baudoin est là-dessus catégorique : « Les anciens autels n'étaient que des pierres à bassin ».
Jean-André GARDE.
09 juin 2007
RéPerToiRe DeS MéGaLiThes du LiBoUrNaiS
Il existe peu d'ouvrages de synthèse sur les monuments mégalithiques de notre région. Nous en citerons deux : le premier, publié par l'Abbé Labrie en 1906 dans le Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux; le second, plus récent, bien que déjà ancien, est celui de M. Ferrier (La Préhistoire en Gironde, 1938, Le Mans) qui nous a servi, comme le précédent, d'ouvrage de référence tout au long de la nouvelle étude que nous entreprenons. Celle-ci aura pour but de mettre à jour les listes précédentes, et de servir de base à une étude plus vaste (à l'échelle départementale) que nous pensons mener ultérieurement.
Afin de ne point dépasser le cadre de notre revue, nous nous sommes limités au Libournais, c'est-à-dire à l'arrondissement de Libourne, auquel nous avons adjoint pour la commodité de l'exposé, certains cantons de l'Entre-deux-Mers figurant dans l'arrondissement de Langon.
Nous avons divisé notre inventaire en deux grands chapitres : d'une part, les monuments non douteux, conservés ou détruits, d'autre part, les monuments douteux non conservés. Dans la seconde catégorie nous avons été amenés à prendre en considération des mégalithes dont l'existence repose sur des bases faibles ou hypothétiques : toponymie, allusion dans des inventaires anciens ou textes peu explicites, et même faux mégalithes, que nous signalons afin d'éviter des erreurs futures. Le principe de la description sera le suivant :
1 - Situation: par rapport au bourg et à la localité la plus proche; coordonnées Lambert Zone 3 sur la carte de l'I.G.N. au 1/50.000e ; éventuellement lieu-dit de l'emplacement exact.
2 - Architecture.
3 - Fouilles.
4 - Folklore.
5 - Bibliographie.
Les auteurs les plus souvent cités sont indiqués de la façon suivante :
J. FERRIER: La Préhistoire en Gironde, 1938, Le Mans (= FERRIER).
Abbé J. LADRIE : Remarques sur les Monuments Mégalithiques de l'Entre-deux-Mers, Bull. de la Soc. Arch. de Bx, XXVIII, 1906, p. 50 à 65 (= LABRIE)
E. ANGEY : Notes relatives à des mégalithes récemment découverts, peu connus ou détruits, du département de la Gironde 1908, Bordeaux, Feret, édit. (= AUGEY, Notes)
C. BUTINEZ : Le Néolithique et la Chalcolithique dans le Centre-Ouest de la France, thèse dactylographiée (à paraître) (= BURNEZ).
G. LOIRETTE : L'Epoque celtique en Gironde, Bul. S.A. de Bx, t. L, 1933, p. 52 à 60 (= LOIRETTE).
Avant d'entamer notre sujet, je profite de l'occasion qui m'est offerte pour remercier mon maître en la matière, M. le docteur Riquet, qui a eu l'amabilité de m'ouvrir sa riche bibliothèque, et de toujours répondre avec patience à mes nombreuses questions, me guidant avec compétence dans mes recherches. De même, je remercie vivement notre Président M. Coffyn, qui a bien voulu m'éclairer de ses grandes connaissances de la protohistoire; et comme le Dr Riquet, m'a permis de puiser dans sa bibliothèque de nombreux renseignements inédits.
- INVENTAIRE DESCRIPTIF -
BELLEFOND (Canton de Targon; arr. Langon)
1 - Allée couverte du Maine du Prieuré
(Pas trouvé d'allée pour ma part, à part le lieu dit "Maine du Prieuré" !! juin 2007)
1 - Situation : Bellefond - 0,600 km Est ; Maine du Prieuré ; X 401,80 Y 277,40 (Podensac XVI-37).
2 - Architecture : Allée couverte de type Aquitain.
Longueur act. 8,40 rn-largeur 1,50 rn-hauteur de 0,60 à 1,10 m. Orientation: 135° A gauche, quatre supports de 0,60 m à 2,70 m. de long, dont un fortement incliné vers l'intérieur. A droite, un support de 0,60 m. de long. Deux dalles posées à plat sur le sol, à l'entrée, semblent être des montants renversés. Une dalle de chevet de 1,20 m de long. Deux tables basculées à l'intérieur du couloir, distantes entre elles de 1,30 m, mesurant 1,90 m x 1 m x O,65 m et 1,60 m x 1 m x 0,40 m. Calcaire à astéries.
Traces de tumulus ovalaire, sans structures apparentes.

Photos prises en 1979, avant le sacage du mégalithe intervenu ces dernières années.
3 - Fouilles : Fouillée par l'abbé Labrie entre 1910 et 1920. Une broche anciforme en os en proviendrait. Un tibia gauche appartenant à un individu adulte, brisé en deux fragments, a été recueilli par moi-même en surface, près du chevet, entre une table et un montant latéral de la paroi Sud-ouest.
5 - Bibliographie : LABRIE, Os travaillés d'usage inconnu, Bull. S.P.F. Avril 1921.

Photos prisent au "Maine du prieuré" (?)
2. 3 - Allées couvertes du Sabatey (photos juin 2007)
1 - Situation : Bellefond. - 0,500 km Nord; Sabatey 0,100 km Sud, Peyrelebade 0,150 km Ouest; X 401,20 Y 278,00 (Podensac XVI-37). Nous avons numéroté ces deux dolmens afin d'éviter toute confusion entre les monuments : n° 1 pour l'allée couverte de l'Ouest, n° 2 pour l'allée couverte de l'Est (environ 25 mètres entre les deux dolmens).
2 - Architecture : Allée couverte du Sabatey 1.
Longueur 8 rn-largeur max. 1,50 m, min. 0,80 rn-haut. de 0,50 m à 1,30 m. Orientation: 90°. Treize montants latéraux: six de 0,50 m à 1,40 m de long au Nord, sept de 0,90 m à 1,60 m de long au Sud. Un fond de 1,50 m de long. Une table à demi-effondrée de 3 m x 1,50 m x O,70 m. Seconde table de 2 m x 1,60 m x O,50 m, basculée et posée à plat sur le sol derrière la dalle de chevet. Dallage partiel de plaques de calcaire. D'après Burnez, l'élargissement du couloir au chevet est d'origine accidentelle. Calcaire à astéries. Traces de tumulus ovalaire, sans structures apparentes.
