Le Blog de JM 33500 - LiBoUrNe, HisToiRe d'En ParLeR

Un p'tit blog pour vous raccontez l'histoire d'une bastide du nom de LIBOURNE en Gironde (Aquitaine)... et de ses environs... Condat, Castillon-la-bataille, Saint-Emilion...

23 février 2006

SaiNt-ÉmiLioN D'HieR à AuJourD'Hui

Saint-Émilion - Carte dessinée par Cassini au XVIIIème siècle
Carte de Cassini

Rares sont les sites en France, qui peuvent rassembler, en un même lieu, autant de manifestations du génie des hommes, que Saint-Émilion. Mondialement connu pour son nectar merveilleux, le vin, c'est aussi une ville sanctuaire avec des monuments archéologiques bien spécifiques : église souterraine, clos des Cordeliers, clocher original, église romane, sans oublier son «château du Roi» ou sa «Grande Muraille». C'est aussi la patrie de trois hommes de grand renom: un ermite qui a laissé son nom à la ville, un conventionnel qui y vécut, reclus, avant d'être pris et exécuté, enfin un curé, élu député, et dont les discours populaires en firent un véritable tribun.

Bâti sur un éperon calcaire

Vue sur Saint-ÉmilionQuand on arrive en vue de Saint-Emilion, par la route qui serpente au sud de la ville, on est surpris de voir les maisons accrochées sur le coteau, avec un clocher ajouré qui domine sur l'horizon. Saint-Emilion est bâtie sur un terrain calcaire que la rivière Dordogne ceinture très largement au sud et à l'ouest, comme pour lui faire un rempart protecteur. Cette situation n'a pas échappé aux premiers hommes et aux habitants venus s'y installer au cours des siècles. Saint-Emilion ne peut pas se découvrir au pas de charge, il faut la parcourir avec patience et beaucoup d'affection. Il faut admirer l'ensemble des maisons avec leur toit de tuiles rouges, les petites venelles en pente et pavées, les façades ouvragées et les monuments remarquables. Nous allons dresser une chronologie historique de son évolution avant de découvrir ses richesses archéologiques.

Peuples des temps préhistoriques

On sait que les hommes de la préhistoire, venant de l'Orient voyageaient principalement par les voies d'eau. Leurs installations se faisaient dans des abris rocheux, utilisant les grottes et cavités naturelles que l'eau avait creusées. A Saint-Emilion, placée sur une butte calcaire, sans doute creusée par les différents niveaux d'eau et le cours des rivières en déplacement, les hommes y trouvèrent, au cours de leurs pérégrinations, des habitats et des lieux protégés. Il faut se rappeler que l'homme devait s'opposer aux animaux dans un milieu très verdoyant et boisé. La première trace que nous possédions de l'occupation des terres de Saint-Emilion, par l'homme, date du paléolithique à la période acheuléenne. A cette époque, la vallée de la Dordogne était une voie de circulation facile. Le long de ses bords de nombreuses traces d'occupation humaine ont été découvertes. On retrouve encore des traces humaines, un peu plus tard dans le temps, avec l'époque Magdalénienne, avec la présence de haches de pierre, en particulier dans la grotte de Fongaban. Furent-ils nombreux à vivre en ces lieux? Quelques familles ou quelques individus? La présence de pierres taillées indique une occupation prolongée. Un peu plus tard, au Néolithique, on découvre des objets dans le quartier de Saint-Martin-de-Mazerat. Du temps du bronze ancien, on a découvert une hache plate à bords droits. Bien d'autres traces doivent exister de-ci de-là. Avec ces découvertes, on comprend la suite de l'occupation humaine sur ce territoire. Si le mégalithique n'a pas laissé de trace sur la commune, il faut signaler dans une commune voisine, à Saint-Sulpice-de-Faleyrens, un très beau menhir, fort élégant.

Au début de notre ère, les romains vinrent.

C'est vers 56 av. J.C. que les armées romaines investirent l'Aquitaine, et en deux campagnes, toute la région reconnut le pouvoir de Rome sur les cités et villages. Dès 27 av. J.C. la province semble organisée, mais il faut attendre vers 275 pour que les légions de Valierus Probus soient chargées de défricher toute la région de Cumbis, nom primitif de Saint-Emilion, qui n'est pas sans rapport avec «les combes», ces cavités naturelles du sol. Ces légions avaient deux missions: abattre la végétation trop prolifique et planter de la vigne, avec des cépages Phocéens, en lieu et place des plants sauvages. Les armées romaines séjournèrent, et leur présence est attestée par des pièces de monnaies découvertes en 1766. Elles sont à l'effigie de Valérien, Aurélien et surtout Tétricus, vivants au 3e siècle de notre ère. Tétricus fut empereur des Gaules et il reçut la pourpre impériale à Bordeaux. En 1970, des fouilles dirigées par le professeur Gautier ont permis de mettre à jour un vaste ensemble de 17 salles dont 9 possédaient un sol en mosaïque. Cette vaste villa romaine est située au lieu dit «Le Palat». Aucun monument de surface ne date de cette époque. Par contre il est remarquable que depuis 2000 ans des vignes produisent ce vin qui de tout temps fut déclaré «merveilleux». Un vin dont le nom se confond avec le terroir. A cette période, la vie de Saint-Emilion est illustrée par celle du poète Ausone, que l'on retrouve en bien des points de l'actuelle Gironde. Il possédait un château -simple demeure- à Saint-Emilion et une propriété à Lucaniacus, très proche de la ville. Le sous-sol de la ville contient de très nombreux vestiges fractionnaires: tuiles à rebord, poterie ou mosaïques.

Au Ve siècle, les envahisseurs passent et saccagent

Les mêmes chemins conduisent les mêmes hommes avides de conquêtes. Le fleuve Dordogne avait conduit les préhistoriens, puis les romains. Au Ve siècle, ce sont les armées venant du nord qui s'installent en Aquitaine et en particulier dans la région florissante de Saint-Émilion. On peut citer les Goth, et les Alains. Ils abordaient la région avec un esprit conquérant, s'appropriant tout ce qui est sur leur passage et saccageant le reste. On est au début du Ve siècle. A Saint-Émilion, il y a peu à détruire, mais la région est riche. C'est aussi à cette époque que le christianisme fait des progrès. Quittant les cités urbaines, la religion s'installe dans la campagne. Dès le VIe siècle la doctrine de Saint-Benoît, né au Mont Cassin en 480, se propage et les moines évangélisateurs se déploient sur l'ensemble du monde rural. On ne sait quand ils arrivèrent à Saint-Émilion, mais leur présence est incontestable, dès le VIe siècle. Un autre grand événement sera la venue d'un ermite breton, Émilion, qui recherchait la solitude, après une expérience monastique près de Royan. Attiré par le calme, il découvre la région de Saint-Émilion avec sa forêt et les cavités souterraines de son sol. Il s'y installe et bientôt, des disciples se joignent à lui. Son ermitage devient un centre d'évangélisation, avec l'observation de la règle monastique de Saint-Benoît. Autour de ce lieu de prière, le village s'agrandit et la ville se développe. La cité va bientôt occuper une place de choix sur ces bords de la Dordogne. Émilion meurt au VIIIe siècle et est enterré dans ce qui est actuellement l'église monolithe. La cité prend son nom un peu plus tard, semble-t-il.