Allée couverte du Sabatey 2.
Non mesurable. Cinq montants debout, quatre couchés. Une table de 3 m x 2 m x 0,60 m, appuyée obliquement sur l'un des supports. Calcaire à astéries.
3 - Fouilles : L'allée couverte 1 a été fouillée par Daleau (Mai 1879).
Mobilier : ossements humains ; tessons de poterie néolithique (?) ; éclats de silex ; une broche anciforme en os mesurant 11 cm x 1 cm x 0,2 cm.
Objets non conservés, à l'exception de la broche précitée (Musée d'Aquitaine, Coll. Daleau)
5 - Bibliographie : L. DROUYN, Bull. S.A. Bx, t. I, 1874, pp. 157-160 LABRIE, p. 51-52; FERRIER, p. 261; BURNEZ, these.
BLASIMON (Canton de Sauveterre; arr. Langon)
4 - Menhir de la Chapelle N.-D. de Bonne Nouvelle (disparu)
1 - Situation : Blasimon - 2 km O.-SO ; Chapelle N.-D. de Bonne Nouvelle; X 406,70 Y 274,90 (Podensac XVI-37).
2 - Architecture : Haut. 1,50 m - largo 0,95 rn-épaisseur 0,54 m. Calcaire à astéries.
Ce menhir, autrefois couché, mesurait 2,50 m de long. Au siècle dernier, d'après Drouyn, il s'insérait dans «un alignement de pierres levées », actuellement disparu.
5 - Bibliographie : L. DROUYN, Notes historiques et notes archéologiques, t, 49, p. 220, texte daté du 19 septembre 1881 ; LABRIE, p. 59 ; FERRIER, p. 275.
5 - Dolmen de Casevert (disparu)
Sur la carte qui accompagne les « Variétés Girondines », Drouyn indique un dolmen près de Casevert (Blasimon - 4 km O-NO), sans autres commentaires. Labrie, qui le porte détruit en 1906, signale néanmoins qu'il a recueilli en cet endroit une petite hache polie et une pendeloque en roche schisteuse. Recherché sans résultat (1972).
5 - Bibliographie : L. DROUYN, Variétés Girondines, t. 3, 1878 ; LABRIE, p. 56-57 ; FERRIER, p. 275.
6 - La Grande Pierre (Menhir détruit)
Labrie, recopié par Ferrier, indique un menhir détruit au lieu-dit la Grande Pierre, près du hameau de Foubeaude, à 1,300 km du centre de Blasimon, vers le Sud-ouest ; sans autres indications.
5 - Bibliographie : LABRIE. p. 59 ; FERRIER, p. 276.
ESPIET (Canton de Branne; arr. Libourne)
7 - Dolmen de Lamothe (détruit)
1) Espiet - 0,500 km Sud; Lamothe 0,350 km NE ; X 393,70 Y 281,25 (Podensac XVI-37). Ce dolmen, détruit en 1957 par des carriers, s'élevait «sur une surface relativement plane du sol, qui correspond à un épaulement de terrain sur la rive EST du ruisseau de Camiac, affluent de la Canodonne, à proximité d'un petit thalweg» (SERONIE-VIVIEN, 1960).
2) Dolmen simple rectangulaire.
Longueur 3,20 m - largeur 0,90 m - hauteur 0,60 m.
Orientation: 135°. Quatre dalles: deux dalles latérales de 2,06 m et 1,83 m de long au NE et au SO, une dalle de chevet de 1 m de long fermant l'édifice au NO et un petit bloc de 0,76 m de long brisé en deux fragments, sensiblement détaché des autres montants et qui obstruait partiellement l'entrée au SO. Dallage de plaquettes de calcaire. La table avait déjà été détruite quelques années avant que les fouilles n'aient eu lieu. Calcaire à astéries.
Tumulus elliptique de 8 m x 6 rn x 2,50 m (grand axe NO-SE).
3) Fouilles R. Séronie-Vivien, 1956.
Le matériel anthropologique comprenait de nombreux ossements humains, fragmentés, dont l'étude n'a pas été publiée, ainsi que 186 dents définitives dont 20 incomplètement calcifiées et 30 dents de lait.
« De la détermination de chacune d'entre elles, il ressort que l'on a au maximum les restes de : onze adultes, dont deux âgés, quatre enfants de 11 à 15 ans, deux ou trois enfants de 2 à 5 ans» (SERONIE-VIVIEN, 1960). Mobilier: une pointe de flèche en silex, à pédoncule et ailerons arrondis, trouvée à côté du radius d'un bras en connexion anatomique ; une autre pointe de flèche ramassée par un promeneur ; trois éclats de silex informes ; deux menus tessons de poterie : l'un brunâtre très grossier, à dégraissant abondant, l'autre fin et rougeâtre mais minuscule ; une hache en silex poli à bords quadrangulaires longue de 107 mm, découverte par un paysan ; une perle en os cylindrique, il extrémités sciées et grosse perforation axiale ; une perle en os aux extrémités arrondies (aspect en olive) ; trois pendeloques perforées en coquille d'Ostrea ; une pendeloque en forme de griffe, perforée en coquille d'Ostrea ; une dentale.
5) R. SÉRONIE-VIVIEN, Bull. S.P.F. 1960, t. 57, pp. 677-688.
GARDEGAN-ET-TOURTIRAC (Canton de Castillon; arr. Libourne)
8 - Allée couverte de Pitray (photos juin 2007)
1) Gardegan - 0,800 km O-SO ; Pitray 0,200 km SO ; X 412,90 Y 292,20 Z 80 m (Libourne XVI-36) Sur propriété privée du château de Pitray.
2) Allée couverte de type Aquitain.
Longueur 9,50 m - largeur 1,10 m - haut. de 0,50 m à 1,70 m. Orientation: 90°. Une dalle de chevet de 3 m de long. Neuf montants latéraux : quatre de 1 m à 4,10 rn de long sur la paroi Nord, cinq de 1 m à 2,10 m de long sur la paroi Sud. Les tables sont absentes. La hauteur des supports décroît du fond vers l'entrée. Dallage de plaquettes de calcaire, « très endommagé par endroits» (LABRIE, 1907) Calcaire à astéries.
Traces de tumulus ovalaire sur la paroi Sud, sans structures apparentes.