Au VIIIe siècle, les Sarrazins passent et détruisent

On suppose qu'en 732, les Sarrazins, ces hordes venant d'Afrique, via l'Espagne, traversèrent la région de Saint-Émilion, elles détruisirent ce qui prenait corps, c'est-à-dire le monastère des Bénédictins. Saccagé, les moines ne purent entreprendre sa reconstitution que lorsque tout danger fut écarté. C'est à-dire après la victoire de PoitiersCharles Martel, au côté duquel on trouve le duc d'Aquitaine Eudes, fut vainqueur, et que les Sarrazins retrouvent le chemin de leur pays. Dès le XIe siècle, les moines relèvent leurs ruines et tentent de retrouver les fondements apostoliques de leur ordre. Durant cette période incertaine, les moines avaient pris des habitudes peu canoniques. C'est aussi à cette époque que le pouvoir civil veut faire sentir son poids en construisant un donjon dans la ville naissante. En 1110, l'évêque de Bordeaux Arnaud Géraud, organise un chapitre de chanoines réguliers, de l'ordre de Saint-Augustin, avec des moines venus du Limousin. La découverte de trésors monétaires, confirme la puissance économique de la ville. On a trouvé dans le cours du siècle, des «tiers de sous d'or» à l'effigie de Pépin sans doute duc d'Aquitaine. La découverte a été faite dans le sol de l'église monolithe. Dans une vigne, on a trouvé un pot d'argile noire contenant plus de 200 pièces «oboles et demi-oboles» de l'époque de Louis-le-Pieux et de Charles-le-Chauve, soit du IXe siècle. Les normands durent saccager cette bourgade, comme bien d'autres cités d'Aquitaine et de France. Le fait n'est pas attesté matériellement. Par contre on apprend par différentes chroniques que les seigneurs voisins provoquèrent des destructions, comme par exemple Olivier de Castillon, qui, en 1080, détruisit et spolia les lieux et biens ecclésiastiques. L'archevêque de Bordeaux dut intervenir, car de plus les règles monastiques s'étaient encore une fois bien relâchées. Le monastère ainsi restauré, le pape Adrien II le dota de revenus glanés dans la région.

Au XIIe siècle Renouveau et développement

Au XIIe siècle, les moines redonnèrent un développement important à la vie religieuse, ce qui s'est accompagné, dans la contrée, par l'édification d'églises. Les moines, quittant l'église souterraine, édifièrent un nouveau sanctuaire, où nous voyons l'église paroissiale actuelle. Une Église romane à une nef, à proximité des remparts, devint la Collégiale. C'est aussi à la même époque que la cité, prenant de l'importance, eut besoin de s'abriter derrière des remparts. Avec 2 kilomètres de fortifications et 6 portes, la cité prenait des allures de forteresse. Chaque porte était défendue par des tours et une défense avancée. L'abbé du monastère possédait des droits sur l'ensemble du territoire. Le grand changement va s'opérer avec le mariage d'Éléonore de Guyenne épousant l'héritier du trône d'Angleterre Henri Plantagenêt, en 1152. Beaucoup de cités voulurent acquérir des droits publics et après bien des demandes, c'est Jean-sans-Peur qui signa le traité de Falaise, accordant à Saint-Émilion le droit d'être commune avec maire et jurats, le 8 juillet 1199. Par cet acte, la cité acquit une autorité administrative, militaire, judiciaire et financière, lui donnant un goût de liberté. Cette période s'accompagne d'un renouveau religieux avec l'installation des Jacobins, et des Cordeliers. En 1205, le Roi de Castille Alphonse VIII, s'avance en Aquitaine jusqu'aux portes de Saint-Emilion. 

La vie au temps des Anglais

Comme nous l'avons dit plus haut, c'est Éléonore de Guyenne qui a apporté dans sa corbeille de mariage, le duché d'Aquitaine à Henri Plantagenêt. Celui-ci devint roi d'Angleterre deux ans après, soit en 1154. De là, date la dualité franco-anglaise qui va se manifester par des combats successifs et des opérations militaires répétées. En 1224, le Roi de France, Louis VIII occupe Saint-Emilion, ayant à ses côtés Savary de Mauléon, seigneur poitevin. Il permet aux habitants de conserver leurs murailles «la clôture» et confirme la charte de 1199. Deux ans après, les anglais sont de nouveau maîtres de la ville. En plus de la ville, sept paroisses sont dévolues avec droits de basse, de moyenne et haute justice. Seuls lui manquent le pouvoir de battre monnaie et le droit de peine de mort. En 1230, les jurats obtiennent la garantie de la libre circulation des vins. Le maire de Saint-Émilion se rend en 1241 à Pons pour y rencontrer le Sénéchal de Gascogne revenu depuis peu d'Angleterre. Plusieurs communes font la même démarche afin d'obtenir aide. En 1243, pour remercier la cité d'être restée fidèle à la couronne d'Angleterre, Henri III vient visiter la ville. En 1289, Édouard 1er octroie de nouveaux privilèges et fixe les limites des faubourgs de la ville. En 1280, l'abbé de Saint-Emilion est élu archevêque de Bordeaux. En 1293, Philippe IV de France reprend la ville. Devant cet état, des commerçants quittent la ville et se retirent à Londres sous la protection anglaise. Ils y resteront jusqu'en 1299. La ville ne fut rendue à la couronne d'Angleterre qu'après la Paix de Paris en 1303. Cette restitution eu lieu dans la Collégiale, en présence du duc de Lincoln. En 1306, le pape Clément V, pape d'Avignon, natif d'Aquitaine, sécularise le corps des chanoines et constitue un chapitre avec à la tête un doyen. Le premier titulaire sera un neveu du pape, Gaillard de Lamothe, nommé quelques années après Cardinal. En 1308, le pape viendra lui-même à Saint-Émilion, à l'occasion d'un voyage en Aquitaine.

XIVe et XVe siècles sanglants

Tout le XIVe siècle est jalonné par des faits semblables, et à chaque changement de gouvernants, si les droits des habitants sont sauvegardés, le patrimoine monumental est en partie détruit. Il faut aussi ajouter que les seigneurs voisins, tels les vicomtes de Castillon, profitent de la faiblesse des villageois pour piller et s'approprier force butin. En 1337, les français reviennent à l'assaut avec Raoul comte d'Eu. Les anglais annexent la ville et soutiennent le siège jusqu'en 1341. En 1377, le comte d'Anjou, assisté d'un chef prestigieux Du Guesclin, occupe une nouvelle fois la ville. Et après chaque attaque les habitants sont obligés de consolider les fortifications. Succès anglais et succès français vont encore se succéder. En 1379, Saint-Emilion devient l'une des filleules de Bordeaux avec cinq autres villes de l'actuel département de la Gironde. Un traité de défense devait être signé avec aide aux petites cités, en cas d'agression. Il faut attendre la bataille de Castillon en 1453 avec la défaite de Talbot, pour que la situation devienne plus calme. Mais hélas! la ville, les commerces et les monuments avaient beaucoup soufferts des combats. Charles VII, roi de France, vainqueur des Anglais, enlève les avantages acquis par les cités libres, afin d'éviter toute reprise d'indépendance. Ce n'est qu'en mai 1456, que Saint-Émilion retrouvera une partie de ses privilèges et des droits pour son commerce. En 1469, les jurats font un constat: «la ville qui avait Deux à Trois mil feux, n'en contient plus que 200» - 90% de perte-. Louis XII approuvera de nouveaux statuts municipaux en 1498. Pour montrer l'importance de Saint-Émilion, il faut souligner qu'en 1501, la peste dévastant Bordeaux, les jurats de la capitale vinrent se réfugier à Saint-Émilion. François 1er confirma en 1515 les libertés communales; ainsi les jurats purent entreprendre la consolidation des fortifications en 1540.

Au temps des luttes protestantes

Saint-Emilion ne fut pas épargnée par les luttes religieuses qui opposèrent catholiques et protestants. Dès 1561, une église réformée existe avec un certain nombre d'adeptes. L'un deux, Arnaud Monier fut condamné au bûcher, avec un jeune homme de Libourne, et brûlé vif à Bordeaux en 1556, pour cause d'hérésie. En 1562, les troupes françaises occupèrent militairement Saint-Émilion et la vallée de la Dordogne, afin d'éviter des débordements protestants. En 1563, les huguenots surprirent la ville et saccagèrent les églises. Dès l'alerte donnée, les moines firent tout pour sauver les biens précieux qu'ils possédaient, en particulier les reliques de Saint-Émilion qu'ils transportèrent à Fronsac. En 1568, ce sont les troupes de Montluc qui investissent le pays et ne quittèrent leur conquête que contre une rançon de 1600 écus. Les années se suivirent et les dévastations causées tant par les catholiques que par les protestants firent toujours autant de préjudices. En 1580, c'est la troupe de Sully qui investit les remparts y occasionnant une brèche. Le nom est resté dans une porte actuelle. Saint-Émilion reconnu Henri de Navarre pour roi, celui-ci confirma les droits et privilèges de la commune. Louis XIII visita Saint-Émilion en 1621. Au long du XVIIIe siècle, la grande préoccupation de la population fut la défense de la liberté municipale, remise en cause par les rois. Dans les cahiers de doléances de 1789 une revendication portait sur l'élection des jurats, en place de la nomination par l'autorité du Roi ou de son Sénéchal.

Au temps de la Révolution

Le seul événement de cette période fut l'affaire Guadet. Élu député à la Convention, mis en minorité par le parti au pouvoir, Elie Guadet sut que sa personne était recherchée pour la guillotine. En septembre 1793, il quitte clandestinement Paris pour la Normandie avant de rejoindre sa famille à Saint-Émilion où il retrouve d'autres exclus de la Convention comme lui: Salles, Louvet, Vlady, Pétion, Buzot, Aubert et Barbaroux. Après des séjours mouvementés dans des soupentes, des greniers ou des cavités souterraines, Guadet est arrêté et conduit le 17 juin à Bordeaux où il fut guillotiné le lendemain. Tous ses amis subirent le même sort, sauf Louvet qui put rejoindre Paris. C'était quelques jours avant le 9 thermidor, avec un peu de chance ils auraient eu la vie sauve. Durant la Révolution, pour sacrifier aux idées nouvelles, la ville prit le nom de « Émilion-La-Montagne ». Depuis ce temps les guerres nationales et mondiales ont fait leurs ravages en hommes. Saint-Émilion reste fier de son passé et de son patrimoine.

De nos jours 

Depuis le début du siècle, il faut noter deux faits marquants très différents. En 1924, le curé d'alors, l'abbé Bergey, très engagé dans la défense des prêtres anciens combattants, se présente aux élections législatives sur la liste dirigée par G. Mandel le bordelais. Il est élu premier avec 3000 voix de plus que le chef de liste. Il sera réélu en 1932. C'est une figure que Saint-Émilion vénère. En 1925, les fêtes des Félibrées se déroulent à Saint-Émilion avec un faste royal, à cette occasion, le curé Bergey donne un sermon en langue gasconne. En 1932, c'est à Saint-Émilion que la première cave coopérative vinicole est créée dans le but d'aider les petits propriétaires dans la commercialisation de leurs récoltes face aux grands Crus. Dans ce même domaine, c'est en 1953 qu'intervînt un nouveau classement des vins, remplaçant celui du siècle dernier. Saint-Emilion, village riche de son patrimoine et de son terroir, sait mettre en valeur ses deux richesses, et si les fortifications n'ont plus guère d'utilité, elles sont présentes pour témoigner du passé. Et de ces remparts on découvre avec plaisir ces pièces de vignes où en octobre il fait bon sentir les vendanges. A chaque saison, Saint-Émilion offre un visage différent qu'il faut savoir savourer et contempler.

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SaiNt-ÉmiLioN et Ses Personnages

Saint-Émilion, ermite du VIIIe siècle

Émilion, ou Emilianus était un breton originaire des environs de Vannes. Très vite il eut le désir de la vie religieuse. Devant la renommée de ces actes, il s'expatria vers la région de Saintonge, mais c'est la solitude qui l'attirait, aussi se dirigea-t-il vers la forêt près de la Dordogne.

Il vécut en ermite dans la région qui porte actuellement son nom. Des adeptes le rejoignirent, si bien qu'il vint vivre au centre du village dans un ermitage, que l'on visite encore, et il créa un lieu de culte dans une église souterraine.

Ses disciples durent observer la règle de Saint-Benoît. Saint-Émilion meurt en 767 au temps de Waïfre. Il fut enterré dans l'église monolithe. Son exemple et ses vertus en firent un modèle, et les gens qui vinrent l'écouter, développèrent le village naissant qui prit bientôt le nom de l'ermite.

Elie Guadet, le conventionnel

Élie GuadetElie Guadet est né à Saint-Émilion, le 20 juillet 1755. Il devint avocat. Âgé de 34 ans au début de la Révolution, il s'intéressa de suite aux affaires publiques. Élu à la Législative, puis à la Convention, il se fait remarquer par ses idées modérées. Mis en accusation en septembre 1793, il doit fuir la capitale. Obligé de trouver refuge, il revient dans son pays et c'est dans la demeure familiale qu'il se cacha avant d'être recueilli par sa belle-sœur, ou de vivre reclus avec ses compagnons d'infortune dans une grotte où on n'accède que par un puits -dit «puits des Girondins»-. Arrêté, il sera condamné à Bordeaux et guillotiné le 18 juin de la même année. Six membres de sa famille subirent le même sort.

L'abbé Daniel Bergey, curé-député

L'abbé Daniel BergeyL'abbé Bergey, natif de la région de Lesparre se prépara tôt aux ordres religieux. Prêtre en 1904, il arriva à Saint-Émilion en 1906 où il devait rester jusqu'à sa mort en 1950. Il fit la guerre de 14-18 comme aumônier militaire, et sa bravoure lui valut la Légion d'honneur.

Dès son retour, il s'engage dans l'action catholique naissante, de même qu'il participe à la défense des prêtres anciens combattants. Très populaire et tribun reconnu de tous, il fut élu député en 1924 avec 30 000 voix de plus que le chef de liste G. Mandel. Réélu en 1928 avec 56% des voix, il s'attacha à défendre la liberté sous tous ses aspects.

En 1925, il prend la parole en gascon à l'occasion des fêtes des Félibrées. Non élu en 1932, il poursuivit avec dévouement sa charge de pasteur.

Interné politique de 1944 à 1946, il s'éteignit en 1950 dans son presbytère.

La municipalité a élevé un buste, en son honneur, sur la place face à l'Église.

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LeS ArMoiRieS De SaiNt-ÉmiLioN

LeS ArMoiRieS De SaiNt-ÉmiLioNIl est certain, de nombreux documents le prouvent, que la ville de Saint-Émilion a possédé des armoiries depuis une époque très ancienne (il en est fait mention dans le procès-verbal de la réception de Louis XIII à Saint-Émilion le 9 juillet 1621 - archives) jusqu'à la Révolution.
Dans une étude, fort bien faite, effectuée en 1927 par M. Duprat, ancien directeur de l’école communale de garçons, on relevait un certain nombre de sceaux d'une indiscutable authenticité, datant des années 1252, 1302, 1669, 1701 et 1751.
M. Georges Chailleau s'y associa, et c'est par l'intermédiaire d'une personne amie, habitant l'Angleterre, qu'un document daté de 1377 émanant de l'Hôtel de Ville de Saint-Émilion a été découvert au «Public Record Office» portant un sceau orné de «3 léopards passants».
La municipalité, les représentants qualifiés de la société historique et archéologique, du syndicat d'initiative, du syndicat viticole, mis au courant des recherches effectuées, s'y sont vivement intéressé, ce qui allait permettre de rendre à Saint-Émilion ses anciennes armoiries perdues depuis la Révolution.