3) Fouillée au siècle dernier par le Comte de Pitray qui y a recueilli des ossements humains, parmi lesquels deux crânes bien conservés. Fouillée en second lieu par l'abbé Labrie (Octobre 1906).
Mobilier : trois fragments de tibias ; éclats de silex ; tessons de poterie néolithique (?), non décrits, mais présentés comme similaires à ceux trouvés dans l'allée couverte de Curton (Jugazan, cf. N° 9). Objets non conservés.
5) LABRIE, Bull. S.A.B., 1907, t. 29, pp. 116-120 ; FERRIER, p. 268-269 ; BURNEZ, Thèse.
JUGAZAN (Canton de Branne; arr. Libourne)
9 - Allée couverte de Curton (photos juin 2007)
1) Jugazan - 0,900 km Sud; Taillefer 0,300 km SO ; X 402,40 Y 278,20 (Podensac XVI-37) ; Curton.
2) Allée couverte de type Aquitain.
Longueur 7,50 m - largeur max. 1,30 m, min. 0,73 m - haut. de 0,50 m à 1,10 m. Orientation: 90°. Cinq montants de 1,20 m à 1,35 m de long à gauche, trois montants de 0,85 m à 1,50 m de long à droite, une dalle de chevet de 1,10 m de long, légèrement inclinée vers l'extérieur, et une table de 2,60 m x 2,20 m x 0,50 m reposant sur trois supports et inclinée Nord-Sud. Hauteur et largeur décroissent du fond vers l'entrée. Dallage constitué par un affleurement rocheux dont les dépressions sont comblées par des plaquettes de calcaire. Une fenêtre semi-circulaire, de 0,70 m de diamètre, est taillée sur le bord supérieur des deuxième et troisième montants de la paroi Nord. La dalle de chevet porte une série de gravures en creux attribuables au Bronze ancien : cercle, fer à cheval, cercle surmonté de six rayons parallèles entre eux. Calcaire à astéries (Fig. 5).
Tumulus ovalaire de 10 m X 7 rn, sans structures apparentes. A la base, pierre dressée de 0,60 m de haut.
3) Fouillée par l'abbé Labrie en 1904.
Le matériel anthropologique comprenait les restes de huit squelettes humains (5 hommes, 3 femmes) en très mauvais état, allongés sur le dallage, vers le fond du dolmen.
Mobilier: une broche plate anciforme en os (Fig. 6), mesurant 17 X 1 X 0,2 cm ; un fragment d'une seconde broche, long de 4 cm, présentant une section plus épaisse, mais moins large que la précédente ; une hache de silex poli à patine blanchâtre (longueur 10,5 cm - largeur au tranchant 3,5 cm) ; une pendeloque en os ; trois coquilles marines perforées : deux du type Pectunculus, une du type Cardium ; un vase néolithique (?) trouvé brisé lors des fouilles, non décrit, et dont les tessons sont perdus : une hache de silex poli, trouvée brisée également au moment des fouilles et non conservée.
Traces de violation gallo-romaine à l'intérieur de l'allée couverte : foyer avec briques plates à rebord et tessons.
Ce qui reste du mobilier est déposé au Musée d'Aquitaine à Bordeaux.
5) LABRIE, p. 41-50 ; FERRIER p. 265-267 ; BURNEZ, thèse.
LES LÈVES-ET-THOUMEYRAGUES (Canton de Ste-Foy; arr. Libourne)
10 - Dolmen de Beaulieu ( ? )
Conil, recopié par Ferrier, signale «les vestiges mégalithiques de la Garenne de Beaulieu, dans le ravin de la Tuilerie, actuellement disparus et postérieurement à 1926 », sans autres commentaires. Ferrier qualifie ces ruines de restes de dolmen.
5) A. CONIL, Le Menhir des Goulards, Bull. S.P.F, t. 32 ; FERRIER, p. 282.
- Divers -
La carte des provinces de France de Belleyme (1780) indique un monument mégalithique (?) au lieu-dit Les Vergnes, à 1,300 km au S.E. de Beaulieu. En 1926, Conil aurait remarqué en cet endroit des dalles éparses gisant sur le sol, disparues par la suite avec le défrichement de la garenne où elles se trouvaient (CONIL, KH.A.L., 1933, T. 1, p. 68).
En 1938, une allée couverte a été indiquée par Ferrier (La Préhistoire en Gironde; 1938, Le Mans, p. 281) au lieu dit Les Sivadons. Après vérification personnelle sur le terrain, ces restes nous semblent douteux et ne doivent pas en conséquence être classés comme dolmen.
LUGAIGNAC (Canton de Branne ; arr. Libourne)
11 - Allée couverte de Peyrelebade (détruite)
1) Lugaignac - 0,600 km E.-NE. ; Peyrelebade ; X 399,80 Y 283,45 (Podensac XVI-37).
2) Allée couverte détruite. Elle a été signalée par G. Malvesin (pour prendre date) à la séance du 13 avril 1934 de la Société Archéologique de Bordeaux. Aucune description, ni publication de fouilles, n'ont été faites sur ce dolmen, dont nous n'avons pu trouver la moindre trace sur le terrain (1972).
5) Bull. S.A. Bx, 1934, t. 51, p. XXVII.
LUGASSON (Canton de Targon; arr. Langon)
12 - Allée couverte de Roquefort
1) Lugasson - 0,800 km Ouest; Roquefort 0,100 km Ouest; X 401,10 Y 275,80 (Podensac XVI-37) Sur propriété privée du château de Roquefort.
2) Allée couverte de type Armoricain enfouie dans les restes d'un tumulus allongé.
Longueur 14 m -largeur 1,50 rn-haut. (Sous la table 3) 1,30 m. Orientation: 100°. Un fond de 1,50 m de long. Vingt trois montants latéraux: onze de 1 m à 1,90 m de long à gauche, douze de 0,60 m à 1,60 m de long à droite. Quatre tables peu volumineuses de 1,70 m x 1,30 rn, 1,70 m x 1 m, 1,70 m x 1 m, 1,70 m x 1,40 m. La première repose sur le deuxième support de gauche et le deuxième de droite ; la seconde sur le deuxième support de gauche et le troisième de droite ; la troisième est soutenue par les troisième et quatrième supports de gauche et le cinquième de droite ; la quatrième par le septième support de gauche et le dixième de droite. Fragments d'autres tables sur le tumulus. Le septième montant de droite est basculé ; le huitième montant de la même paroi est fortement incliné vers l'intérieur. L'entrée est obstruée par une murette de pierres sèches qui réapparaît par endroits sur la paroi Nord et plus rarement sur la paroi Sud. Dallage de plaques de calcaire. La table de chevet porte à 0,60 m au dessus du sol dallé, un petit ensemble de sept cupules de 5 cm de diamètre en position semi-circulaire. Burnez les rapproche des colliers de l'allée couverte de Kergüntuil-en-Trégastel (Côtes-du-Nord). Calcaire à astéries.
3) Fouillée en 1923 par l'abbé Labrie.
Le matériel anthropologique comprenait un nombre très important d'ossements humains, en mauvais état, non étudiés, et perdus presque en totalité. Le Musée de la Société Linnéenne de Bordeaux conserve seulement deux calottes crâniennes provenant de cette allée couverte, dont celle d'un homme dolichocéphale. Mesures crâniennes utilisables (d'après le Dr. Riquet) : long. maximale 200 - largo maximale 130. Mobilier : une poterie néolithique (?) brisée ; perles en os ; éclats de silex ; coquilles marines perforées.
Fouillée ces dernières années par Mme J. Rousset-Larroque ; thèse en préparation.
5) BURNEZ, thèse ; FERRIER, p. 272.
13, 14 - Menhirs de Pontaret. Les Grandes Bornes. (photos juin 2007)
1) Lugasson - 2 km E.-S.-E ; Pontaret 0,300 km Sud; X 403,80 Y 275,50 (Podensac XVI-37).
2) Deux menhirs, l'un debout (1), l'autre basculé (2), à 300 m d'intervalle.
Ils représentent d'après Labrie, les restes d'un alignement orienté Ouest-Est.
Menhir 1 (Ouest) : haut. 1,65 m - largo 0,70 m - épaisseur 0,46 m. pour une partie enterrée de 35 cm seulement. Il a été renversé puis redressé. Menhir 2 (Est) couché (pas retrouvé pour ma part): long. 1,65 m - largo 0,55 m - épaisseur 0,30 m. Calcaire à astéries.
3) Près du premier menhir, «on a trouvé des haches polies et autres silex de la même époque» (LABRIE, 1906).
4) Les deux menhirs se nomment « les grandes bornes de Pontaret » et servent de limites aux communes de Lugasson, Frontenac et Blasimon. Avant la première guerre mondiale, les maires des trois villages se réunissaient une fois l'an, auprès du menhir couché, pour prendre un repas en commun, symbole de leur bonne entente.
5) 1. DROUYN, Variétés Girondines, t. 1, p. 392 ; LABRIE, p. 59 ; FERRIER, p. 270-271.
MARGUERON (Canton de Sainte-Foy ; arr. Libourne)
15 - Menhir du Roc ( ? )
En 1906, Labrie mentionne un lieu-dit Le Roc, à 0,500 km au Sud de Margueron, comme pouvant garder le souvenir d'un menhir. Les auteurs plus récents (LOIRETTE, FERRIER), recopient sans préciser davantage. X 434,50 Y 276,80 (Duras XVII-37).
5) LABRIE, p. 60 ; LOIRETTE, p. 57 ; FERRIER, p. 276.
MAURIAC (Canton de Sauveterre ; arr. Langon)
16 - Menhir de Balette. La Gran'Boyne.
1) Mauriac - 2,400 km NE ; Balette 0,400 km NE ; X 413,45 Y 277,05 (Podensac XVI-37).
2) Haut. 0,90 m - largo 0,70 Pl - épaisseur 0,30 m. Calcaire à astéries.
3) «Lors de la construction du chemin, on eut l'occasion de le déplacer un peu, et on trouva à côté une belle hache polie en silex blanchâtre» (LABRIE, 1906).
4) Le menhir s'appelle «La Gran'Boyne de Balette» et sert de limite aux communes de Ruch et de Mauriac.
5) LABRIE, p. 59 ; FERRIER, p. 275.
17 - Les Trois Pierres (Dolmen détruit)
1) Mauriac - 1,600 km Sud; Moulin de Grosseval 0,300 km N-NE, Les Claudettes 0,200 km NO ; X 412,15 Y 273,90 (Podensac XVI-37) Les Trois Pierres.
2) Dolmen simple. Orientation probable : Est-Ouest. Deux montants latéraux basculés (1,35 mX1 m x 0,40 met 1,30 m x 1 m x 0,60 m) gisant l'un dans un fossé, l'autre sur le rebord d'un champ planté de pieds de vigne, de chaque côté de la route communale Mauriac-RN 672. La pierre de droite porte une gravure : cercle assez profondément piqueté de 0,50 m de diamètre. Calcaire à astéries.
5) L. DROUYN, Variétés Girondines, 1878, t. 2, p. 496 ; LABRIE, p. 54 ; FERRIER, p.275.
MONTIGNAC (Canton de Targon; arr. Langon)
18 - Le Rocher (Menhir détruit)
Un menhir détruit est indiqué par Labrie au lieu-dit Le Rocher, à 1,400 km à l'Est de Montignac, sans autres commentaires. Les auteurs plus récents (Augey, Ferrier) confirment, sans apporter de précisions.
5) LABRIE, p. 60 ; AUGEY, Notes, p. 50-52 ; LOIRETTE, p. 57 ; FERRIER, p. 276.
NÉRIGEAN {Canton de Branne ; arr. Libourne)
19, 20 - Dolmens du Bois de Fourens ( ? )
1) 2) «On pouvait voir, il n'y a pas longtemps, deux dolmens dans la paroisse de Nérigean ; l'un d'eux, situé au Bois de l'Arcan, dans la propriété de M. de Saint-Cyr, a été entièrement brisé il y a trente ans environ. L'autre s'élevait dans une prairie, à 50 mètres de la métairie du Bois, appartenant aussi à M. de Saint-Cyr ; il a été renversé et en partie brisé ; il ne reste en place qu'un des supports, connu sous le nom de Pierre-du-Bois ; c'est une pierre brute posée de champ, orientée Est-Sud-Est, haute de 1,50 m, large d'autant, et épaisse de 30 centimètres. Deux blocs de rocher, gisant à quelques mètres de la pierre debout doivent être d'autres supports du dolmen, dont la table a été brisée, et sous lequel on a trouvé des ossements humains ». (DROUYN, 1875).
5) L. DROUYN, Bull. S.A. Bx, 1875, t. 2, p. 198 ; LABRIE, p. 53 ; FERRIER, p. 276.