C'est dans la séance du 2 septembre 1928 que le conseil municipal a fixé définitivement les Armes de Saint-Émilion qui furent soumises à l'homologation du Conseil des Sceaux au Ministère de l'Intérieur.

Le blason communal portera :

«De gueules au château donjonné de trois tours d'argent, maçonné de sable, ouvert et ajouré du champ, sommé d'un léopard d'or tenant dans sa patte dextre, une épée antique d'argent, au chef de France ancien à un Saint-Émilion à mi-corps de carnation, vêtu d'or, tenant de la dextre un bâton pastoral, de la senestre un livre, le tout d'or».

De plus, la cité de Saint-Émilion étant la filleule de Bordeaux, il fut suggéré d'ajouter un croissant dans le bas du blason pour que ces armes soient complètes.
Comme on le voit, les meubles de l'écu représentent les diverses étapes de notre petite ville : Le Saint du Chef assure au point de vue héraldique, la continuité des sceaux et armes de la ville qui s'est maintenue depuis 1252 jusqu'à la veille de la Révolution.
Il rappelle la fondation de Saint-Émilion et l'importance de ses établissements religieux, églises et couvents, aux siècles passés.
Le Château Fortifié symbolise l'ancienne commune du Moyen-âge, son indépendance un peu ombrageuse, sa valeur guerrière ; il évoque la vieille enceinte de fossés, de remparts et de tours, tout ce système de défenses militaires qui faisait de Saint-Émilion une des places fortes les plus puissantes du Bordelais lors de la domination anglaise.

«Aujourd'hui, la ville a dénoué sa ceinture de pierres et se repose en paix de ses antiques travaux, mais ce sont les vestiges de ses murailles et ses fossés creusés dans le roc qui contribuent le plus à lui donner son caractère pittoresque et si émouvant».

Le château est sommé d'un léopard en souvenir de l'occupation anglaise et de l'attachement de Saint-Émilion aux rois d'Angleterre, ducs d'Aquitaine, dont l'administration bienveillante fut douce à nos pères en ces temps troublés.

Ainsi toute l'histoire de la «Première filleule de Bordeaux» revit dans son blason.

C. G.

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ViSiTeR SaiNt-ÉmiLioN

Découverte de Saint-Émilion

BienVeNuE à SaiNt-ÉmiLioNPour bénéficier de l'aspect le plus agréable de Saint-Émilion, il faut prendre la route de Libourne à Bergerac, dans la plaine, et ainsi partir à l'assaut de la ville sur son piton rocheux, en se fiant au clocher qui domine sur la crête de la colline. De loin, rien ne distingue ce village de ceux qui sont alentours. Les maisons semblent se serrer les unes contre les autres, et les tuiles donnent une coloration chaude et rayonnante. En regardant bien on s'aperçoit qu'il y a une harmonie dans le dessin général de la cité. Plus on avance, plus on se rend compte que les habitations sont réellement unies par des couloirs étroits qui serpentent entre les logis. De-ci, de-là quelques ruelles de forte pente et souvent pavées, avec cet air de civilisation à l'ancienne. Saint-Émilion est une cité moyenâgeuse qui a gardé sa personnalité, tout en accordant des conditions de vie forte acceptable pour notre temps.

Saint-Emilion, son vignoble et son paysage sont inscrits au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Seule une poignée de sites remarquables méritent cette distinction.

SaiNt-ÉmiLioNIl y a trois façons de découvrir la cité :

en partant au hasard, et en admirant au passage les richesses archéologiques, soit en suivant un itinéraire géographique, mais alors on passe d'une époque à l'autre sans cohérence, enfin une démarche historique en suivant les étapes successives de son évolution.

En fin d'article rubrique "Découverte de la ville", ces trois itinéraires seront proposés avec repères sur le plan.

Avant, voici une description des lieux qu'il faut visiter ou voir:

La Collégiale

La Collégiale est l'église paroissiale actuelle. Il faut rentrer par la grande porte sur la place, où on peut stationner.Cette Collégiale fut fondée au XIIe siècle à la demande de l'évêque Arnaud Guiraud qui y avait installé des chanoines.La porte par où nous rentrons est la porte ouest. Elle est romane avec 5 voussures très stylisées. A côté une porte aveugle de même style. A gauche, une autre porte fut sans doute détruite avec une partie des remparts. La façade est surmontée d'un clocher rasé. Il dut exister un clocher roman qui fut détruit, entraînant dans sa chute une partie de la voûte de la nef. Nous conseillons de pénétrer dans l'église collégiale avant de découvrir l'extérieur de cet édifice.

La Collégiale - Peintures murales
Peintures murales dans la nef de l'église collégiale, dans la seconde travée :
démon tentateur, et Saint-Catherine au supplice de la roue.

INTERIEUR : L'ensemble de l'église présente 79 mètres de longueur. On découvre en premier une nef unique de trois travées, deux de ces travées sont surmontées d'une coupole de style byzantin, faut-il y voir une influence angevine ? Rien ne permet de l'affirmer.Le transept est à trois nefs avec un chœur et deux chapelles latérales ; derrière, le maître-autel et le trésor.Il faut profiter de la perspective globale de cette église, avant de détailler les différents objets que l'on peut rencontrer. Revenons à la porte. Sur la droite, on découvre des peintures murales représentant Catherine au supplice de la roue, la tentation d'une femme par un démon, ou une piéta en costume du XIIe siècle.Dans le transept, côté droit, deux verrières représentent des apôtres, elles furent données par le roi Louis XII. Face à cette verrière, la chapelle des martyrs où se trouve la sépulture de l'abbé Bergey, ancien curé-député. Le long du mur une statue en bois polychrome de Saint-Valéry patron des vignerons, qui provient de l'ancien couvent des Jacobins. Au-dessus de la porte de la sacristie un tableau représentant la famille du Cardinal François de Sourdis, archevêque de Bordeaux.Derrière le maître autel, «le trésor» qui contient des objets du culte de l'ancienne collégiale, aussi bien que des souvenirs en lien avec le saint patron. Le corps fut «égaré» au moment de son transfert à Fronsac, pour échapper à la profanation.

La Collégiale
La nef de la Collégiale, prise du chœur. Au premier plan les colonnettes assemblées et sous la voûte les coupoles byzantines.

EXTERIEUR : Ressortons par la porte nord qui est flanquée de deux contreforts du XIVe siècle. La porte comprend un tympan représentant le jugement dernier, mais il est très mutilé. Les voussures devaient contenir les apôtres. Portail très harmonieux. L'abside qui abrite le trésor et le maître-autel est à 5 pans.

La Collégiale - Vue de loin Porte d'entrée de La Collégiale
La porte romane extérieure-ouest de l'église collégiale du XIIe siècle. Partie centrale à 5 arcades en retrait. Les moulures témoignent d'une influence saintongeaise.

Le cloître

En passant par la salle où se tient le Syndicat d'Initiative, on peut pénétrer dans le cloître qui est accolé au mur sud de la première nef de la Collégiale. Ce cloître date du XIVe siècle. Il comprend un préau reposant sur des colonnettes doubles, fort élégantes et légères.L'ensemble est gracieux et très ajouré. Dans le dallage et dans la cour centrale des sépultures d'anciens membres du chapitre. De même quelques sculptures dans les murs. L'harmonie de la construction ainsi que la finesse de la réalisation font de ce cloître un lieu de paix, de quiétude et de charme.

Le cloître de l'église collégiale
Le cloître de l'église collégiale datant du XIVe siècle. Un lieu calme et reposant. Les 4 galeries existent avec une largeur de 4,50 m. Remarquez les doubles colonnettes et les arcades en semi-ogives.

Porte donnant sur le cloître A l'intèrieur du cloître Le cloître de l'église collégiale
A l'intèrieur du cloître Porte allant vers la collégiale A l'intèrieur du cloître
Le cloître de l'église collégiale - InFo

Le cloître de l'église collégiale Le cloître de l'église collégiale Le cloître de l'église collégiale

Le clocher

Face à la très belle salle de l'Office du Tourisme, on découvre le magnifique clocher qui s'élève à 53,60 m. C'est le second de Gironde, après celui de Saint-michel de Bordeaux. (On ne visite pas l'intérieur). Il fut construit en plusieurs fois. La base est du XIIe siècle ainsi que le premier étage. Au XIVe siècle furent ajoutés les étages 2 et 3. La flèche est du XVe siècle.

Le clocher Le clocher Le clocher
Une vue générale de la cité avec le clocher qui domine l'église monolithe et la collégiale.
Admirer la chaleur des tuiles rouges.

L'ermitage

Il faut descendre par les petites rues tortueuses pour rejoindre le cœur du vieux village et mettre ses pas dans ceux du bon ermite. On ne retrouve pas la structure initiale, car la dévotion des visiteurs et les aménagements au cours des siècles ont modifié ce qui fut à l'origine une modeste cellule.Au XVIIe siècle elle reçut une restauration complète. On entre dans une chapelle en forme de croix latine, et on découvre la source qui incita l'ermite à demeurer en cet endroit. Des légendes accompagnent cette eau. Le lit du saint (?) forme une cavité rectangulaire. A droite la «cathèdre» de l'ermite, dans les murs quelques cavités sont des «armoires» tandis que l'autel est l'ancienne table du saint. La statue date de 1946, elle remplace celle qui existait et qui fut placée en la Collégiale. Cet ermitage plonge le visiteur dans un certain respect et oblige à repenser l'histoire des hommes.

L'ermitage
Le lieu central de l'Ermitage, derrière la balustrade rajoutée, salle rectangulaire où était placée la couche de l'ermite.

La chapelle de la Trinité

Au-dessous de l'ermitage a été construite cette chapelle de la Trinité. Elle compte une nef simple, une travée et un chœur recouvert par une voûte en ogives. A remarquer de beaux chapiteaux présentant du feuillage, et des peintures murales sous les voûtes de l'abside et du chœur. L'ensemble doit dater du XIIIe siècle. Du clocher en traversant la place des Créneaux, on peut découvrir l'ancienne chapelle du Chapitre. Actuellement : c'est le siège de la Société d'Archéologie, (on ne peut visiter). On y voit deux belles clefs de voûte, des chapiteaux ouvragés, des colonnes engagées. L'ensemble est aussi du XIIIe siècle.

La chapelle de la Trinité - Extèrieur La chapelle de la Trinité - Intérieur
Chapelle de la Trinité, datant du XIIIe siècle, elle fut destinée au doyen du chapitre. A remarquer l'abside à 5 pans coupés, clef de voûte représentant l'agneau pascal. Au sol, tombeaux.

Maison Bouquey et Grotte des Girondins

Cette maison bourgeoise date du XVIIe siècle. Elle fut certainement cossue. Elle appartient à l'Histoire de Saint-Émilion, car, demeure de la belle-sœur du conventionnel Guadet, elle abrita les députés girondins en fuite pendant un temps assez long. Dans la cour un puits, «le puits des Girondins», permet d'arriver à une grotte souterraine, ancienne carrière sans doute, où les fugitifs descendaient dès la moindre alerte. Deux cavités contigües reçurent les fugitifs. Les conditions de leurs séjours étaient très précaires et insalubres (voir article "La grotte des Girondins").

Maison Bouquey

Puits des Girondins

Maison gothique

A l'angle de la rue Guadet et des Girondins, on découvre une maison fort curieuse. On la nomme maison Gothique en raison de son aspect extérieur (on ne peut que contempler la façade). C'est une construction du XIVe siècle. Admirer le perron, les arcades, et sur la façade puis impasse Groulette des fenêtres ogivales géminées (voir article et photos "La maison gothique" rubrique Saint-Emilion).

Porte bourgeoise

En poursuivant vers le nord, on passe devant la salle des Dominicains, ancien couvent des Jacobins (ne se visite pas, voir article "Le couvent des Jacobins"). C'est au XIVe siècle que cet ordre, qui avait vu son monastère dévasté, obtint le droit de construire un nouveau bâtiment à l'intérieur des remparts. Le portail est svelte et régulier, il date du XVe siècle. C'est dans cette église que fut trouvée le Saint-Valéry qui siège maintenant dans la collégiale. Ce saint est le protecteur des vignerons. On arrive ensuite à la Porte Bourgeoise et au Palais Cardinal. La porte Bourgeoise est celle qui est placée le plus au nord de la ville. C'était l'accès régulier par «le guichet» pour entrer en ville. Construite au XIVe siècle avec les remparts, elle fut démolie pour faciliter l'urbanisme au XIXe siècle. Près de cette porte une très belle demeure bourgeoise, «le palais Cardinal». Elle fut la première résidence des doyens installées par Clément V. Le premier doyen fut son neveu Gaillard de Lamothe qui reçut le chapeau de cardinal en 1316, d'où le nom actuel. Admirer les croisées géminées à plein cintre avec colonnettes monolithes.

SaiNt-ÉmiLioN - Au alentour de l'ancien Porte bourgeoise Le Palais Cardinal

La grande muraille

Poursuivant plus au nord-ouest, on aperçoit les restes d'une grande muraille qui sont les ruines d'une ancienne église du couvent des frères prêcheurs bâti à la fin du XIIIe siècle. Vaste monument de 26 m de long sur 20 mètres de haut. Ces restes témoignent de l'importance et de la majesté de l'édifice entier. Très belles arcades ornées de moulures et à colonnettes. Ce couvent fut détruit, car construit en dehors des murs, par les troupes françaises à la fin du XIIIe siècle.

La Grande Muraille - 2007

SaiNt-ÉmiLioN - La Grande Muraille
«La Grande Muraille», à l'extérieur des remparts. Restes du Couvent des Cordeliers construit avant 1287, et détruit vers 1337, au cours des combats entre les troupes françaises et les Anglais.

Maison Guadet

Sur la route de Saint-Genès, une maison bourgeoise sans grand caractère redit le nom de Guadet, le conventionnel qui trouva quelques jours refuge chez ses parents. Actuellement maison des associations.

Maison Guadet

Les remparts, et les six portes

Si on est bon marcheur, il faut faire les 2 ou 3 kilomètres de remparts qui enserraient la ville. Par endroit il est intéressant de passer dans les anciens fossés, quand c'est possible, ou bien prendre les chemins de ronde afin de découvrir tout le panorama de la campagne environnante.En suivant par l'ouest on a une haute muraille qui conduit jusqu'à la porte Brunet, dite «de la Brèche» (voir article "La porte Brunet"). On se souvient que cette porte, attaquée par l'armée de Sully, fut détruite par une explosion qui fit une « large brèche ». A quelques pas, la «Tour du guetteur» (voir article sur "La tour du guetteur"), ainsi nommée car un soldat guettait jour et nuit l'arrivée des ennemis. Les remparts, à partir de là, sont détruits en de larges endroits. Au sud, vous découvrirez une construction qui fut l'éperon de défense de la porte Bouqueyre, sise avant sa destruction à l'endroit où est implantée une place ombragée. Un peu plus loin, trace de la porte Sainte-Marie qui indique le souvenir du premier ermitage de Saint-Émilion: Sainte-Marie-de-Fussignac.