PESSAC-SUR-DORDOGNE (Canton de Pujols ; arr. Libourne)
21 - Dolmen de la Tour de Beaupoil (détruit)
1) 2) «Entre le château de la Tour et Beaupoil, existait encore il y a trois mois, un beau dolmen formé de pierres meulières. Un correspondant de la Commission des Monuments Historiques de la Gironde, ayant déclaré qu'il ne s'agissait que de pierres issantes du sol, il a été démoli par le propriétaire du champ. Dans les environs, j'ai trouvé des silex taillés en flèches, en grattoirs, et des fragments de haches polies» (DROUYN, 1878).
5) L. DROUYN, Notes historiques et notes archéologiques, t. 49, p. 191, texte daté du 5 septembre 1878 ; LOIRETTE, p. 56 ; FERRIER, p. 276.
PUJOLS (Chef-lieu de Canton ; arr. Libourne)
22 - Dolmen de Peyre1ebade (enfoui)
1) 2) «Le monument de Pujols est un dolmen dont la couverture a été renversée ; mais les blocs latéraux, orientés Nord et Sud, sont encore en place. L'un d'eux a environ quatre mètres de longueur. Ce monument se voit au Nord de la commune, sur un haut plateau qui domine la vallée de la Dordogne, et le vallon de l'Escouache ; les paysans du lieu lui donnent le nom de Pierre Levée (Peyre-Lebade). C'est par ce même nom que les habitants du Périgord désignent les nombreux dolmens de leur pays. Le monument de Pujols est d'un calcaire gris, grossier, très dur, originaire de l'endroit» (JOUANNET, 1837).
Ce dolmen a été détruit vers la fin du siècle dernier par son propriétaire, qui l'a enfoui dans une vigne à 1 m de profondeur. Dans l'introduction à l'Histoire de France d'A. de Jouffroy, on trouve le terme de trilithe appliqué à ce mégalithe, ce qui indique qu'il s'agissait d'un dolmen simple tel celui de Bien-Assis à St-Antoine-du-Breuil (Dordogne).
5) ]OUANNET, Statistique de la Gironde, 1837, t. 1, p. 212 ; PIGANEAU, Bull. S.A. Bx, t. 9, p. 81 ; COOK, Bordeaux et ses vins, 1850, p. 42, Féret, édit. ; GUINODIE, Histoire de Libourne, t. 3, p. 330, Bordeaux Faye édit. ; L. DROUYN, Variétés Girondines, t. 2, p. 235, 1878, Bordeaux ; DE JOUFFROY, Introd. à l'Hist. de France, 1838, p.41, Paris-Breton édit. ; LABRIE, p. 53.
LA RÉOLE (Chef-lieu de Canton; arr. Langon)
23 - Menhir de Peyrefitte ( ? )
Labrie, recopié par LOIRETTE et FERRIER, mentionne un lieu-dit Peyrefitte (La Réole - 1 km Nord), comme gardant le souvenir d'un menhir. En 1908, Augey parle de deux pierres brutes de 1,96 m et 1,12 m de haut, provenant selon lui, d'un seul et même bloc fragmenté, ce qui nous paraît assez singulier. Nous n'avons retrouvé (1973) que le plus petit des deux blocs cités, encore qu'il soit légèrement plus élevé que ne le dit l'auteur (1,20 m x 0,50 m x 0,30 m). Son allure est bien celle d'un petit menhir, mais son implantation suspecte, le rend un peu douteux. Calcaire à astéries.
5) LABRIE, p. 59 ; AUGEY, Notes, p. 48 ; LOIRETTE, p. 57 ; FERRIER, p. 276.
RIOCAUD (Canton de Ste-Foy ; arr. Libourne)
24 - Les Trois Pierres (dolmen disparu)
1) Riocaud - 2 km Sud; X 430,40 Y 274,70 (Duras XVII-U7).
2) Dolmen détruit, signalé comme tel par l'Abbé Labrie qui ne semble pas en avoir recherché les vestiges. Augey précise qu'il restait de ce monument, en 1908, un bloc dressé orienté E.-O., et mesurant 1,27 m x 0,33 m x 0,30 m, auprès duquel gisaient deux dalles basculées de 1,13 m et 1,92 m de long. Ces pierres qui se voyaient sur le côté droit de la route départementale de Riocaud à Savignac (L.-et-G.) n'existent plus actuellement.
5) LABRIE, p. 55 ; AUGEY, Notes, p. 57.
25 - Peyré de veire méjour (menhir détruit)
1) Ce lieu-dit est situé à 400 m à l'Ouest de la ferme des Trois Pierres.
Labrie pense qu'il désigne l'emplacement d'un menhir disparu, ce qui nous paraît très vraisemblable. Les autres auteurs (AUGEY, LOIRETTE) recopient sans apporter de précision.
4) Le nom semble indiquer une légende de pierre tournante, analogue peut-être à celle de la Pierre qui danse à Saint-Aignan (cf. n° 27).
5) LABRIE, p. 60 ; AUGEY, Notes, p. 53 ; LOIRETTE, p. 57.
ROMAGNE (Canton de Targon; arr. Langon)
26 - La Grande Pierre (menhir disparu)
Labrie, recopié par Ferrier, indique un menhir disparu dont l'emplacement était situé dans le champ de la Grande Pierre, à 400 m du centre de Romagne, vers le N-E, sans autres commentaires. X 399,20 Y 277 ,30 (Podensac XVI-37). Augey parle de deux pierres pyramidales de 1,37 fi et 1,26 m de haut qui nous semble douteuses.
5) LABRIE, p. 60 ; AUGEY, Notes, p. 53 ; FERRIER, p. 276.
SAINT-AIGNAN (Canton de Fronsac; arr. Libourne)
27 - La Pierre qui danse (détruite)
1) Saint-Aignan - 1,200 km NO ; Terrachère 0,200 km SO ; X 390,90 Y 298,25 Z 70 rn (Libourne XVI-36) ; La Pierre qui danse.
2) Bloc de calcaire à astéries posé à plat sur le sol (menhir couché ?), porte une série de cupules artificielles de 5 à 7 cm de diamètre et de 3 à 4 cm de profondeur. Longueur 1,50 m - largeur 1 m - épaisseur 0,30 m. Ce bloc a été débité vers 1930 en plusieurs fragments, dans le sens de la largeur, replantés pour servir de bornes « dans une courbe que fait le chemin qui va de Meyney à la route de Vincent à Bois-Vert ».