SaiNt-ÉmiLioN - Plan Zodiaque

Face à cette porte, le quartier de « La Madeleine » avec son cimetière fort ancien, et les restes d'une modeste chapelle (voir article "Le cimetière de la Madeleine"). On remontera en suivant les remparts vers l'ouest où on voit les structures architecturales de constructions mais aussi de nombreuses caves tant... vinicoles que des champignonnières. On arrive à la porte Saint-Martin. Les reconstructions du XVe et XVIe siècles donnent un aperçu réel de ces fortifications. On passe devant la maison Malet-Roquefort, datant du XVIe et qui actuellement contient le Musée, riche du passé de Saint-Émilion qu'il faut absolument visiter. Face à la porte Saint-Martin un chemin conduit à la vieille église de Mazerat, qui fut paroisse jusqu'en 1790. On arrive ensuite à la porte des Chanoines, face à la Collégiale.

La porte Brunet
La porte Brunet ou «de La Brèche». L'une des 6 portes des remparts. Celle-ci placée au sud-est de la ville fut attaquée par les protestants avec Sully en 1580. Ils firent «une brèche», qui leur permit de prendre la ville.

Porte de la Cadène

Revenons à l'intérieur de la ville, à la porte de la Cadène. Elle doit son nom à une chaîne qui était étendue le soir pour isoler le centre de la cité... La rue est escarpée et la porte surplombe la rue formant arc. Elle date du XIIIe siècle au moins. A ses côtés, la maison à pans de bois est l'exemple de maisons du XVe ou XVIe siècle. Portail orné de torsades et de tête de monstres. Chaque élément doit être détaillé pour en savourer la beauté. La petite largeur de la rue ne permet pas toujours le recul nécessaire.

Porte de la Cadène Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène

Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène Maison du XVe ou XVIe siècle - Porte de la Cadène

Place du marché

La place du marché est un ancien cimetière. Le visage des différentes constructions est à remarquer. Vrai centre vital, cette place est le poumon de la cité.

Place du marché Place du marché - 2007

Couvent des Cordeliers

C'est en 1371, 140 ans après la fondation de l'ordre que les Frères Mineurs ou Cordeliers s'installèrent à Saint-Émilion. Bien que lieu commercial, il faut admirer le cloître et la chapelle.Le cloître est une merveille architecturale et de quiétude. Les deux côtés existants présentent 8 arcades reposant sur deux colonnettes géminées. Un élégant clocher orne la partie sud-est.La Chapelle date du XVe siècle. Elle ne comprend qu'une seule nef avec arc triomphal de grande qualité.

Couvent des Cordeliers - Vue de loin Couvent des Cordeliers Couvent des Cordeliers
Restes de la Chapelle du Clos des Cordeliers. Construite au XVe siècle, cette chapelle servit aux religieux jusqu'en 1789. Admirons les fenêtres de l'abside à pans coupés. A l'intérieur, colonnes sans chapiteau.

Le Cloître des Cordeliers
Le Cloître des Cordeliers dont on découvre les élégantes colonnettes sur 2 côtés. Il fut construit au XIVe siècle. L'une des merveilles de Saint-Émilion.

La Tour du Roi

Plus au sud, dominant des jardins, la «Tour du Roi» se détache dans l'horizon. Ce donjon ou «Tour du Roi» appartient à une ancienne forteresse qui fut élevée au XIIIe siècle sur la demande du roi Henri III d'Angleterre. Cette tour fut certainement le donjon qui dominait et le château et la ville entière. C'est une tour rectangulaire de plus de 9 m de côté, avec une hauteur de 32 mètres. Les murs ont 2,50 m de largeur et l'ensemble repose sur un solide rocher. Ce donjon roman fut hôtel de ville jusqu'en 1720. Actuellement, il est utilisé par la Jurade pour proclamer, aux sons des trompes, le ban des Vendanges (c'est-à-dire l'ouverture).

SaiNt-ÉmiLioN - La Tour du Roi
Le donjon du «Castel daou Rey», reste du château bâti sans doute au début du XIIe siècle pour affirmer la suzeraineté du Roi sur la juridiction, face aux Jurats de la commune. Très beau panorama. C'est de là que le Ban des Vendanges est proclamé à l'automne.

La Tour du Roi La Tour du Roi La Tour du Roi

La Tour du Roi Gravure dans la Pierre La Tour du Roi

SaiNt-ÉmiLioN - Ruelle avec vue sur La Tour du Roi

Couvent des Ursulines

Au sud-ouest de la tour, par une ruelle en escalier, on arrive au couvent des Ursulines fondé en 1630 pour l'éducation des jeunes filles. Une porte existe encore avec les restes de quelques pièces. La petite histoire raconte que c'est pour nourrir ses pensionnaires que la fondatrice Mademoiselle de Lacroix, utilisant une recette familiale, créa les célèbres Macarons, dont la tradition culinaire fut transmise après 1793 par une religieuse chassée, en peine de nourriture. Les macarons sont délicieux, c'est l'essentiel.

Ruelle donnant sur le Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines

Couvent des Ursulines Couvent des Ursulines

La Commanderie

Face au couvent des Cordeliers sur la place Cap du Pont, une vieille maison porte le nom de «Commanderie», on suppose qu'en ce lieu devait être installée la garde de la ville ou la direction militaire. C'est l'une des plus anciennes maisons de la ville. Elle fut remaniée au XVe siècle. Elle faisait certainement partie d'une défense intérieure, peut-être avec la porte de la Cadène. On y remarque une tour de guet et un chemin de ronde. De ce lieu, belle perspective sur les petites rues enlacées de la ville. Dans les sous-sols il a été découvert de très nombreux silos. La tradition veut que la Commanderies ait été la demeure des Templiers. Retournons au cœur de la ville pour terminer par la pièce archéologique unique dans le pays et même en France.

La Commanderie La Commanderie - Vue de loin (sur la gauche)

SaiNt-ÉmiLioN - La Commanderie

L'église monolithe

Si vous n'avez que quelques instants à passer à Saint-Émilion c'est à l'église Monolithe qu'il faudrait les consacrer. Longue de 38 mètres, large de 20, on découvre une nef de 11 mètres de haut. L'ensemble doit provenir de grottes naturelles, peut-être utilisées dès la préhistoire, on découvre par endroits des silex éclatés, puis utilisées au VIIIe siècle par les premiers ermites, ensuite les moines élargirent l'ensemble jusqu'au début du XIIe siècle, époque où les religieux construisirent la Collégiale. C'est dire la vénération que l'on doit à ce monument et le fait que l'édifice est sous terre, le visiteur sent une certaine gravité et un profond sentiment religieux en ce lieu. La nef est entourée de deux bas-côtés de même importance, avec deux rangées de piliers, au nombre de 2 fois 5, souvent inégaux de forme et de taille.

SaiNt-ÉmiLioN - L'église monolithe
Les fenêtres de l'église souterraine vues de l'extérieur. 6 fenêtres sur deux étages, construites en même temps que le portail au XIVe siècle, et modifiées au XVe siècle pour celles du bas.