N.B. - Détruite en 1973-1974 à l'occasion d'une plantation nouvelle (B.D.).
4) Cette pierre bougeait certains jours à midi.
5) B. DUCASSE, Curiosités Fronsadaises, Une pierre à Cupules (?) .. pp. 1-3, Libourne (Extrait de R.H.A.L., n° 60, 1950, p. 50-52).
SAINT-ANDRÉ ET APPELLES (Canton de Ste-Foy; arr. Libourne)
28 - Menhir des Goulards
1) Appelles - 0,900 km SE ; Goulard 0,300 km SO ; X 430 Y 280,85 (Duras XVII-37) ; Bois de la Garenne au Nic.
2) Beau menhir trapu de 1,80 m de haut, relativement épais 0,70 ml, largeur au tiers inférieur 1,50 m. Calcaire de Castillon.
5) CONIL, Le Menhir des Goulards, Bull. S.P.F., t. 32, p. 486 et suiv. et R.H.A.L. 1933, t. 1, p. 66 ; FERRIER, p. 282.
29 - Dolmen des Goulards (non retrouvé)
1) Appelles. - 1,300 km E.-SE ; Goulard 0,300 km Est; X 430,55 Y 281,05 (Duras XVII-37) ; Bois de la Croulette.
2) « ... à peu de distance de l'ancien moulin des Goulards, on remarque deux rangées de dalles, en calcaire de Castillon, alignées et plantées debout ; tout autour gisent d'autres dalles plus grandes qui devaient faire partie de cet ensemble avant sa ruine. En lui restituant sa couverture et sa dalle d'entrée, ce petit dolmen devait faire environ 3 m de long, 1 m de large et 1 m de haut. Son orientation devait être voisine de 1580 Est géographique ».
Monument non retrouvé (1973).
3) «Dans l'aire même du monument les fouilles n'ont rien donné, mais à peu de distance M. F. Maurin a recueilli les objets suivants qui font partie de sa collection : une petite hache polie en serpentine verte (dim. 0,05 et 0,028 m au tranchant) portant à son sommet une perforation de suspension de forme biconique, en partie disparue par suite de cassure, et un peu plus bas, une seconde perforation conique peu profonde ; une autre petite hache polie brisée à son sommet en roche noire, mesurant 0,038 m de haut sur 0,031 m au tranchant; une troisième petite hache polie en roche noirâtre avec petits cristaux plus clairs ; son sommet est arrondi et piqueté ; elle mesure 0,038 m de haut sur 0,028 m au tranchant. Sommet arrondi d'une petite plaque pendeloque cassée, en schiste, percée d'un trou biconique de suspension ; en dessous de ce trou, sa surface est ornementée d'un dessin ou trait, en arêtes de poissons, rappelant certaines gravures sur os des cavernes ou certains signes runiques. Enfin, pour terminer la série, une pointe de flèche en bronze' avec pédoncule et ailerons.»
Mobilier non conservé.
5) CONIL, RH.A.L., 1933, t. 1, pp. 66-67.
SAINT-SULPICE-DE-FALEYRENS (Canton et arr. Libourne)
30 - Menhir de Pierrefitte (photos 2007)
1) Saint-Sulpice-de-Faleyrens - 1,600 km NO ; Pierrefitte 0,100 km NE X 399,20 Y 291,05 Z 10 m (Libourne XVI-36).
2) Superbe dalle spatuliforme de section quadrangulaire, grand axe orienté Nord-Sud. Haut 5 rn-largeur max. 3 m, min. 2 rn-épaisseur 1,50 m. Calcaire à astéries.
3) D'après Piganeau, une fouille fut faite à sa base au siècle dernier. Elle mit au jour une tombe mérovingienne en brique, contenant des ossements et deux clefs en fer.
4) «La très Sainte Vierge se rendant de Saint-Emilion à la Sauve (ou vice versa), portait sur sa tête ou dans son tablier, cette pierre destinée à l'achèvement de l'un des deux clochers. Apprenant en cours de route que les travaux étaient terminés, elle laissa choir la pierre au lieu où elle se trouve actuellement» (PIGA¬NEAU, 1874).
Un trou à offrandes, de forme ovale (0,14 m X 0,12 m, prof. 0,32 m) a été taillé à 0,70 m du sol dans l'épaisseur du menhir, à une époque relativement récente.
Le menhir désignerait l'emplacement d'un veau d'or.
5) PIGANEAU, Bull. S.A. Bx, 1874, t. 1, pp. 143-149 ; FERRIER, p. 261.
SALLEBRUNEAU (Canton de Targon arr. Langon)
31, 32 - Allées couvertes de Bignon (Juin 2007)
1) Sallebruneau - 3 km SO ; Bignon 0,150 km Ouest; X 402,10 Y 272,40 (Podensac XVI-37).
Nous avons numéroté ces deux allées couvertes : n° l' pour l'allée couverte de l'Ouest, n° 2 pour l'allée couverte de l'Est.


Pas très convaincantes ces photos prisent sur place !?!
J'ai été guidé à cette endroit,
il s'agirait de l'Allée de Bignon 1, monument effectivement très en ruine.
2) Allée couverte de Bignon 1.
Longueur act. 3,80 rn-largeur indéterminable - hauteur 1 m. Orientation : Est-Ouest. De ce monument très ruiné, il ne reste plus en place que deux montants latéraux de la paroi Sud. La dalle de fond et la paroi Nord ont disparu. Une table de 4 m de long est posée à plat sur le sol, au Nord des supports latéraux. Calcaire à astéries. Vestiges d'un tumulus sur la paroi Sud.
Allée couverte de Bignon 2 (type armoricain). Longueur 13,60 rn-largeur 0,90 rn - hauteur 1 m.
Orientation: 90°. Sept montants de 0,80 m à 1,65 m de long à gauche, six montants de 0,60 m à 2 m de long à droite. Un fond de 1,60 m de long. Les tables sont absentes. Calcaire à astéries.
Traces d'un tumulus allongé sur la paroi Sud et derrière le chevet.

Peut-être les restes de l'Allée de Bignon 2 !!
(30 mètres de Bignon 1)
"Une autre nécropole remarquable est celle du bois de Bignon (Frontenac) où une belle allée couverte classique est au voisinage immédiat de deux dolmens simples. On peut suggérer ici que l'allée couverte, construite initialement, aura servi de pôle d'attraction pour deux petites sépultures mégalithiques mitoyennes." (extrait de "L'Entre-Deux-Mers à la recherche de son identité" oct 1990 page 15)
J'en conclu que l'allée de Bignon 2 se trouve à l'intérieur des bois mais, sur place, il s'avère plutôt compliqué de rentrer dans les "bosquets" qui se révèlent plutôt épais pour ne pas dire non entretenus.
3) Fouilles Daleau et Dulignon-Desgranges (1879) Allée couverte de Bignon 1 : lames de silex.
Allée couverte de Bignon 2 (1/4 seulement de la sépulture a été fouillée) : silex ; haches polies ; dents et coquillages percés ; nombreux ossements humains, parmi lesquels un tibia présentant un particularité paléopathologique consistant en une fracture consolidée.
Mobilier et ossements provenant de cette fouille, non conservés.
5) L. DROUYN, Variétés Girondines, 1878, t. III, pp. 143-146 ; LABRIE, p. 52-53 FERRIER, p. 269-270 ; BURNEZ, thèse.
33 - Las tres Peyras - les trois pierres (dolmen disparu)
Labrie, recopiant Drouyn, indique un lieu dit «las tres peyras », près de la vieille fontaine de Sa1lebruneau, comme gardant le souvenir d'un dolmen. En 1908, Augey mentionne la présence de deux dalles basculées, de calcaire à astéries, ayant pu faire partie du monument avant sa démolition, devant le porche de l'église désaffectée de Sallebruneau. Ces blocs de 1,60 m et 1,75 m de long, existent toujours à cet endroit (1973), mais leur nature protohistorique est invérifiable actuellement.
5) L. DROIJYN, Variétés Girondines, 1878, t. 1, p. 485 et p. 501, t. III, p. 5 ; LABRIE, p. 55 ; AUGEY, Notes, p. 73-74.
SALLES (Canton de Castillon; arr. Libourne)
34 - Menhir de Puy Landry (photos juin 2007)
1) Salles - 0,900 km Ouest ; La Clotte 0,300 km Ouest; X 414,10 Y 294,05 Z 90 rn (Libourne XVI-36) ; Puy Landry.
2) Beau menhir trapu de 1,90 rn de haut, formé d'une dalle de 0,70 rn d'épaisseur, largeur au tiers inférieur 1,50 m. Calcaire à astéries.
3) Les sondages effectués par l'Abbé Labrie, à la base du menhir, se sont révélés négatifs.
4) LABRIE, Bull. S.A. Bx, 1906, t. 28, p. 63 et 1907 t. 29, p. 58 ; FERRIER, p .263 ; AUGEY, Notes.
- MONUMENTS DOUTEUX NON RETROUVÉS -
a) Toponymie
Quatre expressions sont à retenir en ce qui concerne les monuments mégalithiques:
- pour les dolmens : pierre levée et pierre couverte (ou leurs variantes).
- pour les menhirs pierre fitte (ou frite) et pierre plantée.
«Pierre couverte» n'apparaît pas dans notre région. Il en est de même de « pierre fitte », si l'on excepte les localités de Saint-Sulpice-de-Faleyrens et La Réole déjà citées dans l'inventaire.
Par contre, «peyrelebade» se retrouve dans cinq communes : Saint-Michel-de-Fronsac, Jugazan, Juillac, Naujan, Salles.
«Pierre plantée» apparaît dans deux communes seulement : Puynormand et Saint-Sulpice-et-Cameyrac.
Cette liste qui ne se veut nullement exhaustive (car nous avons limité nos recherches dans ce domaine) pourra certainement s'enrichir dans le futur de quelques additions.
b) Quatre mégalithes, signalés dans l'inventaire des Mégalithes de la France (paru en 1880 dans le Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris) paraissent résulter de confusion entre localités. Ce sont des menhirs d'Asques et Saint-Romain-Ia-Vignague, et les dolmens de Baigneaux et La Rivière.
Le reste de dolmen indiqué par Piganeau aux Mousses, commune de Sallebœuf (Bull. S.A. Bx, 1897, t. 22, p. 20) nous semble également douteux, car repris par personne. Nous l'avons, du reste, cherché sans résultat. Enfin, rappelons pour mémoire, que J-A. Garde, se basant sur la réponse du Curé de Saint-Christophe-de-Double au questionnaire Beaurein (1775) signale l'éventualité d'un cromlech détruit sur cette commune (RH.A.L., 1938, t. 5, p. 50).
c) Faux mégalithes
Lussac: pierre à bassin du bois de Picampeau (faux-menhir).
Nérigean : pierre du vallon de la Fée (faux-menhir).
Margueron : pseudo-dolmen des Chapelles. C'est en réalité un caisson gallo-romain, comme le montrent ses dimensions très réduites : 1,65 m x 0,30 m x 0,30 rn, et son mobilier typique: poteries gallo-romaines, trois briques plates à rebord romaines, une tête de sanglier (fouilles Ferrier, 1937).
Marc DEVIGNES.
ps: en rouge les rajouts de ma part...
24 juin 2007
La CoMManDeRie HosPiTalièRe de SaLLeBruNeAu
Lors de ma tournée à la recherche des mégalithes du Libournais, je me suis retrouvé du coté de Sallebruneau non loin de Frontenac au coeur de l'Entre-Deux-Mers, à mi-chemin entre Rauzan et Sauveterre-de-Guyenne. Au milieu d'un paysage vallonné couvert de vignes et forêts, un bâtiment sous le nom de "Commanderie Hospitalière de Sallebruneau" se voit sauvegarder par les mains de passionnés.
Il s'agit de deux édifices du accolés: une église au sud et un château au nord du 13ème siècle formant un quadrilatère de 19,5 mètres sur 24,6 mètres.
Ce fut le siège de la commanderie de Sallebruneau avec l’ancienne chapelle saint Jean et les fortifications du 13ème siècle. Fortement remaniés au 14ème siècle elle est édifiée à l’origine par les chevaliers de l’ordre du temple, la commanderie passa ensuite aux hospitaliers de saint Jean de Jérusalem, puis à l’ordre de Malte. La chapelle servit d’église paroissiale au cours du 19ème siècle.
Malgrè les dommages apportés par l'histoire locale, la fin de la guerre de Cent Ans, les conflits locaux entre seigneuries voisines et guerres de religions, cet endroit reste un témoin de la fin du Moyen Age.