Porte d'entrée de l'Église monolithe
Porte d'entrée de l'Église monolithe, construite au XIVe siècle. Le tympan représente le Christ, entouré de la Vierge de Saint-Émilion et de 2 anges. Au bandeau inférieur la résurrection des morts.

Les voûtes sont en berceau. Il faut rendre hommage aux bâtisseurs d'une telle réalisation. L'autel se trouvait au fond sur un espace surélevé. On remarque des traces de peintures, sans doute du XIIe siècle. Cette église vendue comme bien national, servit de fabrique de salpêtre, ce qui a défiguré les parois. Comme le clocher que nous avons détaillé plus haut se trouve placé juste au-dessus, on peut voir le passage pour les cordes qui assurait la liaison avec les cloches. L'ouverture primitive était certainement sur le bas côté droit en entrant par la porte du XIIIe siècle. Sur le côté ouest de l'église, on rencontre «les catacombes», une cavité qui servit de lieu de sépultures, le tout fut saccagé au cours de la Révolution. Ce lieu dont l'ouverture est un puits, devait recevoir les ossements après sépultures. Ce ne fut jamais un caveau ou des oubliettes seigneuriales. Vu de l'intérieur, le puits correspond à une coupole supportée par trois piliers. Cette visite rend compte de la vie d'un village, au long des siècles. Le portail d'entrée date de la fin du XIIIe siècle, il présente un arc en tiers-point avec garniture de colonnes dépouillées de leurs statues. Le tympan représente le Jugement dernier.

L'intérieur de l'église monolithe
L'intérieur de l'église monolithe. On remarque les voûtes en berceau, creusées au IXe siècle et agrandies au XIIe. Remarquez la solennité de cette construction.


Découverte de la ville


Comme nous l'avons souligné avant de décrire les monuments de Saint-Émilion, on peut approcher la ville de plusieurs manières:

a) Le circuit militaire avec les remparts, puis la Tour du Roy, la porte de la Cadène, la Commanderie, La Maison gothique, la Porte Bourgeoise, le Palais Cardinal sans oublier l'éperon de la porte Bouqueyre, et le puits des Girondins.

b) Le circuit religieux avec l'Église Monolithe, l'Ermitage, la chapelle de la Trinité, le clocher, la Collégiale, le cloître les Jacobins et les Cordeliers avec petit détour vers la maison des Ursulines, et la Grande Muraille.

c) On peut aussi envisager une promenade chronologique, avec départ à l'Ermitage, l'église Monolithe, le Cloître et la Collégiale, ne pas négliger la chapelle de la Trinité et celle du Chapitre, la porte de la Cadène, puis la Tour du Roy ensuite revenir vers les Jacobins et les Cordeliers, passer à la maison Guadet, au puits des Girondins.

Les remparts étant visités à chaque passage de la découverte. Enfin celui qui se fie à des découvertes personnelles. Il suffit de prendre un plan et de se promener dans les petites rues et ruelles en observant maisons et devantures. Les façades de quelques maisons inviteront à pénétrer dans les monuments, et les lieux classiques termineront la visite. La promenade des remparts sera obligatoire.

Plan de SaiNt-ÉmiLioN SaiNt-ÉmiLioN - L'EPeRon De La PorTe BouQueYre (Sur le Parking)

Fêtes et animation

En juillet et août, exposition de peinture. En septembre, exposition artisanale dans le cloître de la Collégiale. Les « Grandes Heures de Saint-Émilion » mettent en contact la musique de chambre avec les richesses vinicoles. Presque tous les mois un concert est donné dans un château, avec dégustation.
Mais en aucun cas n'oublier de déguster les « Macarons» et de vous délecter du « cru Saint-Émilion ».

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24 février 2006

GuiDe : Eglise collégiale et cloître de Saint-Émilion

Plan Eglise collégiale et cloître de Saint-ÉmilionLa cité est née du tombeau de Saint-Emilion, ermite d'origine bretonne, retiré dans une grotte creusée dans la falaise et mort en 767.

L'EGLISE, anciennement abbatiale, puis collégiale, actuellement paroissiale est une des plus vastes du département.

Entrons par la façade ouest, afin de respecter la chronologie de son édification : une porte romane à cinq arcades en retrait, aux moulures d'influence saintongeaise.

A l'origine, en 1110, quand l'archevêque Arnaud Géraud de Tabanac réforma les chanoines qui desservaient l'église monolithe, l'église n'était composée que d'une simple nef. C'est au cours du Xllème siècle qu'ils édifièrent une nef à trois travées, de style roman, à coupoles byzantines sur pendentifs. Le porche surmonté d'un clocher s'est écroulé, entraînant avec lui les voûtes superposées ainsi que la coupole de la première travée, remplacée au Xllléme par une voûte à nervures ogivales.

De part et d'autre de ce porche, deux statues classées : Saint Joseph et l'Enfant Jésus et une Sainte, en bois polychrome du XVIlème.

Au mur, six tableaux du XVIIème et XVlllème relatant la vie de la Vierge Marie: l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Circoncision, la Présentation au temple et la fuite en Egypte.

Sur le mur sud de cette nef romane, subsistent des restes de peintures murales très anciennes, notamment quatre circonférences dans lesquelles on distingue un démon, en ocre rouge, tentant une femme que l'on retrouve plus loin subissant le supplice de la roue. Sur la saillie du mur, une remarquable Vierge "Sancta Maria", longue, élancée, en costume du Xllème.

La seconde partie de cette église fût édifiée par le collège des chanoines installé en 1306 et ayant à sa tête Gaillard de La Mothe, neveu du pape Clément V. Elle comprend le chœur formé de trois nefs de style ogival du début XIVème. Au dessus de la porte du cloître, d'autres peintures murales représentent un évêque guérissant des possédées. A l'origine, la nef, le transept et les voûtes devaient être couverts de peintures, comme le laisse présager les traces que l'on distingue çà et là.

Enfin, une abside à cinq pans pour la nef centrale (style flamboyant). Ce chœur est désaxé vers la droite, nous rappelant la mort du Christ : "et inclinant la tête, il rendit l'Esprit".

Au centre, le Maître Autel de 1862. Au dessus, la verrière centrale du XIXème représentant (de bas en haut) la naissance et l'adoration des rois mages; le dernier repas de Jésus avec ses apôtres : la Cène; la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres : la Pentecôte.

Les deux verrières latérales (XIVème et XVIème) ont été offertes par le roi Louis XII et représentent les apôtres, grandeur nature.

De belles stalles du XVème, début XVIème servaient aux chanoines durant les offices. De petites consoles, les "miséricordes" ménagées sous l'abatant des sièges, permettaient de s'asseoir à demi. La fantaisie des artistes s'y est déployée de la façon la plus exubérante : anges, têtes d'homme, oiseaux enlacés....

On remarquera dans la nef, la chaire de Jouandot, artiste bordelais du XIXème siècle.

Enfin, l'orgue CAVAILLE-COLL (Gabriel), seul instrument authentique complet signé par le fils d'Aristide CAVAILLE-COLL, facteur d'orgues mondialement réputé. Sa très belle qualité d'exécution en fait un témoin représentatif des orgues qui font la renommée de cette facture française de la fin du XIXème siècle (classé parmi les monuments historiques en 1992).

L'abbé Daniel BergeyA la constitution du chœur de style ogival, début XIVème fut ajoutée une grande chapelle, au sud, autrefois dédiée à Saint-Emilion et, de nos jours, aux martyrs des dernières guerres. Au sol, la pierre tombale de l'Abbé Bergey, curé de la Paroisse de 1905 à 1950, ancien député de Gironde. Au mur, un vitrail de Mirande du XXème.