C’est aujourd’hui un superbe champ de ruines où parmi quelques pans de murs on peut imaginer l’histoire de ce site.
Ne manquez pas au chevet de l’église un agréable petit jardin médiéval de plantes médicinales disputant l’espace aux vestiges de quelques tombes.
Je vous invite à visiter cette endroit charmant l'espace d'un instant ou d'une après midi pourquoi pas !!
Pour plus d'informations sur le lieu, ces activités... www.assrag.org

Cliquez sur la photo pour lire les infos
26 juin 2007
SaiNte-PréSenTine, EgliSe du 12ème SièCle
Entouré de vignes, au milieu des blés mûrs, loin de toute agglomération, prés d'un lieu-dit du nom de Bignon (en rapport avec les fameuse allée de Bignon en ruine près de Frontenac décrite dans l'article "RéPerToiRe DeS MéGaLiThes du LiBoUrNaiS"), un fragile clocher vide de ses deux cloches indique en bord de route la présence d’un lieu de culte.
Un panneau indique "Eglise Sainte-Présentine". Ce bâtiment comporte une nef du 12ème siècle, chœur du 13ème siècle ; partie occidentale de la nef en petit appareil peut-être 11ème siècle ?, toiture actuellement effondrée...
Sobre édifice, sans sculptures, colonnes ni chapiteaux... Pourtant un site étrangement chargé de mémoire à en croire les quelques tombes qui émergent encore du sol dont une portant la croix des chevaliers de l’ordre de Malte !
Dans cette chapelle il existe une « veyrine », c’est un trou pratiqué dans une pierre du mur où l’on faisait passer les enfants pour qu’ils deviennent forts. Pratique encore à l’honneur dans les années 1930.
01 août 2007
L'abbaYe De BlasiMon
Histoire de Blasimon
La fondation de la bastide de Blasimon remonte à la période 1317-1322. Elle est la plus récente dans cette partie de l'Entre-deux-Mers et fut crée par contrat de Paréage entre l'Abbé de Blasimon et le sénéchal du roi d'Angleterre. Mais son histoire ne fut pas aussi glorieuse que les autres bastides de la région. Son peuplement fut un échec et marqua la fin du mouvement de fondation des bastides dans cette région.
A la fondation de la bastide de Blasimon, la bourgade se limitait à un château dont l'enceinte protégeait un bourg. Ce dernier s'étendait toutefois au delà des murs. En 1322, le projet de nouvelle bastide a probablement largement modifié son tracé. Une partie du bourg et probablement du château ont été réaménagé afin de dégager de l'espace pour la nouvelle construction. L'excentration de la place et la position inhabituelle de l'église trouvent leur explication dans le déplacement du centre de Blasimon au XIVe siècle.
L'abbaye
L'Abbaye de Blasimon se découvre au détour d'un virage à la sortie de cette petite bourgade. Elle est l'un des vestiges d'une très forte activité humaine qui remonte bien avant le Moyen-âge. Maisons anciennes, moulins fortifiés, bastides, chartreuses, abbayes... sont autant de témoignages de cette époque. L'Abbaye est l'une des pièces de choix de Blasimon. L'endroit était un lieu de passage. Mais sur son histoire plane un mystère celui des circonstances de sa fondation. Selon diverses sources historiques, ce monastère bénédictin daterait du Xe siècle et serait du à Saint-Jean-D'Angély. L'occupation humaine sur le site remonte toutefois à une période bien plus ancienne. Des fondations antiques ont été retrouvées à certains endroits sous les bases des murs de l'Abbaye.
Construit sur des marécages (les murs antiques sont construits sur pilotis), le monument initial était probablement voué à une source présente sur le site. L'Abbaye en porte les stigmates principalement au niveau du Cloître. Les vestiges de fossés ont été recouverts au XIXe siècle et ne sont plus visibles de nos jours.
Son rayonnement fut limité en raison de sa position géographique et de la proximité de l'Abbaye de la Sauve Majeure dont la paroisse de Blasimon dépendait.
Aujourd'hui la visite du site est libre. Mais on peut constater que mis à part l'église et une tour il ne reste plus rien de l'ancienne abbaye qui puisse être visité. L'ensemble vaut le détour si vous passez aux alentours. Seule la façade, refaite au XIIème siècle, offre de l'intérêt. La baie à l'étage est du XIIIème siècle, le clocher-mur du XVème siècle. Sa visite ne s'effectue qu'en quelques minutes, si l'église n'est pas ouverte. Le photographe pourra s'attarder sur les détails du portail et sur l'architecture globale de l'édifice dans la plus grande tradition de l'art Roman.
La légende de la fondation de l'abbaye:
On avait commencé sa construction à l'emplacement du "vieux château" situé à la pointe d'un ancien oppidum celtique, puis romain. Mais, lorsque les ouvriers arrivaient le matin sur le chantier pour reprendre leur travail, tout avait été détruit. Si bien que le chef de chantier, découragé, finit par s'écrier: "Là où mon marteau tombera, l'abbaye se bâtira". C'est ainsi que l'on construisit l'abbaye, en son lieu, traversé par les eaux de la rivière Gamage, recevant le ruisseau de Tinton, et parcouru par un courant d'eau souterrain, le tout rendant l'endroit passablement marécageux.
Moulins alentours
La région du Dropt est caractérisée par la présence de nombreux moulins. Blasimon reste la commune la plus riche en Moulin. Six unités peuvent encore être observées. Tous appartenaient à l'Abbaye qui y trouvait des ressources financières très importantes. Le plus remarquable, est à proximité de l'Abbaye. En sortant de Blasimon et en laissant l'abbaye sur votre gauche, le Moulin de Labarthe apparait très vite sur la droite au détour d'un virage d’une petite route qui mène sur les derrières du lac de Blasimon. Ce moulin fortifié au XIVe siècle est l'un des plus beaux de Gironde. Il est aujourd'hui dans son aspect d'origine, seul un escalier ayant été rajouté au XVe siècle.
Le visiteur intéressé par sa visite sera forcément déçu, puisque qu'il est dans un domaine privé et ne se visite pas.





























































































