Cette chapelle est précédée, à gauche, de l'autel dit de Saint Michel, le second des trois archanges, adversaire victorieux de satan. A droite, un panneau en bois représente le sacrifice de Melchisédech. Au dessus, une Piéta et plus haut la statue de St Valéry, patron des vignerons de Saint-Emilion, en bois polychrome du XVIIème.

Au mur, au dessus de la porte donnant dans la chapelle du Cardinal de Sourdis, actuellement sacristie, est exposée une grande toile du XVIIème timbrée aux armes du Cardinal, représentant la Pentecôte. Cet ancien doyen du chapitre y figure ainsi que d'autres membres de sa famille.

Début XVllléme, en pendant à la chapelle sud, fût construit une chapelle carrée. On remarquera la statue en pierre du XVlllème de Saint-Emilion habillé en diacre.

Enfin, dans la nef : jolie chapelle Saint Michel, à deux travées, servant de baptistère.

Sortons par le portail Nord du Xlllème, à 3 arcs ogivaux en retrait et à tympan très mutilé. Au centre, le Christ en majesté entre la Vierge et St Jean agenouillés. Au-dessous, le jugement dernier.

Aux ébrasements figuraient les statues des douze apôtres malheureusement disparues, ainsi que celle du Christ qui était au trumeau. Sur la colonne centrale, la statue d'un pape, sans doute Clément V.

Jusqu'au XVIème, l'initiation catéchétique des adultes et des enfants se faisait en particulier à travers la statuaire, les vitraux, les fresques et les tableaux.

Ce patrimoine est appelé à la pérennité pour signifier aux générations présentes et à venir la place de l'art et de la foi qui, en ce lieu, se confondent.


LE CLOÎTRE : (se visite depuis l'Office de Tourisme)

Il dérive de la conception de la maison antique gréco-romaine dont les locaux d'habitation se répartissaient autour de l'atrium et du péristyle. Le cloître, du XIVéme siècle, est comme l'artère centrale de la vie du monastère.


Sources et références :

- Saint-Emilion : brochure de l'Office de Tourisme

- Archives paroissiales

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La ChaPeLLe du ChaPiTre

La ChaPeLLe du ChaPiTre La ChaPeLLe du ChaPiTre

Située à quelques mètres du flanc sud de la Collègiale dont elle était jadis une dépendance; cette petite chapelle oratoire, d'environ 8 mètres de long et divisé en deux travées égales, remonte au début du XIIème siècle. Découverte en 1844 par Léo Drouyn qui en parle dans son livre (Le guide du Voyageur 1859), la Sociètè Historique et Archéologique de Saint-Émilion en a fait l'acquisition, afin d'en assurer la conservation, de réparer les outrages subis au cours du XIXème siècle et de l'aménager en musée local.

La ChaPeLLe du ChaPiTre

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25 février 2006

LeS ReMPaRTs

SaiNt-ÉmiLioN - LeS ReMPaRTsL'établissement d'un monastère de Bénédictins au lieu-dit de la Magdelaine, détermina l'agglomération d'une population qui obtint au Moyen-âge des franchises et devint, au commencement du XIIIe siècle, une des plus fortes places de la Guyenne.
C'est à cette époque probablement, qu'elle fut entourée de fossés et de murailles. En effet, on a fait avancer en un angle la ligne des murs, pour respecter l'angle Nord-Ouest de la collégiale ; le mur d'enceinte est donc postérieur à cette partie de l'église qui est romane et qui ne peut être antérieure à 1110, date à laquelle Arnaud Guiraud, archevêque de Bordeaux, constitua l'église de Saint-Émilion. D'autre part, une charte de 1224 porte : «Clausura ville Sancti Emiliani». C'est donc dans l'intervalle de 1110 à 1224 que furent érigées les fortifications de Saint-Émilion.
Il lui fallut le concours de sa position inexpugnable et l'énergie de ses habitants pour résister aux guerres incessantes dont la Guyenne fut le théâtre de 1328 à 1441, et qui portèrent la destruction jusqu'au pied de ses remparts protecteurs.
En 1358, Edouard III permit l'établissement de taxes, dont le produit devait s'appliquer à la réparation des fortifications. En 1389, le duc de Lancastre, lieutenant d'Aquitaine, accordait à la ville un délai de deux ans pour «réparer et fortifier ladite ville». Charles VII, après avoir chassé les Anglais de Guyenne, autorisait, en 1451, l'établissement d'un droit d'octroi pour faire réparer les murs et fortifications de la ville. Les fortifications avaient encore besoin de réparations en 1540. En 1568, les troubles religieux étendirent leurs ravages sur la ville ; des pans de mur, des portes, des tours furent démolis.
Ce qui reste des remparts nous est parvenu sans trop de modifications depuis cette dernière époque, avec leurs douves transformées en jardins. En arrière de ces remparts existent des caves utilisées, en général, par les viticulteurs qui en sont propriétaires.
Des six portes qui étaient percées dans cette enceinte (au Nord, la Porte Bourgeoise ; à l'Est, la Porte Brunet ; à l'Ouest les Portes des Chanoines et de Saint-Martin ; au Sud, la Porte Bouquère ou Bocquère et la Porte Sainte-Marie), une seule subsiste la Porte Brunet.

LeS ReMPaRTs

LeS ReMPaRTs

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PoRTe BruNeT ou PoRTe de la BrèCHe

SaiNt-ÉmiLioN - PoRTe BruNeTC'est la sixième porte qui ait seule résisté aux injures du temps, et aux ravages des siècles.

Massif quadrilatère de 10 mètres de long dans le sens des murailles et de 4 mètres d'épaisseur. Elle était garnie de deux tours parallèles partant des fossés qui en défendaient l'accès. Un petit sentier conduisait à la guérite de la Porte Bouqueyre.

On montait au premier étage où se tenaient les hommes de garde par un escalier à vis percé dans l'épaisseur du mur. L'entrée était à 1m50 du sol.
Cette porte reste le témoin de l'expédition hardie de Sully en 1580. Elle en reçut le nom de "porte de la Brèche".

C'est par elle aussi que, pendant la Révolution, Guadet, Pétion, Barbaroux et les autres Girondins s'enfuirent dans la campagne, après avoir vécu, cachés par Madame Bouquey.

PoRTe BruNeT - 2007 PoRTe BruNeT - 2007 PoRTe BruNeT - 2007

PlaQue InFo PoRTe BruNeT

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La TouR Du GueTTeuR

SaiNt-ÉmiLioN - La TouR Du GueTTeuRFaisait partie intégrante des fortifications de la Porte Brunet où jadis veillait en permanence un homme d'armes.

Actuellement c'est avec l'éperon de la Porte Bouqueyre le dernier vestige avancé des fortifications du Sud-est n'ayant jamais eu de fossé pour les protéger.

La TouR Du GueTTeuR

La TouR Du GueTTeuR La TouR Du GueTTeuR

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L'EPeRon De La PorTe BouQueYre

L'EPeRon De La PorTe BouQueYreLa porte Bouqueyre, la plus faible des six, assez éloignés des autres postes fut souvent attaquée.

Détruite en 1750 sur ordre de l'Intendant Tourny, il n'en reste plus qu'une guérite avancée:

"L'Éperon", lieu d'observation où se tenait le factionnaire. Petite tour de guet de 6m50 disposant de deux ouvertures l'une vers la ville, l'autre vers la campagne.

L'entrée qui subsiste était au niveau des fortifications qui reliaient ce poste avancé à l porte de la ville.

L'EPeRon De La PorTe BouQueYre

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